Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 décembre 2022 à 13:38:59
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Monsieur Minette

Auteur Sujet: Monsieur Minette  (Lu 954 fois)

En ligne Champdefaye

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Monsieur Minette
« le: 15 septembre 2022 à 11:42:03 »
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Il y a quelques jours, au milieu d’une balade, je suis passé devant la ferme de Monsieur Minette, un agriculteur que j’ai un peu connu. Monsieur Minette est mort il y a plusieurs années et je ne sais déjà plus combien. De son vivant, sa minuscule ferme avait nettement entamé la descente qui allait la conduire à l’effondrement. De son temps, le crépi n’était déjà plus qu’un souvenir presque oublié ; parmi les fenêtres, une seule avait encore ses carreaux et les volets des autres étaient toujours fermés ; le toit faisait des vagues, la porte de l’ancienne porcherie avait été remplacée par un bout de tôle ondulée et la petite cour ravinée était encombrée d’herbes folles et de vestiges de matériels agricoles. Maintenant, Monsieur Minette est mort et sa ferme est en ruines.

Le tracteur de Monsieur Minette avait son âge, celui de Monsieur Minette, indéfinissable. Il avait dû être rouge vif, il donnait maintenant dans les rouges vieille tuile, éclaboussé de larges coulures d’huile sombres. Il ne faut pas croire qu’il ne travaillait pas, Monsieur Minette. Je le voyais souvent apporter de l’eau ou du sel à ses vaches et ses veaux, labourer, faucher, sarcler, enfin faire tout ce qu’on doit faire à la terre. Quand je passais le soir devant chez lui, je le voyais assis, contemplatif, sur ce fauteuil en plastique blanc que j’avais acheté 30 Francs au Carrefour du coin. Un jour, un ballon bien gonflé propulsé par le shoot puissant d’un garçon avait frappé ce fauteuil qui faisait semblant d’être un poteau de but. Son dossier avait été fendu et je l’avais placé à côté des poubelles pour que les éboueurs l’emportent. Monsieur Minette avait dû passer par là avant eux parce que, pendant des années et jusqu’à sa mort, ce fauteuil, réparé à coup de ficelles et placé dos au mur à côté de la porte d’entrée, a fait office de trône sur lequel il venait s’asseoir pour méditer jusqu’à la nuit quand il ne faisait pas trop mauvais.

Un jour, c’était dans nos premières années de Champ de Faye, je me promenais avec Ena, notre chienne Labrador. A mi-chemin de la balade, le parcours que nous empruntions passait en sous-bois pendant une centaine de mètres pour déboucher sur une clairière d’où partaient quatre chemins : derrière nous, celui que nous venions de suivre, devant, celui qui descendait vers Pontoise ente deux clôtures de barbelés, à gauche, celui qui pénétrait dans la forêt et à droite celui qui rentrait au plus court vers la maison. Il allait bientôt être midi. Je choisis le plus court. Il filait droit vers le Nord-Est, en léger surplomb d’une prairie en herbes hautes au-delà de laquelle on pouvait contempler la campagne avec le hameau de Pontoise, le clocher de l’église de Montfaucon et dans le lointain, par-dessus les bois, le château d’eau de la route de Montmirail.
Je m’engageais sur le chemin. C’est alors que de derrière la corne du bois, surgit un tracteur. En fait, le tracteur ne surgit pas véritablement. Il apparut plutôt, et même assez lentement, de derrière le bois. Mais pour moi, ce fût comme s’il avait surgi. Curieusement, je ne l’avais pas entendu approcher et d’habitude, dans mes promenades, je ne rencontrais jamais personne. Donc, le tracteur me fit l’effet de surgir.
Longtemps, je me suis promené sur les chemins de Champ de Faye avec cette question présente à l’esprit : avais-je vraiment le droit de passer sur ces chemins plus ou moins entretenus, au milieu de ces prés et de ces champs exploités, avec mon chien en liberté à la recherche d’un animal à faire lever ou courir ? Ce sentiment d’incertitude s’est atténué pour finir par disparaitre avec les années, mais ce jour-là, il ne devait pas être enfoui bien profond et l’apparition soudaine de cet engin me fit me poser la question presque oubliée : avais-je vraiment le droit d’être là ?
Je rappelai Ena et la mis à la laisse. Le tracteur tirait une faucheuse. Il s’éloigna jusqu’au bout du pré, y fit demi-tour et revint lentement vers moi. C’était un de ces vieux tracteurs sans cabine et j’apercevais sur le siège une silhouette en bleu de travail qui tressautait avec les irrégularités du terrain. Si le conducteur poursuivait sa route rectiligne, et c’est généralement le cas pour les agriculteurs quand ils sont au travail, il passerait devant moi à une cinquantaine de mètres en dessous du chemin. J’étais donc tranquille. J’avançais à grands pas, évitant de regarder vers lui, tandis qu'Ena trottait au bout de sa laisse en me regardant sans comprendre le motif de sa punition.
Quand le tracteur fut à ma hauteur, il s’arrêta. Moi aussi. Le conducteur coupa le moteur, ce qui pouvait signifier qu’il avait toute confiance en son démarreur ou qu’il envisageait un arrêt de longue durée. L’homme descendit de son siège et entreprit de remonter lourdement le pré vers moi à travers les herbes hautes. Ena se mit à gronder, ce qu’elle ne faisait jamais que lorsqu’elle était en laisse. Cette silhouette courte et massive qui oscillait vers nous semblait ne pas lui plaire. Je tâchais de la calmer en lui murmurant entre mes dents :
— Couchée, Ena, couchée. Tout va bien, tooouuut va bien ! Gentil, le monsieur, gentil !
Je me campais sur mes deux jambes, droit dans mes bottes et prêt à affronter l’apostrophe qui n’allait pas manquer : « Vous savez que vous n’avez pas le droit de ... » ou plus simplement « Qu’est-ce que vous foutez là ? »
Arrivé à ma hauteur, l’homme sortit un chiffon de sa poche, s’essuya le front puis les mains et me tendit la droite en disant :
— Bonjour, moi c’est Minette. Je suis à Pontoise, là en face. Fait beau, hein ?
Voilà, c’est tout. Il n’y a pas de chute à cette histoire, parce que dans la vraie vie, il n’y a pas de chute non plus. Ce Monsieur Minette, dont je vous conterai plus tard d’autres aventures, avait voulu me saluer, par politesse, par curiosité, les deux probablement. Il avait arrêté son tracteur au risque réel de ne pouvoir le redémarrer qu’après beaucoup d’efforts, juste pour me dire bonjour, échanger quelques banalités sur le temps, les chiens, les travaux des champs, Paris... Par la suite, je l’ai croisé souvent dans la campagne, et nous nous arrêtions côte à côte quelques instants. Nous n’avions rien à nous dire, mais nous le disions quand même, le temps, les chiens, les travaux des champs, Paris... Monsieur Minette parlait peu, Ena s'impatientait, alors nous nous séparions sur une nouvelle banalité, la rareté du gibier, le renard qu'on n’arrive pas à attraper, le temps qui passe, à un de ces jours, Monsieur Minette...

