Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: spoutnikk le 19 Mai 2014 à 16:41:32

Titre: Retrouvaille
Posté par: spoutnikk le 19 Mai 2014 à 16:41:32
        Hello tout le monde, c'est mon premier texte, il est sûrement farci d'erreurs et de maladresse. Toute critique est bienvenue.


         C'était une chaude et lourde après midi de printemps, je devais retrouver Kristelle en ville. Kristelle c'était une nana dont j'étais secrètement amoureux à l'époque. Retrouvée grâce aux réseaux sociaux, de fil en aiguille nous nous sommes proposés de nous revoir autour d'un verre.  Cette fille sortait avec un de mes ex meilleurs potes de l'époque. Et c'était malheureusement la nana qui hantait mes nuits d'adolescent.
   Depuis le temps elle avait une vie de famille : un jacky et deux lardons .
   De mon côté : rien.
   Me voilà dans le seule rade de la ville ouvert un samedi après midi. J'angoisse un peu : pourquoi suis-je là ? Par curiosité ou nostalgie ?...
   Je commande une pinte et regarde machinalement les allers et venus des voitures cette rue à demi ensoleillée. L'endroit est vide à cette heure. Aucun passant, poivrot, ou lardu pour égayer mon ennui.
Je m'imagine nos retrouvailles autour d'un jus de noix de coco glacée, à larver sur une petite île au milieu du Pacifique. A se faire dorer la pilule jusqu'à ce que nos peaux suintent et rougissent comme le cul d'un babouin.
   Mais non, je suis plutôt dans le triangle des  Bermudes, l'endroit est sale, isolé, humide et je poireaute dans cette atmosphère. Mon navire n'a pas disparu, mais ça ne va pas tarder. Quand j'y pense, j'étais quand même jeune et un peu fada à l'époque, était-elle quelqu'un de vraiment intéressant ?...   Le doute plane..
   Néanmoins je me rappellerais toujours avec quelle élan et quelle grâce elle figurait devant mes yeux. Quand elle faisait irruption quelque part, son corps sinuait en de délicieux mouvements que je dévorais avec férocité. Je n'oublierais jamais ses cheveux d'une blondeur envoûtante et la courbe de ses formes à la fois généreuse et ferme.

   Soudain, une bonne femme déferle dans le bar tel un ras de marée aux Antilles. Clopin-clopant, sûrement dû à son fort poids, elle se met à deux tables de moi, plus en retrait dans la pièce. Je l'observe assez discrètement_ j'ai que ça à faire. Elle doit avoir dans la quarantaine, des cheveux mal colorés, une fatigue chronique manifeste et un teint pâlichon à en effrayer une Norvégienne albinos. Elle mâche négligeament un chewing-gum, regarde son portable, fouille son sac à main, n'en sort rien, commande un verre de Porto, puis refouille inutilement son sac à main. Elle pianote, je reçois un message. « BIP ». C'est elle, nos regards s'entrecroisent. Je me rapproche d'elle, le sourire jaune, elle me le rend faiblement, je sens la lenteur et le poids dans ses gestes pour faire la bise.
   Je n'ai pas le temps d'en placer une qu'elle commence à ma baratiner avec des futilités d'usage, j'enchaîne sur quelque chose de plus entraînant plus ouvert à mon sens. Elle renchérie sur de la pisse d'âne auditive, je décroche au bout  de cinq minutes. Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde: les histoires de loupious qui braillent à  trois heures du mat', la crise économique, la politique de comptoir, etc... très peu pour moi. Elle me parle de ses gamins comme le centre du monde, mais qu'est ce qu'elle croit ?... Qu'elle est la première à avoir lancée la mode...Elle veut un Oscar ?...
   Je ne l'écoute plus, je l'observe. Quand sa bouche fait des « Oh », elle s'apparente à un cul de poule sur Neptune, quand elle fait des « Ah » n'en parlons pas. Ses parfaits sourcils ne masquent pas son visage devenu lourd et visqueux. Ses fossettes se sont affaissées, ainsi que son menton. Son front et des cernes ont poussés comme des champignons sur un vieux tapis de salle de bain. Décidément la vie de famille m'effraiera toujours.
   J'essaie de porter mon attention à autre chose que sur son physique mais c'est plus fort que moi, sa vie me rappelle la coquille vide d'un escargot : plus on avance à l'intérieur, plus on a de chance de se cogner au fond. Je n'éprouve plus que pitié et tristesse pour elle. Où est passée son charme, sa sensualité, où sont passés ses yeux bleus si fins et limpides qui faisaient vibrer la moitié du Danube. Elle était une forteresse de la beauté, elle n'est maintenant plus que sa propre image reflétée dans un ballon de baudruche mal gonflée,.
   Qu'est ce qui s'est passée ces vingts dernières années ?...On a le même age, alors que physiquement elle pourrait être ma mère, et son vieux percing nasale ne me fera pas gober l'inverse.
   
