Bonjour je vous soumet mon texte :)
Sachez tout d'abord que je relis régulièrement mon texte pour le changer (jamais content celui-là)
Je m'excuse d'avance s'il est un peu long, voire indigeste, et dans ce cas bon courage !
Bref.
PROLOGUE
Quand il était encore jeune, Noah allait tout les étés chez ses grands-parents, ils vivaient dans un endroit reculé en pleine forêt, une maison qui ressemblait presque à un manoir perdu dans la campagne. Il passait alors des journées entières à jouer au bord du ruisseau qui longeait le bord de la forêt non loin de la maison.
Ce jour là, Noah était entrain de jouer avec quelques cailloux aux abords de l’eau, il prétendait que chaque pierre représentait un obstacle sur la route de son nounours le héros de l’histoire, cependant arrivé au moment fatidique du combat classique du héros contre les monstres (c’était celui que Noah préférait) une ombre vint briser le rêve éveillé du gamin, il se retourna alors, prêt à réprimander quiconque osait interrompre sa scène, pourtant malgré sa fougue son intention changea lorsqu’il rencontra le regard de l’intrus.
C’était une grande dame blonde, les cheveux tombant en cascade et le regard d’un bleu glacial, il était tellement intrigué par celui-ci qu’il ne lui vint pas à l’esprit que le reste de son visage n’était pas visible, ou du moins ses tripes lui commandaient de ne surtout pas essayer d’en avoir le cœur net. Elle lui rappelait les héroïnes des comics qu’il lisait en cachette sur les bancs de l’école, comme elles, cette dame était grande, non c’était plus que ça, elle n’était pas seulement grande, elle était immense vu de la perspective d’un garçon de son âge.
Absorbé par la couleur de ses yeux, une sorte de vert délavé, il ne comprit pas de suite ce qui arriva, et même aujourd’hui il doute encore de ce qu’il s’est passé cet après-midi d’été, Ce furent d’abord des papillons dans son ventre, puis une série de picotements le long de son échine. Noah senti son âme s’extirper de son antre, ramper, et se hisser au-delà de son corps. Enfin il sombra dans un sommeil profond.
Tout ce dont il se rappellerait plus tard serait cette sensation d’avoir été réduit à la taille d’un atome, compressé, prêt à exploser, puis enfin le relâchement, le vide intersidéral suivi par le sommeil. Et ce regard fatigué, ça il s’en souviendrait à vie.
I
22 JUIN
UNE STATION ESSENCE
QUELQUE PART DANS LE NEVADA
Noah ouvra ses yeux, il avait la respiration haletante et la peau mouillée de transpiration. Juste un mauvais rêve qui avait troublé son sommeil d’habitude calme. En ce moment il était serveur dans un Diner le long d’une route perdue dans le désert. Les clients se faisaient rares mais amicaux, sur une route aussi longue on finissait souvent par chérir le moindre contact humain et c’est ça qui avait déterminé le choix du jeune homme.
L’endroit était idéal puisque Noah pouvait y essayer ses dons sans risque d’être vu tant l’endroit était désert, seuls lui et le patron, un rescapé du Vietnam à la moustache fournie avec un petit côté raciste, vivaient à côté du Diner. Les passants qui venaient réclamer le gasoil et le couvert évitaient au serveur de sombrer dans la solitude la plus totale, et lui permettaient d’en apprendre plus sur ses futures destinations. Sur le banc dehors, en face du désert il passait des heures à écouter leurs histoires, le nez collé à sa limonade, le regard perdu entre les panneaux rouges de la station, les pompes à essence et le sable rouge du désert.
Après s’être habillé et s’être remis de son mauvais rêve le jeune homme rejoignis la salle principale, son patron y était déjà, un livre d’épouvante à la main et une tasse de café à l’autre, il était tellement absorbé par sa lecture qu’il ne se rendit pas compte des quelques gouttes de café encore restées accrochées à sa moustache qui souillerait tôt ou tard son t-shirt. Noah se dirigea vers la porte, son sac à la main, attrapa ses chaussures sur le chemin, sortit sous le portique puis lança, un grand sourire aux lèvres :
« Adieu vieillard !
- Ouaip ciao petit, dit le vieillard sans lever les yeux de son ouvrage.
