Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: boumbaba le 15 Janvier 2014 à 12:24:38

Titre: internet
Posté par: boumbaba le 15 Janvier 2014 à 12:24:38
Certitude :
Pour l'être humain peu de choses sont sûres,
ni le présent, ni le passé, ni le futur.
Il en est cependant une commune à ce qui vit
car, tout ce qui vit, un jour meurt.

Voilà une discussion que j'ai eu sur la toile, prévenez moi si les droits d'auteurs font que je suis hors sujet.


Il me semble que l'on peut fort bien se passer du sens de la vie , si précisément on ne regarde jamais dans ce fond de soi-même.
Pourquoi chercher un sens ?
Pour ma part, je pense que la recherche du sens est un principe fondamental à l'être humain. La religion en est d'ailleurs un exemple frappant, au même titre que la science. Mais pourquoi alors?
Comme nous venons de le voir, la croyance est ici au premier plan (après le sens). La science elle aussi en est tributaire car, malgré sa fin de réel, cette entité est constituée de suppositions. Elle est comme une structure qui à chaque grande découverte se réorganise et se meut. Elle est une équation insoluble à nombreux inconnus dont le terme principal est la vie, sa recherche de sens. La vie en ce sens qu'elle est un équilibre instable, point de fragilité qui paradoxalement est condition de son animation, de sa coloration. Je pense aussi que la science, dépendante d'un contexte culturel et historique, ne s'en dégage pas. C'est à dire qu'elle est une partie du tout qui régit "notre univers" (celui des Hommes et la façon dont ils le perçoivent), tout qui lui aussi est en perpétuel mouvement. La science donc, est fortement imprégnée du contexte dans lequel elle émerge et donc à l'histoire, à la culture, au social, mais aussi à la philosophie, à l'art pourquoi pas aussi etc (à la musique peut être pour la théorie des Cordes)...     

attention, méta-réflexion : pourquoi accoler toujours et partout cette question du pourquoi ? n'est-ce pas dès lors une nécessité impérieuse ?

Pourquoi peut être pris en deux sens, au sens de "comment ?", exemple : "et si je verse du sucre dans le réservoir de votre ferrari F40, pourquoi cette odeur de caramel ?"
et pour quoi ? dans quel but ? idée de finalité, qui ne saurait être simplement temporelle, mais bien plutôt téléologique, dans une perspective existentielle.
"Mais tu es un grand malade ! pourquoi as-tu fais cela ?"
et encore "pourquoi ce sens de l'accomplissement, de l'équilibre, pourquoi cette joie devant une personne aimée ?
La recherche du sens est une nécessité qui en amène d'autres, le courage en fait parti, tout comme l'amour sans lequel, la vie serait simplement impossible; et ce même pour une plante verte peut être.

la vrai question ouvre sur une mise en abîme de son propre rapport au réel.

Mademoiselle Eu. propose de résoudre la difficulté dans une représentation des choses qui ressemble un peu à de la phénoménologie, mais la phénoménologie qui utilise la relation percevant-perçu pour expliquer la construction de la réalité que nous percevont tout en nous percevant n'est-elle pas déjà une construction, une représentation commode pour décrire ce qui nous préoccupe, mais incapable de rendre compte de sa propre consistance en tant qu'explication ultime ?
En effet, non pas au-delà de ce principe, mais articuler à cette représentation, c'est peut être le processus qui pourrait pourquoi pas en être la clée. Ce processus est en lui même une recherche de sens, ou bien peut-être plutôt une poussée qui le vise. On pourra bien sûr m'objecter, qu'a différentes échelles - de l'infiniment petit à l'infiniment grand - les processus ne sont plus les même et obéïssent à des lois et à des constantes différentes elles aussi. Ce que j'y vois cependant, phénoménologiquement donc, c'est avant tout cette espace constitué de termes inconnus en eux-mêmes, et aussi, inconnu(s) en tant que métaprocessus structurel. Ce que j'y vois c'est donc ce qui nous échappe et qui inévitablement toujours nous échappera, c'est la marge qui nous pousse au mouvement, à la recherche du sens, à la vie.
Certains pourraient aussi m'objecter les "progrès" de la science, à comprendre en terme d'une "meilleure" compréhension du tout. Je leur répondrai à la fois que cette marge qui nous échappe et que nous ne pouvons dès lors comprendre, si au fur et à mesure du temps qui passe elle se réduit, ce serait peut être à l'image d'une aire fractale, délimitée, qui se réduit au fur et à mesure du paramètre infini mais jamais complètement.     
cette compréhension, si elle vise le tout, ne l'atteindra jamais ou alors, ne l'atteindra jamais à un autre moment que lors de son dernier souffle; sa fin/but la menant à la sienne.

