Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

15 Juin 2026 à 19:09:40
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -

Auteur Sujet: Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -  (Lu 376 fois)

Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
  • Messages: 401
Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« le: 02 Juin 2026 à 14:32:29 »
Hello tout le monde !

ça fait un bail que j'ai pas publié ici, en vrai ça fait plus d'un an que je suis sur ce petit texte, je suis épuisé et soulagé  ;D
 
Ca fera parti de mon "journal" que j'ai mis en mi-long, mais je me permet de le mettre ici parce que je pense qu'il peut bien se lire "en dehors" du contexte général, et c'est un texte que j'aimerais bien proposer à des revus (d'ailleurs je me demande qui pourrait matcher avec la démarche)

C'est peut-être ce que j'ai pu écrire de plus intime et personnel pour l'instant

J'suis conscient que ça peut être dur à lire : ça fait parti de la démarche ; y'a une urgence et une confusion volontaire, de même que le "bloc" est indétachable, ça doit se lire d'une traite - je comprend que pour la lisibilité sur le fofo c'est pas terrible, mais je ne sais pas comment faire autrement, ça a été construit et pensé comme ça

Par contre comme d'hab je veux bien vos retours concernant la lisibilité du truc, vos avis, vos réserves sur le style, si y'a des trucs trop nian nian, trop pompeux, les fautes aussi j'suis preneur ; globalement : est ce que ça prend ?

Attention : ça parle d'homosexualité, de sexualité adolescente ; c'est délicat mais j'essaye d'aborder le sujet éthiquement, avec humour et réalisme, ça peut être cru parfois, j'aimerais des avis là dessus aussi : est ce que c'est bien fait, pas problématique, etc

Voilà voilà, je vous lâche la grappe

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 536
Re : Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« Réponse #1 le: 03 Juin 2026 à 03:29:31 »


Salut Safrande,


   Ce que je vais te dire en premier lieu n’est que mon point de vue, rien de plus. En premier lieu : surtout ne t’excuse pas d’être homo, ni d’écrire sur l’homosexualité, ni d’aborder la sexualité adolescente. Tu as parfaitement le droit d’explorer ces thèmes, et tu n’as pas à t’en justifier. Ce qui compte, c’est la manière dont tu le fais - avec conscience, éthique et intention littéraire.

   Pour moi, ce que tu offres dans ton écriture est une tranche de vie, voire « une tranche de vit » au sens le plus brut, le plus intime, le plus sensoriel du terme. Une tentative de saisir un moment fondateur, un trouble, une mémoire qui déborde. Une ode à tes appétits intimes, à tes contradictions, à tes paysages intérieurs - comme il y en a eu des milliers dans l’histoire de la littérature, parce que c’est précisément ce que la littérature sait faire : rendre dicible ce qui est délicat, trouble, fragile, parfois honteux, parfois lumineux, aux yeux de ceux – pardonne-moi l’expression – qui auraient eu la malchance de naître avec un balai dans le cul, ou seraient devenus des parangons de pudeur peu trop « prout prout ma chère ».

   Bref, tu n’as pas à t’excuser d’entrer dans cette tradition. Tu y participes, tout simplement. Et surtout : ne cherche pas à te faire aimer par les homophobes. Leur regard n’est pas un horizon, ni un juge, ni un public à conquérir. On ne négocie pas son existence avec ceux qui la refusent. On n’écrit pas pour amadouer ceux qui voudraient que tu te taises, que tu t’effaces ou que tu t’excuses d’être toi.

   Ton texte n’a pas à se plier à leurs attentes, ni à se rendre « acceptable » pour eux. L’écriture n’est pas un exercice de respectabilité, encore moins quand elle touche à l’intime, au désir, à la construction de soi. Tu écris pour dire quelque chose de vrai, pas pour rassurer ceux que ta vérité dérange.

   Ce que tu explores - la mémoire, le trouble, la découverte de soi, les zones grises de l’adolescence - fait partie de l’histoire littéraire depuis des siècles. Tu n’inventes pas un scandale : tu t’inscris dans une lignée d’auteurs qui ont tenté de comprendre ce qui les a façonnés. Et c’est légitime, nécessaire, et même courageux.

   Maintenant, pour ce qui est du texte lui-même : il y a vraiment de très belles choses. On sent une voix, une sensibilité, une densité d’images et de sensations. Certaines phrases sont de vraies pépites, des éclats qui montrent que tu as un rapport très instinctif et riche à la langue.
   
