Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: TiL le 05 Janvier 2014 à 14:46:22
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Hello les gens!
J'ai l'impression que depuis quelques années la mode est à l'hyper-réalisme, avec des auteurs comme Grangé qui inscrivent leurs romans dans le cadre du réel en décrivant avec exactitude tous les lieux et objets rencontrés. Avez-vous eu le sentiment d'une pub pour une voiture dans "Le Passager"?
Faut-il suivre cette tendance? Faut-il toujours indiquer la ville dans laquelle se déroule notre projet? La couleur du papier peint des toilettes dans lesquels va le héro? :mrgreen:
A l'inverse, Brussolo est capable de situer un roman soit dans un univers totalement inventé, soit dans la réalité mais sans la citer, notamment dans "La Colère Des Ténèbres" qui se déroule sans doute à Deauville ou Granville, voir un mélange des deux...
Je trouve ce concept intéressant, il s'accorde d'ailleurs très bien avec le fait d'utiliser un pseudonyme pour sa publication.
Si jamais un jour et par miracle j'étais publié, j'aurais peur que des gens aient l'impression de se reconnaître.
Vos avis?
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Je ne suis ni lecteur ni écrivain, mais voilà mon avis : quel que ce soit l'art je pense que ce qui fait l'artiste ce n'est pas son talent ou sa façon de faire, c'est lorsqu'il met tout son être dans ce qu'il fait. Ne suis pas un mouvement s'il ne te correspond pas. Ne suis pas une façon de faire parce que tout le monde fait ainsi : fais quelque chose que si tu y vois un sens. Que si tu sens que de cette façon tu peux mettre toute ta personne dans ton texte, ta musique, ton dessin, ton film, ton jeu... Il faut qu'il n'y ait que toi et toi seul qui t'exprimes. Si tu fais telle chose seulement (ou en grande partie) parce que tout le monde le fait et que ça marche, pour moi tu as perdu ton âme d'artiste. Ca ne veut pas dire s'inspirer des artistes qu'on aime (même si on s'en inspire énormément), ces artistes font tous partie de nous d'une certaine façon.
J'espère ne pas avoir répondu à côté du sujet !
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J'ai bien aimé Grangé, le seul problème que j'ai avec lui c'est que ses romans finissent trop brusquement. Peut-être signe qu'on y accroche bien aussi.
Pour l'hyper-réalisme en lui-même je ne suis pas fan, mais c'est un juste avis perso. J'aime pas les descriptions car généralement c'est chiant, à moins que ce soit un monde fantastique super original, mais là ce n'est plus de la réalité justement. Je ne lis pas un thriller pour me taper trente-six pages sur l'architecture Haussmanienne.
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Je n'ai jamais lu de Grangé mais
Faut-il suivre cette tendance? Faut-il toujours indiquer la ville dans laquelle se déroule notre projet? La couleur du papier peint des toilettes dans lesquels va le héro? :mrgreen:
les "faut-il", ça n'a pas lieu d'être dans l'art. Tout dépend de ce que toi tu veux faire. Ca aucun sens de suivre une tendance au "réalisme" si ton truc c'est de faire de la fantasy ou de la poésie. De la même façon, tu peux écrire une histoire qui se passe dans notre monde quotidien sans indiquer des noms de ville. Tout dépend de ta façon d'écrire, de voir le monde, de ce que tu juges important ou pas pour ton histoire. Grangé fait comme il le sent, toi, tu fais comme tu le sens. Peut-être que vous vous recouperez, peut-être pas. L'important, c'est que tes textes soient cohérents avec ton projet et avec eux-mêmes. ^^
Et de toute façon, tout texte littéraire est une fiction, hyperréalisme ou pas, autobio ou pas.
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Totalement d'accord avec Ernya.
Et : Je trouve ce concept intéressant, il s'accorde d'ailleurs très bien avec le fait d'utiliser un pseudonyme pour sa publication.
Si jamais un jour et par miracle j'étais publié, j'aurais peur que des gens aient l'impression de se reconnaître.
Je trouve cette réflexion un peu étrange. Il n'y a pas plus de "réel" dans un texte réaliste que dans un texte, euh, flou ? D'une part parce que, comme l'a dit Ernya, ça reste de la fiction et d'autre part parce que, dans les deux cas, tu choisis quelle proportion de toi-même tu veux mettre dedans. Un auteur peut très bien détailler la description d'un bâtiment dont il se sent complètement étranger et, à l'inverse, camper des personnages dans un univers fictif (ou tout simplement pas réaliste) dans lesquels on le retrouve, lui, ou bien certains de ses proches.
