Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 01:12:11

Titre: L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 01:12:11
[Ecrit pour l'AT sur l'inspiration par la musique (Kingdom of Heaven, Ibelin (http://www.deezer.com/#music/result/kingdom%20of%20heaven))] Oh là là ! Je trouve qu'il survole trop, il survole la beauté de l'Egypte et le sujet, il ne s'ancre pas, les mots ne se répercutent pas bien. Mon idée de départ me plaisait, me servir du contexte thébain me... remplissait d'allégresse xD
Eh ben je suis archi déçu. Mais je ne peux pas faire mieux, pas tout de suite en tout cas.

Bref :(

C'est pas histoire de chercher les consolations : le contexte me tenait à coeur et j'ai bien foiré le tableau. Et c'est un peu trop court. Bon.

> Version 3 ! (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1053.msg13424#msg13424) zappez la première ;)


L'ombre de Thèbes.



Tapie dans l’herbe haute, une femme pleure. Le vent ne harcèle pas ses voiles, qui tombent légers sur les épis. Au loin, sous les colonnades, quelqu’un pince les cordes d’une cithare. Le vent a faibli, s’est tu. La chaleur qui écrasait tantôt relâche son étreinte et bientôt se détourne. Là-bas, la silhouette ne bouge pas. Est-ce une dame ? Peut-être pleure-t-elle. On ne sait pas : les blés la cachent.

A l’extérieur du palais, c’est la vie qui murmure. Une voix gutturale s’élève dans la touffeur de l’air. Un fellah récite des prières en conduisant l’attelage ; au milieu des sycomores, les pêcheurs jettent leurs filets. Des vols d’ibis colorent l’horizon d’une brume rose : tout indique que les dieux sont apaisés. La crue est pour bientôt ; on attend le limon, on attend le moment où la terre viendra ensemencer la terre.

Le soleil finit sa course céleste. Tandis qu’il s’apprête à combattre les démons nocturnes, des sandales claquent sur la pierre. C’est l’ombre des blés qui sort du palais. Elle n’est plus vêtue de noir, un capuchon léger dissimule ses traits. Elle s’engage dans les ruelles. Croise un mendiant, lui lance une pièce d’argent. Déjà elle s’éloigne des beaux-quartiers et des rumeurs de fête ; l’ombre s’enfonce toujours plus dans les ruelles sales, furtive et assurée. Dans les faubourgs de Thèbes elle court sans bruit. La nuit s’est coulée dans le fleuve tranquille, elle inonde maintenant les rues. La silhouette s’arrête. Une porte s’entrebâille, elle s’y faufile.


Et la porte se referma sur toi, lecteur.

De cette rencontre, tu ne sus rien. Il fut question de peu de chose en vérité ; quelques mots échangés, un renseignement : une adresse. Est-il besoin d’en connaître davantage ? La silhouette drapée de sombre reparut bientôt dans la ruelle somnolente. On ne la vit pas rôder près des taudis de boue, cette nuit-là ; elle s’en retourna au palais, se glissa par une porte dérobée et se fondit dans la tâche monumentale d’ombre. Nul mal inconnu, nulle insidieuse gangrène ne viendrait ronger la cité de Pharaon, cette nuit-là. Il faudrait attendre la suivante.

Il y eut un soir, il y eut un matin, et la cité retrouva son éclat. Les premiers marchands installaient leurs échoppes face à l’horizon ruisselant d’or ; une fraîche brise courait sur le Nil, ridant l’eau calme, gonflant parfois la voile d’une felouque esseulée. Le palais s’éveillait à peine, sur le grès lumineux s’effilochait l’ombre. De la journée, pas un souvenir, sinon quelques libations et une forte odeur de poisson séché. Déjà ce fut le soir ; la vie lentement s’éteignit sur les berges de l’Orient.


Tout dort. A nouveau, l’ombre s’enfuit du palais, gagne les bas-fonds. Autre soir, autre adresse.


-       Tu es la concubine dont Medjès m’a parlé.

-  En effet je la suis. Et toi, es-tu celui auquel je pense ?

Il aurait dû faire preuve d’un respect tout particulier à son égard. Les miséreux ont du bon sens : se doutait-il de quelque chose ? Bien sûr. Une personne de son rang, ça ne court pas les rues.

-   Tu n’as pas une mine réjouie pour une épouse de Pharaon.

-   Ton métier, qui m’amène ici, n’est pas sujet à réjouissances.

-      Que veux-tu donc ? » Il semblait soucieux. « Pourquoi Medjès t’a-t-il donné mon adresse ? Je ne veux pas avoir de problème avec les gardes du palais.

-      Je souhaite solliciter ton art.

Ils s’en tinrent ensuite à des chuchotements. Puis l’homme ergota sur de menus détails ; le ton monta.

-  Qui es-tu, au juste ? Pourquoi me demander une telle chose ?

-       Ne pose pas de questions. Obéis-moi.

-       Et pourquoi ne veux-tu pas creuser un hypogée ? Ta sœur ne peut décemment pas être enterrée dans une nécropole !

-   Je le souhaite. Fossoyeur, ne fais pas d’histoires. J’appartiens à un monde, tu appartiens à un autre. Garde cette affaire pour toi, et les cloisons resteront étanches. Comprends-tu ?

-    Je ne sais pas. Si on venait à l’apprendre ?

-       Ma sœur est morte dans la souffrance et la misère, elle venait de ces rues, elle aussi. Prépare la fosse et je viendrai l’y enterrer. Comment avoir accès à la nécropole, à la nuit close ?

-        Je te ferai entrer.

-        J’aimerais y venir la nuit, de temps à autres, apporter des offrandes.

-     Que ne le fais-tu comme tout le monde, de jour !

-   Sortir d’un harem n’est pas chose aisée. Si j’ai fait l’effort de te rendre visite, cette nuit, c’est qu’il…

-       Bien, bien. Entendu. Ta sœur de lait aura toute la provende nécessaire pour son voyage occidental. Mais tu n’as pas le droit d’être ici ; dis-moi… monnayons un peu, veux-tu ?

La concubine avait relevé la tête. Dignement, elle céda au chantage du fossoyeur. Nourrir sa sœur dans l’au-delà semblait nécessiter quelque rétribution charnelle. Elle s’y plia.

-       Anubis conseille tes pas, ma belle…

-        Je te remercie, fossoyeur.

- Et n’oublie pas, le mot de passe change chaque semaine… si tu tiens à la vie éternelle de ta sœur, passe me voir.


Mais elle s’était évanouie dans les flaques d’ombre. En riant. Longtemps, les faubourgs gardèrent son éclat dissonant.

La nuit entendit les paroles du fossoyeur chuchotées à nouveau. Une douce quiétude berçait la nécropole. Le gardien laissa passer l’ombre.

Au matin, un petit attroupement se forma devant un taudis des bas-quartiers. Beaucoup tentèrent d’apercevoir le cadavre du fossoyeur, mais la plupart durent s’en tenir aux ragots : nu et saigné à blanc, disait-on.

