Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: EloiR le 26 Novembre 2013 à 09:00:36
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Sans revenir.
ET LES DOIGTS PARTOUT DANS LA CENDRE
Voilà l’incendie
Le volcan tout à fait brisé par la voix
Les ongles
La phalange épaisse de ton langage
D’être parti là-bas sans jamais vraiment en revenir
La langue dans la neige l’alcool et les accents trop rudes
Ton parlé
D’être parti là-bas
Et de dire maintenant
« d’être parti ici »
Et de mêler encore dans tes baisers
Ton sourire le froid et les rires imprudents frappés sur les mémoires
Tous nos muscles tagués
entre le béton
et la lave.
Ton langage volé à des poètes jamais reconnus ailleurs que très tard la nuit, l’alcool encore
jamais reconnus sinon que par des larmes et des cris – la rue –
et le soleil consumé de Berlin.
- J’ai trouvé c’est vrai sur un trottoir de Genève la même ride brûlante et fatiguée, surtout le rire plein de pavés et de sang qui ronge là-bas aussi les orages d’été. Mais qu’on me dise aujourd’hui que ma voix y a changé, qu’elle a pris un peu de cette peau très grise et très drôle à la fois, elle n’est pourtant resté qu’à Berlin parce qu’il y fait très froid, qu’elle y peut trembler comme il faut, comme toutes les autres, n’être
jamais reconnu. –
Ici il fait toujours tiède
Il y a ses yeux
décoiffés
insolents
Ses yeux peut-être.
Un morceau de Berlin
parti mordre Versailles les arbres et les cigarettes humides
Un morceau de rage exilé. Elle aussi a pris sa voix partout sur les murs – et les toits surtout – pour y laisser peindre ses brûlures.
Toi tu as gardé tout de ce langage passé sur le zinc et la lumière, la peinture et les fumées liquides du matin. Tu es revenue de Paris de grands coups de fusains sur le torse et tu as chanté longtemps de cette façon de mourir un peu que j’appréciais.
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Yo !
Bon, le commentaire sera pas ultra détaillé sur ce texte, je laisse ça à d'autres.
Je suis pas sûr d'avoir trop compris le sens du texte - en fait, je sais pas trop si je lis un poème à la mise en page étrange ou une écriture automatique. En tout cas, j'ai arrêté d'essayer de comprendre (comme quand je lis un poème) et je me suis laissé porté par le rythme et les images jusqu'à la fin.
Et du coup, ça marche plutôt pas mal. Y'a peut être un ou deux endroits où le rythme pourrait être affiné, peut-être, genre :
Le volcan tout à fait brisé par la voix
Le "tout à fait" me semble un peu de trop.
Mais bon, c'est un avis très subjectif. Du coup j'ai bien aimé l'ambiance qui se dégage, mais je laisse à d'autres plus doués que moi le soin de faire de vrais commentaires.
Voilà, merci pour la lecture !
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salut,
j'ai sincèrement aimé ce texte même si, comme je te l'ai fait remarqué la dernière fois, je le vois plus comme un poème
c'est mon préféré parmi ceux que j'ai lu de ta part, il y a une vraie atmosphère plus que dans les autres
la fin est vraiment très belle :)
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Ca se lit bien mais la lecture me laisse dubitative. Il y a des passages que j'aime bien, mais ça m'a laissé l'impression d'être bringuebalée de-ci de-là. A chaque fois que je me dis, bon j'ai compris ça, la phrase suivante vient tout massacrer. Après y a encore une fois un petit côté poème, ce qui me rend à ma facilité habituelle : ne pas pouvoir formuler un commentaire utile et constructif, juste dire que j'ai bien aimé.
J'ai bien aimé. :mrgreen: