Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Malo_o le 28 Novembre 2013 à 19:47:38

Titre: Départ
Posté par: Malo_o le 28 Novembre 2013 à 19:47:38
Un long souffle glacé s'échappe de mes fines lèvres, créant un léger nuage de vapeur dans le froid mordant de l'hiver. Mes pas claquaient selon le va-et-viens des mes bottes de cuir, frappant d'une marche calme et assurée le dur trottoir verglacé et jonché des saletés parisiennes. Le froid caresse mon visage, s'inscimissant autour de mon corps sans pour autant me frigorifier, contribuant à ma plénitude. Le ciel hivernal, débarrassé de toute impureté, semblait comme placide de ce bleu sombre tirant sur le noir, annonciateur de la nuit. Les dernières lueurs du soleil ont disparues depuis longtemps, laissant place à la blafarde lumière blanchâtre de la Lune. Mon regard parcourent ces cieux purs, admirant l'éclat sombre et velouté que lui donnait l'éclat du satellite. Soupirant d'un air empathique, j'appréciais ce spectacle qui ne me lassait jamais.

Malgré l'heure tardive, à côté de moi coule une intense circulation, fluide et lumineuse, éclairant les quais de la Seine. Je n'y prête pas attention et continue ma marche silencieuse, le regard dirigé vers la voûte céleste, mes doigts s'agitant tous seuls dans l'air frais, jouant avec les battement de la brise qui souffle se soir là. Le vent s'intensifie graduellement, stoppant l'étrange ballet de mes doigts, et reportant ma concentration sur ce qui se trouve devant moi.  Une bourrasque, plus puissante que les autres, me fait plisser les yeux, cabrant mon corps contre le souffle qui me fait face. Ma main trouve alors le muret qui se profilait à côté de moi, et mon corps pivote brusquement, offrant sa face à la rive de la Seine. Les flots, plutôt agités ce soir, défilent face à moi, glissant furieusement sur le lit du fleuve parisien. Je reste quelque instant ici, le vent faisant virevolter mes longs cheveux blonds, mes doigts tapotant et voltigeants sur le rebord de pierre.

Les yeux clos, je repensait aux événements récents qui avaient déchiré ma vie. La bouche serrée, les paupières closes...

Il avait pris sa décision.
Et il ne reviendrait pas dessus.
Ne reviendra jamais...

Je me détourne de la rambarde et emprunte une volée de marche sombres qui se profilent discrètement derrière moi. Arrivée sur les quais, je me remet à marcher silencieusement, cette fois isolée, presque seule. A côté de moi se détache mes mini-bidonvilles qui se forment progressivement dans le remblais sous la chaussé, sous les grands ponts parisiens. Toute cette pauvreté, cette présence absente, presque oubliée, m'effraie terriblement. Lors de mon arrivée à la capitale, il y a maintenant une quinzaine d'années, ne se trouvaient ici aucune de ces constructions de bric et de broc, et-être quelques pauvres gens avec trois cartons et couvertures mangées au mites, mais rien de semblable à cette communauté qui envahit désormais les quais. 
Plutôt silencieuse à cette heure de la nuit, il résonne encore quelque bruits suspects et appels hélant ma personne, mais je les ignore courageusement et m'écarte prudemment des constructions précaires pour m'approcher du long bras de mer qui serpentait au mes côtés. Arrivée à la rive la plus proche, je me stoppe enfin, et m'accorde un long soupir. Un soupir qui, plus qu'un simple souffle, exhale toutes mes pensées, mes émotions qui résonnaient et s'entrechoquaient bruyamment et douloureusement dans ma tête depuis un certain temps.
Douloureusement... Oui, c'était vraiment ça qui prônait, la douleur, non-pas une insignifiante douleur physique mais une déchirure interne, une déchirure invisible, masquée, dissimulée sous des masques d'émotions aussi factices que trompeuses. Ces mots résonnent une nouvelle fois dans ma tête.

Il avait pris sa décision.
Et il ne reviendrait pas dessus.
Ne reviendra jamais...

Je secoue la tête, m'affale par terre, me retient de hurler pour annihiler cet écho déchirant qui sonne et vrille à mes oreilles. Je tente de  me reprendre, de faire cesser le tremblement de mes lèvres, de calmer cette tornade d'émotions et de sentiment qui me tourmente et me malmène.

