Salut, je suis nouveau ici et c'est la première fois que je soumets un de mes textes à des critiques alors nécessitez pas à m'en faire de virulentes.
Aujourd’hui je t’ai revu. Tellement jolie. Je pense à toi – moins souvent qu’avant bien sûr. Je voulais te voir heureuse. Tu ne l’étais pas et je ne me sens pas bien.
Tu es froide et distante, sans te réjouir de me remarquer comme si je n’existais pas ; tu te risques maintenant à mon jeu en m’évitant à la manière d’un maitre d’arme qui esquive la danse des lames adverses en de brusques contorsions intuitives ; et, avec un manque de spontanéité certain en voulant paraitre confiante, tu passes loin de moi, très loin, trop loin... Pas un regard, je me demande alors si tu ne me détesterais pas comme le garçon à la coiffure surprenante que tu appelles chéri. Cet homme-là me hait et pourtant la peur, le refus de l’abandon, de la perte – penchants naturels cher ceux dont le coté sadique gouverne – n’apportent rien. Étrange et peu commun, voilà mes humbles privilèges de misanthrope contraint ; rêveur, les gens pensent alors que je suis intelligent et ils se trompent ; il se dit que je suis plus intéressant que tout autre et que je peux discuter poésie, science ou philosophie – sujets ennuyeux et soporifiques au possible à l’ignorant insensible qui a oublié toutes ses questions d’enfant – pendant des heures seulement s’intéresse-t-il à ce que tu fais, à ce que tu veux, à toi en somme lui qui manque cruellement d’élégance dans ses paroles. Je l’ai entendu te parler et cela m’est insoutenable, comment peut-on te mépriser ainsi ; est-ce pour cela que tu parais si triste aujourd’hui ? Antagonistes jusque dans les tréfonds de nos âmes, égoïste et libertaire, machiavélique et utopiste, superficiel et idéaliste, l’un qui profite de ta volupté et l’autre qui jouissais de ta satisfaction. Pourquoi les personnes qui éprouvent le plaisir et celle qui aiment vraiment ne sont pas les mêmes ? C’est surement préférable.
Je sors prendre un verre, je ne vais pas mieux, j’en bois plusieurs, je prends l’air et contemple l’univers immense, création illuminé par les constellations d’étoiles qui se consumaient dans le silence (ce bruit imperceptible aux non-initiés), et je pense à une planète, ma planète. Là-bas ni argent ni pouvoir ou violence, la valeur des objets dépend des sentiments et souvenirs qu’ils nous procurent. J’y serai bien pauvre moi qui ne possède rien et pourtant, avec un seul de tes cheveux semblables à ces astres lumineux que l’on aperçoit parois filer à toute allure vers des étendus lointaines au crépuscule dans une trajectoire délicatement courbée par la gravité ou ceux dans l’espace intersidérales laissant de temps à autres derrière eux une douce trainée argenté de fines particules, je pourrai y disposer d’une mer de diamants. Un ami parle de toi – actrice d’un épisode passé qui m’avait déjà tant désolé –, j’ignorais ton geste, je souffre, je n’étais pas dupe, je le savais mais je refusais cela ; j’avais renié, depuis ce soir-là, cette idée refoulée. Toi et ce petit homme à la chevelure dissymétrique – sorte de verve capillaire ridicule qui te plait apparemment – qui disait pourtant respecter mon attachement amoureux n’avez pas fait que murmuré, plutôt tu lui as su…surré…, à l’oreille…, avec tes lèvres, ta bouche, ta langue, ta gorge…, tout ce qu’il voulait… entendre. J’aime encore moins cette image suggérée que la scène des baisers furtifs offerts à ma vue ivre dans la pénombre de cette nuit festive pour les uns et ravageuse pour nous autres. La douleur remonte, les souvenirs, les nuits blanches, cette heure, le lendemain, à courir, aliéné, en donnant, pour crier ma détresse, des coups dans les arbres. La bouteille de whisky est vide, j’en ouvre une autre mais je ne la touche pas. Peut-être as-tu plus souffert que moi, tu l’aimais l’aimais et il t’a abandonné à-moi, ton ami réconfortant sans consolation de cette simple condition complice, après avoir abusé de l’innocence. Je resterai à jamais indulgent envers la responsable de mes peines d’une pureté sans égale à mes yeux transpirants. Ce roublard parfois rebelle, en cachant derrière un sombre blindage la blessure non sincère d’une enfance difficile, jouait un rôle subtil qui consistait à divulguer au moment opportun et l’air de rien des indices sur l’histoire secrète et tourmenté d’un jeune plongé dans un abyme de cruauté ; un manège bien rodé, combien tombent dans le subterfuge d’une souffrance fictive dissimulée derrière le masque désinvolte de l’impertinence. Il ne connait rien à l’enfer et tu ne connais rien de mon intimité avec ce lieu ; je ne joue pas avec la souffrance et le désespoir, je perdrai.