   En même temps, le bloc gagnerait à être beaucoup plus aéré. Là, tout est pris dans un flux continu, très compact, qui finit par étouffer les trouvailles. En découpant, en créant des respirations, tu donnerais à chaque idée, chaque image, chaque émotion la place qu’elle mérite.

   Il y a aussi pas mal de formulations approximatives, des tournures qui accrochent un peu ou qui semblent écrites trop vite. Rien de grave : c’est le genre de rugosité qui disparaît avec un travail de reprise. Mais pour l’instant, ça pique un peu les yeux par endroits et ça brouille la lecture.

   Bref 2 : tu as de la matière, tu as une voix, tu as des fulgurances.  Avec un peu de travail sur la forme - aération, précision, rythme - tu pourrais vraiment faire ressortir la force de ce que tu veux dire.

   J’ai bien lu ce que tu dis sur l’urgence, la confusion volontaire, le fait que le bloc soit « indétachable »» et doive se lire d’une traite. Je comprends l’intention, vraiment. Mais je vais être honnête : ça ne doit pas devenir un prétexte pour considérer le texte comme « parfait tel quel ». L’urgence peut être une énergie d’écriture, mais elle n’est pas une méthode de révision. Et la confusion peut être un choix esthétique, mais elle ne doit pas servir d’armure contre les retours.

   Dire « c’est pensé comme ça, je ne peux pas faire autrement », surtout sur un site d’entraide littéraire, ça sonne un peu comme : je veux des avis, mais seulement s’ils confirment ce que j’ai déjà décidé. Et c’est dommage, parce que ton texte a vraiment du potentiel, et il gagnerait énormément à être travaillé.

   Un texte peut être conçu comme un bloc, et malgré tout être retravaillé, affiné, sculpté. Regarde Céline, Faulkner, Guibert, Ernaux, même Proust : tous ont écrit des blocs, des flux, des monolithes. Aucun ne les a laissés bruts. Le travail, c’est ce qui transforme l’urgence en littérature. Juste cette anecdote, pour écrire son fabuleux « Voyage au bout de la nuit » Céline a noirci pas moins de 10.000 feuillets qu’il a réduit au fil du temps - comme peau de chagrin - à 500 pages. C’est ce qu’il appelait   joliment « Mettre sa peau sur la table, sinon on n’a rien ». Sans prétention aucune, j’écris depuis mon adolescence (j’ai 64 balais à présent), j’ai lu pléthore de livres et pense savoir tenir un stylo. Tout autant, si je viens sur ce site, ce n’est pas pour me pommader mais pour rencontrer des personnes comme Murex qui, actuellement m’aide à ciseler magnifiquement mon texte de SF, de manière quasi chirurgicale, au mot près, à la virgule près. Tout cela pour te dire : oublie ton ego, ne pense qu’à ton texte, à tout ce qui pourrait l’enrichir. Car c’est ton texte qui est le plus important, pas toi. Personne ne te connaît. Les lecteurs apprendront d’abord à connaître ton texte, et te salueront in fine si ils l’ont apprécié.

   Et puis, soyons honnêtes : le bloc n’est pas le problème. La lisibilité, si. Un bloc peut être lisible. Le tien, pour l’instant, ne l’est pas complètement. Pas parce que l’idée est mauvaise, mais parce que la forme n’est pas encore au niveau de l’intention.

   Tu as des pépites, des images splendides, une vraie voix. Mais tu as aussi des formulations approximatives, des glissements syntaxiques qui accrochent, des phrases qui se perdent. Ça ne retire rien à ta sensibilité - ça montre juste que le texte a besoin d’un deuxième souffle.

   L’urgence, c’est ce qui fait naître un texte. Le travail, c’est ce qui le fait tenir debout.

   Et tu as largement de quoi en faire quelque chose de fort, et même en rajouter quelques couches, crois-moi.

   Bien à toi !


Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
  • Messages: 401
Re : Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« Réponse #2 le: 04 Juin 2026 à 23:15:44 »
Salut kokox, merci beaucoup pour ton com, pour tes compliments comme tes réserves, j'vais essayer de te répondre méthodiquement, point par point, ça fait longtemps que j'ai pas fais l'exercice, ça risque d'être un peu confus/brouillon, pas grave.

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Ce que je vais te dire en premier lieu n’est que mon point de vue, rien de plus. En premier lieu : surtout ne t’excuse pas d’être homo, ni d’écrire sur l’homosexualité, ni d’aborder la sexualité adolescente. Tu as parfaitement le droit d’explorer ces thèmes, et tu n’as pas à t’en justifier. Ce qui compte, c’est la manière dont tu le fais - avec conscience, éthique et intention littéraire.