Puis la mélopée journalière reprit ; il parvint ce jour-là des émissaires hittites, on n’en sut pas beaucoup plus. Le soir arrivant, les temples bruissaient encore d’activité : c’était la fête d’Opet qui se préparait. Puis, quand les ténèbres se furent installées dans la capitale des Deux-Terres, on entendit d’inquiétants ricanements, qui s’échappaient de temps à autres de la nécropole. Dans une fosse, dans quelque mausolée, quelqu’un ou quelque chose s’agitait. S’affairait sans relâche, frénétique et passionné. Bestial. C’était l’ombre furtive, la concubine endeuillée, c’était le succube du Nil qui épanchait sa voracité purpurine sur les froides dépouilles.



*
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: ernya le 16 mai 2008 à 01:31:35
Je l'ai lu deux fois ( la première sans musique, la seconde avec )

ben, moi, je trouve pas ça si mal
en plus ça passe bien avec la musique


le fait qu'on sache un peu plus tard qui est son interlocuteur est intéressant, ça éveille la curiosité du lecteur

par contre, c'est dommage de proposer des interventions du narrateur ( enfin surtout une) et de ne pas continuer ensuite, parce que ça fait alors un peu cheveu sur la soupe

- En effet je la suis. Et toi, es-tu celui auquel je pense ?
:-°
curieuse comme réplique...

sinon le seul reproche que j'aurais à te faire c'est que tu laisses du mystère ( c'est ton choix et ça passe quand même) mais en fait tu pourrais très bien continuer ce texte ( je sais pas comment) mais ça pourrait

ça me rappelle un peu la Nécro bien que ce soit pas le même cadre

en gros je suis d'accord avec ce que tu penses de ton texte, mais ça veut dire qu'il faut l'améliore, mais c'est quand même un texte bien ^^

Titre: Re : Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 01:35:07


Citer
sinon le seul reproche que j'aurais à te faire c'est que tu laisses du mystère ( c'est ton choix et ça passe quand même) mais en fait tu pourrais très bien continuer ce texte ( je sais pas comment) mais ça pourrait


dans quel sens je laisse du mystère ?

merci de cette rapidité de lecture, lol
ah, oui, peut-être que je devrais développer les interventions du narrateur... ^^
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: ernya le 16 mai 2008 à 01:41:45
la fin...
elle part en riant
puis l'autre est retrouvé mort, on voit le lien mais c'est... euh... brutale comme fin... pas à cause du meurtre, hein ? c'est juste que c'est un peu "expédié"
et la dernière phrase est... énigmatique
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 01:43:33


Bah oui mais la concubine n'est autre que le succube, elle n'avait pas de soeur à enterrer, juste quelques morts à violer :mrgreen:
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: ernya le 16 mai 2008 à 01:48:33
ça ne fait que confirmer ce que je dis...
ok ça permet de te justifier mais quand même, c'est énigmatique, ou si tu préfères c'est "trop facile comme fin"
mais c'est pas un reproche, c'est juste que tu peux encore développer :noange:
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 01:57:22

Ok. Sauf que mes efforts ne porteront que sur la manière d'amener la chute... si je change la chute elle-même, mieux vaut écrire un nouveau texte xD
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: Leia Tortoise le 16 mai 2008 à 10:21:56
Je viens de lire sans la musique, je relirai avec, ce soir.

Pour ce qui est de la chute, moi c'est la chute en elle-même que j'aime pas trop, déjà parce que "urgh" (<= glapissement d'horreur et de dégoût), ensuite parce que très vite j'y ai cru, à cette concubine éplorée mais décidée à tout pour la dignité de la dépouille de sa soeur... Mon imagination s'était envolée là-dessus ^^

A part ça, deux détails qui m'ont fait bizarre:
Citer
elle s’en retourna au palais, se glissa dans une porte dérobée
ça serait pas plutôt "par" une porte dérobée? (ou alors "à travers", si c'est un indice de la nature de succube)

Et
Citer
-   Tu n’as pas une mine réjouie pour une épouse de Pharaon.
Je n'y connais absolument rien, mais est-ce correct que l'épouse du pharaon soit une courtisane du harem au même titre que les autres, d'après l'impression que ça me donne?

Et sinon, justement, j'aime beaucoup ce décor égyptien  ^^
Titre: Re : L'ombre de Thèbes.
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 14:25:05

J'suis content que le décor te plaise ;)

Ah. En même temps, si tu y as cru et que la chute t'a arraché un "urgh", j'ai gagné mon pari :mrgreen:

Si, bien sûr >< c'est "par", j'ai cherché vingt mille ans la préposition, sans la trouver :-°

Est-ce que j'ai mis courtisane quelque part ? Si oui, c'est une erreur. Par contre, si je me souviens bien, dans le palais de Pharaon il y avait une sorte de harem royal, avec les grandes épouses royales (sauf la première, je pense, qui avait ses appartements) et les concubines plus bas dans le classement, en quelque sorte xD Donc alterner entre les deux termes ne m'a pas semblé gênant...


... et, puisque c'est à partir de l'AT, est-ce que la musique colle avec les descriptions de l'Egypte ? (je me suis inspiré de Kingdom of Heaven pour tout le texte, mais le morceau d'Ibelin est surtout utilisé pour les descriptions du pays)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Leia Tortoise le 16 mai 2008 à 16:39:50
Citer
Est-ce que j'ai mis courtisane quelque part ? Si oui, c'est une erreur. Par contre, si je me souviens bien, dans le palais de Pharaon il y avait une sorte de harem royal, avec les grandes épouses royales (sauf la première, je pense, qui avait ses appartements) et les concubines plus bas dans le classement, en quelque sorte xD Donc alterner entre les deux termes ne m'a pas semblé gênant...
Okay, okay, donc je confirme que j'y connais vraiment rien  :D
(non, c'est moi qui ai utilisé "courtisane" pour essayer de mieux exprimer mon opinion)

Citer
... et, puisque c'est à partir de l'AT, est-ce que la musique colle avec les descriptions de l'Egypte ? (je me suis inspiré de Kingdom of Heaven pour tout le texte, mais le morceau d'Ibelin est surtout utilisé pour les descriptions du pays)
Je te dirai ça ce soir ^^ (enfin, si j'y repense  :-° )
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 22:02:26
Deuxième version ::)

[en gras, les modifs importantes ou presque, et les ajouts... j'ai pas encore disloqué la syntaxe, Ambre' ;)]




Tapie dans l’herbe haute, une femme pleure. Le vent ne harcèle pas ses voiles, qui tombent légers sur les épis. Au loin, sous les colonnades, des cordes que l’on pince. Le vent a faibli, s’est tu. La chaleur qui écrasait tantôt relâche son étreinte et bientôt se détourne. Là-bas, la silhouette ne bouge pas. Est-ce une dame ? Peut-être pleure-t-elle. On ne sait pas : les blés la cachent.