Plusieurs long soupirs m’empêchent de laisser libre cours à ma fureur. Car de toute façon...

Moi aussi j'avais pris ma décision.
Et ne pouvait plus revenir dessus.

Je me redresse rapidement, la mine sévère, resserrant dignement mon manteau autour de mes épaules relevées. Je me détend une nouvelle fois, respire profondément... Je me sens vaciller, hésiter... Je ne contrôle plus grand chose mais...

Non...!
Non !!
Je n'imaginais pas qu'il serai aussi difficile...
Aussi difficile...

Je me mord la lèvre, frappe mon corps , meurtrit ce corps qui a tant souffert. Qui a tant éprouvé. La tempête de colère, de tristesse, de frustration, est devenue typhon infernal et fais valser mon âme meurtrie. J'abdique, j'abandonne, je cède à tous les caprices de mon esprit. Je perd toute dignité et m'effondre lamentablement, les larmes ruisselant et perlant sur mes joues, ruisseau devenu fleuve se mêlant aux eaux tourmentées qui coulent au-dessous de moi.  Je hurle, je hurle au désespoir. je laisse libre cours à ce qui me tord les tripes, qui a détruit le peu qui restait de moi. Mes cris se perdent dans les limbes de l'air pur et froid, cris intarissables dirigés contre le néant, cris exhalant peur, douleur, tristesse... Je rampe tant bien que mal, me traînant lamentablement vers les eaux sales que je surplombe. Peinant, vacillant, je me relève tristement et observe durant de longues minutes les flots sombres et agités charriant déchets et autres amitiés des parisiens, faisant perdre toute pureté et sa majestueuseté au puissant fleuve.

Moi aussi j'avais pris ma décision.
Et moi non plus ne reviendrait pas dessus.
Mais...
Je ne pensait pas qu'il serait aussi difficile...
Aussi difficile de mourir...

Mes yeux s’écarquillent, ma mâchoire tombe. Le choc m'a atteint à une puissance drastique. Mourir... Je réalise alors ma bassesse. Mourir... Jamais lors de ce projet je n'avais affronté en face ce mot, mot de toute une vie. Et c'est seulement maintenant que je réalisais que jamais je n'aurai été capable d'accomplir ça. Alors que je ne pensais qu'a ce qui allais disparaître, alors que je ne pensais qu'a ce qui allait ce passer, je n'avais jamais pensé à ce que je quittait. La vie...

Un couple, un amour, une histoire, tous cela peut-être reconstruit aisément. Mais cette foutue vie, elle, ne s'ôtait pas à la légère !! Si je suis ici, ce soir, sur la Seine ou autre part, à Paris ou à Bagdad, c'est parce que je suis en vie. Et alors que je me redresse lentement, je me remet à hurler, mais cette fois de joie, cette fois de bonheur, cette fois de cette indéfectible sensation d'être en vie. Et alors que, souillée, meurtrie, je me relevait, mes cris s'élevaient librement dans le ciel sombre et pur, s'envolant vers un futur aussi noir qu'incertain, mais vers un destin, vers une vie !! Et je remerciais le courage et lâcheté, je remerciais l'attention et la brutalité, je remerciais la sagesse et la cruauté, je remerciais le monde.

Le monde lui-même.
Titre: Re : Départ
Posté par: nanomag le 05 Décembre 2013 à 19:45:50
Salut,

Ce n'est que mon 2eme commentaire de texte... si je m'exprime mal, n'hésitez pas

C'est un très beau texte qui se lit facilement. Le premier paragraphe est très bien écrit, j'ai eu froid moi aussi en le lisant :)
Je ne connais pas vraiment Paris, j'ai eu un peu de mal à m'imaginer la scène du 2eme paragraphe
"Je reste quelque instant ici," j'aurais mis des S, quelques instants non ?
L'idée du suicide du personnage m'est rapidement venu à l'esprit, avant que ce soit explicite, mais le retournement de situation de la fin me laisse un peu sur ma faim, j'ai pas saisi ce qui l'avait fait changé d'avis, c'est pas assez marquant, selon moi...

