Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de lecture => Romans, nouvelles => Discussion démarrée par: Plume d'argent le 28 Juillet 2008 à 23:32:00

Titre: Sa majesté des mouches (William Golding)
Posté par: Plume d'argent le 28 Juillet 2008 à 23:32:00
J'ai lu hier le livre "Sa majesté des mouches" de Golding, superbe roman dont je vous fais part du résumé:

Durant la seconde guerre mondiale, un avion transportant un groupe d'enfant issus de la haute société anglaise, envoyés par leurs parents en Australie, s'écrase durant le vol sur une île déserte. Le pilote et les adultes accompagnateurs périssent. Livrés à eux-mêmes dans une nature sauvage et paradisiaque, les nombreux enfants survivants tentent de s'organiser en reproduisant les schémas sociaux qui leur ont été inculqués. Mais bien vite le vernis craque, la fragile société vole en éclats et laisse peu à peu la place à une organisation tribale, sauvage et violente bâtie autour d'un chef charismatique et d'une religion rudimentaire. Sacrifices humains, chasse à l'homme, guerres sanglantes : la civilisation disparaît au profit d'un retour à un état proche de l'animal que les enfants les plus fragiles ou les plus raisonnables paient de leur vie.

Mon avis: J'ai beaucoup aimé! Golding a un style sobre mais qui sait retranscrire les sentiments comme il faut. Golding nous fait transmettre une idée selon laquelle la civilisation n'est qu'un vernis qui ne tient pas à grand chose ; dès que les humains sont livrés à eux-mêmes, leur liberté prend le visage de la sauvagerie, de la superstition et de la violence. Le ton de l'auteur est pessimiste et symbolique au niveau des personnages: Ralph représente les tentatives humaines de rassemblement en des sociétés égalitaires comme la démocratie, Jack e pouvoir guerrier, brutal et violent mais charismatique et aventureux par opposition au côté contraignant de l'organisation démocratique, Porcinet le savoir et la connaissance etc

Voilà, c'est un livre que je vous conseille vivement! Il m'a laissé une très bonne impression!
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Kailiana le 28 Juillet 2008 à 23:40:55
Je l'avais lu il y a un moment (je devais être au collège) et je dois avouer qu'il m'avait également fait très forte impression. Il est classé en jeunesse (quoique, il est peut-être aussi en adulte) mais est vraiment lisible par tous.  J'aurais du mal à faire une critique détaillée car cela fait un moment que je l'ai lu, mais il fait partit des oeuvres à lire - et, pourquoi pas, à étudier. enfin moi je l'ai pas étudié, mais je sais que ma mère l'a fait durant plusieurs années, ou des extraits au moins :mrgreen:

Le ton est effectivement pessimiste, dans la ligné des grands auteurs de sf d'anticipation (sauf que là, c'est même pas "anticipateur").C'est à lire. Et à faire lire.
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Leia Tortoise le 29 Juillet 2008 à 09:39:56
Je l'ai lu il n'y a pas longtemps, parce que c'est quand même un "classique", une référence à connaître (et puis qui est inclus anecdotiquement dans un roman de Stephen King - la première partie de "Coeurs perdus en Atlantide", pour info  :mrgreen: )

Et je partage vos avis: un livre poignant, il y a toute une psychologie des personnages absolument passionnante, on est complètement pris dans l'histoire, embarqué aux côtés des personnages, avec toutes les angoisses et les atrocités de certaines situations... Et une fin qui clôture très bien, sans se terminer en queue de poisson, sans laisser sur sa faim ni rien.
Et y'a un bon style.  ^^
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Milora le 29 Juillet 2008 à 15:25:50
Je l'avais lu en 1ère (il était sur la liste complémentaire du cours de français), et moi aussi il m'a marquée, mais pas vraiment en bien. Je reconnais qu'il est bien écrit, bien construit, intéressant et tout ça. Mais une chose m'a beaucoup gênée :

Citation de: plume D'argent
Le ton de l'auteur est pessimiste
Moi j'aime pas quand c'est pessimiste (sauf quelques exceptions, comme 1984. D'ailleurs, ils étaient sur la même liste...). J'avais trouvé le livre cruel et un petit peu démoralisant... (pis je me rappelle du détail du crâne ouvert d'un des personnage lorsqu'il fait une chute... lol)
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Plume d'argent le 10 Août 2008 à 23:50:13
oui de Porcinet, il me plaisait quand même ce perso.

Moi ce qui m'a marqué c'est l'aisance avec laquelle l'auteur décrit les sentiments, les émotions et parvient si bien à installer les différentes ambiances.

