Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: MillaNox le 30 Mars 2014 à 20:14:18

Titre: Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 30 Mars 2014 à 20:14:18
je ne sais pas si c'est considéré explicite ou pas, il y a juste un truc un peu trash, alors bon dans le doute...
Bonne lecture !


EFILLUFRED NOWWOH

     Fuir sans relâche. Ni manger, ni boire, ni dormir. Efillufred Nowwoh savait que c’était impossible et se croyait perdue dans un rêve. Mais le terme de ce songe ne venait pas, et trop d’incohérences lui sautaient aux yeux. Enlevée au monde réel par les bras venimeux d’un sommeil cauchemardesque, des invraisemblances l’auraient-elles interpelée ? Non. Il devait exister une autre explication.


4

  Le premier souvenir d’Efillufred en ce monde était teinté d’effroi. Sur le flanc d’une colline, d’interminables lignes de vignes l’encerclaient. Les ceps se tordaient puis dressaient de fines tiges vers le ciel, chargées de feuilles, mais pas encore de grappes. Assez récentes, les marques d’une taille soigneuse se discernaient. Pourtant, Efillufred était désespérément seule. Nul homme à l’horizon, aucun mouvement alentour. Pas même un lointain bruit d’oiseau ou de vent. Ce silence de mort contrastait furieusement avec la verdure en pleine croissance, porteuse de vie. La jeune fille toucha sa poitrine pour vérifier que son cœur battait, saisie d’un doute soudain.

Bam, bam, bam… Bam, bam, bam… Un écho au fracas de son cœur la fit sursauter. Alors, sous les yeux éberlués d’Efillufred, les pâturages de l’autre côté de la vallée furent engloutis par le néant. La terre s’effondrait et sa matière disparaissait. En lieu et place, une couleur insaisissable peignait le nouveau visage de la contrée.
La jeune fille, d’abord pétrifiée par la terreur et la stupéfaction, dompta prestement ses émotions. Son instinct de survie la lança dans une course effrénée pour échapper au chaos.

Enfuis-toi, cours !
Devant le bruit sourd
du compte à rebours.

3

   Le monde s’autodétruisait-il ou quelque chose d’inconnu rongeait-il la planète ? Efillufred s’aperçut rapidement que cet anéantissement, aussi terrifiant et irréversible soit-il, s’accomplissait avec lenteur. Quelques heures lui suffirent pour distancer l’effondrement-mouvant, ainsi qu’elle le nomma, et ne plus le distinguer. Téméraire, elle l’attendit au point de se retrouver au bord du gouffre, recula juste avant de rejoindre l’unicité de la couleur sans nom. Le jeu était grisant. Durant une journée entière, Efillufred n’eut de cesse de réitérer cette insensée espièglerie, et la mort la frôla d’un peu plus près à chaque reprise. Une sensation de puissance émergeait du danger. Le risque lui procurait du plaisir, le vide l’attirait. Puis le magnétisme s’amplifia, et l’intrépide éprouva le besoin de franchir la limite. Efillufred avait oublié que l’effondrement-mouvant l’avait d’abord terrorisée, qu’il s’agissait de la fin des choses. Sa raison abdiqua devant l’interdit tant désiré.
   Bras tendu, main accueillante face à l’abîme qui avançait, elle caressa le mal qui rongeait la planète. Aussitôt, la douleur s’empara de sa paume et une brûlure de glace irradia progressivement son bras. Hurlement de souffrance. La mort pénétra par le bout de ses doigts. Puis quelque chose déchiqueta la chair qui constituait son membre, un mouvement vorace. La jeune fille se devina sans défense. Le néant ne se combattait pas. Le mal la tortura au point de la faire vomir, et cette énergie – convoquée par ses muscles pour expulser l’horreur – engendra une pulsion minime mais suffisante pour une chute en arrière.
Ainsi, toujours criant sous la douleur, Efillufred se redressa et s’éloigna en titubant. Au bout de son bras droit pendant sans vie au reste de son corps, elle n’avait plus de main. Ni sang ni plaie. Un moignon cautérisé et l’absence.


2

   Dix jours qu’Efillufred Nowwoh fuyait la mort quand elle atteignit une clairière dans laquelle était construite une modeste maison. Elle avait traversé des forêts vides d’oiseaux, des prés sans animaux, des rivières sans poissons. De quoi se considérer comme l’ultime être vivant à peupler ces terres en sursis. Ainsi, avisant une forme humaine devant la chaumière, sa surprise fut à la hauteur de la joie qui s’empara d’elle.

   Se précipitant, Efillufred découvrit une femme d’environ deux fois son âge, debout devant une table de jardin sur laquelle des tiges de menthe mouillées s’éparpillaient. Les plantes odorantes passaient une à une par les mains de l’habitante qui les déshabillaient pour en déposer les feuilles sur un plateau de bois.
   — Il faut partir ! cria Efillufred. Une force étrange est en train de consumer le monde et arrivera bientôt ici !
   — Je sais déjà tout cela, répondit la femme sans lever les yeux de son ouvrage.
   La panique de l’une contrastait avec l’indifférence de l’autre. Efillufred se calma. Elle jeta un regard à la ronde et tenta d’apercevoir l’intérieur de la maisonnette dont la porte était entrouverte.
   — Il y a quelqu’un d’autre ici ? interrogea-t-elle.
   — Non, pas ici. Plus loin. Avec toi, nous sommes trois survivants. Laisse-moi maintenant.
   L’habitante poursuivait sa tâche, insensible à l’apocalypse qui menaçait.
   — Vous n’avez pas bien compris, reprit Efillufred. Il faut fuir, ou vous mourrez.
   Cette fois, la femme suspendit son effeuillage et plongea ses prunelles noires dans celles de l’importune.
   — Notre planète est ronde, vois-tu ? Que crois-tu qu’il adviendra quand tu auras fui jusqu’à rejoindre ton point de départ ? J’aime l’odeur de la menthe qui se froisse entre mes doigts. Je me délecte de la préparer pour qu’elle sèche et parfume ensuite mes tisanes, chaque soir. À quoi bon se dérober devant la fin si l’heure est venue ?
   Efillufred ne sut que répondre. L’absence de sa main la renvoyait à une douleur qu’elle ne voulait plus jamais ressentir, mais l’évidence énoncée par l’habitante paraissait difficile à nier. Le cercle se refermerait tôt ou tard sur sa course, elle serait dévorée. Puis une étrangeté, posée au coin de la table, attira l’attention de la jeune fille. Cousues ensemble par un fin fil vert, des dizaines de feuilles de menthe formaient un parchemin végétal. Flottant à sa surface, une écriture née d’un épais liquide rouge dessinait un poème.

Plus d’encre ici.
Elle fut tarie
par le buvard.
Il est trop tard.