Les sentiments sont très bien décrits, on ressent vraiment la tristesse et le désespoir du personnage
Titre: Re : Départ
Posté par: Musyne le 15 Décembre 2013 à 10:46:46
Bonjour Captain,

J'ai relevé différentes fautes, maladresses dans le spoiler.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


De façon générale, j'ai eu du mal à accrocher ton texte, d'abord parce que tu alternes verbes au présent et verbes au passé, c'est perturbant. Par exemple :
"Je reste quelque instant ici, le vent faisant virevolter mes longs cheveux blonds, mes doigts tapotant et voltigeants sur le rebord de pierre.
Les yeux clos, je repensait aux événements récents "
Il faut choisir entre l'un et l'autre.

Ensuite, je trouve que tu en fais trop, ça donne un style parfois ampoulé, exagéré. On a l'impression que tu as voulu "faire du littéraire". Je pense que ton histoire gagnerait à être simplifiée par moments : moins d'adjectifs, moins d'appositions qui alourdissent le tout et parfois même desservent ton objectif . Exemple : "Je me mord la lèvre, frappe mon corps , meurtrit ce corps qui a tant souffert. Qui a tant éprouvé." J'ai du mal à visualiser le personnage qui se tape dessus, je sais pas, c'est trop.
Certains passages sont plus jolis : "Toute cette pauvreté, cette présence absente, presque oubliée, m'effraie terriblement. "

Du coup, tu en as tellement fait pour décrire le désespoir du personnage (qui va jusqu'à se rouler au sol) que c'est très surprenant de le voir changer d'avis subitement - ce d'autant que là encore, l'expression de la joie est démesurée (" mes cris s'élevaient librement dans le ciel sombre et pur, s'envolant vers un futur aussi noir qu'incertain, mais vers un destin, vers une vie !!"). Oh d'ailleurs, évite les double points d'exclamation.

Je pense qu'il faudrait aller vers quelque chose de plus simple. J'espère ne pas paraître trop dure  :/
Peut-être apprécierai-je davantage un autre texte :)
Titre: Re : Départ
Posté par: Anlor le 15 Décembre 2013 à 10:50:35
Bonjour bonjour !
Je passais et j'ai vu que tu n'avais qu'un seul commentaire... alors allons-y, pour un deuxième.

Dans le détail :
Un long souffle glacé s'échappe de mes fines lèvres, créant un léger nuage de vapeur dans le froid mordant de l'hiver. Mes pas claquaient selon le va-et-viens des mes bottes de cuir, frappant d'une marche calme et assurée le dur trottoir verglacé et jonché des saletés parisiennes.
Faut se décider, tu peux pas nous mettre du présent dans la première phrase, un coup d'imparfait et repasser au présent. Choisis sinon ton lecteur est tout perdu.
Pour le reste, fais plus simple. Là on a l'impression que tu as cherché un adjectif pour chaque mot et le résultat est très lourd, particulièrement dans la deuxième phrase. Parce qu'en soi, l'idée c'est "mes pas claquent sur le sol". On est pas obligé de savoir tous ces détails. Ou du moins pas tous d'un coup.

  Le froid caresse mon visage, s'inscimissant autour de mon corps sans pour autant me frigorifier, contribuant à ma plénitude.
s’immisçant ? (ça existe pas s'inscimissant)
pareil, fais simple

Le ciel hivernal, débarrassé de toute impureté, semblait comme placide de ce bleu sombre tirant sur le noir, annonciateur de la nuit.
imparfait inopiné !
placide de ce bleu ? Euh, il manque une virgule ?


Les dernières lueurs du soleil ont disparues depuis longtemps, laissant place à la blafarde lumière blanchâtre de la Lune.
blafarde/blanchâtre, y en a au moins un de trop

Mon regard parcourent ces cieux purs, admirant l'éclat sombre et velouté que lui donnait l'éclat du satellite.
parcourt
lui ? leur plutôt, non ?
donne
trooooop d'adjectifs, c'est lourd

Soupirant d'un air empathique, j'appréciais ce spectacle qui ne me lassait jamais.
empathie de quoi ? D'où elle sort l'empathie ?  :-\
décide-toi entre le présent et le passé

Le vent s'intensifie graduellement, stoppant l'étrange ballet de mes doigts, et reportant ma concentration sur ce qui se trouve devant moi.
il va falloir se modéré sur les participes aussi

Les flots, plutôt agités ce soir, défilent face à moi, glissant furieusement sur le lit du fleuve parisien.
le parisien n'est pas nécessaire, je pense

Je reste quelque instant ici, le vent faisant virevolter mes longs cheveux blonds, mes doigts tapotant et voltigeants sur le rebord de pierre.
quelques instants
des doigts qui voltigent dans le vent ? elle est sacrément laxe des mains, ton héroïne  :D

Les yeux clos, je repensait aux événements récents qui avaient déchiré ma vie. La bouche serrée, les paupières closes...
imparfait inopinééé
Bon, c'est pas très choquant ici mais évite d'utiliser les "..." comme "fin dramatique et spirituelle" de tes phrases. Le chat est parti... Ce soir...