J'ai été même capable de visualiser Ralph, porcinet et jack dans ma tête. Surtout Ralph!
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: lulli le 25 Décembre 2009 à 12:25:21
J'ai adoré ce livre, mais je ne l'es pas lus de la même façon...
Pour moi, l'organisation des enfants est calqué sur celle des adultes même (surtout ?) dans sa dégénérescence, et ceux dotant plus qu'on est en guerre... La seconde, qui à bien montrer que les organisation humaine "civilisé" pouvait en arrivé a pas mal d'horreur...

C'est un livre qui reste en tête, dont les images sont présente, une dystopie des plus belles !
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Milora le 25 Décembre 2009 à 17:34:06
Oui, moi aussi je l'ai compris comme ça. Mais je dirais pas que c'est une dystopie : c'est quand même censé se passer dans notre réalité ; c'est plutôt une métaphore ?
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: lulli le 25 Décembre 2009 à 21:01:54
Il a tout pour en faire une dystopie : un lieu isoler sans échange avec l'extérieur, une communauté pleine d'utopie et de désir de faire mieux qu'ailleurs, une réalité qui tourne au cauchemars...

Utopie et dystopie peuvent fort bien se basé sur des réalités et être réaliste, il y a d'ailleurs des utopies qui ont tenter de se réalisé en vrai (le communisme ou l'art du partage n'est-ce pas la plus belle utopie ? évidement, ça mise en place à négligé certain aspect lié au pouvoir...) Plus proche de nous : les communauté écologistes qui prône un retour à la nature, ce sont aussi des utopistes et certains vont loin dans leur acte et mode de vie... Ce sont de mini utopie à échelle réduite...


Et puis pour moi Utopie et dystopie sont toujours des métaphores (W ou le souvenir d'enfance parle de nazisme, ici on à plus un contexte de guerre et d'horreur, de haine des faible qui s'approche aussi de la dénonciation du pouvoir Hitlérien...)
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Verasoie le 06 Octobre 2011 à 18:39:03
Lu !

J'ai été plutôt désemparée parce que ce qui m'avait donné envie de lire ça, c'est cette chanson (http://www.youtube.com/watch?v=x52sA9IpiAU) (juste à cause de "Clever alibies, lord of the flies"). Et que je m'étais construit une image dans la tête qui n'avait rien à voir avec le livre lui-même :mrgreen:

Sinon, j'ai vraiment beaucoup aimé. Surtout les passages avec Sa Majesté des Mouches, et la toute fin... Golding montre la cruauté des enfants (et la stupidité humaine) sans les montrer du doigt, et sans prétendre qu'il n'y a que ça, puisqu'on voit aussi tout le côté "positif" de l'île, de la situation, quand ils s'amusent, etc.

Je suis déçue d'avoir voté Jack au Pentacle parce que finalement je le trouve extrêmement frustrant comme personnage :mrgreen: Ralph et Simon m'intéressaient beaucoup plus. C'est pas qu'ils soient "gentils" et que Jack soit "méchant", mais ils réfléchissent et pas lui... Et je m'attendais à un personnage qui sache réfléchir. Enfin c'est pas grave, il a perdu :mrgreen:

Bref, je conseille le livre en tout cas o/
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: ernya le 03 Novembre 2014 à 19:29:29
Lu aussi à l'occasion de la prépa d'un cours sur la robinsonnade.  :P

Sur wiki, ils disent que c'est étudié en primaire ou au collège, je trouve ça hard quand même pour ces âges-là...

J'ai trouvé l'écriture assez étrange au niveau de la mise en forme du discours direct et des transitions entre les phrases. Peut-être que c'est dû à une mauvaise traduction. Enfin, y avait des passages où j'étais assez paumée pour savoir qui parlait à qui ou qui faisait quoi. Effet de style plus que mauvaise traduction ? Je ne sais pas.
Sinon, effectivement, le fond est cruel et peu encourageant sur l'être humain :mrgreen: Et c'est intéressant d'aller interroger le côté violent de l'enfant, ça rend le thème encore plus poignant.
Par contre, je suis un peu déçue par sa Majesté qui reste très marginale quand même par rapport au titre, j'aurais bien aimé que ce soit un poil plus creusé dans le texte.
J'aurais bien aimé aussi que les personnages soient un peu plus fouillés, mais bon, c'est le style, c'est comme ça  :huhu:
Le suspense est bien maîtrisé sinon même si on pouvait se douter de la toute fin, robinsonnade oblige...
Bref, je conseille aussi la lecture de ce classique  ^^
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: Blue le 30 Mars 2015 à 17:59:26
Je suis assez d'accord, les souvenirs que j'en ai du collège c'est un livre brouillon qui malgré le thème très interressant m'a laissé froid. Et puis c'est quand tout par à vau-l'eau que le bouquin s'arrête, c'est dommage. Je le relirai peut-être un de ces jours pour me faire une idée neuve mais j'ai du mal à comprendre pourquoi c'est un classique, peut-être à l'époque le thème abordé était assez nouveau voir dérangeant, je ne sais pas.
Titre: Re : Sa majesté des mouches [William Golding]
Posté par: T.A.Kerallan le 05 Août 2015 à 12:34:51
Pour l'avoir relu assez récemment (un ou deux ans tout de même), le livre est sidérant avec des descriptions fabuleuses.
Dans ce roman, nous assistons à la transformation de certains des enfants naufragés qui retournent peu à peu à l'état sauvage jusqu'au moment de la bascule : le meurtre d'un des enfants. Là, le livre devient anxiogène et le héros doit lutter pour subsister face à une meute dont il est devenu la proie. La pseudo communauté vole en éclat, et ça devient la loi du plus fort.
Mention spéciale à la scène de la tête sur une pique... flippant !