Pour que mes écrits perdurent,
j’ai rendu à la nature
de mon bras l’extrémité.
Le sang devient mon tracé.

Plus d’encre ici.
Elle fut tarie
par le buvard.
Il est trop tard.

Efillufred leva des yeux déconcertés vers l’habitante. Elle aurait juré l’avoir vu trier la menthe à l’aide de ses deux mains, mais maintenant, elle découvrait le bout de son bras droit coupé, ensanglanté. La tête lui tourna, une désagréable sensation d’écœurement s’immisça en elle et sa main manquante la picota. Un fourmillement, puis une démangeaison, et enfin une lacération par des centaines de couteaux invisibles. Sous la table, dépassant quelque peu, elle aperçut un hachoir taché de rouge et, tout près, le membre amputé. Efillufred tressaillit et recula d’un pas. L’habitante éclata d’un rire sonore, tonitruant. Saisissant une feuille de menthe, elle en glissa la tranche sur son bras droit pour l’entailler. Encore un mètre en arrière. D’un mouvement brusque, la femme se redressa et dévisagea Efillufred. Ses iris avaient jauni et ses yeux défilaient de haut en bas dans une saccade folle.

   Bam, bam, bam… L’effondrement-mouvant arrivait.

   Si la peur peut paralyser, elle sait aussi donner des ailes. À toutes jambes, Efillufred dévala la prairie qui s’étendait derrière la chaumière. Elle ne se retourna pas et hurla, pour se libérer de la vision d’horreur qu’elle quittait et trouver du courage. Elle courut sans relâche pendant cinq jours et six nuits.


1

Et ne s’arrêta que parce qu’elle le vit. Assis sur un rocher, dominant la plaine qui s’étalait sous lui, un jeune homme contemplait le soleil surgissant. Le monde sombrait, mais le reste de l’univers s’en fichait. Ce grand tout perdurerait, seul un grain de poussière aurait été soufflé par un courant d’air.
Efillufred rejoignit lentement l’inconnu, craintive au souvenir de la femme aux feuilles de menthe. Il l’accueillit comme s’il l’avait toujours attendue.
— Je suis Maiereh, dit-il simplement.
Tous deux se turent et s’installèrent ensemble au bord de la falaise. Leurs jambes se balançaient dans le vide. Efillufred se sentait bien, apaisée comme jamais elle ne l’avait été dans ce monde. Elle retardait le moment des questions pour ne pas rompre cette plénitude. Profondément enfoui en son sein, il lui semblait qu’elle avait déjà éprouvé un tel bonheur, ailleurs.
Maiereh ne se défit pas de son calme quand il aperçut, loin au fond de la plaine, l’effondrement-mouvant se propager en engloutissant les terres. Il se contenta de pointer l’index vers le chaos et de parler d’une voix douce.
— Il est temps de choisir, Efillufred Nowwoh.
— Partout où je fuis, ce néant me poursuit, dit-elle. Et si je fais le tour complet de la planète, alors j’aurai laissé le temps décider à ma place.
— Oui. C’est pour ça qu’il ne faut plus bouger. Tu dois décider, maintenant.

Il n’y avait pas de vent, pas de bruit. On n’entendait pas encore le bam, bam, de la destruction.

— J’ai peur, Maiereh. La réponse en moi me terrorise.
— Je suis là. Je vais te tenir les mains pour te donner de la force.
Un sourire désolé agita les lèvres d’Efillufred quand elle scruta son moignon.
— Cela n’a aucune importance. L’autre te suffira pour savoir que tu n’es pas seule.

Efillufred abandonna sa paume à celle que Maiereh lui tendait. Elle posa un dernier regard sur l’effondrement-mouvant et ferma les yeux pour plonger en elle.

Elle se souvint du bonheur, sensation pure, et de ses propres mots en poussant la porte. « Comme la vie est merveilleuse… »
Maiereh serra doucement sa main.
Elle se rappela tout ce qui existait derrière cette porte. Les années de tristesse vécues avec sa mère. Les milliers de larmes versées en contemplant la dépression et la folie de celle qui l’avait enfantée.
Maiereh pressa un peu plus fort.
Elle se souvint d’avoir appris à sourire, ailleurs. De s’être sentie aimée pour la première fois. De Romain. D’être rentrée et d’avoir prononcé cette foutue phrase. « Comme la vie est merveilleuse… » D’avoir bravé l’interdiction du bonheur.
Maiereh écrasa l’unique main d’Efillufred entre les deux siennes.
Elle se rappela le visage de sa mère, défigurée par la folie. Le hachoir. La peur. La douleur. L’horreur.
Maiereh l’avait prise dans ses bras. Efillufred sanglotait contre sa poitrine.
Il n’était plus possible de demeurer dans cette vie. Le monde entier s’était dépeuplé. Il ne restait que sa mère, Romain et elle. Et, bien sûr, son besoin de tout détruire, son envie de mourir. 

— Je m'appelle Iris, n’est-ce pas, et toi Romain ?
— Oui, souffla-t-il.
— J’ai créé ce lieu.
— Il est ton émoi, ta colère, mais tu dois le lire à l’envers, à l’instar de nos noms, pour retrouver ta pulsion de vie.
— Maiereh... Si je reviens dans notre réalité, le passé ne s’effacera jamais de ma mémoire.
— Non. Mais je serai là pour t’aider à construire l’avenir.

Bam, bam, bam… En bas de la falaise, l’effondrement-mouvant dévorait la pierre.
 
Et un refrain martelait la tête d’Efillufred.

Plus d’encre ici.
Elle fut tarie
par le buvard.
Il est trop tard.


   À l’instant où Iris sortit de son coma, elle se trouvait seule dans sa chambre d’hôpital. Elle examina longuement sa main manquante et le bandage qui serrait son poignet-moignon. Puis elle sourit à l’infirmière qui entrait à peine et l’observait, atterrée.


petit secret de fabrication
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Titre: Re : Efillufred Nowoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 30 Mars 2014 à 21:54:29
merci Cassandre ! T'es trop cool d'avoir déjà lu, il est long je pensais que ça démotiverait un peu tout le monde !

alors pour répondre à ta question (à ne lire qu'après avoir lu le texte) :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


trop contente que ça t'aies plu !!
Titre: Re : Efillufred Nowoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: soso le 30 Mars 2014 à 22:39:44
Bonsoir,
Entre rêve et réalité le cheminement des pensées est vraiment bien mené, on dirait même que le décor rend compte de son état intérieur ( entre autres, le moment ou elle est sur la falaise, le vide en dessous est assez symbolique ).
C'était une lecture sympathique.
Au plaisir
Titre: Re : Efillufred Nowoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 31 Mars 2014 à 10:19:35
Merci soso :)
je suis contente que tu aies eu ce ressenti ça colle tout à fait à ce que je voulais rendre !