Je crois pas m'être excusé d'être gay, ni d'aborder l'homosexualité. En fait ma question était : est ce que justement, j'ai réussi à aborder ça de façon éthique.
Je sais que j'ai tendance à désamorcer souvent des scènes/des réflexions par l'humour, pour éviter l'emphase (parce que j'ai encore du mal à assumer une littérature 1er deg, je me sens pas encore légitime/prêt pour ça), pour faire en sorte que l'écriture reste légère malgré parfois le sérieux/la tristesse d'un sujet, et je sais que ça peut vite sonner edgy, p'tit con, inconscient de l'importance d'un sujet.
Du coup c'était ça surtout ma question d'avant propos : est ce que la crudité et l'humour du texte ne le rendent pas malaisant, sachant qu'on parle de sexualité adolescente ?

Citer
Bref, tu n’as pas à t’excuser d’entrer dans cette tradition. Tu y participes, tout simplement. Et surtout : ne cherche pas à te faire aimer par les homophobes. Leur regard n’est pas un horizon, ni un juge, ni un public à conquérir. On ne négocie pas son existence avec ceux qui la refusent. On n’écrit pas pour amadouer ceux qui voudraient que tu te taises, que tu t’effaces ou que tu t’excuses d’être toi.
Je vois pas où cette intention transparait dans le texte ou l'avant propos ? Je parle dans le texte de honte mais j'en parle moins pour "expier mes pêcher", pour montrer patte blanche, pour me faire pardonner, que pour en faire témoignage ; je pense que le texte en quelque sorte montre ce qui mène à la honte : le contexte rural, la présence de la religion et sans doute les traces, dans l'entourage proche ou lointain, d'éducation religieuse, l'homophobie ambiante, et sans doute plus tard j'en parlerai, l'absence, l'invisibilisation de représentations homosexuel.
Y'a aucun moment, il me semble, où j'essaye dans le texte de me faire valider par les hétéros ou les homophobes ; je crois que je met suffisamment d'amour dans la description de la sensualité pour les dégouter, je crois que je dis assez combien ça rend heureux le narrateur, je crois aussi qu'à aucun moment il n'éprouve de regret, sinon du garçon lui même, de sa disparition, puis de la honte qui suit, de ses stratégies pour s'assumer.

Citer
En même temps, le bloc gagnerait à être beaucoup plus aéré. Là, tout est pris dans un flux continu, très compact, qui finit par étouffer les trouvailles. En découpant, en créant des respirations, tu donnerais à chaque idée, chaque image, chaque émotion la place qu’elle mérite.

   Il y a aussi pas mal de formulations approximatives, des tournures qui accrochent un peu ou qui semblent écrites trop vite. Rien de grave : c’est le genre de rugosité qui disparaît avec un travail de reprise. Mais pour l’instant, ça pique un peu les yeux par endroits et ça brouille la lecture.

   Bref 2 : tu as de la matière, tu as une voix, tu as des fulgurances.  Avec un peu de travail sur la forme - aération, précision, rythme - tu pourrais vraiment faire ressortir la force de ce que tu veux dire.

   J’ai bien lu ce que tu dis sur l’urgence, la confusion volontaire, le fait que le bloc soit « indétachable »» et doive se lire d’une traite. Je comprends l’intention, vraiment. Mais je vais être honnête : ça ne doit pas devenir un prétexte pour considérer le texte comme « parfait tel quel ». L’urgence peut être une énergie d’écriture, mais elle n’est pas une méthode de révision. Et la confusion peut être un choix esthétique, mais elle ne doit pas servir d’armure contre les retours.

