Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Freeen le 31 Mai 2014 à 19:02:42

Titre: Le couple de l'Eden
Posté par: Freeen le 31 Mai 2014 à 19:02:42
voila, après quelques temps sans avoir rien écrit, je pond ça en une heure sans trop me relire.
Je me met sur le pilori, vous avez les tomates  :-¬?

Ps : celui qui me trouve la référence dans ce texte, j'lui paye un verre  :mrgreen:


Le couple de l'Eden

Le bâtiment était haut. Très haut. Si haut que les nuages coupaient en deux la muraille, séparaient les imperfections poétiques de la pierre en deux hémistiches. Deux grandes tours, chacune aux angles, surveillaient le passage tel un guet admirant d'en haut la déchéance de l'espèce humaine. Les murailles étaient composées d'une pierre grise, cendre du monde, et de contrefort couleur encre, pierre de la nuit.


Les tours étaient sculptées de noir et d'argent, contraste des différentes divinités du panthéon, qui formaient un dessin abstrait et hypnotique tant par sa forme que par la beauté bestiale qu'elles renvoyaient a notre rétine.

Les portes qui se dressaient devant  nous étaient grandes, façonnées par les mains des plus géants des géants et placées sur leurs gonds par les dieux eux-mêmes. Gravées d'or et incrustées d'obsidienne, digne de résister a l’assaut du temps vengeur et de s'entrouvrir pour laisser passer un roi. Elles étaient fermées, bloquées par ce qui semblait être deux des plus grands chênes du monde, mis bout à bout pour fermer ce monstre protecteur.


Étrangement, il ne savait pas ce qu'il faisait là. Il était arrivé, c'est tout. Il s’était endormi, s’était réveillé, avait vécu et était mort pour le plaisir de réapparaitre dans ces contrées plates, plateaux de Gaia, au dessous du territoire de Zeus et luttant pour ne pas tomber vers la demeure d'Hades, déchéance longue et agonisante.


Se mettant péniblement à marcher et sentant l'herbe se transformer sous ses pas en cendre et s'effriter dans l'aquilon. Arrivant rapidement au pied du colosse d'or, sa surprise n'en fut pas moins grande de découvrir sa solitude évanouie grâce à l'apparition soudaine de deux singes évolués, lui ressemblant étrangement et parlant à voix basse, complice et joueur entre eux.
Il regarda les primates d'aujourd'hui de plus près : une femme, un homme. Une femme. Un homme.

Se rendant rapidement compte de sa présence, les deux personnes le dévisagèrent, la tête penchée vers l'autre, s'indiquant mutuellement sans vouloir briser le silence. C'est à ce moment que notre homme se rendit compte que deux portes à la taille d'un humain se trouvaient l'une à gauche de l'homme et l'autre à la droite de la femme. Avançant d'un pas prudent, il se rapprocha du couple qui, le dévisageant toujours, lui proposa un choix en ces termes :


- droite ? demanda la femme

- ou gauche ? répondit l'homme

Ne sachant que répondre à ces deux sphinx, ils reprirent de plus belle.


- droite ?

- ou gauche ?

- je vous conseillerai la droite.

- je vous conseillerai la gauche.

- quelle différence ?

- peut-être aucune ?

- un autre monde ?

- un autre univers ?

- la vie ou la mort ?

- cela ne nous importe guère

- alors droite ?

- ou gauche ?

Penchant maintenant respectivement la tête dans chacune de leurs directions, ils continuaient de le dévisager. Ne sachant que répondre à cet échange et dans un élan de galanterie, dernière valeur lui restant de sa vie, il choisit la droite et avança.


- vous voyez mon cher, s'adressa la femme à l'homme, droite. Une fois de plus.

- le hasard, nul doute ! Cela se passera mieux la prochaine fois.

- si c'est pour être mauvais perdant, autant arrêter de jouer ensemble.


Et les ténèbres le privèrent de ses sens.

Il émergea dans un éden fleuri. Seule l'allée principale, chemin menant vers une tour de Babel, cure-dent des dieux, était épargnée par l'attaque sauvage des plantes. Une anthologie  de couleurs et de formes explosait a chaque pas, tel un caléidoscope floral, scultures et hommes de pierre gardaient l'avenue, gravures protégeaient la muraille du vent. Les buissons étaient si épais et nombreux qu'à chaque avancée, un nouveau labyrinthe se créait.

S'avançant vers la tour centrale, notre jeune garçon se mit à courir, convaincu de la presque fin de cette quête instinctive de la recherche d'identité. Entrant dans cette salle unique, maudissant le brouillard qui avait eu raison de ses yeux dans la découverte du toit de cette tour, il se mit a grimper a l'un des deux escaliers avec la fougue du renouveau et grimpa longtemps, longtemps... avant de se rendre compte d'avoir été piégé par Penrose.
S'effondrant, admirant la vapeur qui cachait les cieux, il s'endormit.

- il est mort

- il est vivant

- je vous dis qu'il est mort, homme

- je vous affirme le contraire, femme

- son pouls ne bat plus

- le nôtre non plus

- nous échappons au commun des mortels

- cela ne veut pas dire que nous sommes morts

- peut-être un peu des deux

- ou un peu plus l'un que l'autre

- cela n'empêche que celui-ci est passé de vie à trépas

- pouvez-vous le prouver ?

