Synopsis + lettre séparées ou seulement résume dans la lettre ?A ma connaissance, il faut les deux, parce que comme dit Mary, ça n'a pas la même fonction.
Et, plus généralement, quels sont les travers à éviter pour la rédaction d'un bon synopsis accrocheur ?Pour avoir bêta-lu (c'est-à-dire commenté) un certain nombre de synopsis de soumissions sur le forum Cocyclics, et suivi les fils des gens qui se sont déjà lancés dans le milieu, je dirais qu'un synopsis ne doit pas spécifiquement chercher à être accrocheur. Comme dit Mary, c'est pas un texte commercial, ni une lettre de motivation. Le synopsis doit avant tout être clair, et en fait, rien que ça, c'est super difficile :mrgreen: Il faut que le synopsis présente toute l'histoire (il peut laisser des éléments de côté si ça ne nuit pas à la compréhension), en montrant ce qui se passe, depuis le début jusqu'à la fin incluse. Il faut qu'on puisse identifier les personnages principaux (surtout, ne pas en mettre trop, sinon le lecteur s'embrouille). Si c'est de l'imaginaire, permettre de comprendre un peu le monde où se déroule l'histoire. Bref, il faut qu'en lisant le syno, on sache ce qu'il y a dans le roman, et qu'on n'ait pas l'impression que des éléments de l'intrigue clochent, manquent ou sortent de nulle part.
Mais de ce que j'en sais, il peut-être aussi long que la lettre d'accompagnement. D'où ma question.Il doit être plus long que la lettre, je dirais ! Ou plutôt, la lettre doit essayer d'être courte.
J'ai bien en tête de faire une lettre mais je ne pensais pas mettre de résumé, ni de synopsis. sur les maisons d'éditions que j'ai repérée, je n'ai jamais vu cette demande particulière... Est-ce que c'est vraiment indispensable ?Que je sache, oui. Simplement parce que l'éditeur veut savoir si ton histoire peut entrer dans sa ligne éditoriale ou tient la route, il va pas s'embêter à lire un truc dont, en quelques paragraphes, il aurait vu que c'était pas pour lui...
-si le synopsis revèle la trame du roman, cela signifie qu'à la lecture l'éditeur ne ressentira pas l'intrigue de la même façon, ne sera pas surpris... c'est gênant non ?Ben non, en fait, parce que l'éditeur n'est pas un lecteur. Il est là pour voir si le texte correspond à ce qu'il veut publier. Il faut donc qu'il sache ce qu'il y a dedans, tout ce qu'il y a dedans (enfin, tout ce qui est résumable ^^).
mais concrètement j'ai du mal à concevoir qu'on puisse vraiment se faire une idée de la qualité d'un roman à partir d'un synopsis.D'une certaine façon, si : si l'intrigue ne tient pas la route, ça se voit dans le scénario.
Les meilleurs romans, l'histoire est souvent très très simple, il me semble.Le souci est que si tu me dis "C'est l'histoire d'un provincial qui arrive à Paris et se fait sa place dans le monde", ben c'est certes Bel-Ami, mais c'est pas un synopsis. C'est un pitch. Le synopsis, ce serait le détail du : Il arrive parce que [zut c'est là que je m'aperçois que j'ai oublié le contenu du bouquin :D], il rencontre Mme de Marelle (je sais plus bien les noms) lors d'un dîner, décide de devenir son amant, etc. etc. Là, on s'approche davantage d'un synopsis. Et là, c'est forcément plus développé. Parce qu'un pitch, ça ne dit pas du tout comment l'histoire va être traitée ; or, c'est ça que l'éditeur veut savoir.
si j'étais éditeur (je sais pas dans quelle mesure j'ai raison ou tort, mais j'essaie de me mettre à la place de l'éditeur) je crois que ce qui m'intéresserait ce serait, par ordre de priorité, d'avoir 1le texte proprement dit (n'oublions pas que c'est ça le plus important) 2le pitch (l'idée de départ, en gros) 3éventuellement deux trois infos sur "la démarche" de l'auteur, ce qui lu i a donné envie d'écrire 4éventuellement un synopsis,:\? Mets-toi vraiment dans la situation d'un éditeur. Tu reçois 70 manuscrits, tu sais que tu ne vas en publier que genre 3, d'après ton planning et ton budget. Sur les 70, tu sais qu'il y en a une bonne partie qui est à peine lisible, une autre bonne partie qui n'a rien à voir avec ta ligne éditoriale. Tu vas pas lire les 70 - t'en as 70 de plus le mois prochain. Donc tu attaques la pile. Tu as besoin de voir quoi, pour savoir si le texte est susceptible de t'intéresser ?
oui, du coup moi j'imaginais plutôt que l'éditeur allait se fier au début du livre, genre les 30 premières pages, si elle ne tiennent pas la route, pas la peine de lire le reste.Du coup, la discussion, c'est plutôt "ce que nous pensons que dans la vraie vie les éditeurs font", ou "ce que nous pensons que les éditeurs devraient faire" ?
le synopsis peut donner une idée de l'originalité du scénario mais aucune idée du style d'écriture par exemple. j'espère vraiment que des romans ne sont pas refusés juste sur lecture du synopsis ! :o
Ce que Mil' et Anlor vous disent c'est que le synopsis ne permet pas à l'éditeur de savoir si le livre est bien écrit mais si l'histoire tient la route et s'il correspond à la ligne éditoriale.Certes, mais il n'aura pas non plus envie de se taper un synopsis.
Exemple : quelqu'un·e qui enverrait de la littérature blanche à Bragelonne/Mnemos/Les Moutons, l'éditeur/trice n'a pas forcément envie de se taper tout le manuscrit, aussi bien écrit soit-il, avant de savoir s'il y a un élément de SFFF dedans.