A l’extérieur du palais, c’est la vie qui murmure. Une voix gutturale dans la touffeur de l’air s’élève : un fellah récite des prières en conduisant l’attelage ; plus loin, au milieu des papyrus et des sycomores, les pêcheurs jettent leurs filets. Des vols d’ibis colorent l’horizon d’une brume rose : tout indique que les dieux sont apaisés. La crue est pour bientôt ; on attend le limon, on attend le moment où la terre viendra ensemencer la terre.

Le soleil se presse vers l’ouest. Tandis qu’il s’apprête à plonger sous la terre combattre les démons, des sandales claquent sur la pierre. C’est l’ombre des blés qui sort du palais. Elle n’est plus vêtue de noir, un capuchon léger dissimule ses traits. Elle s’engage dans les ruelles. Croise un mendiant, lui lance une pièce d’argent. Déjà elle s’éloigne des beaux-quartiers et des rumeurs de fête ; l’ombre s’enfonce toujours plus dans les ruelles sales, furtive et assurée. Dans les faubourgs de Thèbes elle court sans bruit. La nuit s’est coulée dans le fleuve tranquille, elle inonde maintenant les rues. La silhouette s’arrête. Une porte s’entrebâille, elle s’y faufile.


Et la porte se referma sur toi, lecteur.

De cette rencontre, tu ne sus rien. Il fut question de peu de chose en vérité ; quelques mots échangés, un renseignement : une adresse. Est-il besoin d’en connaître davantage ? La silhouette drapée de sombre reparut bientôt dans la ruelle somnolente. On ne la vit pas rôder près des taudis de boue, cette nuit-là ; elle s’en retourna au palais, se glissa dans une porte dérobée et se fondit dans la tâche monumentale d’ombre. Nul mal inconnu, nulle insidieuse gangrène ne viendrait ronger la cité de Pharaon, cette nuit-là. Mais la suivante ?

Il y eut un soir, il y eut un matin, et la cité retrouva son éclat. Les premiers marchands installaient leurs échoppes face à l’horizon ruisselant d’or ; une fraîche brise courait sur le Nil, ridant l’eau calme, tandis que de leur nid quelques felouques s’envolaient déjà. Le palais s’éveillait à peine, sur le grès lumineux s’effilochait l’ombre. De la journée, pas un souvenir, sinon quelques libations et une forte odeur de poisson séché. Déjà ce fut le soir ; la vie lentement s’éteignit sur les berges de l’Orient.


Tout dort. A nouveau, l’ombre s’enfuit du palais, gagne les bas-fonds. Autre soir, autre adresse.

-        Tu es la concubine dont Medjès m’a parlé.
-        En effet je suis celle-là. Et toi, es-tu celui dont il m’a loué la valeur ?

Il aurait dû faire preuve d’un respect tout particulier à son égard. Les miséreux ont du bon sens : se doutait-il de quelque chose ? Bien sûr : que croyait-elle ? Une personne de son rang, ça ne court pas les rues. Elle avait hâte.

-       Tu n’as pas une mine réjouie pour une épouse de Pharaon.
- Ton métier, qui m’amène ici, n’est pas non plus sujet à réjouissances.
-   Que veux-tu donc ? » Il semblait soucieux. « Pourquoi Medjès t’a-t-il donné mon adresse ? Je ne veux pas avoir de problème avec les gardes du palais.
-    Je souhaite solliciter ton art.

La suite t’intéressera peu : des chuchotements de négociateurs zélés, tout au plus. Et, quel qu'intérêt que tu lui trouvasses, je ne désire pas m’épancher là-dessus. En revanche, quand l’homme ergota sur de menus détails, le ton monta.

- Qui es-tu, au juste ? Pourquoi me demander une telle chose ?
-     Ne pose pas de questions. Obéis-moi.
-     Et pourquoi ne veux-tu pas creuser un hypogée ? Ta sœur ne peut décemment pas être enterrée dans une nécropole !
- Je le souhaite. Fossoyeur, ne fais pas d’histoires. J’appartiens à un monde, tu appartiens à un autre. Garde cette affaire pour toi, et les cloisons resteront étanches. Comprends-tu ?
-  Je ne sais pas. Si on venait à l’apprendre ?
-     Ma sœur est morte dans la souffrance et la misère, elle venait de ces rues, elle aussi. Prépare la fosse et je viendrai l’y enterrer. Comment avoir accès à la nécropole, à la nuit close ?
-      Je te ferai entrer.
-      J’aimerais y venir la nuit, de temps à autres, apporter des offrandes.
-   Que ne le fais-tu comme tout le monde, de jour !
- Sortir d’un harem n’est pas chose aisée. Si j’ai fait l’effort de te rendre visite, cette nuit, c’est qu’il…
-     Bien, bien. Entendu. Ta sœur de lait aura toute la provende nécessaire pour son voyage occidental. Mais tu n’as pas le droit d’être ici ; dis-moi… monnayons un peu, veux-tu ?

La concubine avait relevé la tête. Dignement, elle céda au chantage du fossoyeur. Nourrir sa sœur dans l’au-delà semblait nécessiter quelque rétribution charnelle. Elle s’y plia.

-       Anubis conseille tes pas, ma belle…
-      Je te remercie, fossoyeur.
-       Et n’oublie pas, le mot de passe change chaque semaine… si tu tiens à la vie éternelle de ta sœur, passe me voir.

Mais elle s’était évanouie dans les flaques d’ombre. En riant. Longtemps, les faubourgs gardèrent son éclat dissonant.

La nuit entendit les paroles du fossoyeur chuchotées à nouveau. Une douce quiétude berçait la nécropole. Le gardien laissa passer l’ombre.

Le fossoyeur avait refermé sa porte, mais il entendait toujours l’éclat singulier du rire de la visiteuse. Peut-être qu’elle avait aimé ça, après tout. Les nobles, ça vous prend l’air digne mais ça n’en pense pas moins. Ah, elle reviendrait vite, et sa sœur ne serait plus sa seule motivation ! Bientôt, elle ne penserait plus à cette histoire de mot de passe, elle oublierait la tombe, elle oublierait jusqu’aux murs de la nécropole qui protégeaient sa sœur. Mais avait-elle vraiment une sœur à enterrer ? ou désirait-elle simplement une aventure ? En tout cas, elle cachait bien son jeu.

Mais il ne fallait pas qu’elle lui attire d’ennuis. Une épouse royale, c’est recommandé qu’elle soit dans ses petits papiers, beaucoup moins dans son lit. D’un autre côté, c’était idiot de perdre une relation si belle. Et si douée. Pharaon n’avait pas mauvais goût ; après tout, une concubine, ce n’était rien d’autre qu’une pute de luxe. Il déciderait plus tard, ce n’était pas pressé. Autant profiter de la vie, Osiris viendrait bien assez tôt.