Je me détourne de la rambarde et emprunte une volée de marche sombres qui se profilent discrètement derrière moi.
je... je suis toute perdue dans la spatialisation là  :-\ pourquoi derrière ?

Arrivée sur les quais, je me remet à marcher silencieusement, cette fois isolée, presque seule.
remets

A côté de moi se détache mes mini-bidonvilles qui se forment progressivement dans le remblais sous la chaussé, sous les grands ponts parisiens.
se détachent
ben, soit ils se détachent, soit ils se forment progressivement, non ?
à moins que que tu parles du fait qu'on en voit de plus en plus, dans ce cas il faudrait peut-être un "se sont formé progressivement"

et-être quelques pauvres gens avec trois cartons et couvertures mangées au mites, mais rien de semblable à cette communauté qui envahit désormais les quais. 
peut-être

Plutôt silencieuse à cette heure de la nuit, il résonne encore quelque bruits suspects et appels hélant ma personne, mais je les ignore courageusement et m'écarte prudemment des constructions précaires pour m'approcher du long bras de mer qui serpentait au mes côtés.
qui est silencieuse ?
"hélant ma personne", mouais bof, hein
"bras de mer", euh, ça me parait chelou de parler de la Seine comme ça

Arrivée à la rive la plus proche, je me stoppe enfin, et m'accorde un long soupir.
mais, elle est déjà sur la rive  :-\ peut-être dire qu'elle remonte sur le trottoir, ou autre expression plus jolie

 
Un soupir qui, plus qu'un simple souffle, exhale toutes mes pensées, mes émotions qui résonnaient et s'entrechoquaient bruyamment et douloureusement dans ma tête depuis un certain temps.
ces émotions ? (je sais pas, le mes sonne bizarrement avec la proposition après)

Douloureusement... Oui, c'était vraiment ça qui prônait, la douleur, non-pas une insignifiante douleur physique mais une déchirure interne, une déchirure invisible, masquée, dissimulée sous des masques d'émotions aussi factices que trompeuses. Ces mots résonnent une nouvelle fois dans ma tête.
passé/présent, toujours

Je secoue la tête, m'affale par terre, me retient de hurler pour annihiler cet écho déchirant qui sonne et vrille à mes oreilles.
retiens
à la première lecture, j'avais butté sur le "annihiler" que je trouvais trop élevé, là ça va mieux mais je crois que tu pourrais essayer de trouver une autre formulation

Je tente de  me reprendre, de faire cesser le tremblement de mes lèvres, de calmer cette tornade d'émotions et de sentiment qui me tourmente et me malmène.
sentiments

Moi aussi j'avais pris ma décision.
Et ne pouvait plus revenir dessus.
pourquoi l'imparfait ?

Je me détend une nouvelle fois, respire profondément...
détends

Non...!
Non !!
Je n'imaginais pas qu'il serai aussi difficile...
Aussi difficile...
mollo sur la ponctuation, là, tu décrédibilises toute le dramatique de ta scène. Un point d'exclamation suffit, pas la peine de mettre des petits points à toutes les phrases. Le lecteur n'est pas bête, il sait mettre le ton comme un grand  ^^

Je me mord la lèvre, frappe mon corps , meurtrit ce corps qui a tant souffert.
mords
j'aime beaucoup cette scène

