Attendez quelques instants, restez là. Je voulais juste vous raconter une histoire, vous parler de cette petite parcelle de vie isolée, dévoilée. Volée ? Attendez, je voulais vous parler de cette petite fille que j'avais aperçu autrefois. Cette petite fille qui dansait dans les bois, jouait dans la lumière. Elle était jolie, cette petite fille, dans sa petite robe bleue pâle qui tournoyait au gré du vent. Je crois bien que ses pieds étaient nus sur l'herbe fraîche et je crois que ses cheveux étaient blonds comme le soleil au dessus de sa tête, cet astre caché par le couvert du feuillage. Et je crois que ses yeux étaient bleus, comme la rivière qui coulait là bas dans la clairière. En tout cas, elle était jolie, ça j'en suis sûre.
Je crois beaucoup de choses, vous savez, mais il y en a certaines dont je suis sûre. Et je suis sûre qu'autrefois, j'ai aperçu une petite fille dans une jolie robe bleue pâle, et elle dansait dans la forêt et elle jouait avec la lumière. Et elle était heureuse.
Peut être que mon histoire n'a pas grand sens, qu'elle n'a pas d'intérêt mais qu'importe. Peut être que vous oublierez mes quelques mots dès que vous sortirez d'ici, que vous retournerez à vos vies maussades. Moi je voulais juste prouver au monde qu'il y avait quelque part, dans une forêt reculée, quelqu'un qui ne souffrait pas, une enfant pure et innocente dont seul le rire résonne encore et encore sous le couvert du feuillage qui la préserve de l'oeil cruel du soleil. Une petite princesse en devenir.
OoO
Pourquoi ? Je l'ai revue, vous savez. Vous n'auriez pas pu me la cacher indéfiniment. Pourquoi ? Elle a grandi. Elle est devenue une vraie petite princesse. Pourquoi ? Pourquoi ne pas l'avoir laissé là bas, seule dans sa forêt enchanteresse, son rire s'élevant dans la brise fraîche, jouant dans la lumière, heureuse ? Vous aviez peur, n'est ce pas ? Peur de ce bonheur que vous ne connaissiez pas, de cette innocence perdue depuis tant de temps désormais. Peur de comprendre que vous n'auriez jamais ce qu'elle avait, que du haut de son jeune âge, elle avait tout compris de la vie, qu'elle avait su en tirer profit quand vous vous morfondiez dans votre mélancolie, dans votre morne routine. Pourquoi ?
Maintenant, quand elle ouvre les yeux, la lueur de joie dans ses yeux bleus a disparu. Quand elle a posé son regard couleur de l'océan sur moi, il n'y avait que la misère de l'homme au fond de ses iris embués de larmes. Comme un poids immense qu'elle ne pourra jamais supporter seule. Vous le saviez, vous l'avez détruite. Maintenant, elle a des reflets argentés dans ses longs cheveux blonds qui pendent misérablement, emmêlés, ternes, comme une vieille femme. Maintenant, elle a les yeux plus gris que bleus. En fait, je crois qu'elle n'est même pas triste, qu'elle n'a même pas peur de ce monde infâme dans lequel vous l'avez jeté sans pitié. Elle attend, c'est tout. Elle ne vit pas, elle survit. Elle supporte.
Je l'ai revu, vous savez. Et elle m'a reconnu. Dans la rue sale, à la tombée de la nuit, quand elle a posé son regard sur moi, j'ai su qu'elle m'avait reconnu. Et il y avait cette douleur qui perçait, menaçait de déborder dans ses yeux. Parce qu'elle savait que je l'avais vu avant, dansant avec la lumière, heureuse. Que je la voyais désormais, résignée, attendant la fin, dans ce monde trop gris. J'aurais voulu lui parler, lui dire que je savais, que je comprenais. Mais on ne parle pas aux gens comme elle. Vous aviez passer trop de temps à les détruire jusque dans les moindres replis de leurs âmes pour qu'on puisse s'abaisser à leur parler, à leur insuffler un peu de ce bonheur qui leur était désormais interdit. Ca faisait mauvais genre. Alors je n'ai rien dit.
Pourtant, j'aurais voulu lui parler. Lui dire ce que j'avais sur le coeur. Je sais, petite princesse, j'ai vu. Je te vois maintenant, enveloppée dans le froid, la peur et la faim. Je t'ai vu. J'ai vu que tout avait changé. Maintenant, tu ne joues plus avec la lumière. Tu es la lumière, ma lumière, notre lumière. Une lumière pâle, froide, blanche, éclatante. Une lueur d'espoir qui s'éteint lentement alors que les jours passent lentement. Je sais, petite princesse, j'ai vu. Bats toi, mon ange, où le monde qui t'entoure te tuera sans pitié. Regarde ce qu'ils t'ont déjà fait, crois moi, ils n'auront aucun remords. Mais tu t'es déjà trop battue. Alors tu te résignes, tu attends la fin. Pourquoi t'ont ils fait ça ? Même toi, tu n'avais pas le droit au bonheur ? Tu as gardé ton regard ancré dans le mien jusqu'à ce que je m'en aille. Mais tu ne demandais plus rien. Tu n'avais plus la force de te battre. Alors tu m'as regardé passer.
