Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Julie le 20 Janvier 2014 à 17:07:16
-
Une brise légère soufflait dans les arbres paisibles de la forêt. Un infime bruissement, un chant d’oiseaux lointains, un clapotis de cours d’eau rompaient le silence tranquille. Tout était calme. Enfin.
Depuis le temps qu’elle attendait ça…
Les arbres paraissaient immenses. La jeune fille bascula la tête en arrière, ferma les yeux, prit une bouffée d’air. Elle glissa ses pieds nus dans le ruisseau. L’eau n’était pas aussi froide qu’elle l’aurait crue. Puis elle s’étendit dans l’herbe douce, le visage illuminé par les fins rayons de soleil qui se faufilaient entre les feuilles.
Chacun de ses muscles se détendirent, comme libérés d’un poids insoutenable.
Elle essaya d’oublier le monde, d’oublier la vie…
Ils étaient morts. Tous. Son père, qui la faisait toujours rire, sa mère, qui savait la consoler, ses deux frères, qui s’amusaient à la faire tourner en bourrique.
Les corps n’avaient même pas tous été retrouvés parmi les ruines de la maison. Tout avait été brûlé dans l’incendie. Il ne restait plus rien. Elle était… seule.
Pourquoi n’était-elle pas avec eux, ce soir-là ? Pourquoi n’était-elle pas morte, elle aussi ? Pourquoi le sort l’avait-il sauvée, elle ?
« Ne t’inquiète pas. » avait dit le pompier. « Nous allons nous occuper de toi. »
S’occuper d’elle ? En la plaçant dans une famille d’accueil ?
Elle ne réfléchit pas. Pendant un instant, personne ne la regarda. Elle en profita. Elle partit en courant. N’importe où, aussi vite qu’elle en était capable.
« Attends, petite ! ».
Elle entendit des voitures démarrer dans son dos, des hommes crier. Impossible de les semer. Mais elle connaissait la ville mieux que sa poche. Elle se cacha dans le creux de la haie autour du parc dans lequel elle s’était faufilée tant de fois pour jouer étant petite. Personne ne la remarqua. Quand tous les hommes furent partis, elle courut jusqu’à la forêt. Là, elle continua à courir, pendant des heures, à en perdre haleine, sans savoir où elle allait. Elle ne s’arrêta que lorsque toute énergie eut quitté son corps.
Allongée au bord de la rivière, elle écoutait le bruit de la forêt. Comme une respiration. Comme si tous ces arbres si beaux étaient vivants, formant une seule âme. La seule qui l’écoute, la seule qui la comprenne.
Qu’allait-elle devenir ?
Elle ne retournerait jamais là-bas. Elle ne s’approcherait plus jamais d’un homme. Elle vivra seule, quelque part, pour toujours…
Pour la première fois, une larme coula sur sa joue.
Ils la retrouveront…
-
Belle écriture Julie. :) Ton récit se lit très bien, il a du rythme mais il a un défaut : il est trop court! La suite, la suite.
Merci pour cette lecture. ;)
-
Merci beaucoup :D
Il n'est pourtant pas le plus court de mes textes...
-
Salut,
Joli texte, en effet, qui fait appel à nos sens et à notre sensibilité.
Peut-être quelques lourdeurs, au début, surtout, que je me permets de te faire remarquer (ce n'est que mon impression, évidemment...).
++
Une brise légère soufflait dans les arbres paisibles de la forêt. Un infime bruissement, un chant d’oiseaux lointains, un clapotis de cours d’eau rompaient le silence tranquille. Tout était calme. Enfin.
Depuis le temps qu’elle attendait ça…
Les arbres paraissaient immenses. La jeune fille bascula la tête en arrière, ferma les yeux, prit une bouffée d’air. Elle glissa ses pieds nus dans le ruisseau. L’eau n’était pas aussi froide qu’elle l’aurait crue. Puis elle s’étendit dans l’herbe douce, le visage illuminé par les fins rayons de soleil qui se faufilaient entre les feuilles.
Chacun de ses muscles se détendirent, comme libérés d’un poids insoutenable.
Elle essaya d’oublier le monde, d’oublier la vie…
Ils étaient morts. Tous. Son père, qui la faisait toujours rire, sa mère, qui savait la consoler, ses deux frères, qui s’amusaient à la faire tourner en bourrique.