Par contre l'histoire a un peu évolué pendant que je l'écrivais et je parlais d'Efillufred en tant que "jeune femme" à deux reprises, elle est finalement plus jeune que ça et j'ai changé ça en "jeune fille" à l'instant. Apparemment ça ne vous a pas trop gênées Cassandre et toi mais ça me parait plus cohérent.

merci encore de ton passage, et au plaisir de se recroiser sur un de mes textes ou un des tiens :)

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Underwood le 01 Avril 2014 à 10:59:04
Très agréable à lire.

  Dans ce cas le longueur du texte n'est pas une source de découragement mais bien plutôt de plaisir  :).

  La chute est bien présente, agréable, percutante, et, si le thème du coma et de la folie sont souvent récurrents dans les nouvelles je trouve que tu les manies ici avec beaucoup d'aisance. J'aime également vraiment le début de ton texte laissant penser, de prime abord  à un univers de fantasy pour une transition tout en douceur vers la réalité.

  Un seul tout petit bémol (et encore, il n'engage que moi...) est le premier paragraphe ou tu parles des rêves et du sommeil de l’héroine de ton histoire. Je pense que le reste du texte aurait été plus direct  en plongeant le lecteur dans le subconscient de ton personnage principal et ce sans préambule.

  Cependant, je relativise ce propos, dans la mesure ou cela ne m'est pas apparu lors de ma première lecture. De plus, vu la qualité globale de cette nouvelle j'avoue avoir plus envie d'en "prendre de la graine" qu'à critiquer cette dernière.

  J'attendrai donc avec impatience tes autres écris.
Titre: Re : Efillufred Nowoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Babataher le 01 Avril 2014 à 13:17:51
Bonjour Millanox,
J'ai lu avec intérêt ton texte. Je trouve qu'il est bien écrit malgré quelques incohérences qui n'engage que ma lecture à moi, bien entendu.
Citer
d’une taille soigneuses
d’une taille soigneuse!
Citer
En lieu et place, une couleur inconnue des humains, innommée, peignait le nouveau visage du lieu.
la répétition du terme lieu (endroit) et cet adjectif innomée tombe mal à propos d'une chose déjà inconnue!
Citer
que cet anéantissement, aussi terrifiant et irréversible soit-il, exécutait sa tâche avec lenteur
J'aurais remplacé 'exécutait sa tâche':  que cet anéantissement, aussi terrifiant et irréversible soit-il, s'accomplissait avec lenteur!
Citer
face au mur qui avançait
puisque la chose s'effondre vaut mieux  la qualifier d'abîme  ou gouffre au lieu de mur!
Citer
Ainsi, elle était convaincue d’être la dernière personne à peupler ces terres en sursis.
alors qu'avant dans les premiers paragraphes  dans un champ de vigne elle se trouvait au milieu de  la verdure en pleine croissance, porteuse de vie.
Citer
   — Je sais tout cela, répondit la femme sans lever les yeux de son ouvrage.
Là on peut entrevoir la chute à travers ce  délire  puisque la femme sait et ne bouge pas!
Je ne sais pas si une personne reste consciente pendant le coma! Mais me diras-tu il y' a plusieurs sortes de coma et rien n'interdit un coma semblable à un cauchemar...
 Coté écriture, c'est fluide et bien écrit. Le principal est d'accrocher le lecteur et de l'emmener jusqu'à la chute.
En tout cas j'ai lu avec plaisir
Titre: Re : Efillufred Nowoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 01 Avril 2014 à 14:09:08
Merci beaucoup Underwood ! ton commentaire me fait chaud au cœur !  :-[  :)
J'ai relu l'intro et je n'arrive pas à me décider à l'enlever, ça me paraît tout de même poser un peu le décor... je verrais si d'autres me font la même remarque ! :)

Merci à toi aussi Babataher de ton passage ! J'ai corrigé la coquille ! pour tes autres remarques, j'en ai suivies plusieurs que j'ai trouvées très pertinentes, merci de tes conseils :). Par contre, j'ai laissé innommé pour l'instant, c'est vrai que ça fait peut-être un peu lourd avec "inconnu" avant, mais j'aimais bien cette idée que le langage humain ne sache pas dire cette couleur, et je n'arrive pas non plus à renoncer à "inconnu"... bref, si d'autres tiquent, je pense que je céderai !  ;)

Citer
Citer
Ainsi, elle était convaincue d’être la dernière personne à peupler ces terres en sursis.
alors qu'avant dans les premiers paragraphes  dans un champ de vigne elle se trouvait au milieu de  la verdure en pleine croissance, porteuse de vie.
pour ça c'est plus l'idée que les autres sont déjà tous anéantis malgré des traces de ceux qui peuplaient les lieux il n'y a pas si longtemps

Pour le coma, je ne sais pas trop... je n'étais pas non plus partie sur quelque chose d'ultra réaliste...

Le texte est un peu long (pas tant que ça non plus) et il y a un vrai enjeu à ce que le lecteur ne lâche pas en cours de route, qu'il "accroche" jusqu'à la fin. donc je suis super contente que ça fonctionne :)
 
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Loïc le 14 Avril 2014 à 20:45:06
Comme promis, je viens commenter :)

Citer
Ce silence de mort contrastait furieusement avec la verdure en pleine croissance, porteuse de vie, partout autour de la jeune fille.

C'est lourd ici, faudrait revoir la ponctuation

Citer
Alors, sous les yeux éberlués d’Efillufred, les pâturages qui lui faisaient face, de l’autre côté de la vallée, furent engloutis par le néant.

Alors inutile, "sous les yeux de" est lourd.

Citer
La douleur s’empara instantanément de sa paume

Lourd

Citer
Dix jours qu’Efillufred Nowwoh fuyait la mort

Elle ne mange pas ?

Citer
mais la prophétie énoncée par l’habitante

l'évidence ?

Citer
— Partout où je fuis, ce néant me poursuit, dit-elle. Et si je fais le tour complet du monde, alors j’aurai laissé le temps décider à ma place.

Sans compter les mers, océans et montagnes :P

Citer
« J’ai peur, Maiereh. Je sais que je dois regarder en moi, mais j’ai peur de ce que j’y trouverai.
Sooooo cliché ^^

Je ne suis pas convaincu. Par la chute, déjà, même si la partie avec Jack (sérieusement ? Jack ? Le seul perso à qui ce prénom va c'est lui (http://images1.fanpop.com/images/image_uploads/Captain-Jack-Harkness-captain-jack-harkness-1155049_500_333.jpg) :mrgreen:) est plutôt bien faite. C'est la seule que j'ai vraiment appréciée, je crois :/ Mais la conclusion, bof.
D'une manière générale, j'ai eu du mal avec le style. Je n'ai pas réussi à relever ce qui me gênait précisément mais je dirai que c'est quelque chose dans la construction des phrases et le choix des mots. L'histoire en elle-même a du potentiel mais je ne sais pas comment le combiner avec ta fin. Et il y a les quelques mini-incohérences que j'ai signalées :)

Bon courage pour retravailler ce texte si jamais tu veux le faire.

Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 14 Avril 2014 à 21:29:43
Salut Loïc, merci de ton passage, c'est bien cool ! :)

alors je suis un peu perplexe devant ton commentaire...
Je sens pas trop les deux premières lourdeurs que tu as relevées, je verrai si d'autres coincent dessus. pour "s'empara instantanément", je crois que je vais dégager l'adverbe, en espérant que ça suffise ! De même j'adopte ton "évidence" à la place de la prophétie, merci pour le tuyau  ;)


Citer
Citer
Dix jours qu’Efillufred Nowwoh fuyait la mort


Elle ne mange pas ?
euh... si tu as lu les premières phrase du texte ça dit ça :
Citer
Dix jours déjà qu’elle fuyait sans relâche. Autant de temps sans manger, boire ou dormir. Efillufred Nowwoh savait que c’était impossible et avait d’abord pensé qu’elle s’était perdue dans un rêve.


Citer
Citer
— Partout où je fuis, ce néant me poursuit, dit-elle. Et si je fais le tour complet du monde, alors j’aurai laissé le temps décider à ma place.


Sans compter les mers, océans et montagnes :P
là je crois qu'on est dans un univers suffisamment hors réalité pour que ça passe honnêtement

Enfin, j'ai du mal a comprendre que tu trouves que l'histoire a du potentiel si tu trouves ça cliché ???? :

Citer
Citer
« J’ai peur, Maiereh. Je sais que je dois regarder en moi, mais j’ai peur de ce que j’y trouverai.


Sooooo cliché ^^

En tout cas c'est effectivement un texte que j'ai envie de retravailler pour en faire quelque chose de réussi :) mais là tu me donnes pas tellement de pistes :( changer complétement le style d'écriture (je pense au final comme tu as l'air de le dire que c'est ce qui t'as pas trop plu) ça m'ennuie car je trouvais qu'il collait pas mal à l'ambiance...
Quoi qu'il en soit la remontée donnera peut-être lieu à d'autres commentaires pas convaincu avec des pistes à suivre ! :)

Merci du temps que tu as pris et j'espère que tu prendras + de plaisir à me lire une autre fois !

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Donaldo75 le 15 Avril 2014 à 00:21:32
Hello Milla, cela faisait longtemps.
Eh bien, que dire de plus si ce n'est que j'ai adoré.
Le style, l'histoire, la narration et la chute, que de cordes tu possèdes à ton arc.
Je suis entré facilement dans cette nouvelle et je l'ai dévoré jusqu'à la fin.
Le lecteur rentre complètement dans cet univers et voit la planète s'effondrer puis quand tu amènes le dénouement tu nous surprends sans pour autant briser le rêve.
C'est très très fort !
Bravo et mille mercis.
Donald.
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: naima06 le 15 Avril 2014 à 07:55:46
Hola !

J'ai vraiment apprécié, ça se lit tout seul et c'est super bien écrit. J'aime particulièrement comment tu suggères que l'intérieur d'une personne est aussi vaste qu'un monde, qu'une planète entière !

Juste une petite faute d'orthographe à signaler :

Citer
Sous la table, elle aperçut, dépassant quelque peu, un hachoir tâché de rouge et tout près, le membre amputé.
Ça serait taché plutôt que tâché ;)

Merci pour la joyeuse lecture!
Titre: Re : Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Loïc le 15 Avril 2014 à 08:28:56



Citer
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Dix jours qu’Efillufred Nowwoh fuyait la mort


Elle ne mange pas ?
euh... si tu as lu les premières phrase du texte ça dit ça :
Citer
Dix jours déjà qu’elle fuyait sans relâche. Autant de temps sans manger, boire ou dormir. Efillufred Nowwoh savait que c’était impossible et avait d’abord pensé qu’elle s’était perdue dans un rêve.

Ouais. Ca m'était sorti de la tête. Et puis à l'éclairage de la fin ça me semble évident.


Citer
Citer
Citer
— Partout où je fuis, ce néant me poursuit, dit-elle. Et si je fais le tour complet du monde, alors j’aurai laissé le temps décider à ma place.


Sans compter les mers, océans et montagnes :P
là je crois qu'on est dans un univers suffisamment hors réalité pour que ça passe honnêtement

Enfin, j'ai du mal a comprendre que tu trouves que l'histoire a du potentiel si tu trouves ça cliché ???? :

Comme pour les repas, effectivement c'est logique à la lumière de la fin. Mais sinon tout le début peu être intéressant et la fin décevante, cf. Harry Potter par exemple u_u

Citer
En tout cas c'est effectivement un texte que j'ai envie de retravailler pour en faire quelque chose de réussi :) mais là tu me donnes pas tellement de pistes :( changer complétement le style d'écriture (je pense au final comme tu as l'air de le dire que c'est ce qui t'as pas trop plu) ça m'ennuie car je trouvais qu'il collait pas mal à l'ambiance...

Et surtout je ne pense pas que ce soit possible ; enfin ça reste ton texte, j'arrive pas trop à expliquer ce que je veux dire mais voilà l'idée ^^

Citer
Merci du temps que tu as pris et j'espère que tu prendras + de plaisir à me lire une autre fois !

Milla

Je n'en doute pas =)
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 15 Avril 2014 à 10:53:34
@Donald : merci de ton passage et très heureuse que tu aies aimé :)

@Naïma : merci beaucoup ! dans l'ensemble ce texte plaît beaucoup pour le moment. J'avais pas une écriture très fluide il ya pas si longtemps et je suis contente d'avoir manifestement progresser !!!
Sinon, c'est une tâche ardue de ne pas tacher un texte avec des fautes d'orthographes !!! hihihi  :mrgreen: Merci beaucoup d'avoir repéré celle-là, tu as l'œil ! :)

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh V2 (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 30 Avril 2014 à 23:51:33
Bon ben comme j'ai trouvé un appel à texte qui a l'air sympa, (voir la rubrique concernée pour ceux que ça peut intéresser) j'ai essayé de retravailler ce texte.
donc je vous présente la version 2 (dans le post initial) et je serai ravie de lire vos bons conseils !  :)
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Rémi le 11 Novembre 2014 à 00:14:01
A commenter bientôt.

