Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: salainia le 26 Mai 2014 à 01:55:27
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2 novembre 19--
Aujourd'hui il fait plutôt frais dans ma cellule, je ne me suis pas encore habitué au béton froid du sol. La planche de bois me servant de matelas est froide, elle aussi, malgré le fin drap, un peu troué, qui la recouvre. Le soleil n'est pas encore levé, mais j'aime bien cette ambiance rosée. Quand il sera à son zénith, je sais que les reflets se formant sur les barreaux métalliques viendront éblouir mes yeux, peu importe l'endroit où je me place dans ce petit cube de béton. J'essaie de rester calme, l'obscurité m'apaise, mais au fur et à mesure que l'astre monte dans le ciel, les souvenirs reviennent. Les souvenirs de l'arrestation, les souvenirs du procès, les souvenirs de l'arrivée dans cette prison et enfin ceux de cette cellule. Je sens que la colère m’envahit de nouveau, tout comme ces derniers jours. Cela ne fait que cinq fois que le jour s'est levé depuis que je suis ici, et pourtant j'ai l'impression que cela fait plusieurs mois, plusieurs années même. Si je n'avais pas cet énorme hématome sur la main, j'aurais encore une fois donné un coup dans ce mur gris. J'ai comme une sensation, un sentiment, d'étouffement, d'écrasement, comme si ces murs se rapprochait les uns des autres pour broyer un à un les os de mon âme. J'essaye de penser à des choses agréables : à mes enfants, bras ouverts et grand sourire ; à mon ancien quotidien, mon travail, fatiguant mais intéressant ; à mes plats préférés, à leurs saveurs, leurs odeurs, leurs couleurs. J'essaye de me remémorer le moindre petit détail de mon ancienne vie, mais plus j'y pense, plus ils me ramènent à mon funeste présent. Je sens le sang bouillir dans mes veines. De quel droit pouvait-on retirer tout cela à un homme sans faute ? Ils appellent cela la justice, mais le tribunal ne sait que condamner le premier accusé venu, sans chercher le véritable coupable. Ils ont écrit dans mon dos les mots coupable et voleur, sans pité pour l'être humain que j'étais. Je n'avait aucune chance face à cette cour remplit d'animaux en manque de chaire à enfermer. Ce faible avocat, qui à été choisis pas ces mêmes animaux féroce, ne savait même pas comment se déroulait un procès. A peine j'étais dans le tribunal que j'étais déjà condamné. J'aimerais qu'ils connaissent la peur de telles accusations lorsque l'on est un homme bon, la peur de rester dans ces horizons gris pendant vingt ans, l'angoisse d'imaginer le futur qu'il met promis une fois que je serais face au monde que je n'aurais pas vu grandir. Qu'est ce que je deviendrais ? Mes enfant ne me reconnaitront même plus, et ma femme... Oh ma pauvre Lisa, qu'est ce que tu pensera de moi après vingt ans d'absence ? Tu ne m'as même pas regardé dans les yeux durant le procès, j'étais déjà si loin. J'ai tout perdu, mon métier, ma maison, ma famille... Ma vie ! A partir du moment ou j'ai posé les pieds dans cette case grise mon futur à été détruit, émietter puis simplement balayer comme si ce n'était que de la poussière. Ils ont enfermé mon corps, mais aussi mon esprit dans ces épaisses couches grises sans âme, sur lesquelles, chaque jours, je trace un nouveau trait de craie blanche.
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C'est un texte qui me trottait depuis un moment en tête et j'ai enfin eu l'occasion de le mettre sur papier. J'espère qu'il vous plait et que vous avez aussi des choses à dire dessus ^^
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Hello,
L’idée me plait, j'avais moi même écris un texte sur un homme emprisonné dans sa cellule (depuis 8 ans par contre) qui se tourne vers la fenêtre de son cachot, regarde la lune et repense à son passé...
