Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Thirsty le 30 Décembre 2013 à 18:24:06
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Le grand méchant loup.
Avant cela il ne m'avait jamais fait peur, j'aimais me trouver sur ses genoux et jouer avec sa moustache grise toute recourbée, ça lui donnait un petit air d'aristocrate un peu farouche. Plus d'une fois son rire avait entraîné le mien, on nous avait toujours qualifié de "complices" pendant les grands repas de famille où tout le monde y allait de son petit commentaire sur un tel ou un tel. Je pense que c'était comme une coutume chez nous. Mais, c'est vrai, depuis mon plus jeune âge, celui où j'ai commencé à avoir ma propre opinion sur mon entourage, où j'ai commencé à me confier, me promener avec lui plutôt qu'avec elle. Il était protecteur envers moi, j'étais en sécurité. J'aimais parler de lui, faire un éloge de la personne si douce et attachante qu'il était. J'aurais aimé que tout cela continue et que rien ne change. Je ne me souviens plus quand tout a basculé, que notre relation a changé, ni même pourquoi. Elle est devenue malsaine et perverse. Je ne voulais pas ça. Je ne pouvais rien dire, à personne. Je devais me taire pour ne pas faire voler en éclat cette image que les gens avaient de nous, elle était si parfaite, si utopique pour le plus grand nombre. La nuit, le jour, aussi souvent qu'il le pouvait, je subissais. Petit à petit je me suis terrée dans un mutisme permanent qui sonnait comme mon halo de paix, mon refuge. Un jour je partis, laissant tout derrière moi, brisant ce lien qui nous unissait, tentant de me reconstruire, seule, l'esprit déphasé.
Et maintenant, je me souviens encore de certains bruits ou même odeurs, ce que je n'ai jamais réussi à oublier et à effacer de cette partie de ma mémoire qui garde ce que mes sens lui renvoient. Parfois, en pleine nuit, je suis prise de panique comme si je l'entendait arriver et se jucher devant moi, tel un maître voulant dominer son esclave. Car oui, je n'étais rien d'autre que cela, une personne simplement capable d'assouvir les besoins, envies et demandes d'un homme qui m'étais de loin supérieur. Et pourtant, il aurait dû rester dans son rôle de père.
Second texte que l'on pourrait apparenter à celui-ci : Le début de la fin (1) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,10958.msg197028.html#msg197028)
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Mon dieu , j'en ai des frissons , et cette "chute" enfin , on comprends de qui tu parles . J'adore . Le début semblait être si gai puis tout retombe . Un peu glauque mais ca me plait . A quand le prochain ? Je sens que si tu te mets en permanence dans la peau de ton personnage comme là , tes écris vont vraiment me plaire! :)
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Ben je suis vraiment contente que ça te plaise et que tu ressentes les choses, enfin ce que j'ai voulu faire passer comme émotion.
Un peu glauque mais ca me plait . A quand le prochain ?
Je n'aime pas écrire de choses joyeuses, ou du moins ce sera seulement que quelques passages, pas un texte entier.. donc oui, c'est un peu glauque. Le prochain ? Quand je l'aurai écrit..
Mais merci en tout cas ! :-[
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cela continu
continue
Un jour je partie
je suis partie / je partis
cette partie de ma mémoire qui garde ce que mes sens lui renvoient
Un peu lourd
se prostrer devant moi, tel un maître voulant dominer son esclave.
Par définition, se prostrer c'est plutôt l'inverse.
Je sais pas pourquoi, j'étais persuadée que c'était plutôt son oncle, ou quelqu'un qu'elle voyait pas tous les jours, bien que ça change rien au glauque de l'affaire. C'est pas mal écrit mais j'ai pas accroché plus que ça.
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D'accord et merci pour ce commentaire, je vais y ajouter tes corrections!
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(je me demande si c'est pas plus glauque cette mention "pas autobio")
Mais, c'est vrai, depuis mon plus jeune âge, celui où j'ai commencé à avoir ma propre opinion sur mon entourage, que j'ai commencé à me confier,
celui où j'ai commencé à me confier (la structure initiale c'est "celui où" et non "que")
J'aimais parler de lui, faire une éloge de son portrait si doux et attachant, j'aurais aimé que tout cela continue et que rien ne change.
un éloge
c'est pas déjà bizarre pour un gamin de faire l'éloge d'un portrait ?
Je ne me souviens plus quand tout à basculé, que notre relation à changé, ni même pourquoi.