Je sais, petite princesse, j'ai vu.
[/i]
OoO
Tu sais, petite princesse, le monde que tu découvres chaque jour et que tu crois connaitre n'a rien de beau. Tu es trop pure pour le voir bien sûr, mais inconsciemment tu fermes les yeux sur les horreurs qui se présentent devant toi. Tu ne veux pas voir. Ils ont beau t'avoir détruite et envoyé plus bas que tout, tu restes bien au dessus de nous parce que tu ne veux pas voir, que tu ouvres encore de grands yeux horrifiés quand j'emploie des mots trop crus. Tu sais, petite princesse, ta pureté est mal perçue ici bas. Sinon tu n'en serais pas là. Mais non, ne pleure pas ! Tu sais, petite princesse, tes larmes n'y changeront rien. Et puis on pourrait nous voir, nous entendre. Alors mieux vaut que tu te taises. Je préférerais ne pas avoir à subir le regard des gens, tu sais. Ne prends pas ce regard indigné, princesse, tu le savais. Je ne suis pas mieux qu'eux. Lâche, salie, souillée. J'ai toujours baigné dans cette luxure que tu entraperçois à peine mais qui déjà t'horrifie. Arrête de pleurer, te dis je ! Tu sais, petite princesse, tu n'arriveras pas à nous aider. Malgré ton innocence, ta beauté pure, tu ne pourras pas nous changer. Nous sommes déjà trop pervertis. Sèche tes larmes, mon ange, tu es trop belle pour montrer ta tristesse. C'est indécent. Alors non, petite princesse, je ne peux pas t'aider, je ne peux pas t'aimer. Tu es bien trop belle, trop sage, trop pure. Tu es bien trop parfaite pour être heureuse. Ne pleure pas. Tu sais, petite princesse, tu ne pourras pas changer le monde. Remets ton masque d'indifférence et souffre en silence.
OoO
Voilà un petit projet que j'aime bien. Je compte faire encore deux autres petites suites dont la mort de la petite princesse et m'arrêter là. Qu'en pensez vous ?
Attendez quelques instants, restez là. Je voulais juste vous raconter une histoire, vous parler de cette petite parcelle de vie isolée, dévoilée. Volée ? Attendez, je voulais vous parler de cette petite fille que j'avais aperçu autrefois. Cette petite fille qui dansait dans les bois, jouait dans la lumière. Elle était jolie, cette petite fille, dans sa petite robe bleue pâle qui tournoyait au gré du vent. Je crois bien que ses pieds étaient nus sur l'herbe fraîche et je crois que ses cheveux étaient blonds comme le soleil au dessus de sa tête, cet astre caché par le couvert du feuillage. Et je crois que ses yeux étaient bleus, comme la rivière qui coulait là bas dans la clairière. En tout cas, elle était jolie, ça j'en suis sûre.
Je crois beaucoup de choses, vous savez, mais il y en a certaines dont je suis sûre. Et je suis sûre qu'autrefois, j'ai aperçu une petite fille dans une jolie robe bleue pâle, et elle dansait dans la forêt et elle jouait avec la lumière. Et elle était heureuse.
Peut être que mon histoire n'a pas grand sens, qu'elle n'a pas d'intérêt mais qu'importe. Peut être que vous oublierez mes quelques mots dès que vous sortirez d'ici, que vous retournerez à vos vies maussades. Moi je voulais juste prouver au monde qu'il y avait quelque part, dans une forêt reculée, quelqu'un qui ne souffrait pas, une enfant pure et innocente dont seul le rire résonne encore et encore sous le couvert du feuillage qui la préserve de l'oeil cruel du soleil. Une petite princesse en devenir.
OoO
Pourquoi ? Je l'ai revue, vous savez. Vous n'auriez pas pu me la cacher indéfiniment. Pourquoi ? Elle a grandi. Elle est devenue une vraie petite princesse. Pourquoi ? Pourquoi ne pas l'avoir laissé(e) là bas, seule dans sa forêt enchanteresse, son rire s'élevant dans la brise fraîche, jouant dans la lumière, heureuse ? Vous aviez peur, n'est ce pas ? Peur de ce bonheur que vous ne connaissiez pas, de cette innocence perdue depuis tant de temps désormais. Peur de comprendre que vous n'auriez jamais ce qu'elle avait, que du haut de son jeune âge, elle avait tout compris de la vie, qu'elle avait su en tirer profit quand vous vous morfondiez dans votre mélancolie, dans votre morne routine. Pourquoi ?