La tempête de colère, de tristesse, de frustration, est devenue typhon infernal et fais valser mon âme meurtrie. J'abdique, j'abandonne, je cède à tous les caprices de mon esprit. Je perd toute dignité et m'effondre lamentablement, les larmes ruisselant et perlant sur mes joues, ruisseau devenu fleuve se mêlant aux eaux tourmentées qui coulent au-dessous de moi.  Je hurle, je hurle au désespoir. je laisse libre cours à ce qui me tord les tripes, qui a détruit le peu qui restait de moi. Mes cris se perdent dans les limbes de l'air pur et froid, cris intarissables dirigés contre le néant, cris exhalant peur, douleur, tristesse... Je rampe tant bien que mal, me traînant lamentablement vers les eaux sales que je surplombe.
je pense qu'il y aurait des trucs à redire, mais j'aime vraiment beaucoup  ^^

Peinant, vacillant, je me relève tristement et observe durant de longues minutes les flots sombres et agités charriant déchets et autres amitiés des parisiens, faisant perdre toute pureté et sa majestueuseté au puissant fleuve.
euh, majesté, tout simplement  :D
dommage cette dernière phrase un peu trop lourde

Mais...
Je ne pensait pas qu'il serait aussi difficile...
Aussi difficile de mourir...
ça fait... quand même... beaucoup de points...

Mes yeux s’écarquillent, ma mâchoire tombe.
euh, j'ai l'image du loup de Tex Avery, je crois pas que ce soit le but  :mrgreen:
 
Le choc m'a atteint à une puissance drastique.
ça me paraissait bizarre, drastique, dans ce contexte, du coup je suis allée chercher sur le site du CNRTL (http://www.cnrtl.fr/definition/academie9/drastique) et voilà la définition du dico de l'académie, 9ème édition :
Citer
1. Se dit d'un remède très énergique et, plus particulièrement, d'un laxatif brutal. Un purgatif drastique.
2. Très rigoureux, très contraignant. Un règlement drastique. Prendre des mesures drastiques contre la spéculation.
donc non, il est pas drastique, le choc

Un couple, un amour, une histoire, tous cela peut-être reconstruit aisément. Mais cette foutue vie, elle, ne s'ôtait pas à la légère !!
tout cela
un seul point d'exclamation

  Et alors que, souillée, meurtrie, je me relevait, mes cris s'élevaient librement dans le ciel sombre et pur, s'envolant vers un futur aussi noir qu'incertain, mais vers un destin, vers une vie !!
imparfait inopiné
double exclamation

Pas dans l'détail :
Alors, y a de bonnes trouvailles dans ton texte, particulièrement le passage du "presque passage à l'acte" que je trouve joliment réussi. Pour le reste, comme je l'ai souligné dans mes commentaires, attention aux lourdeurs : multiplication des adjectifs et des participes présents, surtout. Tu n'as pas besoin de tout ça pour donner un ton grave à ton texte. Parfois, un peu de simplicité, ça rend les textes plus profonds, plus intenses, on va directement aux sentiments sans passer par toutes ces fioritures.
Deuxième gros point à améliorer : les temps. Choisis entre le passé et le présent pour ta narration, tu ne peux pas balancer entre les deux pendant tout ton texte comme ça.
Et le troisième : je trouve le revirement de situation très brutal. On a l'impression que d'un coup, le ciel s'illumine, qu'il y a un grand arc-en-ciel et que, accompagné par tout une chorale de licornes, Grégory Lemarchal hurle "Je suis en viiiiiie (http://www.youtube.com/watch?v=qHeNzQdC3Ws)" en prenant ton héroïne par la main. J'exagère mais tu dois pouvoir amener ça de manière un peu plus nuancée, je pense.

Voilà voilà, en résumé, pas mal de choses à améliorer, mais de bons passages aussi, et je pense qu'avec un peu de travail, tu devrais pouvoir arriver à quelque chose de vraiment chouette !

Au plaisir !

EDIT : Musyne a posté entre temps mais globalement, je dis la même chose qu'elle :mrgreen:
Titre: Re : Départ
Posté par: Zacharielle le 15 Décembre 2013 à 11:05:00
Hello Cap'tain ! Me semble que je ne t'ai pas souhaité la bienvenue ?
Eh bien je me rattrape maintenant : bienvenue sur le forum !
Je vois que ton texte n'a eu qu'un seul commentaire* donc je vais y aller de mon petit grain de sel.


Citer
Un long souffle glacé s'échappe de mes fines lèvres, créant un léger nuage de vapeur dans le froid mordant de l'hiver.
Ca fait beaucoup d'adjectifs ! C'est important d'avoir une première phrase qui ait du rythme. Laisse souffler le lecteur. Je te suggère d'enlever ceux qui sont en pourpre dans la citation.