Il ferma les yeux en repensant à la belle. Le sommeil approchant l’attendrissait ; pauvre fille. Prise dans la tourmente, prise dans les désirs des hommes. Mais c’était son destin : les réjouir. Elle servait à ça, les dieux l’avaient consigné quelque part. C’était une femme, elle saurait assumer sa tâche. Et elle avait plutôt eu de la chance, de quoi se plaindrait-elle ! Elle devait bien prendre du plaisir à baiser Pharaon. Et lui-même n’était pas repoussant. Elle n’avait pas d’armes, n’en avait pas besoin. Cette pute, elle avait gloussé de plaisir en partant. Elle savait y faire, oui. C’était une vraie chanceuse, quand on pensait à ces miséreuses persécutées aux frontières ou dans les mines. Une chanceuse, donc une soumise.


Au matin, un petit attroupement se forma devant un taudis des bas-quartiers. Beaucoup tentèrent d’apercevoir son cadavre, mais la plupart durent s’en tenir aux ragots : nu et saigné à blanc, disait-on. Mutilé, chuchotaient certains.

Puis la mélopée journalière reprit ; il parvint ce jour-là des émissaires hittites, on n’en sut pas beaucoup plus. Le soir arrivant, les temples bruissaient encore d’activité : c’était la fête d’Opet qui se préparait. Puis, quand les ténèbres se furent installées dans la capitale des Deux-Terres, on entendit d’inquiétants ricanements, qui s’échappaient de temps à autres de la nécropole. Dans une fosse, dans quelque mausolée, quelqu’un ou quelque chose s’agitait. S’affairait sans relâche, frénétique et passionné. Les criaillements se répétèrent la nuit durant, leur écho s’attardait longtemps au-dessus des maisons. Au petit matin, pourtant, le silence avait rétabli son empire. Mais le bruit revint les nuits suivantes, quelque part entre le rire et la plainte, fendillant la quiétude de la cité. C’était l’ombre furtive, la concubine endeuillée, c’était le succube du Nil qui sur les froides dépouilles épanchait sa voracité de mort et de sang.




***

Le mot "quiétude" revient deux fois, je vais trouver autre chose en même temps que je distordrai le phrasé :mrgreen:

J'ai pensé que donner la parole au fossoyeur épaissirait un peu l'intrigue, tout en amenant, d'une certaine manière, la chute.


Est-ce que c'est mieux ?
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: ernya le 16 mai 2008 à 22:50:10
c'est beaucoup mieux Lo'
la fin est mieux et tu as rajouté des remarques du narrateur :P

le seul truc que je te reproche c'est le voc: "pute" passe mais "baiser" passe moins
je sais que c'est ça, mais bon, tu veux vraiment pas trouver mieux ?
(tu sais comment je suis pour ça, cette remarque est purement subjective)

Au matin, un petit attroupement se forma devant un taudis des bas-quartiers. Beaucoup tentèrent d’apercevoir son cadavre, mais la plupart durent s’en tenir aux ragots : nu et saigné à blanc, disait-on. Mutilé, chuchotaient certains.
dans la première version, on savait qui était tué, pas là...
le "son" est bizarre au niveau de la syntaxe parce qu'on voit guère à quoi il se rattache
pourquoi pas tout simplement "le" ?

Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 16 mai 2008 à 22:56:09


J'crois que je vais carrément préciser l'identité du cadavre ^^


Pour "baiser", vraiment j'insiste : c'est comme ça que parle le fossoyeur, qui est... de basse extraction. Il ne faut pas qu'il parle comme un noble, comme un nomarque de Pharaon ; il ne faut même pas qu'il soit modéré dans ses propos. Il parle crûment :-° mais c'est ce qui fait son charme (ou pas xD)... c'est ce qui fait sa cohérence, en tout cas.

En fait, je trouve la deuxième remarque du narrateur un peu lourde... et pas simplement pour "trouvasses". Mais bon, tant mieux si ça passe !

Content que la 2ème version te semble meilleure ;)
Une troisième suivra peut-être, si Ambre' trouve que le style est trop BSB :D pourtant, j'ai essayé de faire des phrases courtes, qui vont droit au but, quand l'ombre quitte le palais... j'ai essayé quelques images pseudo-poétiques xD mais si c'est toujours trop BSB, je ferai des efforts.
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Leia Tortoise le 17 mai 2008 à 09:56:44
Pareil que ernya, je trouve que ça s'amélioe nettement, cette façon d'amener la chute rétablit le rythme, et les petites modifs changent légèrement l'atmosphère, la rendant encore plus mystérieuse, un peu plus dans le ton véritable du texte, c'est très bien  ^^

Sinon, moi aussi je trouve que "baiser" c'est pas top, surtout juste avant "pharaon" en fait...
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 17 mai 2008 à 13:25:59

Hi hi :mrgreen:

Ouais, s'il y avait quelque chose à redire sur "baiser", c'est pas trop que ce n'est pas un terme littéraire ou que c'est mal venu dans les pensées du fossoyeur : c'est que c'est un blasphème énorme. Comme si on avait inventé le personnage de Trichelieu au Moyen-Age, comme si aujourd'hui un journal publiait le top ten des filles qu'Allah aimerait se faire ><

Mais bon, j'imagine que, comme dans toute société de cette époque, c'est une idéalisation des relations humaines qui nous est parvenus... donc les miséreux n'aimaient pas tant que ça leur souverain, et entre quatre murs ils se permettaient de dire (encore plus de penser) certaines choses qui ne figurent pas dans les bas-reliefs xD

Voilà pour "baiser".

Sinon, ça me fait plaisir que l'amélioration soit perceptible :)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 18 mai 2008 à 18:48:59
Et voilà ! Troisième et dernière version, même s'il y aura sûrement encore quelques modifications, à la lumière de vos critiques...

J'ai tenté d'alléger certains passages, tout en renforçant un peu le décalage de langage entre les deux personnages. Le texte s'extrait un peu de l'AT Plume Rouge (comme celui de KoH), surtout avec la nouvelle conclusion... bonne ou mauvaise chose ? Je n'ai pas beaucoup distordu, pour éviter de faire trop... peut-être est-ce pas assez. Mais finalement, je suis content de ce texte :) maintenant, à vous de juger. (j'ai aussi rajouté ici et là un rythme d'alexandrin à certaines phrases xD pour voir ce que ça donne ; et je me suis rendu compte que, bien sûr, Thèbes, c'est le nom grec ; je l'ai gardé dans le titre mais changé dans le texte... en essayant de l'expliquer sans trop de lourdeurs... ><)









L'ombre de Thèbes.



Tapie dans l’herbe haute, une femme pleure. Le vent ne harcèle pas ses voiles qui tombent légers sur les épis. Au loin, sous les colonnades, des cordes que l’on pince. Le vent a faibli, s’est tu. Elle est là, toujours. La chaleur qui écrasait tantôt semble s’en émouvoir et bientôt se détourne. Là-bas, elle ne bouge pas. Est-ce une dame ? Peut-être pleure-t-elle. On ne sait pas : les blés la cachent.