Maintenant, quand elle ouvre les yeux, la lueur de joie dans ses yeux bleus a disparu. Quand elle a posé son regard couleur de l'océan sur moi, il n'y avait que la misère de l'homme au fond de ses iris embués de larmes. Comme un poids immense qu'elle ne pourra jamais supporter seule. Vous le saviez, vous l'avez détruite. Maintenant, elle a des reflets argentés dans ses longs cheveux blonds qui pendent misérablement, emmêlés, ternes, comme une vieille femme. Maintenant, elle a les yeux plus gris que bleus. En fait, je crois qu'elle n'est même pas triste, qu'elle n'a même pas peur de ce monde infâme dans lequel vous l'avez jeté(e) sans pitié. Elle attend, c'est tout. Elle ne vit pas, elle survit. Elle supporte.
Je l'ai revu(e), vous savez. Et elle m'a reconnu. Dans la rue sale, à la tombée de la nuit, quand elle a posé son regard sur moi, j'ai su qu'elle m'avait reconnu. Et il y avait cette douleur qui perçait, menaçait de déborder dans ses yeux. Parce qu'elle savait que je l'avais vu(e) avant, dansant avec la lumière, heureuse. Que je la voyais désormais, résignée, attendant la fin, dans ce monde trop gris. J'aurais voulu lui parler, lui dire que je savais, que je comprenais. Mais on ne parle pas aux gens comme elle. Vous aviez pass(é) trop de temps à les détruire jusque dans les moindres replis de leurs âmes pour qu'on puisse s'abaisser à leur parler, à leur insuffler un peu de ce bonheur qui leur était désormais interdit. Ca faisait mauvais genre. Alors je n'ai rien dit.
Pourtant, j'aurais voulu lui parler. Lui dire ce que j'avais sur le coeur. Je sais, petite princesse, j'ai vu. Je te vois maintenant, enveloppée dans le froid, la peur et la faim. Je t'ai vu(e). J'ai vu que tout avait changé. Maintenant, tu ne joues plus avec la lumière. Tu es la lumière, ma lumière, notre lumière. Une lumière pâle, froide, blanche, éclatante. Une lueur d'espoir qui s'éteint lentement alors que les jours passent lentement. Je sais, petite princesse, j'ai vu. Bats toi, mon ange, o(u) le monde qui t'entoure te tuera sans pitié. Regarde ce qu'ils t'ont déjà fait, crois moi, ils n'auront aucun remords . Mais tu t'es déjà trop battue. Alors tu te résignes, tu attends la fin. Pourquoi t'ont ils fait ça ? Même toi, tu n'avais pas le droit au bonheur ? Tu as gardé ton regard ancré dans le mien jusqu'à ce que je m'en aille. Mais tu ne demandais plus rien. Tu n'avais plus la force de te battre. Alors tu m'as regardé passer.
Je sais, petite princesse, j'ai vu.
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Tu sais, petite princesse, le monde que tu découvres chaque jour et que tu crois connaitre n'a rien de beau. Tu es trop pure pour le voir bien sûr, mais inconsciemment tu fermes les yeux sur les horreurs qui se présentent devant toi. Tu ne veux pas voir. Ils ont beau t'avoir détruite et envoyé(e) plus bas que tout, tu restes bien au dessus de nous parce que tu ne veux pas voir, que tu ouvres encore de grands yeux horrifiés quand j'emploie des mots trop crus. Tu sais, petite princesse, ta pureté est mal perçue ici bas. Sinon tu n'en serais pas là. Mais non, ne pleure pas ! Tu sais, petite princesse, tes larmes n'y changeront rien. Et puis on pourrait nous voir, nous entendre. Alors mieux vaut que tu te taises. Je préférerais ne pas avoir à subir le regard des gens, tu sais. Ne prends pas ce regard indigné, princesse, tu le savais. Je ne suis pas mieux qu'eux. Lâche, salie, souillée. J'ai toujours baigné dans cette luxure que tu entraperçois à peine mais qui déjà t'horrifie. Arrête de pleurer, te dis je ! Tu sais, petite princesse, tu n'arriveras pas à nous aider. Malgré ton innocence, ta beauté pure, tu ne pourras pas nous changer. Nous sommes déjà trop pervertis. Sèche tes larmes, mon ange, tu es trop belle pour montrer ta tristesse. C'est indécent. Alors non, petite princesse, je ne peux pas t'aider, je ne peux pas t'aimer. Tu es bien trop belle, trop sage, trop pure. Tu es bien trop parfaite pour être heureuse. Ne pleure pas. Tu sais, petite princesse, tu ne pourras pas changer le monde. Remets ton masque d'indifférence et souffre en silence.
OoO
Voilà un petit projet que j'aime bien. Je compte faire encore deux autres petites suites dont la mort de la petite princesse et m'arrêter là. Qu'en pensez vous ?
Quelques fautes, mais entraînant :)
D'autres remarqueront peut-être quelques gênes, personnellement, rien ne m'a gêné dans ce texte, en tout cas si suite il y'a, j'attends.
Le narrateur me rappelle vaguement l'intro de Krieg dans BL 2.