:vaurien:
a basculé / a changé
elle était si parfaite, si utopique pour le plus grand nombre.
bof pour utopique
une relation en bons termes, affectueuse, entre père et fils, ça n'a rien d'utopique...c'est censé être une base.
comme si je l'entendait arriver et se prostrer devant moi, tel un maître voulant dominer son esclave.
euh c'est plus l'esclave qui "se prostre" devant le maître...
Bon, le thème est glauque. Mais c'est pas pour ça que je n'ai pas vraiment accroché. J'ai pas beaucoup accroché parce que je trouve que tu ne vas pas assez loin. Je trouve ça trop court ou trop long pour un tel thème, pour évoquer une situation aussi complexe et difficile. C'est un thème très ardu auquel tu t'attaques et je trouve que ce thème mérite que tu t'y attaches plus. La situation "utopique" du début, tu ne l'esquisses pas, on ne la voit pas, on est tout de suite dans le côté sombre, du coup, je trouve qu'il manque un peu de suspense ou de revirement dans ton texte.
J'ai aussi du mal à accrocher parce qu'on ne sait rien du personnage. Et ce n'est pas une question de physique ou de prénom. C'est juste que ta narratrice, je ne vois pas bien à qui elle parle et pourquoi elle le fait. C'est ça qui me manque dans ton texte en fait : un cadre. Tel quel, j'ai du mal à voir un texte complet qui a un sens à être mis là tout seul. Tu parles d'inceste mais tu ne donnes aucun cadre narratif à cet inceste. Pourquoi nous le raconter à la première personne ? pourquoi un tel titre (méga cynique) ? à qui la narratrice raconte ça ? Tu vois, ton texte pose beaucoup de questions narratives dont les réponses manquent, je trouve.
Bref, pour moi, s'il y a quelque chose que tu peux retravailler, c'est le pourquoi narratif de ce texte.
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Je me choque moi même d'avoir fait de telles fautes et de ne pas les avoir remarqué! Merci !
Je pense que ce texte on pourrait le qualifier de prologue ou d'avant première nouvelle ( je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire ), car oui, le deuxième texte ( Le début de la fin (1) ) que j'ai posté pourrait être une suite à celui ci. ( Je devrais sûrement le mentionner... ), après certes le personnage reste le même mais la narration change de point de vue. Enfin, oui il y a des choses à modifier, je le sais, mais je pense que je ferai ça quand j'aurai plusieurs nouvelles sur ce personnages qui pourront créer une histoire à elles seules.
Voilà, et merci pour ce commentaire constructif! ::)
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Je suis plutôt d'accord avec Ernya mais je ne trouve pas la mention non autobiographique dérangeante, c'est toujours délicat de commenter ce genre de texte lorsqu'il y a un doute. Le problème c'est qu'en le mettant dans le titre j'étais certaine que ton texte parlerais d'inceste avant même de l'avoir commencé. Peut-être plutôt une note à la fin?
Pour la "chute" est-ce que tu recherches vraiment à produire un effet de surprise ? Si oui, il me semble qu'il y a trop d'indices dans le texte, j'avais déjà compris qui était le "il" avant la moitié. Si non, tu peux te permettre de donner plus de détails. J'ai été frustrée par cette phrase " Elle est devenue malsaine et perverse". J'aurais aimé que le récit soit plus ancré dans quelque chose. Par exemple en racontant à quelle moment (avant de déjeuner, alors qu'elle lisait dans son lit...) elle avait peur/ elle subissait.
certains bruits ou même odeur,
"s" en fuite !
Désolée, c'est pas un commentaire très positif car j'ai pas trop compris où tu voulais en venir. J'irais lire le début de la fin, ça me permettra peut-être de plus apprécier.
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Ah mais ne t'inquiètes pas, je ne m'attends aucunement à recevoir que des commentaires positifs, ce que je veux c'est qu'ils soient objectifs! Comme le tien! Et oui, je pense que si tu lisais mon autre texte tu comprendras mieux les choses. Pour ce qui est du père, non, je n'ai pas voulu en faire une chute, juste finir comme ça, en fait.
Et je pense que ce texte sera un supplément de toutes autres choses. A voir.
En tout cas merci pour ce commentaire et ton avis ! :)
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Salut.
J'ai bien accroché au début, mais je dois dire qu'après j'ai trouvé les mots parfois mal choisi, ce qui bloquait ma lecture, ou parfois avec une tournure maladroite. Après peut-être était-ce voulu d'employé des mots maladroits. Mais sinon dans l'ensemble, j'ai bien aimé.
Au plaisir de te lire :).
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Merci mais ça ne m'aide pas beaucoup là à vrai dire...