Au final, un livre très agréable à lire, mais plutôt à l'âge adulte pour en comprendre toutes les subtilités.
Titre: Re : Sa majesté des mouches (William Golding)
Posté par: Zacharielle le 04 Avril 2018 à 12:15:54
Je l'ai fini hier et j'en garde une impression de malaise très forte donc on peut dire que c'est réussi dans l'ensemble :mrgreen: De mon point de vue bien sûr. L'atmosphère est étouffante à souhait et l'évolution de l'histoire vraiment horrible, c'est bien ouej.

Par contre je pense que la traduction ou la narration a des petits ratés, je ne sais pas mais il y a pas mal de fois où j'étais un peu perdue dans la description des lieux, je n'arrivais pas à bien me situer, ou à savoir qui parlait, comme toi ernya. Il y aussi cette façon un peu étrange pour le narrateur d'analyser le comportement des personnages après leur avoir fait dire ou faire quelque chose. Ca fait assez didactique mais ça marche assez bien et ça repose un peu entre deux scènes difficiles.
Titre: Re : Sa majesté des mouches (William Golding)
Posté par: Dot Quote le 02 Décembre 2019 à 21:52:28
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je l'ai lu en conditions de grise mine solitaire...
M'y reconnaissant alors enfant livré à moi-même, j'ai appris des notions entre autres, le rapport à la nature, à l'enfance, à la société...
un souvenir : la conque
Titre: Re : Sa majesté des mouches (William Golding)
Posté par: Mascha le 27 Juin 2020 à 16:29:28
Voilà une analyse que j'avais écrite en 2011 pour un vieux blogue... :-¬?
Je vais spoiler l'histoire à foison, vous êtes prévenus.

Le Dieu cornu
Sa majesté des mouches est un grand classique de la littérature britannique. Un groupe d'enfants échoue sur une île déserte. Au début, ils pensent jouer les Robinson jusqu'à ce que les secours arrivent, mais bien vite certains d'entre eux déchantent en s'apercevant que les adultes ne réagiraient pas comme cela face à la situation, et pour cause : il faut construire des abris, trouver de la nourriture, s'occuper des plus petits et maintenir en état de permanence un feu servant non seulement de lumière et de chaleur, mais aussi de signal de secours. Pas le temps de jouer, donc! Il leur faut vivre en communauté, s'organiser un petit système politique et une hiérarchie (ce sont des enfants de la haute société). Cependant, nous sommes loin des idées paradisiaques de Jean-Jacques Rousseau.

Le groupe se sépare en deux, mue par la peur d'un éventuel monstre vivant sur l'île. Ici, l'enfant se laisse submerger par ses pulsions de vie au-delà de l'organisation sociétale, il redevient sauvage. Il préfère chasser et dormir dans la nature. Il organise des orgies de nourriture, des danses tribales et des meurtres rituels dans l'espoir d'apaiser l'esprit du monstre. On ne peut pas dire qu'il est malheureux. Bien au contraire, il ne fait qu'un avec sa nature profonde et animale.

Le deuxième camp, très restreint, se constitue de mômes doux et sensibles, qui maîtrisent le feu grâce aux lunettes d'un des membres, préfèrent la plage à la forêt, vivent de la pêche et habitent dans des abris en feuilles de palmiers. Ils subissent les assauts de l'autre groupe, les plus faibles partant en premier. Leur tentative d'ordre échoue. En tant que lecteur, on en ressent de la frustration au premier abord. Mais, comment aurait-il pu en être autrement?, se dit-on par la suite. Car, Sa majesté des mouches demeure une dystopie teintée de naturalisme, un roman d'apprentissage dans ce qui pourrait bien être le meilleur milieu pour apprendre la vie : dans la nature la plus libre et la plus cruelle.

Un roman captivant, qui joue sur l'exotisme, la notion de liberté et de civilisation, et sur l'aventure la plus sauvage qui soit, celle de la vie où plus aucune loi ne peut retenir l'instinct primitif de l'être humain.