Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: azerta le 17 Janvier 2014 à 20:02:42
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Banal. Mais encore ? Pas grand-chose de plus. Pas grand-chose de moins non plus. C’est donc dans le lycée de Gerson que madame Pérot enseigne.
La salle des professeurs sent vaguement le tabac froid, l’odeur imprègne la salle fumeurs et s’immisce de manière diffuse dans le reste de l’espace réservé aux enseignants. Quelques citations de bon goût se partagent les murs avec un décor d’un style plus douteux. Ainsi, les feuilles A4 jaunies sont-elles la principale décoration. La Déclaration des Droits de l’Homme s'est faite amputer d’un petit coin de papier, façon d’annoncer qu’ici, il arrive parfois que les droits des enseignants soient légèrement grignotés : sachez que le vocabulaire des écoliers ne manquera pas d’atteindre vos libertés fondamentales ! Les casiers alignés sont marqués du nom de leur propriétaire ainsi que de la matière qu’il dispense. Tables et chaises d’un alignement parfait, signe du passage récent des dames d'ouvrage.
Madame Pérot ne travaille pas au célèbre Henri IV à Paris mais pas non plus dans une zone d’éducation prioritaire. Bien que le quartier du Vieux-Four ne soit pas très loin. Quelques élèves de ce lieu malfamé fréquentent le lycée. Il parait que ce sont les meilleurs de ce quartier dont Gerson a hérité. Le professeur se demande alors ce qu’il doit rester dans leur établissement de secteur. Faut-il véritablement s’acharner à instruire des écoliers qui ne le souhaitent pas plus que de se casser une jambe ? Et nous arrivons au nœud du problème: faut-il les lui refiler en cours ? L’enseignante songe que Jules Ferry a rendu l’école obligatoire, les élèves l'ont rendue insupportable.
Dans un coin de la salle des profs, elle termine de corriger les devoirs de mathématiques de la classe de seconde S3. Ils sont l’élite de la nation, destinés à faire quelque chose de leurs cerveaux et, optionnellement, à passer en première scientifique.
Madame Perrot pense, elle corrige, elle s’ennuie, mais ne rêvasse pas. Depuis longtemps, elle ne rêve plus.
Pourquoi Marlène souligne trois fois son titre en rose et l’encadre de deux petites fleurs violettes, alors qu’elle n’a jamais le temps de finir son examen ? Pour abréger les souffrances du professeur qui la corrige.
Pourquoi Natacha écrit-elle que la courbe « tangue » vers l’infini ? Pour mettre un peu de poésie dans les mathématiques.
Pourquoi Gaëtan a-t-il appris à compter ? Pour surveiller sa montre et signaler la fin du cours.
Pourquoi ces étudiants-là sont-ils incapables de résoudre une équation d’une telle simplicité? Parce qu’ils ne sont pas à leur place.
Pourquoi madame Pérot s’efforce-t-elle de donner une réponse à tout ? Car son cynisme et ses répliques cinglantes sont ses deux brassards pour ne pas couler dans le profond océan d’ignorance où elle patauge.
Elle ne les comprend pas. Le faible niveau des copies la renvoie à la médiocrité de sa fonction. Loin du plus beau métier du monde, c’est pour elle un échec professionnel. Plutôt que de se l’avouer, madame Pérot préfère pester contre ses étudiants qui ne collent pas à l’image de « petits Descartes » curieux d’apprendre, qu’elle s’était figurée. Les meilleurs de ses élèves ont un prénom et des notes, les autres sont un nom sur une liste d’appel, des parasites bruyants de son cours. De là à penser qu’ils ont une vie… ces préoccupations sont à mille lieues de l’enseignante. Le professeur de mathématiques ne fait pas partie de ces femmes qui s’encombrent de scrupules. Elle n’est pas du genre à prendre en considération les états d’âme de ses élèves, ces jeunes gens si différents de ce qu’elle a été à leur âge. Véritable génie des mathématiques, elle aurait pu réinventer l’algèbre et trôner parmi les plus grands : Einstein, Curry, Pasteur. Mais elle est issue d’un milieu où l’on ne proposait que maitresse ou secrétaire aux jeunes filles les plus brillantes. Soudain, la cloche hurle son appel au labeur et, avec l’enthousiasme d’un mineur de fond dont la pause s’achève, elle range ses copies, se lève. Droite comme un « i », dépassant son public de casiers ordonnés, elle se dirige vers la classe des secondes S3. Elle a des copies à rendre.
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Bonjour,
Hé bien pourquoi pas!
La syntaxe et le rythme sont excellents et on ne s'ennuie pas!
Est-ce le début de quelque chose?
La suite! La suite!
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Mais que ça fait plaisir!
Donc voici la suite. J'avoue que je tremble qu'elle ne soit pas à la hauteur du premier chapitre.
Là, où l’on vit.
Le regard désabusé de madame Pérot parcourt la classe. Il y en a des choses qu’elle aurait pu faire, de bien plus grandes que de zigzaguer entre les cartables mal rangés d’enfants impolis et sans talent. Tels des animaux pris dans un filet, ils attendent dans l’espoir d’être libérés, les yeux ronds, ou bien mi-clos pour ceux qui n’ont plus l’espérance. Les notes vont tomber.
Elle cherche vainement dans leur regard vitreux une étincelle d’intelligence qu’elle ne perçoit pas. Vraiment aucun d’entre eux ne lui ressemble. Sans pitié, elle fait défiler la liste des secondes S3, suivie de leur note et de sa petite opinion personnelle.
- Manuela : 8,5 j’imagine que tu es satisfaite de ta note, toujours le minimum. Seulement cette fois, on est en dessous du minimum. Et oui, quand on ne fait rien, ça ne tombe pas tout seul ! Jonathan : 12 il y a une amélioration, il va falloir la maintenir. Natacha : sans surprise, 6. Rien retenu du cours, rien appris et rien compris. C’est ça le problème maintenant, on fait passer n’importe quel élève dans les meilleurs filières et on se retrouve avec des gamins qui, en plus d’un niveau largement insuffisant, ignorent le sens du mot travail.
- Elle me le paiera, murmure Natacha à sa voisine.
A 16 ans, elle fait partie des plus âgés de sa classe et n’est pas du genre à se laisser ridiculiser en public. Ce style de remarque, la moitié de la classe y a eu droit. Cependant Natacha, elle, ne laissera pas passer. La vengeance est un plat qui se mange froid. Sa voisine Manuela, la très jolie brésilienne, lui fait un clin d’œil : oui tu auras ta revanche. Elles se comprennent sans parler.
- Gaëtan : 4 ; je m’économise la fatigue de commenter ; Mounir : 4,5 : à la hauteur de mes espérances ; Marlène : alors là, je ne sais plus quoi dire. Après votre amélioration du mois de janvier, vous revenez avec un devoir incohérent et fouillis au possible ; 3 points ; et encore, j’ai dû les chercher, tout est faux même la date, ça fait deux mois qu’on est en 2014 !