En attendant l'édit, au premier paragraphe, coquillette de première !
Citer
nulle invraisemblance n’aurait dû l’interpelée.
argh ! C'est Milla qui écrit ?

Je mets à jour ce com' dès que possible.

Edit :
Juste un com' de première lecture :
On rentre bien dedans, on gamberge un peu (dans le bon sens du terme, on se pose des questions) et puis la chute (qui est classique) arrive franchement bien. Ton personnage est bien palpable, le côté fantasy qui tourne au questionnement existentiel c'est marrant. De beaux paysages aussi, un peu surnaturel ou "surexposé", bien cool quoi.  Bon y'a des trucs chouettes à relever et des passages que je trouve moins bien, détail à venir.

Rémi
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 11 Novembre 2014 à 01:12:26
whaa, le déterrage !  :D C'est cool, merci Rémi !

et  :-[ pour la coquille... c'est changé ! ;)

je lirai tes futures remarques sur ce texte avec plaisir ! :)

bonne nuit !

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Rémi le 11 Novembre 2014 à 17:06:06
C'est parti pour le détail :

Citer
Le terme de ce songe qui ne venait pas puis toutes les incohérences qui lui sautaient aux yeux l’en avaient finalement dissuadée.
dissuader, c'est amener quelqu'un à renoncer à qqe chose.
J'aurais mis "détrompée".

Citer
chargées de feuilles minuscules, mais pas encore de grappes.
remarque à 2 balles : si les feuilles sont minuscules, c'est le printemps donc pas de grappes (et puis après tu parles de la nature en pleine croissance)

Citer
Assez récentes, les marques d’une taille soigneuse se discernaient, accomplie par des hommes.
accomplie par des hommes me semble de trop (et pas super formulé)
=>Assez récentes, les marques d’une taille soigneuse se discernaient, pourtant... (le pourtant fait l'explication)

Citer
une couleur inconnue peignait le nouveau visage de la contrée.
il me semble que tu parles de bleu après (edit : et ben non ! je l'ai rêvé dès la 1ère lecture ce bleu !)

Citer
Enfuis-toi, cours !
Devant le bruit sourd
du compte à rebours.
:coeur:
métaphysique à souhait

Citer
Le monde s’autodétruisait-il ou quelque chose d’inconnu rongeait-il la planète ?
raison de plus d'enlever "inconnue" pour la couleur, tu répètes ce mot ici.

Citer
Efillufred s’aperçut rapidement que cet anéantissement, aussi terrifiant et irréversible soit-il,
soit-il ? me semble pas le bon temps (aussi irréversible qu'il fut ?)

J'aime beaucoup tout ce paragraphe, plein de double sens.

Citer
La jeune fille se devina sans défense.
la formulation me parait pas top.

Citer
Au bout de son bras droit pendu
pourquoi pendu et pas pendant ?

Citer
quand elle atteignit une clairière, faible espace défriché autour d’une modeste maison.
le "faible" ne me semble pas adapté et puis on sait qu'une clairière est un espace défriché. A reformuler ? (l'info qui compte, c'est la maison)

Citer
Elle avait traversé des forêts vides d’oiseaux, des prés sans animaux, des rivières sans poissons. De quoi se considérer comme l’ultime être vivant à peupler ces terres en sursis. Ainsi, Avisant une forme humaine devant la chaumière, sa surprise fut à la hauteur de la joie qui s’empara d’elle.
j'enlèverais l'explication qui me semble superflue, la surprise explique pour celui qui n'aurait pas encore capté.

Citer
— Il faut partir ! dit Efillufred. Je me croyais seule. Une force étrange est en train de consumer le monde et arrivera bientôt ici.
deux infos à faire passer : seule + engloutissement. Le "je me croyais seule" me semble un peu faiblard et le dialogue sonne bizarre dans le contexte. Tu écris "s'approchant...", terme assez neutre. Si elle s'était mise à courir en criant "il faut partir ! etc" alors ok, mais là ça fait pas naturel. Et le "je me croyais seule" pourrait venir dans un deuxième temps (par exemple après un instant de mutisme de "l'habitante").

Et pourquoi tu la nommes "l'habitante" ? j'ai pas capté, y'a une subtilité qui m'échappe ? Tu ne la nommes que comme ça ou "la femme".

Citer
Cette fois, la femme suspendit son effeuillage et plongea ses prunelles noires dans celles de l’importune.
   — Notre planète est ronde, vois-tu ? Que crois-tu qu’il adviendra quand tu auras fui jusqu’à rejoindre ton point de départ ? J’aime l’odeur de la menthe qui se froisse entre mes doigts. Je me délecte de la préparer pour qu’elle sèche et parfume ensuite mes tisanes, chaque soir. À quoi bon se dérober devant la fin si l’heure est venue ?
   Efillufred ne sut que répondre. L’absence de sa main la renvoyait à une douleur qu’elle ne voulait plus jamais ressentir, mais l’évidence énoncée par l’habitante paraissait difficile à nier. Le cercle se refermerait tôt ou tard sur sa course, elle serait dévorée. Puis un objet étrange, posé au coin de la table, attira l’attention de la jeune fille. Cousues ensemble par un fin fil vert, des dizaines de feuilles de menthe formaient un parchemin végétal. Flottant à sa surface, une écriture née d’un épais liquide rouge dessinait un poème.

Plus d’encre ici.
Elle fut tarie
par le buvard.
Il est trop tard.

Pour que mes écrits perdurent,
j’ai rendu à la nature
de mon bras l’extrémité.
Le sang devient mon tracé.

Plus d’encre ici.
Elle fut tarie
par le buvard.
Il est trop tard.
gros kif !
(à part "objet étrange" pour le parchemin, il faudrait des jolis termes pour dire "une espèce de feuille verte")

Citer
Efillufred leva des yeux déconcertés vers l’habitante. Elle aurait juré l’avoir vu trier la menthe à l’aide de ses deux mains, mais maintenant, elle découvrait le bout de son bras droit coupé, ensanglanté. La tête lui tourna, une désagréable sensation d’écœurement s’immisça en elle et sa main manquante la picota. Un fourmillement, puis une démangeaison, et enfin une lacération par des centaines de couteaux invisibles. Sous la table, dépassant quelque peu, elle aperçut un hachoir taché de rouge et, tout près, le membre amputé. Efillufred tressaillit et recula d’un pas. L’habitante éclata d’un rire sonore, tonitruant. Saisissant une feuille de menthe, elle en glissa la tranche sur son bras droit jusqu’à le cribler d’entailles. Encore un mètre en arrière. D’un mouvement brusque, la femme se redressa et dévisagea Efillufred. Ses iris avaient jauni et ses yeux défilaient de haut en bas dans une saccade folle.
ouééééé !
"jusqu'à la cribler d'entailles" => (cribler, c'est plus des trous : rendre semblable à un crible) et de plus, le côté magique des feuilles de menthe qui coupent est pas super rendu. Le "jusqu'à la cribler" fait pas surnaturel.

