Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Malo_o le 04 Juillet 2014 à 04:21:31
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Pâle blancheur de cette page qui m’afflige
Lumière vive dans la pénombre du soir
Mon coeur frémit comme le roseau sur sa tige
Le néant emplit cet esprit vide et noir
Lumière vive dans la pénombre du soir
Soupirs ereintés de cette incessante innocence
Le néant emplit cet esprit vide et noir
D’un souffle nocturne et las de ses errances
Soupirs éreintés de cette incessante innocence
Blafarde lueur usant mon blême regard
D’un souffle nocturne et las de ses errances
Sont alors balayés pensées et songes hagards
Blafarde lueur usant mon blême regard
Comptes vibrants de cette onde enchanteresse
Sont alors balayés pensées et songes hagards
Déposant leur dérisoire empreinte de hardiesse.
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C'est trois fois rien, mais c'est mon premier poème, c'est pas ce que j'ai l'habitude de faire.
Et puis j'ai quatorze ans, soyez indulgents :mrgreen:
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S'attaquer au pantoum pour un premier poème ? Je salue l'audace (ou la folie) ! Bon, il n'est pas tout à fait régulier, on le dira baudelairien alors. Normalement, le 1er vers doit être repris à la fin et, surtout, ce qui fait que cette forme est peut-être la plus difficile (à mes yeux du moins), on doit retrouver deux poèmes en un (les vers 1 et 3 de chaque strophe en forment un ; les vers 2 et 4 un autre).
Au niveau des rimes, strophes 3 et 4 (fatalement), y a un petit souci : "regard" ne rime pas avec "rances". Je pense que c'est un oubli. :)
Pour le rythme, ce n'est pas ça. Je décèle la volonté de faire des alexandrins, mais le compte n'est pas bon partout et, surtout, c'est un rythme complexe, c'est-à-dire qu'il a besoin d'une césure, d'une pause en quelque sorte pour le souffle. On ne peut pas le dire d'une seule traite. En général, on place cette césure à 6 syllabes (et on y fait attention aux "e", mais globalement ils sont bien prononcés tout le long du poème). Je ne peux que conseiller de te lire à voix haute, d'essayer de saisir le rythme, la musique... ça vient à force de travail, et si c'est ton premier poème, j'ai bon espoir. Et je ne peux, du coup, que conseiller de lire d'autres poètes à voix haute aussi, pour essayer de comprendre la construction (rythmique) de leurs vers.
Là où ce texte garde l'esprit du pantoum, c'est qu'il semble sans fin. Je veux dire, il n'a pas de chute, et le dernier vers peut tout à fait renvoyer au premier et former une sorte de boucle infinie de lecture... Enfin, j'en comprends (je crois) la direction, tout de même, de la page blanche à l'écriture, mais c'est comme un cycle, un éternel recommencement.
Y a de l'idée dans les images, et je trouve vraiment bien que tu ne te reposes pas sur les adjectifs (c'est rare dans un premier texte). Je ne peux que t'encourager dans cette voix-là ! Il y a des passages qui, vraiment, sonnent bien, comme "las de ses errances" ou "incessante innocence" ; d'autres un peu moins, notamment la "blafarde lueur usant mon blême regard".
Bref, à mon sens, le principal problème est rythmique, mais cela se règle à force de travail et d'écoute. Alors continue !
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J'ai corrigé le vers qui rimait faux, t'en pense quoi ?
Mais en fait pour la petite histoire, j'étais devant google doc pour écrire un petit texte désordonné à moitié pour me défouler, à moitié pour m'exercer, et y'avais rien qui sortait, même pas une phrase ou deux, alors j'ai commencé à faire ça sans vraiment me prendre au sérieux, je pensais pas que j'allais faire un vrai truc construit. Et c'est vrai que le rythme est mal mené et que le vers que tu as relevé est un peu faible, désolé, j'essaierais de faire mieux la prochaine fois. (S'il y a une prochaine fois.)
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Du coup, il a une syllabe de trop, ce vers, mais ce n'est pas très grave.
Il faut qu'il y ait une prochaine fois, ce serait dommage sinon. Je t'encourage vivement à continuer en tout cas ! Avec ou sans sérieux, avec ou sans rythme fixe... :)