Je me rappelle, entre les plaisanteries de mes amis sur mon amour perdu auxquelles je souris pour ne pas laisser penser que tu es toujours mon unique source de créativité, ta voix troublante et enivrante qui disait mon prénom – musique douce à l’oreille comme le serai la brise matinal contre ma joue mêlée aux embruns glacés d’une mer sinon sublimé par sa dangerosité du moins révélant l’essence de la nature dans un instant gelé plus vivant et plus vrai que moi – à chaque nouvelle rencontre d’une façon si enjouée que cela me réjouissait instantanément, ton regard aux yeux couleur émeraude plein d’amour, d’une intensité singulière et d’une bienveillance rare et cette manière que tu avais de t’approcher et d’engager la conversation qui devenait assurément absurde à cause d’un humour qui me caractérise tant. Un amour platonique, un amour à sens unique ? je ne savais pas ce que je ressentais à l’époque mais je savais qui je voulais être, une personne aussi belle que toi. Je reconnais mon échec, j’ai toujours pensé que je n’étais pas assez bien pour toi ; jamais je n’ai dénié t’embrasser, te caresser ; j’imagine que je suis de ceux à qui il suffit d’être amoureux sans attendre la moindre réciprocité pour continuer l’aventure éphémère – prodigieux spectacle cher au Capitaine – d’une construction constamment en équilibre instable qui se termine indubitablement dans une dernière aventure mystérieuse et solitaire à bord d’un navire défiant les lois de la physique.
Et cette sensation étrange et oubliée jusqu’à présent qui fessait battre mon cœur un peu plus vite dès lors que je sentais près de moi ton odeur (un dangereux poison sans remède) se dissipa bien assez tôt puisqu’on ne se voyait plus. Délocalisés, mon esprit surchargé dissimulait mes souvenirs derrière un voile d’abstractions pures mais un rien suffisait à faire resurgir le flot de ma mémoire aussi subitement que l’apparition d’un tableau de van Gogh ou l’écoute d’une sonate de Mozart peuvent féconder notre crainte de l’ennui. Je sillonnais alors les endroits que l’on fréquentait autrefois dans l’espoir de t’y trouver et souvent j’attendais, tu n’étais pas là. Sinon je demeurais indifférent, comme toi aujourd’hui, incapable et minable sans saisir cet aspect de mon inconscient tortionnaire. Je souhaitais plutôt que tu sois heureuse mais aujourd’hui s’est éteint ce à quoi je m’étais accroché, ce que j’espérais. Aujourd’hui, j’ai compris en te découvrant taciturne car c’était différent ; j’ai su que j’étais celui qu’il te fallait, le seul capable de te rendre superbe en devenant celui que je souhaitais être autrefois c'est-à-dire celui que tu voulais que je sois. Je convoite maintenant une seule et unique chose, l’inestimable, la plus précieuse des tentations : la volonté de te rendre heureuse.
Demain je prends le train. Je penserai à toi tendrement.
Merci Jimhar pour ta lecture. Ton point de vue sur le bonheur est défendable mais je ne parle pas du bonheur en tant que concept philosophique (j’admets que je ne suis pas très claire et j’en suis désolé).
Merci à vous pour votre lecture et vos commentaires. Je tiens à dire que j’ai essayé de tenir compte de vos remarques et j’ai donc modifié le texte en conséquence. Étant donné que j’ai l’habitude d’écrire seulement pour moi et que je n’ai pas une pensée linéaire – condition de scientifique oblige – j’ai tendance à abuser de virgules, points-virgules, parenthèses, etc. pour me repérer en quelque sorte. C’est la première fois que j’écris pour être lu par d’autres et je n’ai pas pensé à faire une relecture avec un point de vu extérieur (je pense que vous avez été très courageux de me lire…). Ce fut une erreur et j’espère avoir rendu mon texte plus agréable à lire en allégeant la ponctuation.
@karna1
Merci karna1 pour ton engouement. J’espère pouvoir te satisfaire à nouveau avec d’autres textes.
@neimheadh
Oui, j’admets que le sujet n’est pas de haute volée – quoique l’amour soit un grand sujet d’inspiration pour beaucoup d’artistes.
Pour ce qui est de la ponctuation, tu pourras constater que j’ai enlevé de la crème par peur que tu fasses une indigestion.
Enfin, je suis content que tu ais apprécié ma « poésie ».
@Aventador
Ne t’inquiète pas, j’accepte la critique. Après tout, je ne suis pas écrivain et cela serai dommage de se vexer pour un passetemps. J’espère que tu apprécieras que, entre autres, j’ai simplifié la ponctuation de la phrase que tu m’as signalée (j’aurai vraiment dû me relire…).
Par contre, je ne vois pas où sont les incommensurables et immondes fautes gargantuesques et pantagruéliques. Je ne suis pas un expert en grammaire – je ne suis même pas sûr de savoir ce qu’est un adverbe – et surtout pas en orthographe alors même en me relisant, je n’ai pas vu de fautes et ce pour mon grand désespoir.
Tu m’as ôté le plaisir d’utiliser une expression que je trouvais poétique : la « peine ombre ». La preuve que je suis une catastrophe en orthographe.
Merci en tout cas pour ton regard critique et constructif.