Citer
Ce grand tout perdurerait, seul un grain de poussière aurait été soufflé par un courant d’air.
j'aime beaucoup

Citer
Profondément enfouie en son sein, il lui semblait qu’elle avait déjà éprouvé un tel bonheur,
enfoui (le bonheur)

Citer
— J’ai peur, Maiereh. Je sais que je dois lire en moi, mais j’ai peur de ce que je trouverai.
— Je suis là. Je vais te tenir les mains pour te donner de la force.
Un sourire désolé agita les lèvres d’Efillufred.
— Je n’en possède plus qu’une.
— Cela n’a aucune importance. C’est largement assez pour réaliser que tu n’es pas seule.
j'aime bien l'idée, mais la formulation est un peu clichée pour la première réplique et le "je n'en possède plus qu'une" est pas super naturel. Un simple regard désolé à son moignon ne serait-il pas suffisant ?

Genre :
— J’ai peur, Maiereh. La réponse en moi me terrorise, je ne veux pas la chercher.
— Je suis là. Je vais te tenir les mains pour te donner de la force.
Efillufred posa un regard désolé sur son moignon et sourit au jeune homme.
— Cela n’a aucune importance. Une main suffira pour réaliser que tu n’es pas seule.

ou un truc du genre de ton crû.

Citer
et d’avoir prononcé cette foutue phrase.
le paragraphe d'échange entre Here I am et Wonderful Life est profond, étrange, prépare la chute, il est super bien aussi, alors pourquoi ce "foutu" ?

Citer
Le monde entier s’était dépeuplé pour la laisser seule avec, pour compagnie, celui qui lui avait fait goûter au bonheur d’une part, sa mère d’autre part.
j'aime pas trop le "d'une part / d'autre part", ça colle pas avec l'ambiance je trouve.
En plus, je comprends qu'il lui a fait goûter à sa mère !  :D (oui je sait y'a pas le "à")

Et j'aime beaucoup la fin, vraiment bien amenée.

Bon, voilà, j'ai pinaillé à mort, tu gardes ce que tu veux, l'objectif étant plus de te renvoyer mon ressenti que de te faire changer quoi que ce soit à ton texte.

En tout cas, un texte freudien comme on les aime !

Rémi
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 14 Novembre 2014 à 10:57:14
Merci Rémi !!!
J'ai repris le texte en fonction de tes remarques. :)
Contente que tu aies aimé et merci beaucoup pour tout le boulot que tu nous fais !
T'assures grave  !

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Daji le 14 Novembre 2014 à 13:36:30
Bonjour,

Au fil du texte:

Citer
Ce silence de mort contrastait furieusement avec la verdure en pleine croissance, porteuse de vie, partout autour de la jeune fille.
-> un peu lourde cette phrase, tu dis déjà que les vignes l’encerclaient, je ne pense pas qu’il soit utile de repréciser ici que la verdure est « partout autour » d’elle.

Citer
Alors, sous les yeux éberlués d’Efillufred, les pâturages qui lui faisaient face de l’autre côté de la vallée furent engloutis par le néant.
-> du détail mais je ne suis pas fan de « l’autre côté » de la vallée, à l’autre bout ? en bas, dans la vallée ?

Citer
Enfuis-toi, cours !
Devant le bruit sourd
du compte à rebours.
-> j’ignore si ça se fait mais comme tu parles d’un compte à rebours, je trouverai amusant et logique d’écrire les numéros des chapitres à l’envers  :D

Citer
Ainsi, toujours criant sous la douleur, Efillufred se redressa et s’éloigna en titubant.
-> pas sûre que ce soit utile, peut-être préciser qu’elle se redresse à l’aide d’un seul bras ? ça se comprend bien sans, c’est juste que ça donnerait peut-être une image un peu plus lamentable de la demoiselle

Citer
Dix jours qu’Efillufred Nowwoh fuyait la mort quand elle atteignit une clairière dans laquelle était construite une modeste maison.
-> Je crois que le prologue devrait plutôt se trouver ici.  :\?

Citer
Il n’y avait pas de vent, pas de bruit. On n’entendait pas encore le bam, bam, de la destruction.
-> il manque un bam  ::)

Sinon, d'un point de vue global, j'ai facilement été transportée dans les méandres du subconscient de l'héroïne et le parallèle avec la Terre et le chaos est bien pensé.
Pour les mini poèmes, je préfère celui du compte à rebours, du coup je l'aurai plus vu à la fin, éventuellement en un peu modifié, mais je pense que ce n'est qu'une question de goût.
Le passage avec Here I am n'est pas trop nian-nian, félicitations pour l'avoir évité ^^
Par contre, How wonderful life, ça ne veut rien dire.  :P Soit il manque "is" à la fin, soit il faut mettre What a wonderful life, elle devrait donc s'appeler Isefillufred Nowwoh ou Isefill Ufrenowwoh, un truc dans le genre. Par contre, si tu veux marquer plus le jeu de mots, tu pourrais peut-être plus souvent utiliser son nom entier dans le texte.

Au plaisir.
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 14 Novembre 2014 à 13:54:30
Merci Daji de ta lecture !

Citer
-> j’ignore si ça se fait mais comme tu parles d’un compte à rebours, je trouverai amusant et logique d’écrire les numéros des chapitres à l’envers  :D
idée géniale  :coeur: :coeur: :coeur: j'applique immédiatement !

pour el reste, je vais revoir ça mais là je dois filer, donc je corrigerai dans les jours qui viennent ;)

par contre pour How wonderful life , je sais bien qu'il manque le "is" mais à l'époque où j'avais utilisé ce nom ça s'insérait dans un dialogue disant "- Si, efillufred nowwoh, blablabla". et là j'ai réutilisé en me disant tant pis pour le is les trois mots principaux y sont. parceque la sonorité passe moins bien avec les autres solutions...

merci merci en tout cas !

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: ernya le 24 Novembre 2014 à 21:56:29
Citer
Efillufred Nowwoh savait que c’était impossible et se croyait perdue dans un rêve.

question : tu sais vraiment l'écrire sans te tromper, ce nom ?  :mrgreen:

 
Citer
Enlevée au monde réel par les bras venimeux d’un sommeil cauchemardesque, des invraisemblances l’auraient-elles interpelée ?
louuuurd

Citer
Enfuis-toi, cours !
Devant le bruit sourd
du compte à rebours.
un peu lourd cette rime en "our" ?  :noange:

Citer
— Je m'appelle Iris, n’est-ce pas, et toi Romain ?
"et toi, Romain", non ?

