Réponse au défi de Zach.
C'est la première fois que j'écris une histoire qui se déroule dans notre univers... J'sais pas c'que ca donne...
Dés du destin
Les dés du destin roulent, s’entrechoquent.
- 12 ! La mise est remportée par cet homme !
L’homme en question, c’est moi. Et la mise que je viens de remporter s’élève à… très cher. J’ai peine à y croire, mais je ne devrais pas être surpris. La chance a toujours été de mon côté.
- Félicitation, mon vieux !
Ca, c’est un ami. Plus que ça, même, un frère. Un type formidable qui ne me laisse jamais tomber. Je récupère mon magot, mais il y a plus de jetons que je ne peux en porter.
- Merci. Tu veux bien prendre ce qu’il reste, s’il te plaît ?
- Bien sûr !
On se dirige vers les guichets pour échanger les jetons. Je tremble d’excitation. On est riche ! Moi, ma Noémie et notre petite Rose ! Ce voyage à Las Vegas pour les vacances était vraiment une bonne idée. Une idée de ma merveilleuse Noémie. Si belle, et si forte ! Parmi les hommes je suis le plus chanceux pour l’avoir rencontrée.
On ne peut pas en dire autant de mon ami. Il est célibataire, et il a tout perdu ce soir. Je vais partager mes gains avec lui, bien sûr… Mais je ne peux m’empêcher de penser qu'il va trouver le moyen de les perdre. Ca doit être inscrit sur son front : « Je suis malchanceux ! ». C’a toujours était ainsi. Toutes les filles l’ont rejeté, et il n’aurait même pas eu son bac si je n’avais pas réussi à tricher. C’est fou ce que j’étais inventif pour ce genre de chose, à l’époque. Mais il m’a toujours soutenu dans les moments difficiles, m’a aidé malgré ses propres problèmes.
Je récupère l’argent dans une valise, et je la tends à mon ami.
- Tu veux bien aller poser ça dans la voiture ? Je vais chercher Noémie, j’en ai pour une minute.
Je le regarde s’éloigner puis je me dirige vers les machines à sous. Elle y est très forte. Je m’arrête un instant pour refaire mes lacets quand j’entends sa voix, de l’autre coté de la machine derrière laquelle je suis.
- …mais il ne l’a jamais su.
- Ah ? Et tu comptes lui dire ?
Ma Noémie s’est trouvé une amie française ? La curiosité est un vilain défaut, mais je décide tout de même d’écouter ce qu’elles racontent.
- Bien sûr que non. Comment réagit un homme quand sa femme le trompe, à ton avis ?
- Oui, tu as raison.
- Mais tu ne lui diras pas, hein ?
- Mais non, ne t’en fait pas… Tu devrais me faire confiance, depuis le temps qu’on se connaît.
Une histoire d’adultère ? Je me demande de qui elles parlent. Malgré moi, un léger doute m’envahit. Mais qu’est ce qui me prend ? Ma Noémie ne me ferait jamais ça.
- En plus, Rose n’est pas de lui, mais de Louis. S’il l’apprenait… Je ne veux pas qu’il le sache ! Je l’aime vraiment…
- Pourquoi l’avoir trompé alors ?
- Louis semblait si seul…
Je n’écoute plus. Je m’efforce d’effacer ce que je viens d’entendre. Mais je n’y arrive pas. Des larmes commencent à couler. Je contourne la machine et fais face à ma femme.
- Dis-moi… que ce n’est pas vrai !
Mais je vois à son expression que j’ai deviné juste, que j’ai bien entendu, que j’ai compris ce qui se passait sans doute depuis des mois. Je me détourne et je fonce vers l’extérieur. Ma femme et mon meilleur ami ! Je fais la sourde oreille aux suppliques que Noémie hurle dans mon dos. C’est dur, c’est si dur !
J’arrive sur le parking. Je sais ce que je vais faire. Frapper Louis, puis rentrer. On verra plus tard pour Noémie. Ma tendre Noémie… Elle s’est sans doute faite bernée. Mais je ne vois la voiture nulle part. Je me dirige vers la sortie, et là, je l’aperçois. Qui démarre. Qui tourne. Qui s’en va.
Le fumier ! Il a couché avec ma femme. Il a volé mon fric. Ma fille est de lui. Il m’a trahi. Mais cette mascarade dure sans doute depuis longtemps. Il a peut être toujours profité de ma naïveté. Pour le bac aussi. Sur mes joues, les larmes roulent toujours. Je décide de rentrer. Il y a sans doute quelques bouteilles à la maison. Je déambule à pieds, dans la rue, toute la nuit, à ressasser de noires pensées.
L’aube se pointe tandis que je traverse un chemin de fer. Et je réalise trop tard qu’un train arrive. Où est passée ma chance ?
Oh, ma douce Noémie…
Les dés du destin roulent, s’entrechoquent.