Citer
Mes pas claquaient selon le va-et-viens des mes bottes de cuir
va-et-vient
des bottes de cuir en soi, ne claquent pas, c'est plus le talon, non ? Et puis "va-et-vient" ça fait comme si ton personnage faisait un moon walk.

Citer
frappant d'une marche calme et assurée le dur trottoir verglacé et jonché des saletés parisiennes.
Pareil, faut élaguer ici. Trop d’adjectifs.
C'est marrant vu la description je m'attendais à de la fantasy mais voilà Paris ^^

Citer
Le froid caresse mon visage, s'inscimissant
Il a l'air de faire vraiment très froid (il est "mordant" tu dis au début). Comment le froid peut-il être mordant un temps et caressant celui d'après ? Attention à respecter le point de vue que tu as adopté.
Joli néologisme, s'inscimissant ! C'est volontaire ou bien tu as voulu dire "s'insinuant" ou "s’immisçant" ?

Citer
Le ciel hivernal, débarrassé de toute impureté, semblait comme placide de ce bleu sombre tirant sur le noir, annonciateur de la nuit.
"placide de ce bleu" ça ne veut rien dire. Tu peux mettre une virgule après placide, ce sera déjà mieux je pense.

Citer
Les dernières lueurs du soleil ont disparues depuis longtemps

disparu

Citer
laissant place à la blafarde lumière blanchâtre de la Lune.
blafarde ou blanchâtre, il faut choisir.

Citer
Mon regard parcourent ces cieux purs
attention le reste de ton récit est au passé

 
Citer
admirant l'éclat sombre et velouté que lui donnait l'éclat du satellite

deux fois éclat

Citer
Soupirant d'un air empathique
euh ça veut dire quoi ?



Citer
Malgré l'heure tardive, à côté de moi coule une intense circulation, fluide et lumineuse
bof l'inversion. "une intense circulation s'écoule le long des quais de Seine" ?

Citer
le regard dirigé vers la voûte céleste
hm heureusement qu'il y a la lune sinon elle n'est pas très intéressante la voûte céleste au-dessus de Paris
il va finir par se prendre une bagnole dans les dents ton personnage s'il continue de regarder en l'air

Citer
mes doigts s'agitant tous seuls dans l'air frais
hm il fait froid ou frais ? ^^

Citer
Une bourrasque, plus puissante que les autres, me fait plisser les yeux, cabrant mon corps contre le souffle qui me fait face.
ah oui quand même !

Citer
Ma main trouve alors le muret qui se profilait à côté de moi, et mon corps pivote brusquement, offrant sa face à la rive de la Seine.
On dirait que son corps ne lui appartient pas. Tu peux pas dire ça de façon plus incarnée ? "Je tâtonne jusqu'à trouver le muret qui courait à côté de moi et une fois que je l'ai sous la main, je me tourne brusquement vers la Seine." ?
Il est très théâtral ton personnage.

Citer
Les flots, plutôt agités ce soir, défilent face à moi
en plus là ça fait deux fois face

Citer
Je reste quelque instant ici, le vent faisant virevolter mes longs cheveux blonds
il ne doit pas voir grand chose

Citer
Les yeux clos, je repensait aux événements récents qui avaient déchiré ma vie. La bouche serrée, les paupières closes...
repensais

Citer
Arrivée sur les quais, je me remet à marcher silencieusement
remets
tiens dans ma tête c'était un mec

Citer
A côté de moi se détache mes mini-bidonvilles qui se forment progressivement dans le remblais sous la chaussé, sous les grands ponts parisiens.
détachent
"mes" mini-bidonvilles ?!

Citer
ne se trouvaient ici aucune de ces constructions de bric et de broc
tu peux utiliser le pronom "on", je pense que ça ferait moins guindé "on ne trouvait ici"...

Citer
Plutôt silencieuse à cette heure de la nuit, il résonne encore quelque bruits suspects
encore une inversion qui cette fois-ci est perturbante : c'est la communauté qui est silencieuse et ensuite "il résonne". Tu peux dire "quelques bruits suspects résonnent encore".
C'est quoi un bruit suspect ?