   Dire « c’est pensé comme ça, je ne peux pas faire autrement », surtout sur un site d’entraide littéraire, ça sonne un peu comme : je veux des avis, mais seulement s’ils confirment ce que j’ai déjà décidé. Et c’est dommage, parce que ton texte a vraiment du potentiel, et il gagnerait énormément à être travaillé.
Héhé peut-être je me suis mal exprimé dans l'avant propos, je voulais vraiment pas qu'on comprenne mon "mais je ne sais pas comment faire autrement, ça a été construit et pensé comme ça", en "je veux des avis, mais seulement s’ils confirment ce que j’ai déjà décidé", c'était pas du tout le projet  :D D'ailleurs je le dis après "je veux bien vos retours concernant la lisibilité du truc, vos avis, vos réserves sur le style, si y'a des trucs trop nian nian, trop pompeux, les fautes aussi j'suis preneur ; globalement : est ce que ça prend ?"
En fait ce que j'essayais de dire maladroitement, c'est qu'en gros je suis conscient que "ça fait un bloc", "c'est pas respirable", "c'est pas aéré", parce que c'est l'intention, c'est voulu, et faut être ok avec le contrat ; en fait je voulais juste informer les lecteurs : oui le bloc, l'irrespirabilité du texte est voulu, par contre : est ce que ça marche ? est ce que c'est suffisamment bien exécuté, qu'est ce qui va pas dans le flux, où est ce que ça accroche vraiment trop, qu'est ce que je pourrais changer, etc. ; j'ai envie que mon texte déroute, mais je ne veux pas que ça soit illisible ! Mais du coup loin de moi l'idée de penser que le texte est "parfait tel quel", je sais pas si c'est ce que renvoyait mon avant propos mais tellement pas ; si aujourd'hui je publis ça sur le mde c'est que je sais que c'est pas le cas, je sais bien qu'il y a des choses qui ne vont pas mais je les vois pas, j'ai pas le recul ; de même je sais bien que le mde n'est pas une vitrine, mais un espace d'entraide.

C'est marrant que tu dise que ça a été écris trop vite : au contraire ça a été écris trop lentement ; mais j'suis assez content qu'à tes yeux c'est une espèce de précipitation qui ressorte, parce que vraiment y'a rien de moins spontané que ce petit texte ciselé pendant 1 an, de 1900 mots à peu près, et de 34 000 mots partis à la poubelle  :D
J'entend pour les tournures qui accrochent, y'en a beaucoup des volontaires, justement pour donner cet effet oral/courant de conscience un peu (je pense à "joyer", à "mucophager", à plein de moment où ça bégaye un peu, les transitions entre la scène du garçon précipitée et les moments au présent plus réflectifs et structurés, cadrés, ponctués), mais sans doute qu'il y en a que j'ai pas vu, ou d'autres que j'ai fabriqué mais qui sonnent vraiment trop mal (j'suis chaud si y'a des courageux pour me préciser, j'ai tellement le texte dans la gueule que je vois plus grand chose)

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Là, tout est pris dans un flux continu, très compact, qui finit par étouffer les trouvailles. En découpant, en créant des respirations, tu donnerais à chaque idée, chaque image, chaque émotion la place qu’elle mérite. [...] Mais pour l’instant, ça pique un peu les yeux par endroits et ça brouille la lecture.
Là deux choses qui illustre un peu mon propos d'avant : pour ce texte effectivement, je me suis reffusé une écriture de la "trouvaille", de "l'aphorisme", en fait je pense même qu'au final je ne refuse pas les trouvailles, mais je les noies volontairement dans un flux continue pour les atténuer (y'a peut-être une contradiction entre mon intention de faire un flux monotone et continue et mon envie de toujours vouloir enjoliver, de "faire du beau" au lieu de suivre scrupuleusement le programme ; je ne sais pas encore comment régler cette contradiction : atténuer les fulgurances, rendre le texte plus "plat", ou au contraire, comme tu le suggères, mettre du relief, des respirations, rendre ça moins dense, pour que tout soit plus clair, pour mettre en valeur les différentes "fulgurances"). Je suis pas mal séduit dans la musique par la densité, j'ai essayé pour ce texte d'imiter une manière de fugue à la Bach où jamais ça ferme sa gueule, où y'a comme un cheminement continu, entremêlé, complexe, hypnotisant de deux voix, qui quand la musique s'arrête nous fait réaliser à quel point c'était plein, à quel point ça nous remplissait, presque ça nous enveloppait (on a l'impression quand ça s'arrête qu'on nous a enlevé un habit douillet), comme des pensées qui fusent à mille à l'heure, et qui quand elles s'arrête nous donne l'impression d'avoir fait tout un voyage, de revenir de loin, d'être épuisé. C'est un peu ça je crois, intellectuellement, donc approximativement, l'intention du texte.
Pour l'histoire de brouillage, je vais être insupportable encore, mais je suis content que ç'ait eu cet effet à la lecture : le narrateur est confus, urgent, et j'aimerais que le lecteur vive cette confusion, cette urgence avec lui, que comme lui il trouve des sortes d'îlots où il peut se reposer, pour ensuite repartir dans la confusion, dans une sorte de flou général où apparaissent, disparaissent puis reviennent les mêmes motifs (route, joie, garçon, chambre, campagne, sexualité, etc) en boucle, d'où le titre de "circuit", comme si le texte pouvait se dérouler en boucle comme ça pendant longtemps, comme quand on rumine, y'a une idée d'obsessionnalité. Après pareil : j'ai à coeur quand même que ça ne soit pas totalement hermétique, insuivable, faut qu'on ai envie de rester dans la lecture, pour ça ma demande : est ce que ça prend ? et sinon, comment faire pour que ça prenne mieux ? c'est où que je vous ai perdu ?