Alors je ne sais pas trop quoi dire parce que je pense que je n'ai pas bien compris le texte. J'ai pas figé par exemple ce que que venaient faire les mini-poèmes, ni tous les parallèles entre la réalité et le songe et encore moins le spoiler sur les noms.
Du coup, je me sens un peu bête, j'ai l'impression de n'avoir rien compris au truc.
Si je prends bouts par bouts, j'aime bien la fille glauque avec sa menthe ou le fait de courir sans cesse pour échapper au néant mais la cohérence de l'ensemble me laisse perplexe.
Un peu d'aide en cette fin de journée difficile ?  ^^
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 24 Novembre 2014 à 22:55:44
yo ernya, merci du passage !  ^^
en gros tu imagines une ado qui a une mère folle ne supportant pas que sa fille soit heureuse et le dise. la mère pète les plombs et tranche la main de l'ado avec un hachoir. hôpital, ado inconsciente qui part dans son inconscient, entre la vie et la mort. symboliquement, elle doit décider de mourir ou de revenir à la vie mais avec cet événement traumatisant inscrit dans son passé. le gars qu'elle a rencontré et lui a "appris" à être heureuse surpasse al violence de ce que lui a fait subir sa mère. la pulsion de vie l'emporte sur la pulsion de mort. hop là elle se réveille.
les poèmes c'est pour rajouter quelque chose d'onirique et d'intérieur, comme quand on a une chanson dans la tête...
euh, chai pas si c plus clair...
 ><
Titre: Re : Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: ernya le 24 Novembre 2014 à 23:00:02
yo ernya, merci du passage !  ^^
en gros tu imagines une ado qui a une mère folle ne supportant pas que sa fille soit heureuse et le dise. la mère pète les plombs et tranche la main de l'ado avec un hachoir. hôpital, ado inconsciente qui part dans son inconscient, entre la vie et la mort. symboliquement, elle doit décider de mourir ou de revenir à la vie mais avec cet événement traumatisant inscrit dans son passé. le gars qu'elle a rencontré et lui a "appris" à être heureuse surpasse al violence de ce que lui a fait subir sa mère. la pulsion de vie l'emporte sur la pulsion de mort. hop là elle se réveille.
les poèmes c'est pour rajouter quelque chose d'onirique et d'intérieur, comme quand on a une chanson dans la tête...
euh, chai pas si c plus clair...
 ><
ok !
du coup, en fait, ça va, j'avais à peu près compris ça mais la mère qui tranche la main de sa fille, ça me paraissait chelou.
Zarb, ton truc donc  :D

merci pour les explicitations  :)
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: La Marquise de Carabas le 03 Avril 2015 à 08:35:39
Coucou Milla  :)

Il est magnifique ce texte ... il est plein de toi, il m'a bougé profondément.

Y a bien une ou deux petites choses que j'aurai écris autrement, mais il est bon que cela soit écrit ainsi que tu es toi, toujours dans cet équilibre entre la réalité tangible et l'abstrait ténu.

Je crois que je la tiens ma future lecture de toi  ;)
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 03 Avril 2015 à 09:11:32
Hey !

merci marquise de ton passage ici !

Citer
il est plein de toi, il m'a bougé profondément.
oui, plein de mon adolescence  ;) (enfin j'ai toujours mes deux mains hein  :D ) mais vriament quand je l'ai relu la première fois, les symboles glissés par mon inconscient m'ont bien scotchée...

Citer
Y a bien une ou deux petites choses que j'aurai écris autrement, mais il est bon que cela soit écrit ainsi que tu es toi,
ça ne me gêne pas du totu de bouger mes textes, au contraire ;) le moi sort lors la première écriture, ça fait du bine. et puis après c'est une pâte à modeler qui peut changer du tout au tout, un truc extérieur à moi que je veux partager avec les autres et que j'aime bien transformer pour que ça leur parle aussi. Donc n'hésite jamais à me donner ton avis de "autrement" ;) (te fais pas suer à relire là hein, mais si jamais y a une prochaine fois sur un autre texte quoi  ^^ )

Citer
Je crois que je la tiens ma future lecture de toi  ;)
oulà ! mais c'est super long !! merci si tu te lances  :-[ :-[ :-[

Parenthèse pour laquelle je veux bien un ou des avis : Y a un AT sur "la mort!" en ce moment, et je me demandais si en changeant la fin (lui faire décider de mourir) ça pourrait faire un truc sympa qui collerait ? une sorte de version bis pour l'AT  :D

la bise !!

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: La Marquise de Carabas le 03 Avril 2015 à 09:17:48
Oula non non !

Ne change pas ce que ton inconscient t'a soufflé !

Désolée, va falloir bosser un autre texte ... Courage  :D
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 03 Avril 2015 à 09:23:37
 :D nan mais en laissant le texte intact, juste en créant une seconde version où la fin diffère juste à l'occasion de l'AT... (après les mondes parallèles, les textes parallèles  :mrgreen: )
bon je verrai, t'façon j’ai pas le temps pour le moment  :D
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 03 Avril 2015 à 11:14:54
les langoliers  >:D >:D >:D
 :D

merci du passage !
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Daji le 03 Avril 2015 à 13:53:47
Citer
- l'idée des chapitre-compte à rebours est inédite (pour moi en tout cas et j'ai vraiment accroché)
Merci ^^

Pour l'AT, je pense que tu peux en effet l'utiliser en remplaçant le dernier paragraphe par une fin tragique, pourquoi pas sous un chapitre 0 (boom explosion !)
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: extasy le 14 Octobre 2015 à 00:39:45
Hey !

Petit remontage :)

Alors bon, personnellement, j'ai overkiffé. Mais vraiment, ce texte il va direct dans mes coups de coeur. Je sais pas, ça me parle, je me sens pas d'analyser le pourquoi du comment, c'est comme ça.
Personnifier ('fin je sais pas si c'est le bon terme) autant d'éléments psychiques (encore une fois, c'est p'tet pas le bon terme) de cette pauvre fille, le déni, l'horreur, la folie ? Par un monde en destruction... Wah... D'autant plus que rien ne m'a vraiment laissé deviner la chute ; il y avait tous ces indices et ces inchoérences mais je n'aurais jamais pensé...
J'ai lu dans un commentaire que c'était une résolution classique ; mais pour moi qui n'ai pas de référence, je peux te dire que c'était du lourd...

Bref, j'ai surkiffé. Au niveau narratif, j'ai été un 'tit peu gêné sans trop savoir pourquoi, plus une ou deux expressions qui m'ont eu l'air un peu trop compliquées, mais le reste pour moi c'était top.

