La où vont nos pères
(The Arrival)
Shaun Tan
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fi46.servimg.com%2Fu%2Ff46%2F10%2F06%2F33%2F03%2Flaouvo10.jpg&hash=faf5e54c5d170a18cb68b35dee4ca5c53ca9857b) (http://www.servimg.com/image_preview.php?i=34&u=10063303)
Prix d'Angoulême 2008 du meilleur album !
Résumé (traduit du site de l'auteur (http://www.shauntan.net/))
Là où vont nos père est un récit d'immigration raconté comme une série d'images sans paroles qui peuvent sembler venir d'un temps ancien et oublié. Un homme quitte femme et enfant dans une ville appauvrie, à la recherche d'un meilleur avenir dans un pays inconnu, de l'autre côté d'un immense océan. Il se retrouve finalement dans une ville déconcertante par ses coutumes étrangères, ses animaux curieux, ses étranges objets volants et ses langues indéchiffrables. Avec rien de plus qu'une valise et une poignée de monnaie, l'immigré doit trouver de quoi se loger, se nourrir et travailler. Il est aidé, en chemin, par de sympathiques étrangers, chacun apportant sa propre histoire tacite : histoire de lutte et de survie dans un monde de violence incompréhensible, de bouleversements et d'espoir.
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Mon avis :
Vous l'aurez compris, Là où vont nos pères n'est pas une bande dessinée ordinaire, ce n'est même pas, à mon sens, un roman graphique (car existe-t-il un roman sans paroles ?) ; c'est une oeuvre silencieuse qui raconte cette histoire que l'on a tous entendus un jour et qui est - comme nous le montre Shaun Tan en racontant non pas une époque précise mais un monde imaginaire - atemporelle : l'histoire de ces hommes et femmes qui quittent leur vie pour partir en rêvant d'ailleurs mais surtout de mieux.
Ces thèmes de l'immigration, de l'étrangeté d'un monde nouveau et de sa découverte, sont traités avec un onirisme et une douceur transmis par les tons sépias et le graphisme particulier du dessin ; la composition même des planches étonne, tantôt pleines pages époustouflantes, tantôt petites cases multipliées comme autant de carreaux d'une fenêtre ouverte sur ce nouveau monde.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fi46.servimg.com%2Fu%2Ff46%2F10%2F06%2F33%2F03%2Fthe-ar11.jpg&hash=a6146b5f94df37ead6b249e02b5fe541988f3711) (http://www.servimg.com/image_preview.php?i=37&u=10063303)
Au fil de la lecture, on devine ce qui est tu : la solitude, le barrage de la langue, l'adaptation difficile... Dans ce monde imaginaire, universel, on se surprend à apprécier le silence qui nous entoure, on ressent plus qu'on ne lit. Alors, s'il faut peut-être faire un effort pour se plonger dans cet épais volume afin de le savourer à sa juste valeur, on ne le regrettera certainement pas.
Une dernière illustration, que je trouve magnifique, pour montrer l'univers fantastique de cette BD (d'autres sont à voir sur son site (http://www.shauntan.net/)):
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fi46.servimg.com%2Fu%2Ff46%2F10%2F06%2F33%2F03%2Fthe-ar10.jpg&hash=6667d638a85e24b41a0fd2ee29eb7a29f7d9197b) (http://www.servimg.com/image_preview.php?i=36&u=10063303)