Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Soul le 25 Février 2014 à 00:14:39

Titre: Une maison sur la colline
Posté par: Soul le 25 Février 2014 à 00:14:39
Je trébuche, je tremble, je m’effondre. Ma chute est rude, le sol est ardu. Et je crois bien que mes os se sont rompus, brisés comme l’espoir que je savais mourant en moi. Tant mieux, je n’ai plus envie de continuer. Je m’étends sur le dos, me tourne vers le ciel, ce ciel gris pâle. Ebloui, je lève mon bras au-dessus de mes yeux, et peux sentir les flocons qui s’y laissent tomber, délicats, insignifiants sur mon corps de barbare.
Je te vois. Je te vois à travers la neige, ces cristaux qui dansent vers le sol. Ils sont comme toi. Pâles, innocents, froids, et reflétant la lumière brûlante du soleil que je n’arrive pas à voir dans ce ciel étouffant. Ils semblent se détacher de la lumière blanche au-dessus de moi, dans ce silence pure et infrangible pour tomber, se déposer sur ma peau, sur mes mains, dans mes cheveux, sur mes lèvres.
Je crois te voir sourire dans toutes ces larmes gelées, je crois t’entendre murmurer, "toi et moi".
Traite moi de menteur, traite moi de lâche si tu veux, mais je ne veux plus continuer. J’en ai assez de mon histoire, j’en ai assez d’être le héros.  Je voudrais que tu sois près de moi parce que je suis tombé, tombé de haut, et je n’arrive pas à me relever. Je voudrais que tu sois là pour m’ouvrir tes bras et m’emmener loin d’ici, loin, dans les paisibles collines là-bas, et murmurer mon nom jusqu’à-ce que je trouve le sommeil.
Tant de choses dont je me souviens, que je me suis forcé à garder en mémoire ; à présent je veux bien les oublier avec toi. Dans le froid silence je me demande, comment elle pourrait être, la maison sur la colline, dans ce vide de conséquences, dans un oubli protecteur où les âmes jamais ne meurent seules. En silence, nous regardons à travers l’univers, notre univers, le jour et la nuit converger, ne cherchant ni vérité ni confidence, seulement la solitude rassurante, le silence apaisant, à la vue de ces oiseaux peignant le ciel des couleurs de leur plumes au-dessus de notre colline.
Dis-moi que tu m’aimes toujours. Dis-moi les contes de nos jours envolés, de petits mensonges ; dis-moi qu’une fois encore, il n’y a que toi et moi.
Et je suis là, perdu dans l’hiver gémissant de mon esprit faible et sans espoir, fixant la neige, ces cristaux qui dansent vers le sol, sans savoir qu’une fois arrivés ils ne pourront plus jamais danser. Je crois bien qu’ils sont comme moi. Elle me semble bien lointaine, cette colline, et la maison, je ne peux même pas la voir. Comment l’atteindre ? Comment me détacher de cette destinée ? Qui, qui échangera sa vie contre mon cruel destin, pour que je puisse goûter à l’insouciance ? Je serre mes doigts dans la neige, ma lassitude se mue en profond désespoir. Personne. Personne n’a envie d’être le héros.
Titre: Re : Une maison sur la colline
Posté par: philibert le 25 Février 2014 à 08:05:48
Salut !
Sympa ton texte, il y a quelques soucis de rythme, qui ne correspond pas toujours au sujet de l'histoire, mais l'idée est belle et plutôt bien écrite et menée.

voici mes idées :

"Et je crois bien que mes os se sont rompus"
J'aurais enlevé "se" il alourdi la phrase alors que le rythme de ton texte est rapide, ca fait comme un croche patte en lisant.

"... sur mon corps de barbare"
je suis pas fan, on ne pense jamais ce genre de chose à ce moment là. Peut être, mon corps lourd, brulant, insensible...

la répétition de "je crois (te voir) et je crois (t'entendre) pique un peu, peut être l'as tu fait exprès, mais je trouve cela maladroit
par contre pour "traite-moi" ca passe parfaitement ;)

"dans le froid silence"  (ca me fait penser à Kaamelot, le gai souriseau, la bleue robe ) ce n'est pas le style du reste du texte, l'inversion arrache un peu les yeux et casse le rythme. le silence glacial ?

" En silence, nous regardons à travers l’univers, notre univers, le jour et la nuit converger, ne cherchant ni vérité ni confidence, seulement la solitude rassurante, le silence apaisant, à la vue de ces oiseaux peignant le ciel des couleurs de leur plumes au-dessus de notre colline."
C'est très beau, mais c'est très illisible, il faut relire plusieurs fois pour tout assimiler, le rythme est extrêmement saccadé, trop de morceaux de phrase ... peut être jouer avec les points de suspension pour libérer un peu la respiration du lecteur, et séparer les idées.

Phil'
Titre: Re : Une maison sur la colline
Posté par: Babataher le 25 Février 2014 à 08:58:33
Salut Soul,
Je n'ai pas compris grand chose à ton texte, la signification de la maison sur la colline.
Le texte parle d'une personne qui agonise sans savoir ni pourquoi ni comment est arrivé sa chute.
 Tout au début j'aurais modifié l'ordre des actions
Citer
Je trébuche, je tremble, je m’effondre.
Je tremble, je trébuche, je m’effondre.
Citer
ces cristaux qui dansent vers le sol
bizarre!
 L'utilisation un peu en excès des adjectifs.
La transcription d'un ressenti ne peut être souvent comprise que par l'auteur. Retravailler la fluidité.
mais tu fais preuve d'un potentiel certain.
Au plaisir.
Titre: Re : Une maison sur la colline
Posté par: Soul le 25 Février 2014 à 10:45:31
Merci pour vos critiques ! Je n'avais pas encore relu mon texte puisqu'écrit au milieu de la nuit, mais maintenant je sais quoi retravailler  :D! Merci !
Titre: Re : Une maison sur la colline
Posté par: Aventador le 25 Février 2014 à 12:05:44
Hello. J'aime bien ton texte. Il y a du désespoir, de la détresse, mais ce n'est pas mièvre ni larmoyant. C'est presque un appel à l'aide à la personne aimée, à ce "tu" à qui il s'adresse.
En fait, d'après ce que je comprend, il en a marre d'être le héros, le plus fort, celui qui se bat tout le temps pour survivre ou secourir les plus faibles, voire l'être aimé. Il veut se poser avec son amour dans la maison sur la colline, une aire de repos, de paix, d'amour, un foyer confortable où il serait bien tout le temps.

Il y a juste une association de termes qui m'a paru étrange : "sol ardu". Et puis une répétition involontaire aussi : "ciel gris pâle" (belle image) et "pâles, innocents, froids". Rien de méchant.

Très belle nouvelle en tout cas, chargée d'une émotion à fleur de peau, toute en retenue.

Voilà.

A bientôt.

Avent'