Bonjour à tous,
Je ne savais pas forcément à partir de quand poser la limite de l'explicite, donc dans le doute... ^^
Coup d'éclat
Bref, ce soir-là n'échappe pas à la règle, j'suis paumé et faut que j'me mette cher. Excès d'énergie ? J'sais pas, mais c'est direction le bar. Il pue l'alcool coupé à la pisse et l'humain mal lavé. Tant mieux, j'me méfie toujours des gens trop propres sur eux.
- Deux pintes, c'que vous avez de moins cher.
Le barman fait claquer les pintes sur le comptoir imitation marbre avant de me tendre la main. Je lui file la thune et m'enfile la bière coupée à la pisse. Bande de connards.
Un p'tit gars un peu trop bien fringué vient me dire qu'il fait des études d'architecture. Il me sort son speech tout bien préparé et je lâche des "oh" et des "ah" à intervalle régulier. Je peux pas m'empêcher de fixer son espèce de nœud à la victorienne qu'il a dû passer des heures à faire et à refaire jusqu'à ce qu'il soit fier de lui. Il me dit qu'il est un artiste et me sort tous les clichés qui me filent la gerbe.
C'est bien de vouloir faire dans le théâtre, mais bon dieu d'merde, FAÎTES-LE BIEN !
Je finis mon verre.
- Allez mon grand, on va s'éclater un peu.
Je l'emmène dans une boîte où les gens se trémoussent en tenue de latex et de faux cuir. Du mauvais indus' trop fort fuse de tous les côtés. T'es pas si con, Askew, que j'me dis. Plus besoin d'entendre l'autre débiter son torrent de merde aseptisée, au moins.
Comptoir again. Une jolie minette pleine de piercings et aux allures de garçon manqué se penche vers moi pour prendre ma commande. Les joues creuses, une cicatrice au cou camouflée par un tatouage, les cheveux rasés à un millimètre. Ouais, elle est sacrément belle.
Je prends mes pintes plus un whisky et je m'installe dans une alcôve, toujours suivi de monsieur-je-viens-du-passé. En face de nous, un gros mec à la calvitie bien avancée fait un cunni à une petite qui ne doit pas excéder les 16 piges. Il descend, descend et finit par lui lécher les pompes. De grandes cuissardes bien brillantes. Une blondinette vient se coller à eux. Le gros à moitié chauve reprend son cunni là où il l'avait laissé. Espérons pour la gamine que ses pompes n'étaient pas trop dégueulasses.
J'enfile une pinte. L'architecte-artiste a visiblement été inspiré par la scène et entreprend de relacer mes grolles, agenouillé devant moi. C'est minable. Je le repousse du pied, finis ma seconde bière, prends mon whisky et pars reluquer les gens qui ont atterris ici. Ils sont paumés, autant qu'moi. Ça fait du bien de savoir que je ne suis pas le seul à ne pas trop comprendre comment vivre.
Un gars affublé de deux couettes et tartiné de maquillage me dit qu'il faut que j'enlève mes chaussures si je veux communier avec la planète. Bordel, je suis tombé sur une soirée spéciale fétichiste des pieds ? Là-dedans, ils se shootent tous au poppers, et moi j'allume un bon gros spliff.
Le gros d'un peu plus tôt vient m'accoster.
- Salut. T'aimes quoi dans la vie ?
- La Science Fiction.
- Ca tombe bien, je suis écrivain de SF !
- Tu me f'ras lire ?
- Ouais.
Silence. J'avale le whisky et écrase le joint sur le banc de pierre sur lequel j'ai posé mon cul.
- Par rapport à t'à l'heure...
Oh, j'ai droit aux justifications. T'en fais pas, mon pote, je t'aime déjà bien.
- Je lui ai fait ce cunni parce qu'elle est homosexuelle et ne s'assume pas.
- Ok.
- Je te file mon numéro, tu viendras lire mon bouquin comme ça.
Je le prends et lui donne le mien. Il est déjà 5 heures du matin, j'suis claqué mais j'ai pas la foi de me traîner jusqu'à ma piaule. J'enchaine les bédos. La musique m'emmerde, c'est la fin de soirée, tout le monde est pété alors le DJ peut se permettre de passer toutes les merdes qui trainaillent dans l'fond du tiroir.
A 6 heures, je me décide finalement à bouger. Le gars au nœud bien soigné me retrouve à la sortie de la boîte et on fait un bout de chemin ensemble. A un moment, il s'arrête dans une petite rue, vacille et tombe. Après quoi, il se relève, les yeux pleins d'espoir, et sort sa queue déjà dure.
- Va donc te coucher, mon grand.
Quelques jours plus tard, je revois le type qui écrit de la SF. Son roman est à chier.