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Un texte peut être conçu comme un bloc, et malgré tout être retravaillé, affiné, sculpté. Regarde Céline, Faulkner, Guibert, Ernaux, même Proust : tous ont écrit des blocs, des flux, des monolithes. Aucun ne les a laissés bruts. Le travail, c’est ce qui transforme l’urgence en littérature. Juste cette anecdote, pour écrire son fabuleux « Voyage au bout de la nuit » Céline a noirci pas moins de 10.000 feuillets qu’il a réduit au fil du temps - comme peau de chagrin - à 500 pages. C’est ce qu’il appelait   joliment « Mettre sa peau sur la table, sinon on n’a rien ».
Toi qui a lu Faulkner (ou même Simon qui va plus loin encore), tu dois connaitre cette jubilation d'être perdu au milieu du livre, presque d'avoir peur et de t'accrocher à tous les indices, et de devoir les assembler fébrilement pour faire tenir l'histoire dans ta compréhension, ou au contraire de te laisser aller, de relâcher ta lecture, de ne pas lutter, de goûter la puissance poétique de sa langue. J'aime beaucoup Faulkner et sans doute je me souviendrai toujours de Absalon Absalon, c'est une démarche d'écriture et de construction qui me parle beaucoup - ces mêmes motifs qui se répètent en boucle, en infini variation, qui s'éclaircissent, se complexifient, se modifient sans cesse, dans une langue haletante, où les quadratins et les parenthèses se chevauchent et malgré tout la phrase retombe toujours sur ses jambes, cette histoire sordide ruminée mythologiquement comme par différents dieux déchus, avec cette conscience aigu, toujours en tension et retenue, de l'inévitable fin tragique de l'histoire, c'est brillant - ; c'est des trucs dont je voudrait me rapprocher un jour, c'est clair.
Je connais bien cette histoire de Céline, ainsi que sa ritournelle de peau sur la table, je la cite, et m'y fis, et en use souvent. En même temps je ne sais pas bien ce que ça veut dire : est ce que le gamin qui s'applique à faire un beau dessin et se plonge en lui toute une après midi pour le finir, est ce qu'il met pas sa peau sur la table ? est ce que la daronne qui fabrique patiemment pendant des mois les pulls de ses enfants ne met pas la peau sur la table ? est ce que c'est au bout de 500 000 et non 34 000 mots déchets que la peau est mise sur la table ? comment on quantifie la sincérité d'une création ? 
En fait je veux bien que ça ne soit pas assez travaillé, mais c'est vague comme information ; de plus j'ai "travaillé" justement la perdition des phrases, les glissements syntaxiques, l'approximation (à voir la lisibilité et la pertinence de certaines d'entres elles, c'est de ce genre de retours dont j'aurais besoin : comment améliorer l'approximation pour qu'elle soit plus approximative, ou qu'on comprenne sa nécessitée, comment mieux perdre, ou au contraire mettre quelques balises dans le brouillard, comment mieux glisser syntaxiquement pour que ça ne paraisse pas involontaire mais voulu (comme la chute esthétique, presque confortable, d'un cascadeur) : j'ai misé sur la répétition de ces procédés tout au long du textes, pour faire comprendre au lecteur qu'ils sont volontaires, mais oui je suis d'accord, il y a d'autres choses à ajuster, je les cherche).