Bref, pas très constructif comme commentaire, je te le concède, mais voilà, j'ai adoré et je te le dis, tout simplement ^^

Encore bravo !
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: MillaNox le 14 Octobre 2015 à 13:57:43
Merci beaucoup Extasy !
ton avis me fait plaisir  :-[
ce remontage me permettra de relire ce texte que je commence à considérer comme vieux, et de peut-être le refluidifier. ça m'étonne pas que tu sois tombé sur des formulations alambiquées pour rien  ><

merci de ton passage !  ^^

Milla
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Baptiste le 09 Février 2016 à 16:27:57
En fait, je l'avais déjà lu et bien aimé mais sans commenter (quelle honte bouuuh)

En fait, j'ai pas grand chose à dire, je trouve le coté "onirique" très sympa, quelque chose d'un peu mélancolique aussi (enfin mélancolique et pas forcément le bon mot. "Automnal" ? )
Un peu triste effectivement enfin  en demi teinte, mais assez prenant;

Bref, merci pour ce texte
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Chouc le 11 Février 2016 à 18:30:34
Miiiiiiiiiiiiilllllllllllaaaaaaaaaaaaaaa  :coeur:

J'ai bien kiffé.
Bon, c'est pas tellement mes ambiances de prédilection, mais c'est très bien écrit. Le récit est vivant, rythmé. Peut-être un tout petit trop d'ailleurs, au moment où elle rejoint Romain. L’apaisement qu'il lui procure alors qu'elle vient de fuir sa mère à toutes jambes à peine quelques lignes plus haut est assez brutal.
Tu précises bien les jours qui ont passé, mais on est toujours dans l'idée d'une course hors d'haleine. Et d'un seul coup pof, elle s'assoit au bord de la falaise. Il manque quelque chose à ce niveau-là pour opérer la transition, selon moi.

Quoi qu'il en soit, c'était cool. Même si (je le répète ici), je suis un poil déçue que Romain ne soit pas à son chevet lorsqu'elle se réveille.

Merci pour cette lecture, au plaisir  :meeting:
Titre: Re : Efillufred Nowwoh (explicite un peu à un moment)
Posté par: Aléa le 05 Avril 2016 à 00:42:42
Hop,

Je voulais juste commenter ton texte pour en dire un petit quelque chose, j'ai beaucoup aimé déjà tout cet univers sombre, et cette poursuite par le vide, le passage de la main, enfin, globalement j'ai été emporté  ::)
Mais, c'est vrai que j'ai quand même le sentiment qu'il y a des petits grains de sables qui me ralentissent, mais j'ai du mal à voir comment précisement

Citer
Tu précises bien les jours qui ont passé, mais on est toujours dans l'idée d'une course hors d'haleine. Et d'un seul coup pof, elle s'assoit au bord de la falaise. Il manque quelque chose à ce niveau-là pour opérer la transition, selon moi.
J'pense que Chouc tient un des trucs qui me dérange inconsciemment.

Pas tellement le fait qu'elle s'arrête d'un coup, mais la temporalité en général en fait. Présicer à chaque fois que ca fait tant de jours, ou que ca fait plusieurs semaines, en fait ca me met pas mal de repère temporel, alors que dans les actions et tout, y'en a pas vraiment. La mère annonce qu'il y a quelqu'un d'autre plus loin, elle court des jours, et puis tombe dessus, et du coup j'aurai aimé pouvoir dire tombe 'enfin' dessus, mais c'est pas trop le cas.
C'que je veux dire, c'est que ces précisions de jours au final donnent une idée que ca fait longtemps, on l'intègre, mais c'est d'autant plus flagrant dans ce passage, on ne le ressent pas necessairement, ces quelques jours entre la mère et Romain auraient pu être supprimés, ils n'ont pas exténués ou continué d'harasser le lecteur.

Du coup je me dis que chercher un moyen de restranscrire l'usure du temps sans donner d'indications temporelles, ca doit être vachement chaud. Et qu'en même temps ca doit être possible, parce que ca semble un peu simple au final de juste donner des données de temps.
(ou elles peuvent très bien rester, mais qu'il y ait plus de descriptions dans ces passages, et ca doit pas être facile puisque c'est justement leur caractère redondant et répétitif qui les caractérise.... Ptet une phrase clé, bien trash, enfin bien prenante, qui revienne de façon lancinante dans ces passages?)
 (et j'y reflechi encore, mais cette notion de temps au final, je me demande dans quelle mesure elle colle à l'histoire et au thème.... Enfin d'un côté je pense que ca a totalement sa place parce que ca rajoute vraiment à la chose, et d'un autre côté ca me crée quand même un petit couac dans ma tête comme si y'avait quelque chose qui collait mal quelque part...)

Fin y'a une piste d'amélioration reflexion ptet par là  :\?





AH SI, enfin non, la fin...
En fait j'en fais abstraction parce qu'elle m'a tellement décu  :D (c'est pas drôle)
En fait j'ai trouvé ça dommage, mais genre tellement dommaaaage que le texte passe par ce retour à la réalité  :'(
C'est tellement brusque, comme si, il fallait se justifier d'un tel délire et d'un tel monde de ouf dingue avec plein d'images poético-apocalytiques... Mais non non non  :( Y'a pas besoin d'explication texto à mon sens, de rationnalisation à outrance, de remettre un pied dans le monde réel !
Avec le petit dialogue, le sang dans le  bol, ca suffisait complètement à comprendre que c'est sa mère qui lui a fait et qu'elle la fuyait, et que du coup tout n'était qu'un retournement vers le début, ca laissait place à l'interpretation et au mystère quoi !!! J'aimais trop ce flou à la fois totalement clair et symbolique  :( (désolé je crois que je m'enflamme carrément, le prends pas mal, mais voilà quoi  :D )
Parce que au final, l'histoire se tient autant sans, ok le coma rajoute à cette course pour la vie, à ce 'ni manger ni boire' mais mais... si on le laisse sans bin, on retrouve cette explication aussi  :-\

Enfin voilà, pour moi cette dernière phrase rajoute franchement pas grand chose et casse un peu tout, enfin c'est pass grand chose au final, juste dommage de rationnaliser, enfin j'ai pas lu les trois pages et vu ce qu'en pensait les autres mais c'que j'en pense, et puis voilà j'arrête d'épiloguer loooooooooooonguement là dessus, j'ai pas boudé mon plaisir pour autant sur ton texte que j'ai beaucoup apprécie  :P


++ !


Edit de remord :j'ai ptet été un peu dur sur la fin... Ca donne une lueur d'espoir tout ca, surmonter l'horreur pour vivre.... Mais je trouve quand même que ce cassage de monde fantastique et glauque aurait pu avoir une conclusion moins...brutale que la réalité vraie (tellement logique tsais de préférer un monde horrible au vrai  :mrgreen: )