Monsieur Minette était petit et gros. On pourrait même dire qu’il était gonflé. Il remplissait tellement son bleu de travail qu’on avait l’impression que c’était le vêtement qui limitait l’expansion de son corps.
Monsieur Minette portait une montre qui me fascinait. C’était une montre ordinaire, bon marché, mais son petit cadran rectangulaire aux discrets chiffres romains aurait davantage convenu à une femme qu’à un pauvre fermier du bas de l’Aisne. Son bracelet, étroit, presque un cordon, était en cuir délavé. Mais ce qu’il y avait de particulier dans cette montre, ce n’était ni sa taille, ni son cadran ni son bracelet, c’était la façon dont il la portait. Le bracelet, incrusté dans la peau, creusait un profond sillon dans le poignet gauche. On aurait pu croire qu’il avait porté cette montre le jour de sa première communion et qu’il ne l’avait jamais ôtée depuis, ne serait-ce que pour adapter le bracelet au diamètre croissant de son avant-bras.
Monsieur Minette portait aussi des verres ronds très épais, car il ne voyait pas grand-chose. Un beau jour, je constatai qu’il avait remplacé l’une des branches métalliques de ses lunettes par un fil de fer tordu sur l’oreille et fixé au Chatterton sur la monture. Un autre jour, je compris qu’il avait cassé l’un de ses verres en trois ou quatre éclats : il avait reconstitué la lentille en collant les morceaux avec du Scotch transparent. Je pense qu’il a terminé sa vie avec cette même paire dans ce même état. Peut-être remplaçait-il le Scotch de temps en temps.

Un jour, par un très chaud dimanche d’août, j’eus besoin d’extraire une voiture d’un champ où elle s’était engagée et dont elle ne pouvait plus sortir. Je raconterai peut-être un jour le pourquoi du comment de cet incident, mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Tout ce que je veux dire aujourd’hui c’est que, dans ce champ reculé et pentu, en bordure d’un bois, sans accès carrossable, où il n’était pas question de faire venir une dépanneuse, le sauveur potentiel qui me vint immédiatement à l’esprit, ce fut Minette. Quand j’arrivai chez lui pour lui demander son aide, ça ne lui prit pas plus de quatre minutes ni plus de six mots pour aller chercher un câble d’acier dans sa remise, démarrer son tracteur et se lancer sur la route de Champ de Faye.