L’air était comme aspiré autour de Noah, ses cheveux bruns volaient dans tout les sens, la sensation d’être compressé à la taille d’un atome, prêt à exploser revint, accompagnée des picotements et des papillons au ventre. Enfin Noah disparu dans une tempête d’air qui fit virevolter les lampes à huiles accrochées au poteau et danser la paille au pied des escaliers puis plus rien. Tout était calme, et le garçon avait disparu. Le vieillard fit tomber son livre mais eu la présence d’esprit de poser son café avant de s’étonner :
- Qu’est ce…Nom de Dieu ! »
Il ne revit plus jamais le jeune homme, repensant à lui au détour d’un café ou d’un donut, lorsque les passants lui racontaient leurs voyages et leurs histoires, et bien sûr lorsqu’il nettoyait le portique, lorsque le balai passait sur la petite trace de brûlure là où on aurait dit que le gamin avait brûlé sur place…Pouf ! Mais ce n’était pas possible. Il avait tout prévu, il avait emmené son sac, ses chaussures… le vieillard arrêtait alors de nettoyer, se posait généralement sur le banc, là dehors, une lucky au bec les yeux fermés, il essayait de comprendre.
II
20 DECEMBRE
DEVANT UN STAND D’HOTDOG
NEW YORK
L’homme commanda un hotdog, lorsque le vendeur lui demanda quelle sauce il souhaitait, le verdict tomba :
« Ketchup s’il-vous plait, dit l’homme.
- Pas de problème ! lui répondit le vendeur, tout en appliquant une généreuse couche de tomato ketchup sur la saucisse.
- Yes ! pensa Noah »
Cela faisait quelques mois déjà que Noah était à New York, quelle fabuleuse ville, la population était partout, il pouvait s’y exercer tout les jours, puis se fondre dans la masse sans être remarqué. Et voilà qu’après deux tentatives il réussissait à contrôler le choix des personnes qui se présentaient au stand d’hotdogs. Il avait fait des progrès et il le savait, bientôt il pensait pouvoir contrôler parfaitement le monde autour de lui. Cela faisait plusieurs heures qu’il attendait là, sous la pluie et il sombrait lentement vers le pays des merveilles, même si de temps à autre une goutte d’eau lui chatouillait le nez et le tenait éveillé.
« Eh toi là, fait gaffe ! Un businessman s’adressa à lui énervé.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il…
- Tu fous quoi en plein milieu du chemin là, à cause de toi j’ai renversé du café sur mon smartphone ! Tu va me le payer ça ! cria-il en faisant mine d’attraper le manteau du jeune homme.
- Je n’ai pas d’argent pour vous payer ! Lâchez-moi ! »
Noah se débattit, puis réussit s’échapper de l’étreinte de l’homme, il se rua alors dans la foule, et courut comme il le pu tout en écartant les passants sur le trottoir jusqu’à ce que l’un d’eux, mécontent du geste du fuyard, l’envoya bouler sur la chaussée mouillée.
Noah se retrouva alors par terre sur la route, il n’eu que le temps d’entendre le crissement de pneu en se relevant, et de voir le visage du conducteur qui fonçait à toute allure sur lui avec sa chevrolet. La situation était plutôt critique se dit-il, lui d’un côté, un jeune homme d’une taille acceptable (1m76), les cheveux bruns au vent et les habits salis par le goudron et en face une chevrolet de 1967 conduite certes par un gringalet pas très brillant au premier abord, mais cela importait peu quand celui-ci se ruait vers vous à toute vitesse avec un engin de quelques tonnes. Ça lui rappelait les westerns d’antan, qu’il regardait parfois à la télé, ceux de Sergio Leone où l’on arrivait toujours tôt ou tard à la confrontation finale, d’un côté il y avait le salop de l‘histoire, généralement un brigand quelconque la clope au bec et le pistolet dégainé, et de l’autre il y avait le flic bienveillant, impossible à arrêter ou éviter, comme la justice implacable.
Quelques secondes pour réagir, seulement quelques secondes, et pourtant le choix était cornélien, soit il se laissait mourir, là, en plein milieu de New York soit il faisait tout pour vivre, mais le prix à payer ne serait pas des moindres, et il le comprit au moment où il se décida.
Tout alla très vite, un regard au gringalet qui lui fonçait dessus dans sa caisse, l’impression de vide, les picotements, la sensation de son âme qui le quitte quelques instants. Tout ce qui suivit était flou dans la mémoire de Noah, la voiture culbuta sur le côté pour l’éviter, puis fît un, deux, trois tonneaux et s’écrasa à sa droite. La personne qui le poursuivait en criant s’était arrêtée, bouche-bée sur le trottoir. Avant d’avoir pu observer l’étendue des dégâts Noah tomba dans les pommes, tête la première, avec pour seule vision l’éclairage des flammes de la voiture sur le goudron mouillé sous la pluie et les quelques débris de la chevrolet qui virevoltaient autour de lui.