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Sans prétention aucune, j’écris depuis mon adolescence (j’ai 64 balais à présent), j’ai lu pléthore de livres et pense savoir tenir un stylo. Tout autant, si je viens sur ce site, ce n’est pas pour me pommader mais pour rencontrer des personnes comme Murex qui, actuellement m’aide à ciseler magnifiquement mon texte de SF, de manière quasi chirurgicale, au mot près, à la virgule près. Tout cela pour te dire : oublie ton ego, ne pense qu’à ton texte, à tout ce qui pourrait l’enrichir. Car c’est ton texte qui est le plus important, pas toi. Personne ne te connaît. Les lecteurs apprendront d’abord à connaître ton texte, et te salueront in fine si ils l’ont apprécié.
Haha mais pourquoi je me fais daronner  :D
Pourquoi tu as senti que je venais ici pour me faire "pommader" ? T'in si je veux me faire pommader de un je viens pas sur le mde, de deux je met pas plus d'un an à écrire un texte intime aux partis pris que y'a que moi qui comprend, de trois j'écris juste des jolis aphorismes qui font penser sur twitter  :D
Pour l'ego non non je l'oublie pas, c'est bien l'ego en vrai, c'est ce qui fait que tu me daronnes, c'est ce qui fait que je réplique, c'est ce qui créer des interactions complexes, des singularités, c'est ce qui nous fait écrire 5 pages de coms et 4 de réponse ; en revanche oui je plussoie : je pense comme toi que l'écriture est aussi un travail collectif, que l'aide est précieuse et édifiante dans ce travail solitaire, que les autres peuvent être des phares pour notre radeau branlant.

Merci beaucoup en tout cas pour ton retour ; en vrai j'suis casse couille à toujours me justifier je sais, mais je sais aussi que ce que tu me dis maintenant vas cheminer, j'ai cogité mine de rien à te répondre, en ça je te remercie ; je sais que j'ai besoin de temps et de recul pour mieux voir, le texte est tout frais, je l'ai fini y'a pas deux semaines ; je sais que c'est beaucoup demander, mais si je pouvais connaitre les endroits du texte où ça devient illisible ça m'aiderai beaucoup, les moments où vous décrochez aussi, etc

À plus !
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 995
Re : Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« Réponse #3 le: 06 Juin 2026 à 09:01:15 »
Merci pour le partage de ton texte.

Je dois reconnaître que je n'ai pas toujours tout compris. Ton texte est un bloc et, des fois, après des virgules, tu mets des majuscules, si bien que j'ai eu du mal à savoir lorsque tu passais d'une phrase à l'autre et même d'un paragraphe à l'autre.
Je pense que pour une meilleure qualité de lecture, tu devrais faire des paragraphes. Ça le rendrait plus clair et, surtout, plus plaisant à lire.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
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Re : Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« Réponse #4 le: 06 Juin 2026 à 10:31:25 »
Salut Safrande,

Pour te répondre sincèrement - et reprendre ton expression - tu psychotes encore à mon avis. Tu te poses beaucoup trop de questions, comme en attestent ta réponse archi détaillée longue comme le bras.

Un conseil des plus simplets, respire et laisse respirer ton texte. Laisse le mariner un/deux/trois mois, puis relis-le à voix haute, vite et lentement (c'est ce que je fais), comme si c'était le texte d'un autre. Laisse-le te parler. Écoute-le. Si tu y prêtes attention, il te diras ou ça coince, où tu peux le soulager.

Pour le bloc, je comprends on ne peut mieux ton intention, et je ne remets pas ça en cause. Je sais très bien que le flux, la confusion, la densité peuvent être des choix esthétiques.

Mon point de vue n’était pas : “il faut l'aérer parce que c’est mal écrit”, mais plutôt : “même un bloc peut être retravaillé pour gagner en lisibilité sans perdre son effet”. Je ne dis pas que tu dois tout casser, juste que certaines zones gagneraient à être affinées pour que le lecteur reste dans le mouvement sans décrocher.

Quand je parle de tournures approximatives ou de passages qui accrochent, ce n’est pas pour dire que tu écris vite ou mal. C’est juste que, dans un texte aussi dense, la moindre aspérité peut faire trébucher le lecteur.

J'ai dû écrire environ 80 nouvelles en 10 ans. Fort heureusement (c'est très sincère), j'ai la chance qu'elles n'aient pas encore été publiées. Si bien que je peux me permettre de les retoucher au fil du temps comme bon me semble, tels des tableaux dont l'huile n'aurait pas encore séchée. De fait, je ne te raconte pas l'évolution de certaines - deux ratures ici, trois ratures là, cela se corrige tout seul, sans scrupules, sans aucun effort. Les ciseaux, la corbeille, le montage cinéma, il n'y a rien de mieux pour peaufiner un texte, tu peux me faire confiance.

Voilà, voilà, je vais m'arrêter là !

Bien à toi !