Les corps n’avaient même pas tous >>> Certains corps n'avaient (même) pas ? été retrouvés parmi les ruines de la maison. Tout avait été brûlé dans l’incendie. Il ne restait plus rien. Elle était… seule.
Pourquoi n’était-elle pas avec eux, ce soir-là ? Pourquoi n’était-elle pas morte, elle aussi ? Pourquoi le sort l’avait-il sauvée, elle ?
« Ne t’inquiète pas. » avait dit le pompier. « Nous allons nous occuper de toi. »
S’occuper d’elle ? En la plaçant dans une famille d’accueil ?
Elle ne réfléchit pas. Pendant un instant, personne ne la regarda. Elle en profita. Elle partit en courant. N’importe où, aussi vite qu’elle en était capable.
« Attends, petite ! ».
Elle entendit des voitures démarrer dans son dos, des hommes crier. Impossible de les semer. Mais elle connaissait la ville mieux que sa poche. Elle se cacha dans le creux de la haie autour du parc dans lequel elle s’était faufilée tant de fois pour jouer étant petite. Personne ne la remarqua. Quand tous les hommes furent partis, elle courut jusqu’à la forêt. Là, elle continua à courir, pendant des heures, à en perdre haleine, sans savoir où elle allait. Elle ne s’arrêta que lorsque toute énergie eut quitté son corps.
Allongée au bord de la rivière, elle écoutait le bruit de la forêt. Comme une respiration. Comme si tous ces arbres si beaux étaient vivants, formant une seule âme. La seule qui l’écoute, la seule qui la comprenne.
Qu’allait-elle devenir ?
Elle ne retournerait jamais là-bas. Elle ne s’approcherait plus jamais d’un homme. Elle vivrait ? seule, quelque part, pour toujours…
Pour la première fois, une larme coula sur sa joue.
Ils la retrouveront…
-
Et elle devint la femme des bois, la fée de la forêt, l'Esprit de la nature...
Joli contraste entre le début poétique et doux, et la suite : le drame absolu !
Une remarque prosaïque : à moins de faire pas mal de sport, personne ne peut courir pendant des heures.
-
Joli texte, mélangeant habilement un drame citadin et descriptions lignicoles.
Je comprends pas trop le "Elle ne s’approcherait plus jamais d’un homme." vu le contexte.
Le "Ils la retrouveront…" final est effrayantde contraste avec la détresse de la fillette et sa décision irrévocable (ou pas...). Ent tout cas ça termine suffisamment bien le texte pour que la suite ne soit pas écrite (belle fin ouverte quoi ;) )
Merci pour cette lecture :)
-
Merci beaucoup HB, Lordius et Viviane pour vos commentaires et vos compliments. :)
C'est vrai que maintenant que tu m'as fait remarqué tout ça, HB, je me dit qu'il reste beaucoup de choses à améliorer. Par contre, je ne suis pas d'accord avec toi pour "Ils la retrouveront..." Je cherchais à faire comprendre que cette fille, qui ne cherchait qu'à vivre en paix, sera forcément un jour retrouvée par des policiers et elle finira en famille d'accueil ou quelque chose de ce genre.
Lordius : hum hum, c'est vrai qu'on ne peux pas courir pendant des heures. En fait il ne s'est sûrement écoulé qu'une demi-heure ou trois quarts d'heures environ, mais elle a l'impression d'avoir courut pendant des heures.
Viviane : Elle ne souhaite plus jamais s'approcher d'un homme (dans le sens "humain", pas homme opposé à femme...) car elle est tellement en colère et désespérée qu'elle a l'impression de détester tous les hommes, elle ne veut pas retourner vivre parmi eux.
A bientôt ^^
-
Viviane : Elle ne souhaite plus jamais s'approcher d'un homme (dans le sens "humain", pas homme opposé à femme...) car elle est tellement en colère et désespérée qu'elle a l'impression de détester tous les hommes, elle ne veut pas retourner vivre parmi eux.
dans ce cas là "des Hommes" serait plus adapté et compréhensible ; car dans le cas d'une femme, "un homme" apporte forcement la conotation de l'homme en tant qu'individu (le mâle), hors elle n'a eu aucune mésaventure avec un homme, c'est pour cela que la correction me semble adéquat (mais c'est toit qui voit ^^ )
-
(mais c'est toit qui voit ^^ )
Avec lucarne ou vasistas ? :kei:
J'avais compris, pour la dernière phrase, Julie, c'est bien pour cela que je la trouvais de trop. Surtout seulement trois mots avec des points de suspension, ça fait un chouia immature, il me semble.