C'est mon ressenti bien sur, mais quand je lis ton texte, j'ai l'impression que ton personnage est enfermé dans cette cellule depuis des mois... alors qu'il n'y est que depuis cinq jour et finalement, ça m'empêche de vraiment y croire, de me projeter dans ce monde. Peut être devrait tu ne pas préciser depuis combien de temps il est enfermé et laisser le lecteur libre de penser ce qu'il veut.
malgré le fin drap, un peu troué
Tout les draps son relativement fin. Il est troué ou il ne l'est pas... Je trouve juste cette phrase un peu pesante. "Malgré le drap troué" aurait suffit.
je sais que les reflets [...] viendront éblouir mes yeux, peu importe l'endroit où je me place
Ta phrase commence au futur et finit au présent... Peu importe l'endroit ou je serais, me semble plus jolie que "peu importe l'endroit ou je me placerais" cependant.
les souvenirs reviennent. Les souvenirs de l'arrestation, les souvenirs du procès, les souvenirs de l'arrivée dans cette prison
J'aime beaucoup l'effet de répétitions du mot souvenir, on a vraiment l'impression que ça défile dans sa tête.
Cela ne fait que cinq fois que le jour s'est levé depuis que je suis ici, et pourtant j'ai l'impression que cela fait plusieurs mois, plusieurs années même.
bah ouaip, moi aussi :P mais bon comme déjà dit, il y a quelque chose qui me gène et je suis curieux de voir ce qu'en pense les autres à ce sujet... parce que finalement, on à la même impression que ton personnage, mais je sais pas, je n'y croit pas.
J'ai comme une sensation, un sentiment, d'étouffement, d'écrasement,
J'aurais enlevé "un sentiment"
mes plats préférés, à leurs saveurs, leurs odeurs, leurs couleurs
Très jolie rimes !
Je sens le sang
J'aime bien aussi !
mais le tribunal ne sait que condamner le premier accusé venu
Formulé comme ça, ça sonne comme une critique ouverte sur la société montrant que tu ne croit pas au système judiciaire (c'est ton avis et je respecte ^^) Je ne sais pas si c'était le but ou pas, mais si tu veux juste rester dans ton histoire, tu devrait plutôt écrire "mais le tribunal n'a su que condamner le premier accusé venu" Toute petite différence qui change beaucoup !
Ce faible avocat, ne savait même pas comment se déroulait un procès.
:/ je reste un peu sceptique quand même.
futur qu'il met promis
met ou m'est? :-¬?
dans ces épaisses couches grises sans âme
couches???
Voila, ce n'est que mon avis, et il n'engage que moi, mais j'espère qu'il t'aura intéressé.
A bientôt et bonne continuation
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La planche de bois me servant de matelas est froide, elle aussi, malgré le fin drap, un peu troué,
Hum, malgré n'est peut-être pas le bon mot vu ce qui sert de drap.
cette cour remplit d'animaux
remplie
Juste après, chair.
A peine j'étais
étais-je ?
le futur qu'il met promis
M'est
qu'est ce que tu pensera de moi
penseras
émietter puis simplement balayer
émietté, balayé
Un peu plus loin : chaque jour
Je ne suis pas convaincu. Parce que c'est un texte qui n'a pas vraiment de début ni de fin notamment, qui appelle au moins une suite. En soi, il ne fonctionne pas ; je n'ai pas franchement été convaincu par le ton ni par le personnage. Une autre fois peut-être.
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Ton texte est un peu "lourd", non parce qu'il est mal ecrit (au contraire), mais son manque de repere (je choisi mal le mot, je le sens) me fait ressentir que ton histoire tombe un peu comme un cheveu dans la soupe, il n'a pas vraiment de but
D'un autre coté, ton texte m'a fait plonger dans un sentiment que j'ai bien vecu, celui que l'on ressent quand on est dans un lieu confiné sans sortie, donc du point de vue immersion, c'est gagné de mon coté ;)
Au plaisir !