Citer
mais je les ignore courageusement et m'écarte prudemment
deux adverbes en si peu de temps, c'est un peu abusé. En plus je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de courageux à ignorer des appels

 
Citer
pour m'approcher du long bras de mer qui serpentait au mes côtés.
oui enfin ça serpente du point de vue d'un hélicoptère, pas d'un point de vue humain. Je ne comprends pas bien où elle est, je croyais qu'elle était sur les quais et qu'elle marchait déjà en bord de Seine...

Citer
Arrivée à la rive la plus proche, je me stoppe enfin
je m'arrête enfin

Citer
et m'accorde un long soupir
oui, ce personnage a vraiment des manières de théâtre
on ne se dit pas de manière consciente "bon eh bien maintenant, je vais m'autoriser un petit soupir."

Citer
Un soupir qui, plus qu'un simple souffle, exhale toutes mes pensées, mes émotions qui résonnaient et s'entrechoquaient bruyamment et douloureusement dans ma tête depuis un certain temps.
elle en a de la chance, si ça peut partir dans un souffle...

Citer
une déchirure invisible, masquée, dissimulée sous des masques d'émotions aussi factices que trompeuses.
deux fois masque

Citer
Je secoue la tête, m'affale par terre, me retient de hurler pour annihiler cet écho déchirant qui sonne et vrille à mes oreilles.
ah oui, quand même

Citer
Je tente de  me reprendre, de faire cesser le tremblement de mes lèvres, de calmer cette tornade d'émotions et de sentiment qui me tourmente et me malmène.

Tu sais, la débauche d'effet pour démontrer de la tristesse ou de l'émotion ça ne peut toucher le lecteur que s'il il sait, au moins en partie, ce qui lui troue le cœur. Là, sorti de son contexte, ça fait scène de mauvais cinéma, avec la vent et les sentiments en carton.

Citer
Je me redresse rapidement, la mine sévère, resserrant dignement mon manteau autour de mes épaules relevées.
enlève l'adverbe et "relevées", ça n'apporte rien.

Citer
Je me détend une nouvelle fois, respire profondément... Je me sens vaciller, hésiter... Je ne contrôle plus grand chose mais...
tu es au passé ou au présent ?

Le paragraphe où elle se tord de douleur sur le quai, j'ai du mal à y croire désolée. Est-ce qu'on pourrait avoir un point de vue intérieur ? Qu'est-ce qui lui fait aussi mal ? Donne-nous des flash, des indices. C'est facile de rester dehors à décrire, mais ça ne nous apporte rien. Va plus loin.

Citer
Je ne pensait pas qu'il serait aussi difficile...
Aussi difficile de mourir...
je me demandais quand est-ce que ça arriverait la mention du suicide

Citer
Mes yeux s’écarquillent, ma mâchoire tombe.
Tu ne dis pas ça quand tu parles de toi. "Je sens mes yeux s’écarquiller et ma mâchoire tomber" encore que ça sonne assez faux...

 
Citer
Alors que je ne pensais qu'a ce qui allais disparaître, alors que je ne pensais qu'a ce qui allait ce passer, je n'avais jamais pensé à ce que je quittait. La vie...
allait ; qu'à ; quittais
Euh cette pensée n'est absolument pas crédible  ><

Citer
Un couple, un amour, une histoire, tous cela peut-être reconstruit aisément. Mais cette foutue vie, elle, ne s'ôtait pas à la légère !! Si je suis ici, ce soir, sur la Seine ou autre part, à Paris ou à Bagdad, c'est parce que je suis en vie. Et alors que je me redresse lentement, je me remet à hurler, mais cette fois de joie, cette fois de bonheur, cette fois de cette indéfectible sensation d'être en vie. Et alors que, souillée, meurtrie, je me relevait, mes cris s'élevaient librement dans le ciel sombre et pur, s'envolant vers un futur aussi noir qu'incertain, mais vers un destin, vers une vie !! Et je remerciais le courage et lâcheté, je remerciais l'attention et la brutalité, je remerciais la sagesse et la cruauté, je remerciais le monde.
je ne comprends pas vraiment ton personnage. Ces allers-retours entre "la mort quel confort" et "mais la vie c'est chouette aussi" ça aurait dû la faire balancer depuis le début. Je ne comprends pas pourquoi elle n'y réfléchis pas davantage en se baladant le long de la Seine. Et puis l'association romantique "le temps est épouvantable, à l'image de mon cœur" c'est vu et revu. Non mais cette révélation, je la saisis vraiment pas : elle n'était même pas debout sur la rambarde à se dire "j'y vais j'y vais pas", pourquoi là tout à coup elle a cette révélation aussi dramatique (dans le sens théâtral) que pas crédible ?
pst : tu peux enlever les double point d'exclamation ;)



