Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Donnez-leur du punch à la goutte, des buvards en doliprane, des space-cafés. Du drame, du sang, des larmes. Arrachez-les des possessions, de l'argent. Qu'ils connaissent la faim, la valeur, les choses. Détruisez leurs gloires, leurs paillettes, leurs repères. Plongez-les dans un terrible pour qu'ils courent vers un meilleur.
Qu'ils lèvent la tête, qu'ils ouvrent les yeux : qu'ils essayent.
C'est n'être rien que soi-même, rien sinon rien au beau milieu de tous. Se laisser happer par l'instant, les rêves, les nuages et les volutes sans contrôler son vol. N'être rien que ce qu'on n'a jamais été et pourtant tout ressentir.
C'est vivre en traversant ses peurs et mourir en embrasant ses rêves.
C'est s'arrêter quelques instants pour prendre du recul et contempler le geste en tant que tel.
C'est casser son propre prisme et se plonger un moment dans les yeux du monde. Embrasser enfin l'âme des choses et s'en faire fils, frère, gardien. Comprendre enfin le sens de cette douleur qui vous accompagnait tout au long de cette triste marche qui était vôtre.
C'est briser les murs de leurs raisons pour se tordre devant l'implacable.
C'est diogène qui mendiait aux statues pour s'habituer au pire. C'est les bribes dont on dispose, les règles qu'ils imposent, et ce qu'on supporte. C'est le sein que tu ne saurais voir, la pisse que tu refoules et qui revient en force, la masturbation en public. C'est le décalage dans l'alignement des planètes. Le yang du ying.
C'est cet accident qui te frôle en t'éveillant à jamais. C'est l'horloge qui s'arrête sur toi, et qui t'aiguille enfin sur des rails sinueux d'aviateurs à la cuillère. Infiniment, tu survoles l'instant, les formes, les sons.
Et rien de ce que la plupart d'entre eux fait n'a d'intérêt.
La richesse est perfide et la pauvreté généreuse.
Ce qu'ils considèrent plein n'est que vide de sens.
Très peu d'entre eux sont vivants. La masse est à plaindre, avide.
C'est s'enrouler autour de la terre, tourner avec le monde, et valser sur l'univers.
Fuir leurs mensonges, leurs illusions.
Se heurter à la réalité et descendre avec elle.
Me plonger sur ta peau aux allures de sable,
Et sentir lentement notre amour sur la table,
Je n'aspire à rien d'autre que de ne t'oublier,
Embrasser tes cristaux sur cette feuille pliée...