Hors ligne Jo-Guitar

  • Plumelette
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Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« Réponse #5 le: 06 Juin 2026 à 12:07:22 »
Bonjour Kokox

Tu n'as pas à justifier de tes préférences. L'intrigue en elle-même est fort plaisante à lire. Par contre pour rendre cette lecture plus facile, il faudrait découper le texte en paragraphes distincts. Le texte serait moins dense et l'ensemble plus aéré.

Ce n'est pas un conseil, ce n'est pas une recommandation, je ne me le permettrais pas. Juste une réflexion personnelle.

Merci pour cette histoire distrayante...
Il y a des écrivains et il y a mes écrits vains - Récréatifs - Sans prétentions littéraires -
https://www.youtube.com/watch?v=nEJig3KggcI

Hors ligne Safrande

  • Calliopéen
  • Messages: 401
Re : Le circuit du garçon - ! Explicite, sexualité ! -
« Réponse #6 le: 07 Juin 2026 à 19:14:39 »
Hello tout le monde, merci pour l'attention que vous prêtez au texte !

Je vais essayer de faire réponse groupé

Cendres :

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Ton texte est un bloc et, des fois, après des virgules, tu mets des majuscules
C'est un truc qui se fait beaucoup dans le nouveau roman, et même dans la littérature contemporaine, de mettre juste une majuscule pour introduire une parole, au lieu du deux point ouvrez les guillemets ; perso c'est un truc que j'affectionne parce que ça permet de ne pas cassez le flux, ça a un côté moins engoncé qui me plait aussi, je peux comprendre aussi pourquoi ça rebute, pourquoi ça peut déstabiliser.

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et même d'un paragraphe à l'autre.
En fait le texte a été pensé sans paragraphe, c'est normal de pas savoir quand on passe d'un paragraphe à l'autre ; par contre effectivement y'a un aller retour constant entre la scène concrète des deux gamins et les pensées présentes du narrateur : je voulais que ça donne cette impression qu'en même temps que le narrateur pense et intellectualise cette histoire, cette histoire et ce moment précis très charnel et matériel viennent parasiter ses pensées, mais c'est difficile à mettre en place.

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Je pense que pour une meilleure qualité de lecture, tu devrais faire des paragraphes. Ça le rendrait plus clair et, surtout, plus plaisant à lire
Oui mais je perdrais aussi peut-être l'intention initiale du texte, à savoir que j'ai voulu faire une espèce de matière compacte, surchargée, qui surgit d'un coup et se ramifie et reboucle à l'infini, etc (ça c'est l'intention, l'exécution n'est pas au niveau je le sais), je voulais essayer de traduire par la forme une espèce de rumination qui ne connait pas de pause, qui arrive d'un coup, qui produit un sentiment excessif (à l'image de la joie), pour repartir aussitôt. :neutre:
C'est branlant je sais, l'explication est abstraite et sert de justification plus ou moins pertinente et nécessaire (de toute façon à partir du moment où on doit expliquer c'est que c'est loupé), mais c'est ce qui explique le bloc
En tout cas effectivement, t'as bien compris ce qui se déroulait dans le texte, tout n'est pas perdu  :D
Merci beaucoup pour ton retour Cendres  ;D

kokox :

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Pour te répondre sincèrement - et reprendre ton expression - tu psychotes encore à mon avis. Tu te poses beaucoup trop de questions, comme en attestent ta réponse archi détaillée longue comme le bras.
Ah oui bon d'accord  :D En fait j'essayais d'échanger et de détailler la conception de mon texte, de reprendre point par point tes critiques, de relever les endroits où je les considère, où je les trouve pertinentes, les endroits où je trouve ça moins justifié, où je demande peut-être plus de précision, de la discussion au final, de l'échange, mais j'ai l'impression que tu balayes ça d'un revers de main d'un "tu psychotes", et "réponse longue comme le bras" - j'ai conscience d'être long par écrit, de théoriser trop mon truc, d'être bavard pour rien, mais je jure que c'est pas exprès pour décourager ou contredire, c'est pour avoir des précisions, pour faire avancer le texte, pour qu'on comprenne mieux ma démarche, et du coup qu'on me fasse des retours en conséquence, qu'on m'aide à obtenir un résultat qui marcherait mieux, pour moi comme pour les autres. Tu peux pas me reprocher de te répondre précisément et de me clarifier quand tu me demande de répondre à des critiques comme :

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ça ne doit pas devenir un prétexte pour considérer le texte comme « parfait tel quel ». L’urgence peut être une énergie d’écriture, mais elle n’est pas une méthode de révision. Et la confusion peut être un choix esthétique, mais elle ne doit pas servir d’armure contre les retours.