- c'est une règle absolue dans le monde des vivants

- ou l'architecture paradoxale n'existe pas

- vous chicanez sur des détails

- si vous le dites

- je l'affirme

- vous avez raison ma dame, cela n'empêche pas le fait qu'il soit vivant


Ouvrant les yeux, le garçon se crut au pays de Morphée avant de revenir brutalement à la réalité quand une voix de femme répondit à un homme quelque chose dont il ne saisit pas le sens. Il se trouvait dans une pièce correctement aménagée avec un brasero qui brulait dans un coin. La chaleur pénétra sa chair et fit craquer ses os. Découvrant qu'il était nu, il rapprocha la couverture sur son pubis et se leva en quête de ses affaires.


- vous êtes réveillé. prononca l'homme

- quelle idée de passer par la tour centrale. continua la femme

- vous auriez eu cinq dixièmes de chance de survie si vous étiez passé sur la gauche

- contre 50 % en passant vers la droite.

- vraiment bête...

Secouant la tête, il ouvrit la bouche pour parler, puis la referma et scruta le visage du couple.

- on devrait lui trouver un nom. s'exclama la femme

- Éden lui irait bien. repondit l'homme.

- c'est fruité

- exotique

- et si tu veux monter en haut, il te faudra descendre

- les buissons sont la raison

S'approchant de la fenêtre, il se pencha pour admirer la vue. Plusieurs plantes poussaient la, aucun buisson. Du moins, c'est ce qu'il se dit quand la balle lui transperça le torse, le faisant basculer vers la chute mortelle. La gravité fit le reste.


- je l'aimais bien. lacha l'homme en posant le revolver sur la table

- moi aussi, il était... exotique ! répliqua la femme

- j'espère que vos orchidées vont pousser plus vite grâce à ça !

- je pense bien !

- 16 ans plus 9 mois, ce fut long a préparer comme engrais !

- et douloureux au début !

- on en refait un ?

- pourquoi pas ? La conception est plutôt plaisante !

- on prend la chambre numéro 3 ?

- que diriez-vous de la 7 ?

- j'accepte, mais ne prenons pas la porte de droite

- ni la gauche

- passons par le bas

- ou par le haut

- tout est une question de point de vue de toute façon.
Titre: Re : Le couple de l'Eden
Posté par: inesd le 31 Mai 2014 à 21:51:58
Bonsoir,

Je viens de terminer ton texte. D'abord d'un point de vue générale je dois dire que j'ai apprécié la lecture, ça se lit d'une traite et facilement. Ensuite je donne une mention spéciale pour les dialogues qui paraissent vraiment naturelle et divertissant (de mon point de vue bien sûr  :) ) Au départ j'ai eut peu de mal à voir dans quoi tu nous embarquais mais au final c'était plutôt réussit et la chute assez bien amenée.

Bémol (eh oui, quand même...), y'à des petites fautes d'inattentions et surtout des répétition qui tiquent à l'oreilles

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façonnées par les mains des plus géants des géants
-> c'est peut-être que moi, mais je trouve cette tournure peu élégante par rapport au reste du texte qui est riche en vocabulaire et figure de style...

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et de contrefort noir, pierre de la nuit.

Les tours étaient sculptées de noir et d'argent
-> répétition de noir

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digne de résister a l’assaut du temps
-> résister à

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la tête penchée vers l'autre, s'indiquant mutuellement l'autre sans vouloir briser le silence.
-> répétition de l'autre

Citer
- droite ?

- ou gauche ?

- je vous conseillerai la droite.

- je vous conseillerai la gauche.

- quelle différence ?

- peut-être aucune ?

- un autre monde ?

- un autre univers ?

- la vie ou la mort ?

- cela ne nous importe guère

- alors droite ?

- ou gauche ?
-> ça j'ai bien aimé  :mrgreen:

Citer
S'avançant vers la tour centrale, notre jeune garçon se mit à courir, convaincu de la presque fin de cette quête instinctive de la recherche d'identité. Entrant dans cette salle unique, maudissant le brouillard qui avait eu raison de ses yeux dans la quête du toit de cette tour, il se mit a grimper a l'un des deux escaliers avec la fougue du renouveau et grimpa longtemps, longtemps...
-> répétition de quête

Voilà, des petites maladresses facilement rectifiables  ^^

Au plaisir de te lire à nouveau
Titre: Re : Le couple de l'Eden
Posté par: Freeen le 31 Mai 2014 à 23:07:28
hello ;)
déjà merci pour ton message, ça m'a fait très plaisir et je suis ravi que ça t'ai plus ;)

passons aux problèmes maintenant

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façonnées par les mains des plus géants des géants
-> c'est peut-être que moi, mais je trouve cette tournure peu élégante par rapport au reste du texte qui est riche en vocabulaire et figure de style.
moi elle ne m'a pas choqué a l'écrire mais maintenant que tu le dis...
que mettre d'autre ? j'y réfléchirai !

j'ai rectifié le reste, merci beaucoup pour tes précisions  :D