   Le plus vexant dans tout ça, c'est qu'elle ne remarque même pas ma déception, elle se contente de jacasser comme un clodo crache sa bile de bon matin. C'en est trop, je cherche un blanc de conversation à la hâte, je me lève brusquement de ma chaise. Elle s'arrête enfin de parler, me regarde dans les yeux_ c'est bien la première fois_ je n'y voit qu'un havre de mélancolie aux couleurs délavées et crevées. Je lui dit :
   -  J'ai une photo de nous et notre bande de l'époque dans la voiture, je te l'amène.
Toute contente, et pour une fois elle m'écoute, elle frétille de manière trop exubérante à mon goût. Je ne dit rien, je lui tourne le dos et fonce à la voiture.

   Une fois à l'intérieur je prends la photo, regarde à quoi cette ex-belle plante ressemblait, je suis une fois de plus choqué par le contraste d'une époque maintenant révolue...
Une voiture klaxonne, le conducteur me demande si je quitte ma place. Je regarde la photo, et pris d'instinct, je mets le contact et me natchave.

   Il fait encore beau et la route est en ligne droite, c'est ma meilleure issue. Adieu fille quelconque à la vie si banale. Une chose est sûre je ne rêverais pas de toi ces vingt prochaines années.
Titre: Re : Retrouvaille
Posté par: Panda le 19 Mai 2014 à 17:55:39
Bonjour,
Il y a quelques fautes, notamment "je me rappellerais" -> sans le s et "je n'oublierais" de même. "Renchérie"  c'est plutôt renchérit, "lancée" sans le e, "passée" aussi. Il y en a quelques autres mais je m'en souviens plus. Autre chose quand tu veux mettre quelque chose entre tirets c'est celui-ci "-" et pas celui-là "_".

Sinon c'est très subjectif mais j'ai pas trop accroché à ton style, par contre j'ai beaucoup apprécié la nonchalance, la déception de ton personnage qui se faisaient bien ressentir. La comparaison avec le cul du babouin m'a fait rire même si encore une fois c'est pas ce qui me touche le plus dans l'écriture.

Mais dans l'ensemble, si j'enlève ma subjectivité par rapport au style, j'ai quand même plutôt passé un bon moment. Certains passages méritent d'être retravaillés et certaines phrases pourraient être plus rythmées par des virgules, par exemple la dernière j'aurais mis une virgule après "sûre".

Au plaisir de te relire. :)
Titre: Re : Retrouvaille
Posté par: nevizhed le 19 Mai 2014 à 17:57:49
J'aime Beaucoup, pour un premier texte c'est génial !
J'apprécie aussi le contexte d'un gars qui, pendant toute sa jeunesse a rêvé de cette fille fabuleuse mais qui maintenant ne l'est plus. C'est comme s'il avait gâché sa vie ou une libération de prison.
Je rappelle, c'est sous mon point de vue après je ne sais pas si tu as essayé d'introduire les éléments que je t'ai cité.
Je suis pressé de voir tes prochains textes !  :)
Titre: Re : Retrouvaille
Posté par: spoutnikk le 19 Mai 2014 à 19:31:52
Merci pour tes conseils Panda, je vais tenter d'être attentif à tes remarques, même si je sais que je suis une bille en conjugaison. Et pour ce qui est du style je me cherche, j'imagine que d'un point de vue extérieur ça doit être un peu haché, je suppose que ça s'améliorera avec le temps.

>Nevizhed : merci pour ton avis. En ce qui concerne le message, c'est un peu une "libération de prison" oui, une nouvelle page qui se tourne.  Pour le coup, j'ai tenté de ne pas trop enfermer le lecteur dans un message, histoire que ça soit pas trop pompeux, j'ai essayé de lui laisser sa libre opinion.