Marrant, j'ai rajouté une contrainte : caser dans chaque jour le plus de mots possibles commençant par les 3 premières lettres du jour concerné :mrgreen:
Lundi changeait plus d'avis que de chemise. Lunatique au possible, il possédait un spin à tout épreuve, disant oui quand il fallait dire non, faisant le contraire de ce qu'il fallait, marchant sur les mains plutôt que sur les pieds… Les lunettes toujours correctement posées sur son nez, il arborait un air neutre et placide qui contrastait avec la tempête de pensées chaotiques qui labouraient ses entrailles cérébrales. Né un jour de pleine lune, sa dichotomie intrinsèque l'obligeait vivre de nuit. Mais ce n'était que le début de la semaine, d'autres êtres étranges viendraient sûrement inquiéter l'humanité, même s'ils n'arboraient pas cette ombre lunulée qui le suivait partout. C'est après un lunch extravagant organisé par une communauté scientifique impuissante que son exécution fut décidée…
Mardi martelait le marbre avec fougue. Ce margoulin était le fruit du mariage impossible d'un martin-pêcheur et d'une martiniquaise. C'était la deuxième fois qu'on observait un phénomène équivalent depuis l'accouplement d'un martinet et d'une marocaine. Par précaution, on commença à exterminer les marouettes et les marseillaises. De leur côté, les plus éminents généticiens maronnaient en se demandant bien ce que la nature marronnait dans son coin. La créature se nourrissait exclusivement de marmelade de marrons marinés à la marmite dans laquelle devaient mitonner une marmotte marrie à la marijuana. Sa colère actuelle concernait la destruction de sa marchandise : deux mille tonnes de marcassins marcescibles et de maroquineries maritimes saisies par les douanes martiennes. Alors qu'il avait réussi à éviter les maraudeurs des marais et marins marxistes. Il margotta quelques imprécations de marabout qui n'eurent comme seul effet de faire marrer ses gardiens marnais. Dans sa cellule, il marmonne en jouant avec des marionnettes en tige de marguerites et autres marottes de margotin qu'on lui avait balancé négligemment.
Mercredi est un descendant direct du Mérovingien. Un mercenaire mercantile complètement accro aux meringues aux merises pour guérir les blessures de son cœur ; pour les éventuels estafilades qu'il reçoit lors de ses nombreux duels, il se tartine allègrement du mercurochrome que sa merveilleuse mère — un ancienne mercière — lui met dans sa boite à munitions. La semaine dernière, il est malheureusement décédé alors qu'il escortait un contrebandier de cadavres de poissons, un mélange de mérous, merlus et merlans ; de son souvenir, jamais une telle odeur pire que la merde — du mercaptan, en fait — n'avait défoncé ses délicates narines de méridional, conçues pour l'odeur de la mer. Décidément non, il ne méritait pas une telle mort anonyme et sans merci.
Jeudi jeûnait tout le temps. C'était l'éternel jeunesse.
Vendredi vivait près d'un vallon à Avallon. Ancien esclave vendangeur vendéen vendu à un garagiste retraité, c'est maintenant lui qui vidangeait les moteur V8 des vedettes des vedettes — qu'il ne fallait pas confondre avec les yachts des yacks, bien entendu. Ventru ou ventripotent — c'est selon votre vue —, il n'en était pas cependant nez en moins véloce grâce à ses imposantes valvules qui vidaient et remplissaient ses ventricules volumineux continuellement d'air ventilé sans Ventoline. Sa peau velue était parsemée de veines visibles à vingt mètres, véhiculant en elles ce liquide tant vénéré par les vampires vaporeux pour ses vertus revigorantes. Il ne se vantait pas de son vague passé, mais il n'en tirait pas non plus la moindre vengeance. Cependant, après avoir étudier les vipères venimeuses et les champignons vénéneux, il ventile ses stocks de venins aux plus offrants. Et je peux vous assurer qu'il en vend des tas !
Samedi, c'est le bon samaritain, le samouraï de ses geïshas, se dressant fier et droit comme un i dans son sampot à la teinte de sang, telle la proue d'un sampang, fendant les obstacles comme un katana coupe une feuille de cerisier dans le sens de l'épaisseur ; et tout cela, sans bouger d'un poil de couille de Tanuki !
Dimanche est venu d'une autre dimension pour percevoir la dîme inter-dimensionnelle. Il ne s'attendait pas à une société aussi dimorphe : les riches au-dessus et les pauvres dessous. Il rencontra un diocésain qui portait un dimissoire dont le message n'en n'était pas moins abscons : "Dimanche est le jour du seigneur, qui que vous soyez, accueillez-moi dans votre diocèse". C'est ainsi que l'humanité fut diminuée d'un curé en week-end.