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Whaou ! Votre fils serait-il un futur tragédien ou acteur ?
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Hello Maxence,
Votre texte est un territoire de mémoire, non pas figé, mais mouvant, fissuré, presque organique. Sous le bitume, il ne déterre pas seulement des objets : il exhume des traces, des restes, des présences minuscules qui, mises bout à bout, composent une sorte d’archéologie intime.
J’ai été particulièrement sensible à ce vers qui revient comme une respiration : "Sous le bitume, je marche sur ce que j’ai oublié en moi." tel un refrain structurant, qui serait héritier de la villanelle mais affranchi de sa géométrie, il donne au poème une profondeur singulière, comme si chaque pas sur le sol fatigué réveillait une part enfouie, un fragment de soi que la ville nous vole et conserve malgré nous.
Les images : le jouet cassé, la photo sans visage, l’arbre qui surgit d’un parking, le pigeon coincé dans l’escalator... Toutes ont cette force rare, capable de transformer le banal ou l'absurde en révélateur. Elles appuient une mémoire qui ne se laisse pas effacer, même lorsqu’elle se dissimule sous des couches de goudron et autant d’habitudes.
Merci pour ce texte, il chante la ville sur un air de faubourg que le battement d'un cœur prodigieux se plait d'accompagner.
Robert
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Chère Alma, le cœur d'une femme a des saisons que même un long hiver ne saurait fuir...
Votre texte touche aussi en raison de la justesse avec laquelle il lie, ensemble, la fragilité et la force. Vous parlez d’un cœur fissuré, mais non détruit, et cette nuance a son importance. Elle témoigne d'une résistance silencieuse. Laquelle s'obtient d'une capacité devenue rare. Celle qui permet de tenir malgré les cassures, sans pour autant chercher à les effacer.
J’ai été particulièrement sensible à la vision philosophique qui justifie votre manière de détourner l’image du kintsugi.
Vous refusez l’or, la réparation miraculeuse, pour lui préférer le fil, tiré serré, parfois maladroit mais tiré de main humaine. Il y a là une vérité rare : on peut tout réparer (ou presque) mais l'acte ne débouche que rarement sur la possibilité d'un embellissement (sans pour autant l'exclure totalement !) Sauf que, effectivement, ce geste d'âme consiste avant tout à maintenir, reprendre, recommencer.
C’est un geste humble, mais d’une grande dignité.
Les ronces que vous évoquez m’ont également frappé. Comme les roses, elles blessent, oui, mais leurs épines sont censées les protéger aussi. Vous le rappelez avec une grande lucidité. Tout en faisant foi de quelque chose qui demeure vivant. Cette affirmation, simple et puissante, donne à votre texte une profondeur singulière : ce n’est pas un cœur intact qui s’ouvre, mais un cœur qui connaît le risque encouru et choisit malgré tout de s'offrir encore. Là aussi, on pense à la rose qui sans cesse renait... toujours belle !
Bien à vous poétesse, Robert
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« Dernier message par Maxence le Aujourd'hui à 18:50:03 »
Vous avez saisi avec une grande justesse ce que je cherchais à dire...
Donc : "la messe est dite" ! 
Bravo pour ce recueil d'expressions joliment et astucieusement poétisé !
J'avoue m'être arrêté plus particulièrement sur l'expression "Les loges gardent ce qui tombe" qui signifie, du moins il me semble, que certaines gens ont tendance à amasser l'entièreté de ce qu'ils obtiennent. Ceci plutôt que partager le superflu avec ceux qui n'ont rien.
(Du coup : j'ai en tête la première version de la chanson pour les Restos du Cœur)
Bien sincèrement de Robert.
Merci beaucoup, Robert, pour votre lecture attentive et votre appréciation. En réalité, l'expression « Les loges gardent ce qui tombe » n'évoque pas ici l'accumulation matérielle ou le refus du partage. Dans le texte, les « loges » symbolisent plutôt les coulisses d'un milieu où restent enfouis les gestes déplacés, les regards, les paroles tues ou minimisées. Comme le résume l'ensemble du poème, il s'agit d'une réflexion sur le silence collectif, le déni et les mécanismes qui conduisent à discréditer ceux qui parlent ou témoignent, tandis que certains faits restent connus mais rarement nommés. (Pourquoi ce texte... Affaires Bruel, Gérard Miller, Jeffrey Epstein... Et tous les autres et majoritairement anonymes... MAIS veillons, nous, poètes novices ou confirmés au respect de la présomption d'innocence, principe fondamental de l'État de droit..) Merci encore d'avoir pris le temps de partager votre interprétation, qui montre combien les images poétiques peuvent ouvrir des lectures différentes. Bien cordialement.