Marlène ne dit pas un mot, elle se contente de fixer sa copie avec rage.
- Elisa : 13; c’est un devoir correct. Adélaïde 17; comme quoi ce devoir était faisable !
- Surtout avec un père architecte, commente Marlène.
- N’ajoutez pas la mesquinerie à votre médiocrité, répond madame Pérot. Et prenez vos livres page 129, exercice 5.
Adélaïde est toute rouge, elle cherche son livre avec maladresse. Encore une remarque de Marlène, tout le monde a ri. Son amie Elisa pose la main sur son épaule.
- Tu t’en fous de ce qu’elle dit, la rassure-t-elle.
Adélaïde ne s’en moque pas du tout, justement. Et en plus, elle n’avait pas besoin que cette sorcière de Pérot prenne sa défense. Elle aurait aimé trouver quelque chose à répondre. Ou au moins, elle aurait aimé que sa maudite peau de rousse ne vire pas pivoine comme à chaque remarque. Sa timidité maladive la dévore, elle voudrait pleurer. A presque quinze ans, pleurer en classe pour une petite phrase… quelle honte!
- Manuela, vous me faites la correction de l’exercice.
La voix de madame Pérot interrompt les chuchotements. Manuela au tableau, les garçons du fond de la classe commencent à ricaner. Gaëtan laisse échapper un petit sifflement. L’allure de la jeune fille sème le trouble chez ses camarades mâles. Peu vêtue : mini jupes et mini shorts se succèdent chez elle, en été comme en hiver. Elle aime être jugée sur ces (ses) apparence trompeuses. Manuella n’est pas un objet, le désir est son jouet.
Evidemment, ce n’est pas du goût de tout le monde. Madame Pérot la fusille du regard à chaque cours. Elle lui sauterait bien à la gorge si l’éducation nationale ne le lui interdisait pas. De toute façon, que ce soit la blonde Natacha ou la brune Manuela, elle ne supporte aucune de ces deux jolies demoiselles. Elles seraient sûrement moins mauvaises en maths si elles passaient dans leur cahier d’exercices la moitié du temps qu’elles consacrent à leur maquillage.
« Tous de maudits gosses de riches » pense le professeur en se remémorant son enfance en banlieue marseillaise.
- Du calme ! menace t-elle. Ou je vous fais mettre dehors, Gaëtan !
Ne le voit-elle pas? Ces élèves renferment des trésors.
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Alors alors,
Moi j'aime quand je dis "La suite! La suite" et qu'elle tombe dans les 5 mn!
Tels des animaux pris dans un filet, ils attendent dans l’espoir d’être libérés. Les yeux rond, ou bien mi-clos pour ceux qui n’ont plus l’espérance. Les notes vont tomber.
Je n'aurais peut-être pas mis un point après "libérés", ça coupe un peu le rythme.
et "Les yeux ronds"
Plus tard, elles verront ce qu’elles peuvent faire.
Dans le sens "aller draguer les mecs de terminale"? Ou pour réviser? Je ne comprends pas bien le sens
tout est faux même la date, ça fait deux mois qu’on est en 2014 !
Ha ça me rappelle tellement de souvenir!! J'ai dû rire!!!
Sa timidité maladive la dévore. Elle voudrait pleurer.
Là encore, je chipote: je trouve que ça casse le rythme pourtant si fluide dans les lignes qui le précèdent.
Rarement beaucoup vêtue
Rarement beaucoup..... grumbl, ça fait "un peu beaucoup" :prout:
Elle aime être juger sur ces apparence trompeuses
ces apparences trompeuses.. En général ou celles qui la concernent?
Mais comment ne le voit-elle? Ces élèves renferment des trésors.
Ne le voit-elle pas?
Renferment des trésors, renferment des trésors, ils sont surtout l'air insupportables ;p
Disons que l'idée de fin est bonne mais avant de laisser tomber cette phrase juste comme ça, il faudrait un petit quelque chose avant. Peut-être juste une phrase avec une vue d'ensemble. Tu vois? Et pourquoi ne pas mettre "ses" élèves pour jouer sur le fait que quelque part ce ne sont pas n'importe quels élèves, mais bien ceux à qui elle fait cours! Donc un petit peu les siens.
J'adore le personnage de la prof que tu nous décris, on y est vraiment. De plus, ton texte m'a permis de me rappeler des souvenirs de lycée plutôt rigolos!
On ne s'ennuie vraiment pas, il y a un bon rythme, beaucoup de rebondissements et ça moi j'aime!!
Continue!!
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Moi j'aime quand je dis "La suite! La suite" et qu'elle tombe dans les 5 mn!
Mefies-toi, j’ai un roman entier. Je peux tenir toute la nuit (comme dirait un vieux macho)
Je n'aurais peut-être pas mis un point après "libérés", ça coupe un peu le rythme.
Ok, je remplace par une virgule
et "Les yeux ronds"
corrigé
Dans le sens "aller draguer les mecs de terminale"? Ou pour réviser? Je ne comprends pas bien le sens
Mais non, voyons ! Pour se venger… Bon je modifie pour que ce soit plus clair
Ha ça me rappelle tellement de souvenir!! J'ai dû rire!!!
C’est une rigolotte la mère Perrot ;) mais ne t’attache pas trop elle va mourir.
Sa timidité maladive la dévore. Elle voudrait pleurer.
Je crois que c’est une question de goût. Mais je tente avec une virgule.
Rarement beaucoup vêtue ;
Objection accordée, je reformule.
ces apparences trompeuses.. En général ou celles qui la concernent?
Celles décrites, mais c’est vraie que ce sont les siennes. Tu crois que je dois écrire « ses »
Ne le voit-elle pas?
Ok, je prends.
Renferment des trésors, renferment des trésors, ils sont surtout l'air insupportables ;p
Mais si, tu ne les a vu qu’à travers les yeux de madame Perrot, ça va s’arranger !
Disons que l'idée de fin est bonne mais avant de laisser tomber cette phrase juste comme ça, il faudrait un petit quelque chose avant. Peut-être juste une phrase avec une vue d'ensemble. Tu vois? Et pourquoi ne pas mettre "ses" élèves pour jouer sur le fait que quelque part ce ne sont pas n'importe quels élèves, mais bien ceux à qui elle fait cours! Donc un petit peu les siens.
Ok aussi pour le « ses ». Ce paragraphe existait et je viens de le supprimer en relisant ce chapitre. Il n’est pas terrible… Je vais devoir le refaire.
J'adore le personnage de la prof que tu nous décris, on y est vraiment. De plus, ton texte m'a permis de me rappeler des souvenirs de lycée plutôt rigolos!
Merci, le sujet du roman est la recherche du meurtrier de cette délicieuse dame.
On ne s'ennuie vraiment pas, il y a un bon rythme, beaucoup de rebondissements et ça moi j'aime!!
Continue!!
ok
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Voici la partie tronquée, un peu retravaillée.
Ne le voit-elle? Ces élèves renferment des trésors.
Ne voit-elle pas cette force qui fait courir Mounir des heures durant à travers les allées de son quartier ? Ce temps passé dans la salle de gymnastique vide à répéter inlassablement les mêmes gestes, soulever des poids dans un sens puis dans l’autre, alternant la contraction de chacun des muscles de son anatomie. Si l’on additionne toutes les masses qu’il a portées, sans doute a-t-il déjà hissé l’équivalent du lycée entier. Et cette rage toujours plus forte de se surpasser, de transformer ce qui était sa personne d’enfant en l’homme qui nait sous ses yeux; elle ne le voit pas.
Pas plus que les mirettes d’Elisa, grandes ouvertes sur le monde, qu’elle scrute avec l’envie de le mordre et de le dévorer. Toute l’application de la demoiselle à sonder chacun des élèves qui l’entourent, à respirer l’odeur fraiche de la neige ou encore à classer toutes les musiques qu’elle entend laisse madame Pérot indifférente. Elle ne sait pas que cette jeune fille rêve de hip-hop marseillais. La même Marseille dans laquelle l’enseignante a grandi, la même ville dans le même pays, peut-être dans le même quartier mais pas dans le même monde. Ces enfants sont du monde tourne et qui vit, pas de celui des souvenirs où madame Pérot erre tel un mort-vivant.
Et Manuela, il est difficile de l’ignorer. Elle a ce petit truc qui horripile les vieilles dames aigries comme la pédagogue. Cette sensualité à faire fondre les matières qu’elle effleure. Elle porte en elle le feu du carnaval de Rio, où elle n’est jamais allée. Sa peau brune si veloutée qu’il est difficile de résister à l’envie de la toucher. Ses gestes virevoltent autour d’elle et quand elle se déplace entre les choses et les gens, ses longs cils noirs battent au rythme de ses hanches.
Mais tout cela n’est ni quantifiable ni mesurable. Nous obtenons tout de même une moyenne de classe de 6,67 / 20 pour un devoir qui était tout à fait réalisable. Elle a beau les fixer un à un, vraiment, madame Pérot ne voit rien à en tirer.
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Re!!!
Owai tu tiens toute la nuit :p
sprah,
Cette force qui le fait courir Mounir des heures durant à travers les allées de son quartier
whoooooooote?
Ces enfants sont du monde tourne et qui respire
Je n'ai pas compris ce que tu voulais dire
Bon, j'ai rien à redire :o. J'ai hâte de lire toutes les suites!!
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Cette force qui le fait courir Mounir des heures durant à travers les allées de son quartier
Je modifie :
Ne voit-elle pas cette force qui fait courir Mounir des heures durant à travers les allées de son quartier ?
Ces enfants sont du monde tourne et qui respire
Modifié : Ces enfants sont du monde tourne et qui vit, pas de celui des souvenirs où madame Pérot erre tel un mort-vivant.
C'est l'opposition entre son monde et le leur. La mort et la vie. Mouai, quand je l'ai écrit, je trouvais ça clair.
En tout cas, ta lecture me motive bien à la relecture de ce roman que j'avais abandonné!
Aller, j'enchaîne!
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Chapitre 3 : Là, où l’on espère
(Les timides : Adélaïde et Elisa, Les vipères : Marlène et ses amies, Les garçons du Vieux-Four : Gaétan, Mounir et Jonathan, Les filles du Vieux-Four : Natacha et Manuela)
En début d’après-midi, la fameuse classe de seconde S3 est en cours de français. Madame Rougère décrit ses élèves autrement. Elle les appréhende par petits groupes. Il est bien connu que l’adolescent est un animal qui vit en meute. Le professeur a vite compris que les classes scientifiques accordaient à sa matière un intérêt proportionnel à son coefficient dans le bulletin de notes. C'est-à-dire peu. Etant de nature optimiste, elle ne renonce pas à leur enseigner, usant de toutes les ruses dont elle sait faire preuve. Elle aime lancer des débats, pousser à l’expression, à la synthèse et à la réflexion. Petit bémol à cette motivation sans faille face à l’adversité : un cruel manque d’autorité. Souvent le bruit de sa classe frôle le dépassement du nombre de décibels autorisé par la loi pour une soirée festive. Son incapacité à ramener le calme lui vaut une assez mauvaise réputation auprès de ses collègues. Principalement chez les mathématiciens, et parmi eux, particulièrement madame Pérot.
Profitant de l’un des rares moments de silence, occasionné par un chapitre de lecture, l’enseignante s’adonne à son activité favorite : balayer la classe des yeux en scrutant chaque petit groupe.
Au premier rang, les deux petites filles modèles, Adelaïde et Elisa. Très sérieuses dans leurs études, un peu trop sages, elles ne semblent pas toujours à l’aise au milieu de cette classe agitée. A part quelques mots qu’elles échangent parfois entre elles, leur dessinant un bref sourire, elles écoutent sagement.
Au milieu se trouvent les starlettes, Marlène, Ambre et Juliette. Bonnes élèves, studieuses, bien qu’un peu trop pipelettes pour les professeurs. Mauvaises langues pour leurs camarades, certains les appellent les vipères. Il faut dire qu’elles sont assez dures avec leurs condisciples dont elles se moquent avec cruauté.
Et au fond, toujours au fond, bien sûr, les jeunes du quartier du Vieux-Four restent ensemble, cultivant une image de gang, qui amuse assez l’enseignante. Trois garçons : Gaëtan, Mounir et Jonathan, possèdent un réservoir d’insultes prêtes à jaillir à n’importe quelle occasion. Même celle de se saluer. De toute façon personne ne les relève plus, n’heurtant que la sensibilité des oreilles extérieures. Ainsi « fils de chien », « crevard », « gros pédé » ou encore « vieille pute », ne sont pour eux que des interjections qui ponctuent leurs phrases. Madame Rougère se considère comme investie de la mission d’assainir leur langage. En redonnant leur sens à ces mots-là, elle garde l’espoir de les faire disparaitre de leur discours.
Jamais loin d’eux se trouvent les ambassadrices féminines du quartier : Natacha et Manuela. Issues de la même cité, elles usent des mêmes expressions. Le professeur de français reste perplexe face au contraste entre la laideur de leur langage et la beauté de leurs traits. En effet, chacune d’elle, dans un style différent, dégage quelque chose de fascinant.