Pour finir, je reconnaîs que le processus ou sa description ne peut sans distorsion des plans de l'analyse, rendre compte de lui même; en effet, ma recherche de sens précédente en est tributaire puisque pour essayer d'en rendre compte, il m'a été nécessaire de passer par une représentation de ce processus, seuil métaphysique il est vrai. C'est d'ailleurs ce qui me fait penser que la science n'est pas un ensemble de connaissances portant sur des systèmes isolés mais un ensemble de connaissances portant sur un tout. Celle-ci ne doit peut se confondre avec ce dernier qu'elle étudie ou plus exactement qu'elle vise finalement, car ce qu'elle étudie, je le pense, c'est l'environnement dans lequel elle fonctionne et donc duquel elle ne peut s'extraire (sauf par la mort), duquel elle est dépendante. Le tout serait une impossibilité phénoménologique à laquelle elle ne peut échapper, et l'eudémonisme total, un aboutissant avant la fin.


En d'autres termes, que gagne-t-on à tout décrire en termes de relations, ou encore croyez-vous sincèrement que la science rend compte (sauve diraient les grecs ) des phénomènes lorsqu'elle renonce au sens ?
La science depuis Newton ne répond pas à la question du sens. Elle s'en moque, ce n'est tout simplement pas son objet, elle décrit, établit des relations, rend manipulable un certain nombre de choses. Mais il manquera toujours un aspect du problème si l'on part de l'étude des relations pour rendre compte d'une harmonie.
je puis par calcul établir les lois de l'harmonie en musique, définir un canon de la beauté féminine ou masculine, Mais pardonnez-moi, il n'y a là rien qui explique l'incroyable tendance des hommes a vouloir, même en se passant d'un sens total, rendre compte des choses.

Le processus, ou encore sa description ne peut sans distorsion des plans de l'analyse, rendre compte de lui-même.


nous sommes ici sur le seuil de la métaphysique.
Seuil qui, comme vous pouvez le constater ne se situe jamais dans le monde supra-lunaire, contrairement à la légende, mais dans chaque objet, dans chaque concept, dans chacun de vos regards.

pouvez-vous vraiment aimer une chose, quelqu'un, sans le connaître davantage ? pouvez-vous connaître sans aimer plus avant ? Le pourquoi est inhérent à l'intelligence humaine.

autrement dit, les plantes vertes n'ont sans doute pas ce genre de dilemmes, mais nous ne sommes pas des plantes vertes.

Aussi se moquer d'une divinité est un repoussoir facile, pour reprendre - avec un sentiment de justice - son élan dans une autre direction. La consistance des choses, la permanence des fluctuations, voilà qui est plus problématique à éluder. Voilà qui rend; du moins sur ce plan, toute religion, toute tentative d'atteindre en quelques façons à ce mystère, assez considérables (littéralement, qu'elles méritent d'être prises en considération dans les prémices d'un jugement)



On peut ériger en tabou la question "pourquoi ?" Dès qu'elle ne signifie pas "comment ?". C'est un dogmatisme comme un autre, car dès lors la poésie ne dit plus rien du réel. Les contentements profonds que procure Bach ou le spectacle sublime d'un orage, ne sont que choses irrationnelles, et jouissances usurpées à la facticité du monde.