C'est pas parce qu'on détaille qu'on se dévoile (et bien au contraire, je pense).
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Merci pour vos réponses qui me donnent à réfléchir
Et, oui j'écris pour être édité, c'est dommage mais ma situation étudiante/professionnelle est précaire/usante/très peu rémunérée, alors si je pouvais trouver ne serait-ce qu'un petit éditeur, ce serait très bienvenu.
En fait je m'inspire beaucoup de situations vécues que je trouve marquantes, d'où le fait que des gens pourraient se sentir visés.
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Et puis tu peux aussi décrire avec autant de détail un univers complètement fictif.
Rien ne t'empêche de coller du papier-peint jaune dans les toilettes d'un hotel qui n'existe pas.
Pour ce qui est de s'inspirer de situations réelles/vécues, je pens que c'est quand même souvent le cas, de façon plus ou moins implicite/discrète/volontaire/et-je-ne-sais-encore-trop-quel-autre-adjectif…
D'autres l'ont dit avant moi. Dans toute œuvre, fut-elle de pure fiction, on retrouve une part de l'auteur, et donc une part de l'entourage de l'auteur.
Oui, peut-être que certains se reconnaîtront, mais je ne pense pas que ce soit grave et en tout cas qu'il faille se bloquer dans l'écriture parce qu'on a peur pour certains lecteurs qui pourraient se sentir visés.
après, il reste toujours la mention « toute ressemblance est fortuite » :mrgreen:
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-- mauvaise manip / changement d'avis (il n'y a pas de bouton supprimer?) --
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Le soucis c'est que le roman se déroule dans plusieurs villes et du coup c'est difficile d'expliquer le changement de ville sans les nommer...
Après rien n'empêche de ne pas citer les entreprises ou services en particulier...
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Il y a un autre facteur qui me gène un peu, c'est le fait de ne parfois plus trop savoir si je raconte certaines situations parce qu'elles sont marquantes ou juste pour régler des compte en "dénonçant"...
J'ai récemment envoyé mon premier manuscrit à une maison d'édition qui se situe dans la même rue que mon ancienne entreprise et le patron de cette dernière est une sorte de célébrité locale.
Y a t-il un risque que le patron de la maison d'édition reconnaissance son entreprise à travers mon manuscrit et le contact?
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Si j'étais dans ce cas, et que le manuscrit soit refusé, je m'empresserais de poser à l'éditeur la question pour savoir si le manuscrit a été refusé à cause de cela. Accompagné d'un journaliste ! Et sinon, il y a "sans aucun doute".
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Sans aucun doute?
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sur M6 en soirée.
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C'est étrange, TiL, cette nuance que tu fais entre "texte réaliste" et "texte fantastique/autre", car comme le disait Anlor, de toute manière, ce sera imaginaire.
L'hyper-réalisme tel que tu le décris a vite tendance à me gaver (pubs de voiture insérées en description, couleur des murs des toilettes... bwah). Par contre, j'adore Zola ou Balzac, parce que leurs descriptions ultra-précises apportent vraiment quelque chose au récit.
Par exemple, les taches de gras sur la table de la pension du Père Goriot nous inscrivent immédiatement dans un environnement pauvre, misérable, même ; et Rastignac qui doit vivre là se sent dégoûté. Ce dégoût de sa vie et l'envie d'en changer parcourt le roman et permet aussi de le dynamiser.
Par ailleurs, en fantasy, on peut aussi avoir des descriptions très fines, qui ne reposent pourtant sur rien de concret. Je pense notamment à Robin Hobb : quand elle parle de la tapisserie dans la chambre de Fitz, des somptueuses robes de Malta, du camp militaire de Nevare, on les visualise parfaitement alors que c'est totalement fantasy.
Voilà, j'espère que je ne suis pas trop à côté du sujet ! ;)
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Comme pour Buckowski qui nous plonge dans l'atmosphère de ses romans avec certains détails!
Je pense qu'il s'agit finalement de faire la part des choses entre une réalisme glacé et un univers riche de détails révélateurs...
Merci pour vos réponses!
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dans lol v stein de duras, les personnages évoluent dans des villes qui n'existent pas en réalité, et que Duras nomme elle-même, en leur donnant d'ailleurs des noms propres assez vagues et contenant en général un nom commun (U. Bridge, T. Beach)
Pourtant, il ne s'agit pas du tout d'une oeuvre de fantasy
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J'ai beaucoup de mal à situer mon projet dans la géographie car j'aimerais ne pas ne pas citer les villes...
L'idée de les renommer est très intéressante.
Le plus simple aurait été de faire un mix des deux villes en une seule mais ça aurait rendu beaucoup d'éléments incohérents...