« Ca va sonner ! » crie Gaëtan, arrachant madame Rougère à ses pensées. « Quatre, trois, deux, un… » La cloche stridente du lycée retentit. « Ah ah, je vous nique tous ! Je suis super synchro, avec le bahut ! », clame-t-il avec triomphe. « Mais ta gueule, trépané, on s’en tape de ta montre », lui répond la jolie Natacha. L’échange de mots tendres se poursuit entre eux. Il accompagne le vacarme des chaises, des tables et du troupeau qui quitte la salle. La rééducation verbale sera laborieuse… Le professeur de français regarde la pièce se vider. Ses élèves se dirigent déjà vers le cours suivant.
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bonjour :)
J'ai lu tous tes passages mis à part le dernier et je trouve ton slanguage assez agréable au niveau du vocabulaire et ton style fluide, adapté à ce que tu racontes! Après l'intrigue c'est certain y'a pas du rebondissement à gogo mais la profondeur des personnages est bien là, et c'est très plaisant à suivre. On s'ennuie pas! J'aime notamment la manière dont tu nous laisse croire à travers les pensées de mme Pérot que ces élèves sont pour la plupart des "cas" dont on ne peut absolument rien tirer, dénué de bon sens et puis, dans le chapitre d'après tu nous montre "l'envers du décors", ce que les gens ne voient pas. C'est vrai. La plupart des personnes juge sans réellement connaître ce qu'est au fond de lui l'autre. Je continuerais avec joie de te lire!
Au plaisir,
Inès
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Coucou Ines,
Merci d'être passée par là.
Les apparences sont trompeuses, c'est mon credo!
Dommage que le lecteur s'ennuie, moi qui voulais écrire un roman policier.... L'un de ces personnages va tuer madame Perrot, ça fait au moins un rebondissement!
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Coucou,
ces apparences trompeuses.. En général ou celles qui la concernent?
Celles décrites, mais c’est vraie que ce sont les siennes. Tu crois que je dois écrire « ses »
Ces enfants sont du monde tourne et qui respire
Modifié : Ces enfants sont du monde tourne et qui vit, pas de celui des souvenirs où madame Pérot erre tel un mort-vivant.
J'ai vraiment du mal avec "ces enfants sont du monde tourne". Je ne comprends vraiment pas. Ce monde qui tourne?
ces apparences trompeuses.. En général ou celles qui la concernent?
Celles décrites, mais c’est vraie que ce sont les siennes. Tu crois que je dois écrire « ses »
C'est comme tu le sens, à toi de voir le sens que tu veux donner à la phrase. Les deux passent.
Ensuite:
dans le bulletin de note
Un "s" à note? Je ne sais pas trop.
Etant de nature optimiste, elle ne renonce pas à leur enseigner usant de toutes les ruses dont elle sait faire preuve
Une "," après "enseigner"? Je chipote
Gaëtan, Mounir et Jonathan, possèdent un réservoir d’insultes prêtes à jaillir à n’importe quelle occasion. Même celle de se saluer.
Je n'aurais peut-être pas mis un point après occasion. C'est toi qui vois
De toute façon personne ne les relèvent plus, n’heurtant que la sensibilité des oreilles extérieures.
Relève? Avec en accord avec "personne"? Rah la grammaire, je m'y perds!
qui ponctuent les phrases
J'aurais plus vu "leurs phrases"
En effet, chacune d’elle, dans un style différent, dégage quelque chose de fascinant.
Chacune d'elles ou chacune d'entre elles
« Ah ah, je vous nique tous ! Je suis super synchrone, avec le bahut ! »
C'est un jeune de banlieue qui parle... plutôt "synchro'" que "synchrone" non?
L’échange de mots tendres se poursuit entre eux quelque peu masqué par le vacarme des chaises
Je trouve la phrase un peu maladroite
Ils se dirigent déjà vers le cours suivant.
Un peu bizarre vu que dans la phrase juste avant tu parles de la prof.
Bon hé bien, j'adore vraiment ce rythme. Les descriptions sont excellentes, en revanche un peu plus "d'actions" de la part des élèves avec l'effet "ping-pong" que tu as déjà utilisé pourrait donner encore plus de vie à ton texte.
Au plaisir ;)
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ces apparences trompeuses.
Je garde le « c » après longue réflexion.
Ces enfants sont du monde QUI tourne et qui respire
Il manquait un mot, je ne l’avais pas remarqué, comme quoi les relectures…
Un "s" à note? Je ne sais pas trop.
Ca me semble logique de le mettre, je l’ajoute !
Une "," après "enseigner"? Je chipote
Tu as raison, c’est un oubli.
Gaëtan, Mounir et Jonathan, possèdent un réservoir d’insultes prêtes à jaillir à n’importe quelle occasion. Même celle de se saluer.
J’aime pose une phrase courte de temps en temps, histoire de se reposer un peu !
De toute façon personne ne les relèvent plus, n’heurtant que la sensibilité des oreilles extérieures.
C’est une faute, corrigé !
qui ponctuent les phrases, J'aurais plus vu "leurs phrases"
oui
En effet, chacune d’elle, dans un style différent, dégage quelque chose de fascinant.
Chacune d'elles ou chacune d'entre elles
Je ne sais pas ça te parait faux ?
C'est un jeune de banlieue qui parle... plutôt "synchro'" que "synchrone" non?
Corrigé
L’échange de mots tendres se poursuit entre eux quelque peu masqué par le vacarme des chaises
Modifié
. L’échange de mots tendres se poursuit entre eux. Il accompagne le vacarme des chaises, des tables et du troupeau qui quitte la salle.
Ils se dirigent déjà vers le cours suivant.
… Le professeur de français regarde la pièce se vider. Ses élèves se dirigent déjà vers le cours suivant.
L’action arrive… Merci du temps que tu accordes à ces relectures !
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un petit bout très court, et le suivant avec!
Chapitre 4 : Là, où quelque chose se passe
(Deux amies : Adélaïde et Elisa)
16h30, la sortie des cours, c’est l'effervescence. Il parait que c’est madame Pérot qui est dans l’ambulance. Elisa aimerait savoir ce qui se passe mais Adélaïde la bouscule. Elle veut partir. Ce n’est pas le moment de croiser Marlène et ses amies « les vipères ». Elle a eu sa dose pour aujourd’hui.
De nature très assurée et moqueuse, les vipères sont des starlettes en puissance. Elles ont vite pris leurs marques dans ce grand lycée. Ambre et Juliette sont également en classe de S3. Elles forment une bande soudée et se promènent toujours en groupe, faisant du bruit et riant aux éclats. Leur seul passage suffit à mettre Adélaïde mal à l’aise.
- Allez viens, grogne-t-elle à Elisa. On va manquer le bus, j’ai froid !
- Attends, insiste son amie toute excitée, on ne sait même pas ce qui se passe.
Le bus approche et les deux jeunes filles font un sprint pour l’atteindre. Une fois assise, à bout de souffle, Elisa ronchonne :
- On ne sait même pas ce qui s’est passé…
- T’inquiète, on le saura demain, ça doit être Natacha qui a crevé les yeux de madame Pérot! Tu te rappelles le jour où elle à vidé la poubelle dans le bureau du prof de sport.