Mais on est ptêt en train de chipoter, dans nos coms.
++
-
Suis desolé de mettre mon nez dans vos coms mais une petite chose me derange personnellement
"Comme une respiration. Comme si tous ces arbres si beaux étaient vivants, formant une seule âme. La seule qui l’écoute, la seule qui la comprenne."
Ca fait BAM respiration et direct RE-BAM les arbres et on recommence avec l'ame de ces derniers.
On dirai que tu veux vraiment marteler sa communion avec la nature tellement elle est seule et depressive.. a moins que ce soit voulu ? :D
-
Viviane : Elle ne souhaite plus jamais s'approcher d'un homme (dans le sens "humain", pas homme opposé à femme...) car elle est tellement en colère et désespérée qu'elle a l'impression de détester tous les hommes, elle ne veut pas retourner vivre parmi eux.
dans ce cas là "des Hommes" serait plus adapté et compréhensible ; car dans le cas d'une femme, "un homme" apporte forcement la conotation de l'homme en tant qu'individu (le mâle), hors elle n'a eu aucune mésaventure avec un homme, c'est pour cela que la correction me semble adéquat (mais c'est toit qui voit ^^ )
Oui, c'est une bonne idée de mettre "des Hommes", c'est vrai que ça portait à confusion.
Merci pour ton commentaire, Freen :) Mais je ne vois pas très bien ce que tu veux dire. Tu trouves que cette idée de "communication avec la nature" est exagérée ?
-
Dans l'ecriture oui, pas dans le texte mais apres c'est juste mon avis ;)
-
Ok, je vais y réfléchir ^^
-
J'aime bien, c'est joli et bien mené. Encore une fois, le défaut c'est la taille, mais en fait ce défaut est loin d'être gênant, c'est vrai qu'on apprécierait un texte plus longs mais une longue histoire avec plusieurs chapitres là-dessus surtout pas. x(
Ce qui m'a fait marré, c'est le début qui sonne complètement différemment entre la première et la seconde lecture (parce que je relis toujours les textes courts comme ça, petite manie parfois utile ^^). A la première lecture, on s'imagine un petit bois clair, avec une jeune fille apaisée qui soupire, puis à la deuxième, on se représente beaucoup mieux la jeune femme en détresse qui est au bord de s'effondrer. Je ne sais pas si c'est voulu mais si oui c'est bien réussi ! x)
EDIT : j'ai vu le commentaire d'HB à propos de ce qu'il appelle des lourdeurs et je ne suis pas d'accord. Ces passages que tu cite contribue à enjoliver le texte et à l'enrichir, l'alourdir (mais dans le sens positif du terme), et supprimés le texte devient bien pauvre. :(
Par contre, HB avec ça : Les corps n’avaient même pas tous >>> Certains corps n'avaient (même) pas ?
La première version est un peu pauvre, un peu style rédaction cm1 (bon j'exagère mais c'est vrai que la version d'HB est mieux).
"Elle ne s’approcherait plus jamais d’un homme."
Je sais pas, j'ai compris ce que tu voulais dire en lisant les commentaires (et c'est vrai que "des Hommes" est mieux), mais même avec ça, je ne reste pas convaincu... Ce n'est pas à cause des Hommes que sa famille et morte... Encore dans le cas d'un assassinat ou kekchose dans le genre ç'aurait été compréhensible mais là...
-
Merci beaucoup CaptainCook, tes compliments me font très plaisir. :)
J'ai du mal à me rendre compte de l'effet du texte sur le lecteur, puisqu'en l'écrivant j'avais déjà tout en tête. Et quand je me relis, je fais surtout attention aux fautes d'écriture. Je suis très contente que ça t'ai fait cet effet-là, ça veut dire que le texte fait bien passer son message ^^
Pour le reste, il y a plusieurs choses à revoir alors...