Je pense que ton texte, dans l'ensemble, manque de légèreté. Trop d'adjectifs, trop de mots forts (la Seine majestueuse, une bourrasque qui la cabre, mini-bidonville, un typhon émotionnel)... Selon moi, plus la charge émotionnelle est importante à faire sortir plus il faut faire attention à ne pas trop en faire, à rester léger. Pour faire une scène forte déjà il nous faut du contexte (à la fin tu lâches "couple" et "amour", mais ça arrive trop tard et ce n'est pas développé), ensuite il faut éviter de vouloir en mettre des tonnes, dans la description, dans l'attitude du personnage, dans ses mouvements curieux (pourquoi est-ce que ses doigts battaient l'air ?!) et creuser, creuser à l'intérieur. Je me fous de ses cheveux, de son souffle qui exhale toutes ses mauvaises pensées ou quelque chose comme ça. On ne veut pas de n'importe quelle nana qui se balade la nuit à Paris et qui a envie d'en finir, qui pleure toutes les larmes de son corps et qui ensuite crie de joie, on veut une histoire personnelle, des motivations, de la matière. Les larmes, c'est du bonus pour le spectacle.
Je ne sais pas si tu as envie de remanier ce texte, à moins avis beaucoup plus court il serait plus percutant ; mais sinon ces conseils valent de manière générale.

J'espère que tu n'as rien trouvé de blessant dans mes propos, je précise que c'est bien le texte que je critique et pas ta personne.

Au plaisir de te retrouver ailleurs sur le forum !




*mdr Anlor et Musyne ont eu la même idée que moi pour le GIBET... et ont été plus rapides !
Titre: Re : Départ
Posté par: Loïc le 15 Décembre 2013 à 12:05:12
Citer
laissant place à la blafarde lumière blanchâtre de la Lune.

Ca fait un peu too much, non ?

Ca m'a pas vraiment passionné. D'une manière générale, je trouve que tu en fais trop. Je ne saurais pas l'expliquer mieux, mais tu mets plein de mots sur des phrases qui pourraient (devraient) rester simple pour avoir plus d'impact et du coup je me suis perdu et j'ai lu sans trop de conviction.

Et du coup, pareil que mes prédécesseures.
Titre: Re : Départ
Posté par: Malo_o le 28 Décembre 2013 à 17:09:56
Bon, j'ai cru d'abord que mon texte avait été rapidement englouti par les autres nouvelles, mais finalement il a été commenté et à plusieurs reprises. Bon, je me suis fait littéralement massacré dans les coms mais je ne m'en offusque pas, ce n'est pas sur ce style que je mise en ce moment. x)
C'est vrai que pour le fond, surtout sur la fin, je ne me suis pas tellement creusé la tête, ce qui m'importait dans ce texte, c'était surtout la forme, mais malheureusement là aussi je me suis fait incendier T_T. Pour la lourdeur du texte, c'est vrai que j'en fait des tonnes, mais c'était un peu le but du texte ça a d'ailleurs plu à certain de mes lecteurs en-dehors ce texte. Ça faisait longtemps que je n'avait pas relu ce texte (je relis souvent mes textes courts, même après l'avoir posté, pour avoir une "impression extérieure" et accessoirement repérer quelque fautes qui m'aurait échappées) et de le relire cette fois, d'un œil neutre, m'a vraiment aidé... C'est vraiment parfois beaucoup, beaucoup trop...

J'ai lu avec assiduité tous vos commentaire, et je me suis dit que faire quelque correction ne rimerai pas à grand chose, je tenterai surement une réécriture de ce texte plus tard, suivant vos conseils, mes impressions, et d'autres avis extérieurs. Même si je suis désormais quasiment convaincu que c'est pas ça mon style.

Merci pour tous vos commentaires !!
Je reviendrais bientôt !!
(En disant bientôt, je n'oublis pas que tout est relatif bien sûr)