Elles éclatent de rire. Elisa ajoute :
- Moi c’est plutôt Marlène à qui je crèverais bien les yeux, elle est jalouse, méchante, prétentieuse, et je suis bien contente qu’elle se soit ramassée en maths, et toi t’as cartonné, t’es trop forte !
- Arrête Elisa, elle va s’en prendre encore plus à moi…
Chapitre 5 : Là, où l’on se réfugie
(Adelaïde et sa famille, chat inclus !)
De retour à la maison, la douceur du foyer familial la rassure. Ses boucles rousses regagnent leur liberté, délivrée du gros bonnet. Sa longue silhouette frêle retrouve sa finesse hors des nombreuses épaisseurs de laine. Adélaïde est chez elle, elle se débarrasse de son fardeau d’intello gourdasse et relève les yeux, elle retrouve ses repères. Son père travaille dans son cabinet d’architecture juste à côté de la maison. Sa mère prépare une raclette: elle adore ça. Il fait chaud dans son logis. L’enfant chérie se prépare une immense tartine de Nutella et prend une brique de jus d’abricot pour monter réviser.
- Tu sais que je n’aime pas que tu manges dans la chambre, Adèle ! Gronde sa mère.
- Ca va, j’ai plus cinq ans, je nettoierai.
- Oui mais la nourriture dans les chambres, ça attire les bêtes.
- C’est vrai, renchérit Adélaïde avec espièglerie, surtout les hyènes, j’en ai vu une hier qui tournait autour de mon reste de sandwich.
Elle embrasse sa maman au passage et prend le chemin de sa chambre.
- Ne te plains pas si tu as des souris ! Proteste madame Dupuis.
- Minouche les chassera!
- Mmm, ton obèse de chat… C’est plutôt lui qui se ferait chasser par les souris.
Comme toujours avec sa mère, elle obtient gain de cause. La voilà qui goûte au milieu des cahiers et livres de mathématiques. On ne sait jamais: si Natacha n’a pas mordu madame Pérot assez sauvagement, elle risque de revenir en classe! Elle réalise donc son exercice de mathématiques. Adélaïde rit toute seule de leurs histoires. Imaginer sa camarade en train de se bagarrer avec sa prof la met de bonne humeur. Mais sérieusement, elle se demande ce qui est arrivé au lycée…
Il y a une institution après le repas chez Adélaïde, une chose immuable : Le journal de 20h. On ne manque pour rien au monde, le rendez-vous avec ce cher « PPDA ».
En tant qu’enfant unique, Adélaïde se cale entre son papa et sa maman, une Danette à la main. Le dessert se consomme devant les fluctuations des nations : l’augmentation des prix est suivie par la guerre à Haïti puis le mouvement de grève chez Volkswagen. On finit en général par un exploit sportif quelconque pour ne pas trop entamer le moral de la population. Pourtant aujourd’hui, une information fait lâcher son journal à monsieur Dupuis et poser sa menthe à l’eau à madame Dupuis. Adélaïde garde sa cuillère coincée dans la bouche. Seul Minouche semble indifférent à l’affaire et ne considère pas nécessaire d’interrompre son nettoyage de postérieur. Le lycée de la jeune fille s’affiche sur l’écran :
Et c’est un drame qui s’est déroulé au lycée Voltaire à Gerson. Un professeur de mathématiques est actuellement dans le coma. L’enseignante quittait son lieu de travail, au volant d’une Mégane blanche lorsqu'elle a été percutée de plein fouet par une voiture roulant à vive allure sur la chaussée. D’après les témoins, elle n’avait pas marqué l’arrêt à la sortie du parking. Et pour cause ! Les premiers éléments de l’enquête semblent indiquer que les tuyaux de liquide de frein de son véhicule auraient été sectionnés. Ce sabotage serait à la base de l’accident.
Dans la ville de Gerson, c’est la stupeur. En effet ce petit lycée de 352 élèves est réputé plutôt calme. Comme le confirme la Principale, madame Jayet : "Nous avons nos fortes têtes comme partout, mais nous n’avons jamais connu d’incident majeur. Nous allons collaborer du mieux possible avec la gendarmerie pour faire la lumière sur cette affaire. »
Les élèves sont sous le choc de la nouvelle, comme l’explique cette écolière de seconde S3 : « C’est vrai qu’elle a son caractère, madame Pérot. Elle n'est pas toujours commode mais là, franchement, c’est dégueulasse. Je n'arrive pas à y croire. »
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Coucou,
En effet, chacune d’elle, dans un style différent, dégage quelque chose de fascinant.
Chacune d'elles ou chacune d'entre elles
Je ne sais pas ça te parait faux ?
Non, il faut juste rajouter un "s", après la formulation c'est toi qui vois, les deux passent!!
L’échange de mots tendres se poursuit entre eux quelque peu masqué par le vacarme des chaises
Modifié
. L’échange de mots tendres se poursuit entre eux. Il accompagne le vacarme des chaises, des tables et du troupeau qui quitte la salle.
Je ne sais pas... J'ai l'impression qu'on sent que tu as eu du mal à la formuler cette idée... Me trompe-je?
> "L'échange de mots tendres et impétueux se poursuit, accompagnant le vacarme des chaises et des tables bousculées par le troupeau qui quitte la salle." C'est juste une idée.
Chapitre 4:
Allez viens, demande-t-elle à Elisa. On va manquer le bus, j’ai froid !
Moi ça me fait bizarre... "allez" avec "demande". Disons que vu que c'est de l'impératif, ce n'est pas trop une question.
Attends, insiste son amie tout excitée, on ne sait même pas ce qui se passe.
Toute
Le bus approche, et les deux jeunes filles, font un sprint pour l’atteindre. Une fois assise, à bout de souffle, Elisa ronchonne :
Trop de virgules tue la virgule
T’inquiète, on le saura demain, ça doit être Natacha qui a crevé les yeux de madame Pérot! Tu te rappelles le jour où elle à vider la poubelle dans le bureau du prof de sport.
vidé
Moi c’est plutôt Marlène à qui je crèverais bien les yeux, elle est jalouse, méchante, prétentieuse, et je suis bien contente qu’elle se soit ramassée et maths, et toi t’as cartonné, t’es trop forte
"ramassée en maths"? Faute de frappe j'imagine ;D
Il manque la ponctuation après "forte"
Chapitre 5:
De retour à la maison, la douceur du foyer familial la rassure. Adélaïde est chez elle. Elle retrouve ses repères. Son père travaille dans son cabinet d’architecture juste à côté de la maison. Sa mère prépare une raclette: elle adore ça. Il fait chaud dans son logis. Elle se prépare une immense tartine de Nutella et prend une brique de jus d’abricot pour monter réviser.