   Dire « c’est pensé comme ça, je ne peux pas faire autrement », surtout sur un site d’entraide littéraire, ça sonne un peu comme : je veux des avis, mais seulement s’ils confirment ce que j’ai déjà décidé. Et c’est dommage, parce que ton texte a vraiment du potentiel, et il gagnerait énormément à être travaillé.

ou

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si je viens sur ce site, ce n’est pas pour me pommader

Je publie sur le mde justement parce que je doute de ce que j'écris, j'ai des questions, si c'était pas le cas j'enverrais direct aux md !
En plus je parlais de psychose par rapport à ton premier com qui me faisait penser à de l'ia en parti - genre texte généré par l'ia à partir d'un prompt puis retravaillé un peu pour l'affiner/le singulariser, tu m'as dis que non, ça roule, je passe à autre chose.

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Un conseil des plus simplets, respire et laisse respirer ton texte. Laisse le mariner un/deux/trois mois, puis relis-le à voix haute, vite et lentement (c'est ce que je fais), comme si c'était le texte d'un autre. Laisse-le te parler. Écoute-le. Si tu y prêtes attention, il te diras ou ça coince, où tu peux le soulager.
Oui oui, 100% d'accord avec ça, c'est ce que je fais aussi tout le temps ; mais si je poste sur le mde, c'est aussi pour compléter cette méthode qui consiste à être patient : c'est que parfois, d'autres points de vues peuvent te faire réaliser des trucs que t'aurais mis 1 an/2 ans à voir, c'est ça qui est magique avec les retours ; si je poste là c'est aussi que j'ai besoin d'aide, le travail en solo je l'ai fais, le futur n'est pas encore là, en attendant je fais lire, j'essaye de récolter le plus d'avis possible, ça me fera un idée globale du touti.

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Je ne dis pas que tu dois tout casser, juste que certaines zones gagneraient à être affinées pour que le lecteur reste dans le mouvement sans décrocher.
Yes, c'est pour ça aussi, j'suis chiant mais j'insiste, que des avis sur des passages précis du texte m'aiderai beaucoup, ça me ferait me rendre compte à quel point à tel endroit c'est trop illisible, à quel autre c'est trop brouillon, pourquoi telle broutille syntaxique peut avoir des conséquences si grave sur la compréhension, etc.

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Quand je parle de tournures approximatives ou de passages qui accrochent, ce n’est pas pour dire que tu écris vite ou mal. C’est juste que, dans un texte aussi dense, la moindre aspérité peut faire trébucher le lecteur.
Ouais ça je capte, je pense que je vais revoir la plupart des excentricités, je me rend compte que la plupart sont gratos ou juste pour rigoler ou juste pour capter l'attention du lecteur, mais ça donne plus de questions qu'autre chose, y'a du lissage en perspective.

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Si bien que je peux me permettre de les retoucher au fil du temps comme bon me semble, tels des tableaux dont l'huile n'aurait pas encore séchée. De fait, je ne te raconte pas l'évolution de certaines - deux ratures ici, trois ratures là, cela se corrige tout seul, sans scrupules, sans aucun effort. Les ciseaux, la corbeille, le montage cinéma, il n'y a rien de mieux pour peaufiner un texte, tu peux me faire confiance.
Ouais je comprends bien tout ça, je fais la même. Une phrase sur un ancien texte à laquelle on tenait de tout cœur au moment de l'écrire, après quelque années on a aucun mal à la virer pour se rapprocher au plus près de l'intention/de l'efficacité du texte, ça c'est scientifique ; le temps nous fait perdre un peu cet attachement irrationnel qu'on peut éprouver pour des choses anecdotiques et qui se révèlent être contreproductives.

Merci kokox pour ta réponse  :)

Jo Guitar :

Merci pour ton retour, j'suis content de lire que l'intrigue puisse être plaisante, j'en demande pas plus ; pour les paragraphes, l'aération, la facilité, effectivement c'est pas l'effet recherché, qui est celui justement de la densité, la surabondance, l'urgence et la confusion, mais je prend note, tu n'es pas le premier à me le dire, tu ne seras pas le dernier non plus, je vais voir comment améliorer tout ça  ;D

Merci à tous !
« Modifié: 08 Juin 2026 à 01:11:25 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

 


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