A l’extérieur du palais, c’est la vie qui murmure. Une voix gutturale dans la touffeur de l’air s’élève : conduisant l’attelage, un fellah récite des prières ; plus loin, au milieu des papyrus et des sycomores, les pêcheurs jettent leurs filets. Des vols d’ibis colorent l’horizon d’une brume rose : tout indique que les dieux sont apaisés. La vie bat, bat depuis cent, depuis mille et encore mille, années immortelles. C’est un fleuve d’éternité qui s’écoule là, et il mouille d’infini ses berges pareillement. La crue est pour bientôt ; on attend le limon, on attend le moment où la terre viendra ensemencer la terre.

Le soleil se presse vers l’ouest. Bientôt, le rond rouge plonge sous terre : il va combattre les démons ; des sandales claquent sur la pierre. C’est l’ombre des blés qui sort du palais. Elle n’est plus vêtue de noir, un capuchon léger dissimule ses traits. Elle s’engage dans les ruelles. Croise un mendiant, lui lance une pièce d’argent. Déjà elle s’éloigne des beaux-quartiers et des rumeurs de fête ; l’ombre s’enfonce toujours plus dans les ruelles sales, furtive et assurée. Dans les faubourgs de la Puissante elle court sans bruit. La nuit s’est coulée dans le fleuve tranquille, elle inonde maintenant les rues. La silhouette s’arrête. Une porte s’entrebâille, elle s’y faufile.


Et la porte se referma sur toi, lecteur.

De cette rencontre, tu ne sus rien. Il fut question de peu de chose en vérité ; quelques mots échangés, un renseignement : une adresse. Est-il besoin d’en connaître davantage ? La silhouette drapée de sombre reparut bientôt dans la ruelle somnolente. On ne la vit pas rôder près des taudis de boue, cette nuit-là ; elle s’en retourna au palais, s’y glissa par une porte dérobée et se fondit dans la tâche monumentale d’ombre. Nul mal inconnu, nulle insidieuse gangrène ne viendrait ronger la cité de Pharaon, cette nuit-là. Mais la suivante ?

Il y eut un soir, il y eut un matin, et la cité retrouva son éclat. Les premiers marchands installaient leurs échoppes face à l’horizon ruisselant d’or ; une fraîche brise courait sur le Nil, ridant l’eau calme, tandis que de leur nid quelques felouques s’envolaient déjà. Le palais s’éveillait à peine, sur le grès lumineux s’effilochait l’ombre. De la journée, pas un souvenir, sinon quelques libations et une forte odeur de poisson séché. Déjà ce fut le soir ; la vie lentement s’éteignit sur les berges de l’Orient.


Tout dort. A nouveau, l’ombre s’enfuit du palais, gagne les bas-fonds. Autre soir, autre adresse.

-   Tu es la concubine dont Medjès m’a parlé.
-        En effet je suis celle-là. Et toi, es-tu celui dont il m’a loué la valeur ?

Il aurait dû faire preuve d’un respect tout particulier à son égard. Les miséreux ont du bon sens : se doutait-il de quelque chose ? Bien sûr : que croyait-elle ? Une personne de son rang, ça ne court pas les rues. Elle avait hâte.

-     Tu n’as pas une mine réjouie pour une épouse de Pharaon.
- Ton métier, qui m’amène ici, n’est pas non plus sujet à réjouissances.
-   Que veux-tu donc ? » Il semblait soucieux. « Pourquoi Medjès t’a-t-il donné mon adresse ? C’est que je ne veux pas avoir de problème avec les gardes du palais.
-  Je souhaite solliciter ton art.

Quelque intérêt que tu pusses lui trouver, la suite te restera cachée : des chuchotements de négociateurs zélés, tout au plus. En revanche, quand l’homme ergota sur de menus détails, le ton monta.

-    Qui es-tu, au juste ? Pourquoi me demander une telle chose ?
-     Ne pose pas de questions. Obéis-moi.
-     Et pourquoi ne veux-tu pas creuser un hypogée ? Ta sœur ne peut pas être enterrée dans une nécropole ! C’est tout sauf décent.
-   Je le souhaite. Fossoyeur, ne fais pas d’histoires. J’appartiens à un monde, tu appartiens à un autre. Garde cette affaire pour toi, et les cloisons resteront étanches. Comprends-tu ?
-  Je ne sais pas. Si on venait à l’apprendre ?
-     Ma sœur est morte dans la souffrance et la misère, elle venait de ces rues, elle aussi. Prépare la fosse et je viendrai l’y enterrer. Comment avoir accès à la nécropole, à la nuit close ?
-      Je te ferai entrer.
-      J’aimerais y venir la nuit, de temps à autres, apporter des offrandes.
-   Que ne le fais-tu comme tout le monde, de jour !
- Sortir d’un harem n’est pas chose aisée. Si j’ai fait l’effort de te rendre visite, cette nuit, c’est qu’il…
-     Bien, bien. Entendu. Ta sœur de lait aura toute la provende nécessaire pour son voyage occidental. Mais tu n’as pas le droit d’être ici ; dis-moi… monnayons un peu, veux-tu ?

La concubine avait relevé la tête. Dignement, elle céda au chantage du fossoyeur. Nourrir sa sœur dans l’au-delà semblait nécessiter quelque rétribution charnelle. Elle s’y plia.

-       Anubis conseille tes pas, ma belle…
-      Je te remercie, fossoyeur.
-       Et n’oublie pas, le mot de passe change chaque semaine… si tu tiens à la vie éternelle de ta sœur, passe me voir.

Mais elle s’était évanouie dans les flaques d’ombre. En riant. Longtemps, les faubourgs gardèrent cet éclat dissonant.

La nuit entendit les paroles du fossoyeur chuchotées à nouveau. Une sérénité immuable berçait la nécropole. Le gardien laissa passer l’ombre.

Le fossoyeur avait refermé sa porte, mais il entendait toujours l’éclat singulier du rire de la visiteuse. Peut-être qu’elle avait aimé ça, après tout. Les nobles, ça vous prend l’air digne mais ça n’en pense pas moins. Ah, elle reviendrait vite, et sa sœur ne serait plus sa seule motivation ! Bientôt, elle ne penserait plus à cette histoire de mot de passe, elle oublierait la tombe, elle oublierait jusqu’aux murs de la nécropole qui protégeaient sa sœur. Mais avait-elle vraiment une sœur à enterrer ? Désirait-elle simplement une aventure ? En tout cas, elle cachait bien son jeu.

Mais il ne fallait pas qu’elle lui attire d’ennuis. Une épouse royale, c’est recommandé qu’elle soit dans ses petits papiers, beaucoup moins dans son lit. D’un autre côté, c’était idiot de perdre une relation si belle. Et si douée. Pharaon n’avait pas mauvais goût ; après tout, une concubine, ce n’était rien d’autre qu’une pute de luxe. Il déciderait plus tard, ce n’était pas pressé. Autant profiter de la vie, eh ! Osiris viendrait bien assez tôt.