Je trouve ce paragraphe trop décousu. Je pense que tu pourrais essayer de le rendre plus fluide. Et aussi, il y a peut-être trop de "elle" quand tu parles de cette jeune fille. J'aimerais bien retrouver des passages descriptifs de ces élèves.
"Ha mais elle voulait de l'action, maintenant qu'elle l'a, ça ne convient encore pas". Oui je sais je suis pénible, mais j'aime beaucoup quand les passages descriptifs et l'action sont alternés. Ça donne du rythme, et ça maintient en halène.
Il y a une institution après le repas chez Adélaïde, une chose immuable : Le journal de 20h. On ne manque pour rien au monde, le rendez-vous avec ce cher PPDA.
"On ne le manque...."? Non?! Je ne sais pas, c'est vrai qu'avec la suite de la phrase... mhh
Pourtant aujourd’hui, une information fait lâcher son journal à monsieur Dupuis et poser sa menthe à l’eau à madame Dupuis.
J'adore cette phrase.
Et c’est un drame qui s’est déroulé au lycée Voltaire à Gerson. Un professeur de mathématiques est actuellement dans le coma. L’enseignante quittait son lieu de travail, au volant d’une Mégane blanche lorsqu'elle a été percutée de plein fouet par une voiture roulant à vive allure sur la chaussée. D’après les témoins, elle n’avait pas marqué l’arrêt à la sortie du parking. Et pour cause ! Les premiers éléments de l’enquête semblent indiquer que les tuyaux de liquide de frein de son véhicule auraient été sectionnés. Ce sabotage serait à la base de l’accident.
Met donc des "" à ce très cher PPDA :aah:
Les élèves sont sous le choc de la nouvelle, comme nous l’explique cette écolière de seconde S3 : « C’est vrai qu’elle a son caractère, madame Pérot. Elle n'est pas toujours commode mais là, franchement, c’est dégueulasse. Je n'arrive pas à y croire
C'est qui "nous"? Je veux dire: qui est l’émetteur de cette phrase?
Pfff je veux TOUT savoir!! En revanche, je trouve qu'il y a des moments où tu prends le temps et d'autres où tu expédies un peu les idées. N'hésite pas, comme dis plus haut, à alterner les différents passages d'actions, dialogues et descriptions pour donner plus de chaleur à tes personnages et à ton histoire! Il vaut mieux en écrire "trop" quitte à réduire certains paragraphes plus tard, que l'inverse.
:noange:
-
Merci d'être passée!
Je dois partir travailler mais je regarde tout ça en détail ce soir!
-
Chacune d'elles il faut juste rajouter un "s",
Corrigé
"L'échange de mots tendres et impétueux se poursuit, accompagnant le vacarme des chaises et des tables bousculées par le troupeau qui quitte la salle."
Je prends ! Comme ça il y aura ta patte dans mon texte
Chapitre 4:
Moi ça me fait bizarre... "allez" avec "demande".
Modifié : Allez viens, grogne-t-elle à Elisa. On va manquer le bus, j’ai froid !
Toute : corrigé
Trop de virgules tue la virgule.
Lol, oui quand tu le dis ça me saute aux yeux !
J’en ai enlevé une partie.
Vidé : corrigé
"ramassée en maths"? Faute de frappe j'imagine ;D
Il manque la ponctuation après "forte"
corrigé
Chapitre 5:
Je trouve ce paragraphe trop décousu. Je pense que tu pourrais essayer de le rendre plus fluide. Et aussi, il y a peut-être trop de "elle" quand tu parles de cette jeune fille. J'aimerais bien retrouver des passages descriptifs de ces élèves.
"Ha mais elle voulait de l'action, maintenant qu'elle l'a, ça ne convient encore pas". Oui je sais je suis pénible, mais j'aime beaucoup quand les passages descriptifs et l'action sont alternés. Ça donne du rythme, et ça maintient en halène.
C’est exactement le genre de retour qui m’aide à voir ce qui manque et donne envie de travailler. Voilà un peu de temps pour Adélaïde, mais t’inquiète pas c’est l’un des personnages principaux, plus tard elle est décrite encore plus :
De retour à la maison, la douceur du foyer familial la rassure. Ses boucles rousses regagnent leur liberté, délivrée du gros bonnet. Sa longue silhouette frêle retrouve sa finesse hors des nombreuses épaisseurs de laine. Adélaïde est chez elle, elle se débarrasse de son fardeau d’intelo gourdasse et relève les yeux, elle retrouve ses repères. Son père travaille dans son cabinet d’architecture juste à côté de la maison. Sa mère prépare une raclette: elle adore ça. Il fait chaud dans son logis. L’enfant chérie se prépare une immense tartine de Nutella et prend une brique de jus d’abricot pour monter réviser.
Il y a une institution après le repas chez Adélaïde, une chose immuable : Le journal de 20h. On ne manque pour rien au monde, le rendez-vous avec ce cher PPDA.
"On ne le manque...."? Non?! Je ne sais pas, c'est vrai qu'avec la suite de la phrase... mhh
Pour moi c’est juste, mais on ne remarque pas toujours ses propres fautes de langage…
Pourtant aujourd’hui, une information fait lâcher son journal à monsieur Dupuis et poser sa menthe à l’eau à madame Dupuis.
J'adore cette phrase.
Ils sont mignons papa et maman Dupuis...
Met donc des "" à ce très cher PPDA :aah:
D’ailleurs je ne sais pas s’il présente toujours le journal, ce cher « PPDA »
C'est qui "nous"? Je veux dire: qui est l’émetteur de cette phrase?
C’est le journaliste. Mais je peux retirer le nous, ce sera moins confus.
J’ai déjà fait beaucoup d’effort car je n’aime pas trop les descriptions. Même lorsque je lis un livre, je les « saute » souvent.
Mais je vais tenter d’en ajouter un peu. Et voici la suite!
-
Chapitre 6 : Police en reconnaissance.
(Les vipères : Marlène, Ambre et Juliette. Les filles du Vieux-Four : Manuela et Natacha. Les policiers : Pedro)
Trois policiers en uniforme discutent avec madame Jayet, la principale. Ils ajoutent à l’ambiance surchauffée du hall du lycée un centre d’intérêt supplémentaire. Natacha et Manuela, les regardent du coin de l’œil. Par principe, des policiers dans les parages, elles n’aiment pas ça. L’un des agents les regarde, c’est le plus jeune. Ses cheveux coupés très court font ressortir d’épais sourcils qui assombrissent son regard.
- Viens, on bouge décrète la blonde, je n'aime pas comme il nous regarde celui là.
- J’arrive, répond la brune en saisissant son sac de cours.
