Mes hommages nocturnes. Voici ma première publication sur ce forum et j'espère que ce sera la première d'une longue série. Je vous présente le poème "L'orage de chambre" qui fait partie d'un recueil en cours de création.
Bonjour à tous, je ne me suis pas revenu par là depuis un certain moment, mais à ma grande surprise, j'ai appris que ce mail avait plu à plusieurs d'entre vous, assez en tout cas pour qu'il figure dans le prochain recueil d'auteurs du forum. Merci pour vos encouragements, voilà qui va raviver ma plume :)
L'orage de chambre
Je me réveille trempé par des flammes
Une fièvre brûle mes veines
Du charbon au bord des yeux
De l'écume au bord des lèvres
Une frayeur au bord du drame
Il reste des braises de la veille
Encore chaudes qui crépitent dans mon lit
Des vagues qui nagent
Entre les plis du drap
Des éclairs qui craquent
Dans l'ampoule de la lampe de chevet
Je me souviens
Hier soir j'ai mis le feu à la mer
J'ai craqué une allumette
Pour fumer le jour
Je l'ai jettée dans le chaos des vagues
J'ai fermé les yeux
Une explosion
Un orage de pétrole
Une marée noire
Plus rien
Les murs de la chambre sont gonflés
La peinture tombe comme une peau morte sur le sol
L'eau a dû monter pendant la nuit
Elle a emporté les souvenirs plantés sur les étagères
Elle a effacé les traces de pas dans la poussière
Plus rien
La nuit a débordée dans le petit matin
Un raz de marée a balayé ma tranquilité
Je suis un passager clandestin
Qui se cache dans son propre corps
Je suis un naufragé
Qui court après ses mirages
Je me souviens
Hier soir j'ai mis le feu à mes rêves.
Parce que l'écriture est une alchimie aux multiples expériences, nom d'un chat !
L'orage de chambre : 2ème version
Je me réveille trempé de flammes
Encore assommé par la fièvre
De l'écume au bord des lèvres
Du charbon au bord des yeux
Des cendres dans les cheveux
Une frayeur au bord du drame
Il reste des braises encore chaudes de la veille
Je les sens crépiter dans mon lit
Puis s'éteindre sans espoir de repli
Quelques étincelles font de la résistance
C'est leur dernière danse
Dans l'incendie qui a embrasé mon sommeil
J'essaie de retrouver le fil de mes pensées
Des vagues nagent sur les plis des draps
Je suis médusé sur le matelas
Un flot de souvenirs me matraque
Et des éclairs craquent
Dans l'ampoule de la lampe de chevet
Je me souviens
Hier soir j'ai mis feu à la mer
J'ai craqué une allumette
Je l'ai jetée sur le plancher
Sur une bouteille de vodka cassée
J'ai fermé les yeux pour ne pas voir
Une explosion, une marée noire
Un orage de pétrole, une nuit sans squelette
Plus rien
Les murs de la chambre sont gonflés
L'eau a monté pendant la nuit
Elle a tout emporté sans un bruit
La peinture tombe comme une peau morte sur le sol
A travers les vapeurs d'alcool
Je regarde mes fantasmes partir en fumée
Plus rien
Un raz de marée a balayé ma tranquillité
Je suis un voyageur qui n'a pas de chemin
Je suis un passager clandestin
Qui se cache dans son propre corps
Pour combien de temps encore ?
Pour combien d'éternités ?
Je me souviens
Hier soir j'ai mis feu à mes rêves.