Il ferma les yeux, repensant à la belle. Le sommeil approchant l’attendrissait ; pauvre fille. Prise dans la tourmente, prise dans les désirs des hommes. Mais c’était son destin : les réjouir. Elle servait à ça, les dieux l’avaient sans doute consigné quelque part. C’était une femme, elle saurait assumer sa tâche. Et elle avait plutôt eu de la chance, de quoi se plaindrait-elle ! Elle devait bien prendre du plaisir à baiser Pharaon. Et lui-même n’était pas repoussant. Elle n’avait pas d’armes, n’en avait pas besoin. Cette pute, elle avait gloussé de plaisir en partant. Elle savait y faire, oui. C’était une vraie chanceuse, quand on pensait à ces miséreuses persécutées aux frontières ou dans les mines. Une chanceuse, donc une soumise. Une traînée qui se laisserait faire à chaque fois.
Mais, alors qu'il se laissait dériver dans le tendre sommeil abyssal, il y eut à nouveau, dans le calme caressant, un rire. Plus de gaieté ni d'aménité dans celui-là : rien qu'un ricanement échauffé, de sang et de mort, gloussement avide aux limites de l'humain. La concubine était là.

Au matin, un petit attroupement se forma devant un taudis des bas-quartiers. Beaucoup tentèrent d’apercevoir le cadavre du fossoyeur, mais la plupart durent s’en tenir aux ragots : nu et saigné à blanc, disait-on. Mutilé, chuchotaient certains.

Puis la mélopée journalière reprit ; il parvint ce jour-là des émissaires hittites, on n’en sut pas beaucoup plus. Ballet de navires sur le fleuve, pulsion rieuse de celle qui s’appelait encore Ouaset. Le soir arrivant, les temples bruissaient encore d’activité : c’était la fête d’Opet qui se préparait. Puis, quand les ténèbres se furent installées dans la capitale des Deux-Terres, on entendit d’inquiétants ricanements, qui s’échappaient de temps à autres de la nécropole. Dans une fosse, dans quelque mausolée, quelqu’un ou quelque chose s’agitait. S’affairait sans relâche, frénétique et passionné. Les criaillements se répétèrent la nuit durant, leur écho s’attardait longtemps au-dessus des maisons. Au petit matin, pourtant, le silence avait rétabli son empire. Mais le bruit revint les nuits suivantes, quelque part entre le rire et la plainte, fendillant la quiétude de la cité. C’était l’ombre furtive, la concubine endeuillée, c’était le succube du Nil qui sur les froides dépouilles épanchait sa voracité de mort et de sang.

Que vive et meure le peuple de Pharaon ! L’au-delà perméable à sa guise recrache ses suppôts sur la terre. Quoi de plus éternel, en somme ?



****
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: ernya le 18 mai 2008 à 19:04:41
hum hum...
on sent que c'est travaillé, justement peut-être le sent-on trop...

La chaleur qui écrasait tantôt semble s?en émouvoir et bientôt se détourne.
là, tu personnifies la chaleur, non? la chaleur se rend compte qu'elle accable la population?
bref, de toute façon, ça va pas, ne serait-ce qu'au niveau de la construction

C?est un fleuve d?éternité qui s?écoule là, et il mouille d?infini ses berges pareillement.
j'aime bien cette phrase...sauf le pareillement...

sinon, pour les autres changements, ça va bien, ainsi que pour la fin
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 18 mai 2008 à 22:59:23
Voilà, j'viens de modifier le début peu clair.
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Leia Tortoise le 19 mai 2008 à 19:31:17
Je confirme, c'est un peu tiré par les cheveux et ambigü à la lecture... Sinon, les relectures ne me réussisent pas, je n'ai plus aucune "fraîcheur" dans la lecture, plus l'oeil neuf, mais je dirais que ça devient en effet un peu trop travaillé et long...
Pourtant j'aime bien les dernières phrases que tu as ajouté à la fin, alors que ma première impression était que ça allongeait encore trop...
Par contre, peut-être un retour à la ligne marquerait un peu mieux l'effet chute-morale...
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 19 mai 2008 à 21:51:07

Bon... peut-être que c'est la re-relecture qui fait ça... ou pas >< mais j'en ai un peu assez de ce texte, j'vais le soumettre à l'AT avant de faire de nouvelles modifs ;)
A part pour le début ambigu, bien sûr.

Voilà voilà, merci d'avoir re-relu en tout cas ! :)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Ambrena le 19 mai 2008 à 23:33:56
De mon côté, je préfère la troisième version. ^^ Elle est travaillée, mais je trouve aussi que ce n'est pas de trop: on sent mieux la couleur locale égyptienne en même temps que ta griffe d'écriture. Par exemple, le rythme d'alexandrin que l'on pressent quelquefois rend très bien -du moins, c'est mon avis.

J'ai lu une fois sans musique, puis avec, et je pense que c'est mieux avec car tu parviens à bien suivre l'ambiance et les variations de la mélodie dans l'écriture même de la description puis de la rencontre.

Les seules choses qui me gênent dans le style, c'est le "rond rouge" (je préfèrais "soleil") et le point avant "s'affairait sans relâche". Par contre, la mention mythologique qui suit la description dudit soleil couchant est sympa, de même que les indications en plus à propos du Nil.

La nouvelle chute, avec l'indication de la mort du fossoyeur  en plus, me plaît aussi car elle me semble un brin plus cynique, c'est un renversement original.

Voilà voilà...
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 19 mai 2008 à 23:47:43


Ah, le "rond rouge", c'était histoire de recaser l'image des "Chants oubliés" ><
P'is c'était aussi une référence à Atoum, le dieu Soleil-Couchant, mais c'est peut-être aller un peu trop loin...

Tant mieux pour la musique, après tout c'était l'objectif :mrgreen: Enfin, l'un des objectifs...

Le cynisme est voulu, c'est bien qu'il ressorte !

Pour le renforcement de l'égyptianisme (heu... ><), c'est p't-être dû à la chute ? Enfin, à la phrase conclusive, qui recentre le texte vers cette optique...

enfin bref, je ne vais plus retravailler avant trèèèès longtemps ;D (et encore, c'est vraiment parce qu'il ne faut jamais dire jamais...)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Kei le 20 mai 2008 à 23:33:57
Alors j'ai beaucoup aimé mais...

En fait, j'avais lu la V1 sans la commenter. Et il y a eu quelques ajouts entretemps qui m'ont... perturbée...

C'est très bien écrit, et contrairement Ernya et Leia, je trouve que le vocabulaire est tout à fait aproprié.
En fait, ça m'a rappellé certains passages du Trône de Fer et... Je n'arrive pas à croire que ce soit Loredan qui ait écrit ça!! Je suis restée  :o pendant cinq minutes, lol!

Mais c'est très bien, plus mature que d'habitude, le glauque est encore renforcé par l'aspect cru des commentaires!
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 20 mai 2008 à 23:38:31



Sous-entendrais-tu que le fossoyeur parle comme un certain Tyrion Lannister ? ><

J'espère que, s'il y en a une, la maturité du texte n'est pas juste due à ces formules crues, lol

Bon, en tout cas, je suis content que tu aies aimé et que tu trouves que le vocabulaire est en cohérence avec le personnage ^^
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Ryuffine le 21 mai 2008 à 15:22:00
J'ai moi aussi beaucoup aimé. J'ai lu les deux premières versions, mais j'ai préféré la dernière... Je vais donc commenter celle là.