Plus loin dans l’entrée, ce sont les vipères qui, en toutes circonstances, sont toujours aussi bruyantes. Cette fois elles ne s’esclaffent pas, elles s’offusquent. Partageant leur discussion entre la recherche du coupable, et le passage de Marlène à la télé.
- C’est Natacha, c’est sûr, dit la petite Ambre en chuchotant comme si elle craignait de terribles représailles.
- Mmm…, on ne peut pas savoir, objecte Juliette qui semble avoir quelque chose à dire.
Elle a toujours quelque chose à dire de toute façon. Mais aujourd’hui, elle se tait; étrange! Marlène recadre la conversation. Elle préfèrerait qu’on parle d’elle et de son passage au journal de 20 heures. Elle est persuadée qu’ils l’ont choisie, elle, parce qu’elle venait de refaire ses mèches noires.
- Je crois que si je n'avais pas commencé des études scientifiques, j’aurais pu faire journaliste, pavane-t-elle. Mais il n’est jamais trop tard pour me réorienter
- Quand je pense à cette pauvre madame Pérot, on ne sait même pas si elle va se réveiller un jour. C’est horrible quand même, enchaîne Ambre.
Décidément, Marlène a du mal à rester au centre de la conversation aujourd’hui. Ça ne lui plaît pas trop toute cette histoire. A bout de patience elle finit par ajouter :
- S’il y a quelqu’un qui mérite ça, c’est bien elle !
Juliette change de couleur, visiblement sous le choc, elle s’attriste de l’accident de madame Perrot. Marlène modère un peu ses propos :
- J’ai bien dit « si » car évidement personne ne le mérite… Et puis t’es chiante Juliette, ce n’est pas ta mère, Pérot, quand même ! Bon je vais prendre l’air, il y a trop de monde dans ce hall.
Ambre lui emboîte le pas mais Juliette la retient. Elle veut lui parler. C’est vrai que depuis leur arrivée, Juliette n’a pas l’air dans son assiette. Mais elle veut trouver un endroit calme pour discuter. Elles se verront à la pause de midi.
- Sans Marlène.
- Sans Marlène, mais pourquoi ? demande Ambre
- Parce que !
Et bien on peut dire que ce n’est pas très explicite comme réponse…
Ambre s’interroge. Ambre la toute calme, la douce, l’anxieuse. Pourtant, s’il y a une méchante chez les vipères, c’est elle. Elle qui continue quand les moqueries vont trop loin, elle qui se réjouit quand ses amies ont repéré une proie. Elle reste avec les vipères car ça la rassure d’être du coté de celles qui sont fortes, de celles qui sont belles, celles qui ont une place. Ambre sourit peu. Son petit corps chétif et ses yeux sombres tiennent à distance ses camarades de classe. Personne ne l’importune, mais personne ne l’aime non plus. Sa position lui convient, elle observe la cour de récréation. Son regard tente d’éviter ceux qu’elle considère comme faible : Adélaïde, mal habillée, mal coiffée, laide et associable. Ou encore le gros Julien, il se laisse malmener par les autres garçons de la classe alors qu’un seul coup de ses grosses paluches suffirait à l’en débarrasser. C’est sans compter Elisa, sa cible préférée. Elle parle à tort et à travers, elle est distraite, maladroite et écervelée. Outrageusement habillée à la mode, mais toujours celle de l’année dernière. Adepte du mouvement hip-hop, milieu auquel elle n’appartient pas. Tout ce qu’elle en retient ce sont quelques graffitis dans son agenda, pas sur les murs, oh non, Elisa n’est pas une délinquante. Mais le mépris qu’Ambre a pour eux n’est rien en comparaison de sa peur. Elle tremble à l’idée de leur ressembler, redoutant à chaque instant de paraître, elle aussi, faible. Une victime aux yeux des autres.
-
Hello :)
L'échange de mots tendres et impétueux se poursuit, accompagnant le vacarme des chaises et des tables bousculées par le troupeau qui quitte la salle."
Je prends ! Comme ça il y aura ta patte dans mon texte
Classe 8)
Il y a une institution après le repas chez Adélaïde, une chose immuable : Le journal de 20h. On ne manque pour rien au monde, le rendez-vous avec ce cher PPDA.
On ne le manque...."? Non?! Je ne sais pas, c'est vrai qu'avec la suite de la phrase... mhh
Pour moi c’est juste, mais on ne remarque pas toujours ses propres fautes de langage…
Ne change rien si pour toi c'est juste, je peux me planter =)
C'est qui "nous"? Je veux dire: qui est l’émetteur de cette phrase?
C’est le journaliste. Mais je peux retirer le nous, ce sera moins confus.
Il faut juste remettre des "" quand c'est lui qui parle
J’ai déjà fait beaucoup d’effort car je n’aime pas trop les descriptions. Même lorsque je lis un livre, je les « saute » souvent.
Mais je vais tenter d’en ajouter un peu. Et voici la suite
C'est pas facile en fait, comme je ne sais pas ce qui vient, je ne peux pas avoir la vue d'ensemble et voire comment tu as réparti tout ça.
Chapitre 6:
Cette fois elles ne s’esclaffent pas, elles s’offusquent. Partageant leur discussion entre la recherche du coupable, et le passage de Marlène à la télé.
Je ne sais pas si c'est juste grammaticalement, de commencer une phrase par un participe présent, si tu n'as pas un autre sujet dans ta phrase.
Sinon rien à redire ;D
-
Je crois que tu as raison pour la phrase avec le participe présent. Je vais remplacer par une virgule.
voilà la suite. Mais je reconnais que ça commence à être long à suivre. Si tu en as marre, je comprendrais très bien.
Chapitre 7 : La police a matière à travailler.
Madame Rougère, le professeur de français, a bien du mal à maintenir le calme. Tout le monde a son mot à dire sur les événements passés. Elle donne ses consignes sur le déroulement du cours. Les élèves doivent se mettre par groupe de 4 ou 5. Ils vont aller à la bibliothèque du lycée choisir une œuvre littéraire et en faire une présentation pour la classe suivant les instructions des fiches qu’elle distribue.
- Mais ça suffit ce bruit !
Cette fois, la prof n’en peut plus. Sa classe offre un tableau qui la désole. C’est un mélange du Radeau de la Méduse en premier plan et Guernica à l’arrière. Les élèves des premiers rangs sont tous plus ou moins avachis sur leur table ou leur livre, pour ceux qui ont eu la présence d’esprit de l’ouvrir. Une élève s’est carrément installée sur l’épaule de son petit copain. Pour le même prix, l’oreiller est plus confortable ! Gaétan est exceptionnellement passé devant. Ce n’est pas pour mieux suivre son cours de français mais visiblement pour se rapprocher de Jérémie qui semble faire avec lui un concours de sieste, à moins que ce ne soit pour s’éloigner des élèves les plus bruyants qui pourraient perturber son sommeil.