Bach écrivait sa musique "pour la gloire de Dieu et le plaisir des hommes", et écoutant BWV 582 dans la version pour deux orchestres, il ne me viendra jamais à l'esprit que c'est bien là l'oeuvre d'un dévôt imbécile.


aussi,je ne crois pas qu'il y ait d'eudémonisme possible en évitant la question d'un principe et d'un fondement ultime.

bien sûr, il y a l'objection de la vacuité. On peut s'amuser à violer autant de fois que l'on veut le principe d'identité, mais d'ordinaire je vis pour ce qui me concerne "au raz des pâquerettes", je ne saurais sans contorsions de conscience - et sans doute sans séquelles et autres altérations irréversibles - me convaincre ou encore convaincre personnellement une pâquerette, de sa non-existence, de son existence ou encore des deux en même temps et sous le même rapport. Les fleurs des champs sont têtus, même et surtout lorsqu'elles ne viennent jamais vous contredire hors-saison.
et il en va des pâquerettes, comme de la vache, de la haie, du train qui passe et des champs.
Les fleurs, comme Marguerite, la haie, le train qui passe, les champs, les objets, accompagnés de  nos regards, sont des termes bien réels dont chaque équation, chaque identité, comporte en eux même les principes que j'ai tenté de décrire et que je crois applicables à la science. Il est en chacun d'eux un univers qui recèle de l'indécelable. Dès lors, le fondement réside en nos regards, l'unification étant la recherche du sens et par là même, de la vie. Perpétuel équilibre, qui, lorsqu'il est figé ou déséquilibré de trop mène au collapsus, et qui nous permet, lorsqu'il est stable dans son équilibre, de dire : nous vivons..   


J'espère que mes ellipses ne rendent pas tout ceci indigeste ou encore incompréhensible.


PS.

Envie de passez un bon moment à ce sujet ?

Lisez donc "les trentes six preuves de l'existence du diable", d'André Frossard.
Dans le cas qui nous occupe ici, c'est trés stimulant.

Le sens est toujours phénoménologique
 

Titre: Re : internet
Posté par: Babataher le 15 Janvier 2014 à 18:00:26
Bonjour Boumbaba,
Je vais tenter une approche! Je me suis embrouillé en lisant, le sujet relève de la philosophie et en répondant je me sens comme un exégèse :
la sens n'a pas de vie!
cette phrase n'a de sens que si une personne possédant les outils de la grammaire nous dise qu'il faut la lire : la vie n'a pas de sens!
Donc pour comprendre une phrase et connaître sons sens nous avons besoin d'outils cognitifs qui nous guident. Dans l'état actuel, l'esprit humain ou la science n'a pas encore la maitrise de ces outils.
Peut être demain? Qui sait? L'ADN en apparence une molécule simple révélera des secrets insoupçonnés! Il n'y a aucun mal à avoir honte de son ignorance ou de son imperfection! Le gai savoir est là pour nous donner confiance. Si on savait tout, on mourait sans doute d'ennui.
Je suis peut être hors sujet!
Titre: Re : internet
Posté par: boumbaba le 19 Janvier 2014 à 16:17:16
non d'ailleurs s'il faut écrire, et non se venger, pour survivre, je me demande ce que je vais pouvoir tirer de tout ceci parce que c'est difficile, mais je peux pas passer inaperçu, je parle d'autopublication   
Titre: Re : internet
Posté par: Jimhar le 20 Janvier 2014 à 00:06:05
Salut Boumbaba,

Voilà un texte bien écrit dans l'esprit de la phéno, en cela propos moderne.
Deux points m'interpellent cependant:
1) Je n'adhère pas à la quête du sens, encore moins à l'idée névrosée d'un mystère. J'aurais tendance à penser que la vie c'est l'univers: il n'y a ni haut ni bas, ni droite ni gauche. Le sens en tant que fondement ultime n'existe pas, mais il devient ce que nous faisons de notre existence, il se construit, et on peut donc affirmer légitimement qu'il est contingent. En effet, je peux aussi bien être boulanger que mécano.
2) Tu sembles mélanger science et scientisme. La science ne se propose pas d'expliquer l'art ou la beauté. C'est qu'en effet, depuis son émancipation à l'égard de la religion, elle ne s'intéresse qu'au comment, c'est-à-dire au fonctionnement des choses. Comme le remarquait K. Popper dans son principe de réfutabilité, la science ne saurait se confondre avec la vérité, elle s'en approche, c'est tout. Les domaines de la religion et de la science sont très différents. Il est vrai que cette dernière ne peut prouver la non-existence d'une chose (Dieu par exemple), ainsi elle n'exclue pas les possibles mais permet une compréhension même partielle du monde, et permet d'agir sur lui.