Un petit texte d'anticipation à très long terme, qui se veut le plus réel possible. Bon alors ça casse pas des briques, c'est écrit en à peine une demi-heure, mais j'y décris un monde sur la fin, et un renouveau possible.
L’espèce humaine n’était plus sur la terre.
Elle avait éclos dans ce petit monde, avait grandi et prospéré, puis s’était lentement retiré, après une apogée technologique sans pareil dans son écosystème d’origine. Elle avait exploré une grande partie de sa galaxie, s’était même installé sur d’autres planètes, puis avait abandonné son monde, car celui-ci était souillé par des milliers de générations qui ne s’étaient pas privées de tout saccager, comme le faisaient toutes les espèces dominantes de l’univers.
Il restait donc quelques enclaves humaines un peu partout dans la galaxie, mais la terre était vide. Il n’y avait presque plus d’animaux, presque plus de végétaux, une atmosphère chargée de carbone, d’hydrocarbures, de métaux.
Le monde continua cependant de tourner, et la nature reprit peu à peu ses droits, au fur et à mesure des siècles. La végétation recouvrit les bâtiments, les routes, et purgea l’air. Les bactéries présentes donnèrent naissance à un tout nouvel écosystème. Des centaines de milliers d’années plus tard, la chaine alimentaire comportait d’innombrables nouveaux maillons, des espèces nées du chaos, après cette sixième extinction de masse de l’histoire de la planète.
C’est donc un espace vierge qui accueilli les Lampas. Cette espèce extraterrestre venait de perdre sa planète d’origine, suite à une guerre intergalactique, et avait parcouru l’univers à la recherche d’un nouveau monde où s’installer. Leurs vaisseaux gigantesques s’amarrèrent à la terre, et ils descendirent fouler de leurs pas cette planète qui voulait bien les accueillir.
Ils avaient volontairement fui la civilisation du centre de la galaxie pour venir se poser sur un coin perdu de l’espace, où personne ne viendrait les déranger.
Ils s’attelèrent donc à tout reconstruire, et quelques milliers d’années après, les voilà qui avaient parfaitement domestiqué leur nouvel environnement.
Mais la terre était vieille. Tout du moins, le soleil qui lui permettait la vie l’était. Après huit milliards et demi d’années d’existence, celui-ci avait épuisé toutes ses réserves d’hydrogène, et, chargé d’hélium, s’apprêtait à enfler de plus de cent fois sa taille normale, aspirant Mercure et Vénus dans son brasier. Les astrologues Lampasiens, décrétèrent qu’il ne restait que quelques milliers d’année avant que la chaleur de la terre ne devienne invivable, et carbonise tout à sa surface.
Les Lampas étaient donc encore une fois obligés de fuir. Mais cette fois-ci, ils décidèrent de faire les choses en grand, et d’emporter avec eux le monde qui les avait accueillis. Ils décidèrent d’emprisonner l’atmosphère de leur planète dans une coque immense, qu’ils construisirent à partir du fer 60 présent dans les astéroïdes du système solaire. Cet élément radioactif, une fois stabilisé, donnait une quantité impressionnante de nickel. Ils construisirent d’immenses pilliers qui montaient jusqu’à la limite de l’air, puis ils enfermèrent leur planète. Ils montèrent d’immenses réacteurs sur le pourtour de la structure, alimenté avec tout ce qu’ils avaient pu trouver dans le système solaire. Du deutérium issu de la lune, de l’eau prises sur quelques satellites de Saturne et Jupiter, ainsi que de grandes quantités de gaz de ces planètes gazeuses.
A la fin du chantier, la planète terre ne ressemblait en rien à son passé, mais elle était prête. Le soleil commençait déjà à prendre des teintes rouges lorsqu’ils décidèrent de décrocher la terre. Ainsi, pour la première fois de l’histoire de l’univers, un peuple sédentaire allait nomadiser son milieu, le rendre transportable. Ils actionnèrent les moteurs nucléaires, et s’en allèrent de nouveau à travers l’univers, à bord de leur vaisseau-planète.