Déjà, c'est très bien écrit. Vraiment, j'aime beaucoup ton style, les tournures de phrases, les stuctures, le vocabulaire...

Si le but était de nous faire croire que la succube était sincère, eh bien, c'est réussi, j'y ai cru ! Mais c'est vrai que le fait qu'elle parte "en riant" met la puce à l'oreille...

Le début est très bien : l'ambiance "égyptienne" est posée.

Pour ce qui est du passage où le fossoyeur a la parole, au début, j'ai eu un peu de mal... Je veux dire, le reste du texte est riche d'un vocabulaire impeccable, alors, tout d'un coup, "pute de luxe", "baiser" et "glousser de plaisir", ça m'a fait un peu bizarre... Mais quand on y pense, c'est cohérent. C'est une bonne idée de donner la parole au fossoyeur, ça semblait donc logique d'adopter sa manière de s'exprimer...

En tout cas, c'est un plaisir à lire ^^
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 21 mai 2008 à 18:18:09


 :)

Bah... merci ! :) le décalage est voulu, et je suis content que tu l'apprécies :mrgreen: et que tu le trouves cohérent, ce qui n'était pas le cas de Kei... ce qui n'efface pas ton avis, Kei, hein xD bref, content que t'aies aimé l'ensemble du texte ;)

... et que tu te sois donné le mal de lire les trois !
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Kei le 21 mai 2008 à 23:29:52
Mais je n'ai jamais dit que ce n'était pas cohérent!
J'ai simplement été surprise par rapport à la version 1, mais c'était dans le bon sens!
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 22 mai 2008 à 18:10:00

Ah, d'accord.


Bon, alors, fort des récits de Tyrion, je peux peut-être expliciter la scène de monnayage malsain ? :mrgreen:
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Kei le 22 mai 2008 à 19:36:20
Mais, monsieur le modératueur... ya pas une régle contre les contenus "explicites"? lol
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 22 mai 2008 à 19:41:05


Tant qu'il y a un avertissement Ames-sensibles, tout est permis :mrgreen:



Non, je peux pas dire ça, ce serait bête qu'à cause de ce post des pornographes débarquent ::) Heum, tout est permis dans la limite du raisonnable xD
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Krapoutchniek le 22 mai 2008 à 20:46:48
Reste à savoir jusqu'où va le raisonnable  :D


Je n'ai lu que la 3è version. Tu poses très bien l'ambiance; on s'y croit vraiment. Puis, ça fait très "mystère d'Egypte"(enfin, c'est un peu le but sans doute :p ). J'attends la suite, parce que j'imagine qu'il y en a une  :P
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 22 mai 2008 à 20:48:31

 :)

Citation de: Krap'
J'attends la suite, parce que j'imagine qu'il y en a une  :P


 :mrgreen: Raté :mrgreen:

mais bon, peut-être que l'idée va faire son chemin, on sait jamais ;)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 27 mai 2008 à 15:16:30


Voilà, ultime modif, pour amener un peu mieux la chute, commencer à la suggérer : j'ai rajouté un mini-paragraphe qui précède "Au matin, un petit attroupement"... j'espère avoir bien dosé, que ça n'en dise pas trop non plus !
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Leia Tortoise le 27 mai 2008 à 19:05:20
J'aime bien ce nouvel ajout, ça fait l'effet d'un coup de gong et le passage de l'attroupement devant le cadavre n'en est que plus fort...
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Milora le 06 mars 2009 à 12:51:14
J'ai lu que la version 3. Avant tout...  :o :
Citer
Quel qu’intérêt que tu pusses lui trouver
Quelque intérêt que tu pusses etc.

Sinon, pour le reste... J'avoue que cette fois, ton style alambiqué ne m'a pas gênée ; il faut rester concentré à la lecture, mais ça donne vraiment une ambiance, ça fait très Egypte sans être caricatural, bref, j'aime bien. Par contre, toujours sur la forme, j'ai pas trop aimé le décalage de langage du fossoyeur dans le paragraphe où il a la parole à l'indirect libre, au sens où ça colle pas avec sa façon de parler dans le dialogue (j'ai pas relevé mais c'était un truc pas du tout naturel du genre "que ne révères-tu pas ta soeur de jour")...

Et pour le fond, c'est là que j'ai moins accroché : j'ai trouvé ça un peu décevant par rapport à l'ambiance que tu poses si bien... Je veux dire que, mis à part l'ancrage en Egypte ancienne, l'histoire est pas très très originale, et comme c'est si bien écrit, on en attend plus !

Mais sinon, c'était agréable à lire, ça ne m'a pas déplu du tout ! :)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 07 mars 2009 à 21:39:39

ok, corrigé.

Dans les autres textes, c'est vraiment trop alambiqué ? j'veux dire c'est un franc défaut qu'il faut corriger et tout ? ><
(recycler la formule de Green : "vous trouvez un défaut ? prenez un ticket et faites la queue, comme tout le monde")

Ouais, il faudrait que je le révises un peu, pour rendre le dialogue un peu plus crédible, un peu plus utile et différent aussi...

Pour le fond décevant... c'est dû au côté un peu hybride, non ? Une atmosphère complètement hybride entre l'Egypte éternelle et un côté un peu romantique-décadent porté par la succube ? je trouve que le résultat n'est pas réussi du tout, en fait, une sorte de... faute de goût. Mais bon, ça par contre, je pourrai pas le changer. Sauf si je recycle l'atmosphère "égyptienne" dans un autre texte moins hybride, auquel cas le nouveau texte sera probablement mieux...

en tout cas merci de ton avis ! =)
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Matt le 07 mars 2009 à 21:50:44

Bonsoir,

----------------------

Citer
Peut-être pleure-t-elle.

En faite je comprends pas pourquoi tu dis ceci ici juste après avoir dit "une femme pleure". C'est un peu contradictoire ou c'est fait exprès dans le sens où la personne dit "une femme pleure" retire ce qu'il a dit et en s'y approchant de plus près dis plutôt "peut-être pleure-t-elle"

Citer
depuis mille et encore mille, années immortelles.

J'enlèverai la virgule après "encore mille".

Citer
Et la porte se referma sur toi, lecteur.

Lol, ça m'a fait un choc quand je suis arrivé sur cette ligne. Je me suis dit, qui, moi ? quoi encore ? je mérite quoi ? j'ai rien fait...

Citer
Il y eut un soir, il y eut un matin, et la cité retrouva son éclat. Les premiers marchands installaient leurs échoppes face à l’horizon ruisselant d’or ; une fraîche brise courait sur le Nil, ridant l’eau calme, tandis que de leur nid quelques felouques s’envolaient déjà. Le palais s’éveillait à peine, sur le grès lumineux s’effilochait l’ombre. De la journée, pas un souvenir, sinon quelques libations et une forte odeur de poisson séché. Déjà ce fut le soir ; la vie lentement s’éteignit sur les berges de l’Orient.