Ben, pour répondre à Meilhac, je ne pense pas qu'il faille non plus qu'il faille écrire toute ton intrigue. Comme je l'ai dit plus haut, c'est aussi (surtout ?) important de dégager les grandes thématiques de ton livre. Pour moi, le synopsis va avec la présentation du livre. Enfin, ça me parait bizarre de parler d'un livre à quelqu'un qui ne te connais pas sans même lui dire ce que ça raconte. C'est comme lui envoyer le manuscrit dans un paquet cadeau et lui écrire "eh, je te dirai pas ce que c'est, mais tu vas surkiffer"Peut-être qu'il y a un petit malentendu Anlor sur ce qu'on appelle "synopsis". Moi je croyais (et je crois encore :mrgreen: ) que "synopsis" ça désigne quelque chose de beaucoup plus détaillé que le thème ou le pitch.
Par exemple, A rebours, le thème tu le présentes en trois phrases, "un dandy oisif misanthrope, qui se retire dans une maison ; il est très excentrique, esthète, attache une importance maladive à la manière dont les choses sont disposées autour de lui, à la mise de ses serviteurs, aux horaires et à la composition de ses repas (un en fin d'après-midi, l'autre en pleine nuit), etc. ; il y a plusieurs chapitres consacrés à la présentation des goûts artistiques du héros ; beaucoup d'humour et de noirceur. Les rares incursions en ville (quand il va chez le dentiste) et ses rares contacts avec ses contemporains, ses rares projets "normaux" (un petit voyage) donnent lieu à des scènes ubuesques et hilarantes. La langue un peu précieuse, précise, drôle, riche"Mais un synopsis, ce n'est pas forcément décrire les actions du héros ;) C'est pour ça qu'Anlor parlait de thématiques. Non, un synopsis n'est pas un pitch, mais ça doit raconter l'histoire de ton roman. L'histoire, ça se résume pas aux actes ou aux déplacements de ton héros. Si ton roman raconte l'évolution psychologique du héros, c'est ça que tu racontes dans le syno.
voilà, là le bouquin, tu le présentes, de manière plus convaincante je pense que si tu fais un synopsis. et si le texte est bon, l'éditeur, il va directement de ces cinq phrases au manuscrit proprement dit.
Parce que sinon là un synopsis ce serait
chapitre 1 : il s'installe dans sa maison de campagne
chapitre 2 : il choisit la couleur de son papier peint
chapitre 3 : présentation de la bibliothèque et des goûts littéraires du héros
chapitre 4 : rage de dents; il se rend chez le dentiste
etc etc. bref, en l'occurrence, le synopsis donne moins envie de lire le bouquin que la présentation, en trois ou quatre phrases, du thème. il me semble, hein.
mais je crois que si j'étais éditeur et que je recevais lettre d'aphone + manuscrit d'aphone + synopsis d'aphone je me jetterai sur la lettre, je me jetterais sur le texte, et je jetterais un coup d'oeil en baillant sur le synopsis :--).Essaie de participer aux sélections d'un AT. Vraiment. Je pense que tu pourras te mettre davantage à la place de quelqu'un qui reçoit des tonnes de textes et ne cherche à en retenir que quelques uns. Et qui ne juge pas que sur le style : parce qu'un bon style ne garantit ni une histoire cohérente, ni le respect de la ligne éditoriale ^^
Je n'en suis pas satisfait et je suis certain que les éditeurs qui jugeront sur mon syno passeront à côté du roman. Ce n'est pour autant qu'ils l'auraient aimé, mais l'idée qu'ils en auront en lisant le syno est faussée.salut Aphone. :)
Ce qui est frustrant, je trouve, c'est de s'adresser à l'éditeur en tant qu'éditeur et pas lecteur. C'est à dire qu'en donnant le synopsis :1/ en même temps je pense que c'est un bon révélateur (voire : le spoiler est peut-être le prix à payer) de la qualité du roman, le suspense pouvant être de la poudre aux yeux... En connaissant la fin on est surement plus attentif à la qualité d'ensemble du texte ?
1/ on spoile carrément son roman
2/ on le présente avec très peu d'esthétique
2/ ah bon ? je comprends pas pourquoi ton résumé ne peut pas laisser transparaitre ton esthétiqueDans le synoptique, y a pas de style, c'est pas l'objet. On n'a pas non plus de saveur quant à la façon d'apporter les éléments, les traits d'humour ou d'émotion qu'on veut faire passer, la psychologie des personnages, la manière de faire monter le suspense si c'est un polar...
C'est vraiment dingue comme écrire le synopsis de son texte ça permet de VRAIMENT comprendre les endroits où le scénario coince, les articulations à travailler... c'est une super méthode en fait... Un peu comme les profs qui te disent "si tu veux savoir si tu as compris quelque chose, explique-le à quelqu'un"c'est très vrai !
Je suis d'accord dans l'ensemble, mais malgré tout je suis vraiment convaincu qu'un bon synopsis laisse sourdre l'esthétique de ton texte. Il suffit d'un ou deux mots, d'une ou deux locutions pour faire passer le ton d'un personnage ou son état d'esprit, c'est presque rien, presque en caméléon, mais pas tout à fait, et je pense que c'est important.2/ ah bon ? je comprends pas pourquoi ton résumé ne peut pas laisser transparaitre ton esthétiqueDans le synoptique, y a pas de style, c'est pas l'objet. On n'a pas non plus de saveur quant à la façon d'apporter les éléments, les traits d'humour ou d'émotion qu'on veut faire passer, la psychologie des personnages, la manière de faire monter le suspense si c'est un polar...
Bref, la richesse du texte se découvre en le lisant, pas en lisant le synoptique.