L’arrière de la classe est tellement fouillis que c’est presque insulter Picasso que de le comparer à Guernica. Marlène et Ambre se remaquillent aussi discrètement que possible, mais pouffent régulièrement d’un rire sonore qui trahit leur inattention, au risque de réveiller le premier rang. Jonathan et Mounir s’adonnent à une partie de « catch sur chaise », chacun essayant de montrer à l’autre qu’il est le plus fort en lui coinçant les bras. Madame Rougère, les regarde en songeant que les garçons, à cet âge-là, sont joueurs puis se ravise. La réalité est bien plus terrible: les garçons ça ne grandit jamais.
Adélaïde prend des notes, dans quelques instants quand il faudra descendre à la bibliothèque, tous se tourneront vers elle pour savoir ce qu’il faut faire… Elisa à ses côtés écoute d’une oreille et dessine Mounir machinalement.
- On peut essayer de se mettre avec lui en groupe pour le français, suggère-t-elle à son amie.
- Je ne crois pas qu’on pourra trop compter sur lui pour le travail, objecte Adélaïde. Et puis de toute façon il ne viendra pas nous proposer. On va se mettre avec Annabelle et ses copines, comme d’habitude…
- Ce n’est pas pour le français que j’ai besoin de lui ! Ca ne compte presque pas cette matière dans notre filière. J’en ai marre de toujours fréquenter les mêmes personnes, dans les mêmes endroits, le même train-train. On dirait qu’on est deux petites vieilles !
- Et ben demande-lui alors! Si tu te fais rembarrer, tu ne viendras pas pleurnicher sur mon épaule !
Adélaïde boude, Elisa aussi. Mais cette dernière est remontée, elle va parler à Mounir. Elle pense qu’elle ne le laisse pas indifférent, à moins qu’elle ne se fasse des films. Malgré ce que les vipères pensent d’elle, Elisa est une intrépide. Elle aime cette classe désordonnée, cette ambiance chaotique où quelque chose peut se passer à tout instant. Cela la change de son collège trop calme où elle s’ennuyait tant. Adélaïde son amie d’enfance, au contraire, préférait le doux ronronnement de leur ancien établissement.
Madame Rougère met l’agitation sur le compte de l’accident de leur professeur de mathématiques. Elle se retient donc de pousser son cri légendaire qui consiste à hurler « silence!», en prenant une pose de combat : en saisissant un carnet de correspondance. Elle a la chance d’être dans l’un de ces lycées où les parents lisent encore les carnets. Et oui, cette jeune génération n’a plus peur d’une hausse de voix. Bref, aujourd’hui elle opte pour la pédagogie. Et met ses menaces de côté.
- Je sais que cette journée est difficile à cause de l’accident de votre professeur madame Pérot… Peut être souhaiteriez vous en discuter?
Ah ! Le silence se fait. Ne savez vous pas que la meilleure façon d’obtenir le silence dans une classe n’est ni la sanction ni la terreur mais plutôt de demander aux adolescents de s’exprimer ? Ce n’est pas pour rien que cela s’appelle l’âge des contradictions.
A la surprise générale, c’est Gaëtan qui finit par proposer de faire une lettre de soutien pour la famille du professeur hospitalisé. Tout le monde approuve.
- Très bien conclut madame Rougère, nous ferons ça demain. Maintenant je vais faire circuler une feuille, notez-y les groupes que vous formez et descendez au CDI en silence.
C’est reparti, ça fourmille à toutes les tables. Les groupes se forment et la feuille passe de main en main. Elisa se lance :
- Mounir, Vous êtes combien ? Nous on est deux avec Adèle.
- Ben… Jonathan et Gaëtan, donc on doit être trois…
Il se retourne et s’adresse à Jonathan :
- Mais il est où Gaëtan ? Depuis ce matin il fait une tête pas possible. Regarde ce qu’il fout. Dis lui de venir vers nous !
- Eh le gitan, tu viens ou pas ? On te met avec nous dans le groupe ?
C’est le surnom que ses amis ont donné à Gaëtan en référence à d’éventuelles origines lointaines qui n’ont jamais été prouvées. Mais un surnom, ça naît comme ça et on ne s’en sépare pas.
- Je m’en fous.
Ce sont les seuls mots qu’il prononce avant de retourner s’enfouir la tête dans les bras. Mounir se demande ce qu’il a, mais il n’est pas curieux de nature et choisit de le laisser. Ce n’est pas le cas de Jonathan qui revient à l’attaque.
- T’es pas drôle depuis ce matin, t’es même chiant ! On te parle et tu nous envoies balader, ça va, nous on y est pour rien dans tes histoires !
- Mais quelles histoires ? finit par demander Mounir.
- Monsieur a le vague à l’âme en ce moment...non en fait, je sais ! Il porte le deuil de madame Pérot, c’est pour ça qu’il veut lui écrire une lettre.
Gaëtan se lève d’un bond et attrape Jonathan par son survêtement :
- Toi t’es vraiment trop con ! Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi con !
Avant que madame Rougère n’ait le temps d’intervenir Gaëtan envoie son camarade valdinguer dans les chaises et quitte la classe.
Le professeur de français sait qu’il a une famille dite « à problème ». Une grande famille d’ailleurs mais dans laquelle ils sont de moins en moins nombreux. Sa sœur est partie à 15 ans, elle vit maintenant en foyer pour jeune fille. Elle ne supportait plus l’ambiance de la maison. Elle la connaît bien, elle l’a eue deux ans en cours. Les plus petits sont aussi en foyer; mais eux, on ne leur a rien demandé. Il y a eu un signalement aux services sociaux car le père était violent. Depuis ce monsieur est parti. Laissant derrière lui une femme dépassée, il lui reste Gaëtan et son grand frère.
Les élèves traînent les pieds pour descendre à la bibliothèque. Même Natacha et Manuela sont moins vives que d’habitude. On sent que quelque chose plane sur cette classe. Juliette n’a pas quitté la fenêtre des yeux durant le cours. Elle semble préoccupée. D’ailleurs elle s’est détachée de Marlène et d'Ambre.
- Tu te rappelles qu’on doit se parler à midi, répète-elle à Ambre
- Mais oui, je m'en souviens. T’as vraiment pas l’air bien, toi…
- Vous venez, les filles? lance Marlène.
- A tout à l’heure donc, chuchote Juliette
Elle prend la direction opposée à celle du CDI. Ses amies lui demandent ce qu’elle fait, car elles ont encore une heure de cours. Juliette répond juste qu’elle doit aller chercher quelque chose et elle quitte la classe en douce.
En tout cas il y a quelqu’un qui sera là ce soir et les jours suivants. Quelqu’un qui ne quitterait cette classe pour rien au monde, bien trop contente de son groupe de français. C’est Elisa ! Elle arbore un grand sourire : Mounir est dans son groupe. Elle est bien la seule à échapper à la morosité ambiante.