Très beau !   ------ à force de te lire je remarque que tu aimes beaucoup l'Egypte, surtout les histoires avec les dieux et la mort. Je me trompe ? La manière dont tu l'interprètes ici est tout à fait remarquable. 

Citer
après tout, une concubine, ce n’était rien d’autre qu’une pute de luxe.

Bon, tu écris ce que tu veux, mais je trouve que dire ça en plein milieu du texte enlève un certain charme à ton texte. Surtout que dans tout ce que tu écris avant c'est envoûtant, charmant, poétique... tu aurais pu peut-être écrire ça autrement, non ? là j'aime pas...

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Alors, alors... dans l'ensemble j'ai envie de mettre un gros A(-), lol ! Le moins tu sais pourquoi. Ceci-dit suite à ce petit passage on retrouve vite le charme du texte donc au final c'est pas très grave. Le texte est bien écrit, je dirai même très bien écrit, que ce soit niveau descriptif ou dialogue... ça doit être l'un de tes plus beaux textes que je lis. Tu as sûrement passer beaucoup de temps sur ce texte, c'était pour un concours ? il y a une suite ou pas ?
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Gros Lo le 07 mars 2009 à 22:36:59
Citation de: Matthieu
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Peut-être pleure-t-elle.

En faite je comprends pas pourquoi tu dis ceci ici juste après avoir dit "une femme pleure". C'est un peu contradictoire ou c'est fait exprès dans le sens où la personne dit "une femme pleure" retire ce qu'il a dit et en s'y approchant de plus près dis plutôt "peut-être pleure-t-elle"
oui c'est cela, c'est une épanorthose 8)

mdr xD ouais donc, c'est un peu une double rectification : 1. pleure-t-elle vraiment ? 2. peut-on le savoir ?
mais tout le monde le relève, donc ça doit être une épanorthose particulièrement maladroite mdr

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depuis mille et encore mille, années immortelles.

J'enlèverai la virgule après "encore mille".
plus j'y pense et moins je trouve qu'elle a lieu d'être en fait... sauf pour le... rythme de la phrase, la manière dont elle doit être dite ; c'est pour ça que j'arrive pas à l'enlever. J'voulais que ça fasse comme une sorte de vague qui enfle, mille et encore mille, une sorte de vertige face au caractère éternel de ce pays (et puis c'est l'occasion de redonner l'impression du "peut-on savoir précisément ?"), et la virgule fait un peu office de frontière, on parle et le ton monte jusqu'à mille, et ensuite tout s'apaise.



Citer
Citer
Et la porte se referma sur toi, lecteur.

Lol, ça m'a fait un choc quand je suis arrivé sur cette ligne. Je me suis dit, qui, moi ? quoi encore ? je mérite quoi ? j'ai rien fait...
lol ouais mais en plus ça ne sert pas à grand chose et ce genre d'apostrophes ne va pas avec le ton génréal j'trouve, j'vais l'enlever quand je réviserai tout ça.


Citer
Très beau !   ------ à force de te lire je remarque que tu aimes beaucoup l'Egypte, surtout les histoires avec les dieux et la mort. Je me trompe ? La manière dont tu l'interprètes ici est tout à fait remarquable. 
ouais j'aime vraiment beaucoup, pas seulement en tant que... thème ou décor pour des textes. En vrai aussi xD et ton commentaire me touche beaucoup du coup, même si l'interprétation n'est vraiment rien de rien : il faut vivre les choses (en décodé : je veuuux y alleeeeeeeeer :huhu: )


Citer
Citer
après tout, une concubine, ce n’était rien d’autre qu’une pute de luxe.

Bon, tu écris ce que tu veux, mais je trouve que dire ça en plein milieu du texte enlève un certain charme à ton texte. Surtout que dans tout ce que tu écris avant c'est envoûtant, charmant, poétique... tu aurais pu peut-être écrire ça autrement, non ? là j'aime pas...
héhé, je savais que ça te ferais tressauter :mrgreen: donc en fait, comme ce que j'ai répondu à Mil'. J'le trouve cohérent avec la façon de penser du type, et le Nil ne rendait pas les Egyptiens lyriques, ils étaient vulgaires aussi. Mais j'pense que ça ne se marie pas bien avec (donc c'est ce que tu dis en fait. xD) l'atmosphère du début et de la toute fin. Mais je sais pas trop comment faire, j'pense que je laisserai, tant pis, sinon il faudrait tout réécrire.



Citer
Alors, alors... dans l'ensemble j'ai envie de mettre un gros A(-), lol ! Le moins tu sais pourquoi. Ceci-dit suite à ce petit passage on retrouve vite le charme du texte donc au final c'est pas très grave. Le texte est bien écrit, je dirai même très bien écrit, que ce soit niveau descriptif ou dialogue... ça doit être l'un de tes plus beaux textes que je lis. Tu as sûrement passer beaucoup de temps sur ce texte, c'était pour un concours ? il y a une suite ou pas ?
ça me fait bien plaisir ! ben non, enfin c'était à partir d'un sujet de Plume-Rouge, il fallait écrire un texte qui présenterait les relations de deux personnages au rang social très distinct...
j'ai un peu brodé par-dessus le sujet initial comme tu l'vois xD
et puis c'était jumelé avec l'AT du MDE "écrire à partir d'un morceau", donc normalement le texte est meilleur si tu le lis en écoutant Ibelin de la B.O. de Kingdom of Heaven.
je sais plus trop, je pense pas y avoir passé + de temps qu'un autre (donc 3 bonnes heures de rédaction et 1h30 de relecture, quand même xD), si ce n'est que j'ai fait peut-être + de modifs après coups (t'as lu la 3ème version j'pense).

merci !
Titre: Re : L'ombre de Thèbes
Posté par: Matt le 08 mars 2009 à 11:05:45

Citer
héhé, je savais que ça te ferais tressauter  donc en fait, comme ce que j'ai répondu à Mil'. J'le trouve cohérent avec la façon de penser du type, et le Nil ne rendait pas les Egyptiens lyriques, ils étaient vulgaires aussi. Mais j'pense que ça ne se marie pas bien avec (donc c'est ce que tu dis en fait. xD) l'atmosphère du début et de la toute fin. Mais je sais pas trop comment faire, j'pense que je laisserai, tant pis, sinon il faudrait tout réécrire.

 :mrgreen:

Oui, oui, ils peut être vulgaires mais là je pense que ça colle pas du tout, c'est pour ça que j'aime pas. Et puis de là dire tout réécrire je ne pense pas, peut-être qu'après méditation tu trouveras les bons mots, même si cela prend du temps.

Citer
(t'as lu la 3ème version j'pense).

Oui, j'ai effectivement lu la troisième version. Mais j'ai tout de même jeté un coup d'oeil aux autres et je remarque que la 3ème version est beaucoup mieux que la 1ère et la 2ème. Comme quoi retravailler sur un texte ne peut être que positif...