Et puis ces odeurs de ne pas reconnaître tout le passé
il est tard
et beau dans tes miroirs-de-nuit
et ces songes durs à la bouche
l’écharde venimeuse
et tout le désert
tout ce souvenir
très désastré
sec
dépeuplé.
C’est de ces songes stériles que j’oublie
ses cris son rire son souffle ses cheveux épuisés
et ses yeux
et tout le désert.
Comme l’on se rappelle bien par le mot d’oublier.
Je veux dire, je vois ce soir
Désormais qu’il est tout à fait la nuit
La neige et toutes ses peaux trop vite brûlées.
Je n’ai connu de fausses-toi que l’instant
Déchiré
définitif et très mal coupé,
mon âme,
et puis la lumière partout pour ne pas dire
« tragédie »
comme ton reflet banal,
même pas l’alcool et le tabac froid
le fond de ta paupière renversée
et tout le désert.
Ton geste très précis
Celui qui trace la nuit et consume le Soleil
Je l’oublie tard
sur la fatigue et le souffle
la cendre et le vent
et dans l’hiver les brûlures
toujours effacées par
ton geste
la nuit
et tout le désert.
http://er-carnet-de-voyage.tumblr.com/image/72313093097 (http://er-carnet-de-voyage.tumblr.com/image/72313093097)