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« Dernier message par AlmaVeyre le Aujourd'hui à 18:19:15 »
Robert, Spoiler alert !!! Dès le lendemain je me suis rendue chez mon gentil libraire pour ramener à la maison L’Iliade  Bien à vous, Alma
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« Dernier message par Claudius le Aujourd'hui à 18:06:58 »
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Maxence,
Merci beaucoup pour votre lecture : moi qui m'interrogeait quasiment sur le fait de n'avoir eu hier que des lectures sans avis, me voila cette fois ravi ! Vote touche de précision et l’attention que vous portez aux mouvements internes du texte me seront utiles.
Vous évoquez cette architecture de glissements, de reflets et de paronomases : c’est exactement ce que j'ai ressenti durant mon écriture. C'est ce qui m'a offert d’avancer, là où un mot en appelle un autre, non par simple jeu, mais parce que chacun d'eux ouvre une brèche, un passage, une résonance inattendue de moi-même !
Votre manière de lire ce voyage — à la fois intérieur, symbolique et presque oraculaire — rejoint très intimement ce que j’espérais laisser affleurer : une quête qui oscille entre doute et illumination, où l’illusion et la révélation finissent parfois par se confondre dans une même tension vers le sens tel que humainement perçu.
Je suis sensible à votre remarque sur la profusion verbale. Elle n’est pas là pour masquer, mais pour chercher : comme si la langue, en se déployant, tentait de cerner un centre encore fuyant.
Merci d’avoir perçu cela, et d’avoir accueilli le poème dans cette profondeur-là. Votre lecture analytique, jointe aux autres, éclaire même des zones que je croyais plus secrètes.
Bien à vous, Robert
Chère Alma,
Votre nouveau message m’a profondément touché. Ce que vous raportez de votre échange avec votre fils m’a donné ce frisson rare qui naît lorsque la parole, soudain, semble traverser les générations avec une simplicité presque miraculeuse.
Qu’un enfant de dix ans perçoive ainsi ce que les aèdes portaient — cette parole immense, fragile, transmise avant même l’écriture — cela dit quelque chose de très beau sur la manière dont certaines lueurs continuent de circuler, discrètement mais obstinément.
Votre fils évoquant Homère, puis exprimant le désir de lire L’Iliade et L’Odyssée, m’a ému bien au-delà de ce que je saurais dire. Il y a là une forme de continuité qui ne s’impose pas, qui ne s’enseigne pas, mais qui se reconnaît : un passage de voix, de souffle, de mémoire, qu'il vous conviendra ou non d'encourager.
Tout ceci me prouve qu’il existe encore "des oreilles capables d’entendre", et des voix nouvelles prêtes à reprendre le fil.
Merci pour cela, et pour la délicatesse de votre lecture.
Bien à vous, Robert
Hello Dian,
Je reviens sur ton retour pour te préciser ceci : mon texte n’est pas écrit en vers réguliers. Il relève du vers libéré, une forme rimée mais non métrique qui apparaît à la fin du XIXeme siècle chez Hugo (tardif), Laforgue ou Kahn, et qui ouvre justement la voie aux expérimentations modernes dont l’Oulipo se réclame.
L’absence de majuscule à certains vers est d’ailleurs là pour éviter toute lecture métrique. Il ne s’agit donc pas de “fausse versification”, mais d’un choix formel assumé, dans une tradition qui joue déjà avec la combinatoire et la liberté du souffle.
Bien à toi.
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« Dernier message par Maxence le Aujourd'hui à 17:01:38 »
Un poème sincère et émouvant, surtout dans la simplicité du regard...
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« Dernier message par Maxence le Aujourd'hui à 16:53:02 »
On sent un poème qui a pris un abonnement illimité à la piste de danse et aux jeux de mots… et qui refuse de rentrer chez lui 
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« Dernier message par AlmaVeyre le Aujourd'hui à 16:43:37 »
Robert,
Merci beaucoup pour votre réponse, elle me touche à mon tour.
Je suis heureuse de ne pas avoir trahi le mouvement de votre texte en le lisant ainsi. Ce que vous dites des Aèdes me parle particulièrement, car j’ai moi-même une fascination ancienne pour cette parole portée, transmise, presque chantée, où la mémoire, le récit et la musique ne sont pas séparés.
Il y a peu, j’échangeais justement avec mon fils à ce sujet. Il me disait que les aèdes accomplissaient quelque chose de très difficile : porter une parole immense, la garder vivante, la transmettre avant même qu’elle ne soit fixée par l’écrit. Il évoquait aussi Homère, cette figure à la frontière de la voix, de la mémoire et du texte. Venant d’un enfant de dix ans, je dois avouer que cela m’a rendue à la fois fière et assez subjuguée.
Lorsqu’il m’a dit qu’il souhaitait lire L’Iliade et L’Odyssée, j’ai eu le sentiment très vif que cette lueur dont vous parlez n’était pas seulement ancienne. Elle continue parfois de passer, très simplement, d’une génération à l’autre.
Votre texte m’a touchée aussi pour cela : parce qu’il ne cherche pas seulement à dire, mais à faire résonner une langue, à préserver une certaine façon d’entendre le monde.
Merci encore pour cet échange.
Bien à vous,
Alma
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