Par un matin de printemps, je me promenais sur un chemin qui longeait une pâture. C’était avec Ena, ou peut-être avec Sari, je ne sais plus. Ce que je me rappelle c’est que les herbes étaient hautes et les veaux dans les prés. Et justement, cette histoire a encore à voir avec des veaux. Les ayant aperçus longtemps à l’avance, j’avais mis Ena, ou peut-être Sari, en laisse. Les veaux étaient une dizaine et au lieu d’être en ordre dispersé et de me regarder avec fixité comme ils le font d’ordinaire quand n’importe quoi approche, un homme, un chien, un tracteur ou un train, ils étaient assemblés en un cercle parfait. La tête tournée vers l’intérieur du cercle, ils semblaient contempler quelque chose que leurs corps me cachaient. J’approchai aussi prêt que me le permettait la clôture. Les veaux ne bronchaient pas. Je les apostrophai gaiment car, par les belles matinées de printemps, il m’arrive d’être de très bonne humeur :
— Alors, les veaux ! On ne dit plus bonjour ?
Et c’est alors que j’entendis, venant du centre du cercle :
— Bonjour, Monsieur Coutheillas...
en même temps que, par-dessus les cornes des bestiaux rassemblés, je voyais émerger la tête puis le haut du corps de Monsieur Minette qui se redressait en rajustant son pantalon, le visage rougi par l’effort et la confusion.
— Bonjour, Monsieur Minette, lui répondis-je, et par discrétion, je poursuivis mon chemin à grand pas,  tirant Ena derrière moi, à moins que ce n’ait été Sari.
 
Dans les éditions précédentes de ce journal de campagne, nous avons appris quelques détails supplémentaires sur Monsieur Minette : son probable diabète qui gonflait ses membres et obscurcissait ses yeux, sa timidité, sa serviabilité, sa solitude.
Un jour, Monsieur Minette prit sa retraite. Du peu qu’il possédait, il ne garda que le corps de ferme, son tracteur et le fauteuil blanc dont j’ai déjà parlé. Je le croisais de temps en temps dans mes balades, mais toujours à proximité de chez lui, au bout du hameau. Peut-être la marche lui était-elle devenue pénible. Un autre fermier qui habitait plus près de chez nous venait de prendre sa retraite, lui aussi. Comme les deux hommes avaient été célibataires toute leur vie, qu’ils habitaient à moins de deux kilomètres l’un de l’autre et qu’ils avaient désormais du temps à revendre, je pensais qu’ils se rendraient visite de temps en temps pour discuter du bon vieux temps et rattraper par quelques années de copinage toute une vie d’ignorance mutuelle. Mais ça ne se fit pas. Il y avait eu des mots entre eux, peut-être même pas de mots, mais en tout cas du ressentiment, une histoire de guerre d’Algérie que l’un avait faite et l’autre pas, quelque chose comme ça. Et puis, notre fermier voisin mourut, c’était son tour. Et quelques mois plus tard, car tout se fait lentement par ici, le samedi je crois, on vit régulièrement Monsieur Minette, hilare, juché sur son tracteur, débouler de son hameau pour traverser le nôtre afin de rendre visite à la ferme du bout. Qu’allait-il faire là-bas ? C'est une autre histoire. Si jamais je la raconte un jour, j’en changerai le nom des personnages et des lieux.
 

 
« Modifié: 26 septembre 2022 à 16:42:46 par Champdefaye »

Hors ligne jonathan

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #1 le: 15 septembre 2022 à 13:22:04 »
Bonjour Champdefaye. Heu, hameau de Pontoise ? Ça situe la période de ton texte, enfin de la situation qu'il décrit. Que dire de plus, pour moi qui ai passé une partie de mon enfance dans l'Allier et qui ai retrouvé ces effluves campagnardes en lisant ton texte. J'ai bien aimé.
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur... [Pierre Augustin Caron de Beaumarchais]
Le silence est l'expression la plus parfaite du mépris... [G.B. Shaw]

Hors ligne Delnatja

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #2 le: 15 septembre 2022 à 15:57:42 »
Bonjour Champdefaye, merci pour ton texte.
J'aime bien ce texte, je le trouve doux et nostalgique, avec quelques pointes d'humour.
Belle journée.
Michèle

En ligne Champdefaye

  • Calame Supersonique
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    • Le Journal des Coutheillas
Re : Monsieur Minette
« Réponse #3 le: 15 septembre 2022 à 20:28:48 »
Merci Jonathan et Delnatja.
Pontoise,hameau du bas (du Sud) de l'Aisne, 5 maisons, ça existe. La preuve : Monsieur Minette y habitait. 

Hors ligne Choumi

  • Troubadour
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Re : Monsieur Minette
« Réponse #4 le: 16 septembre 2022 à 11:59:26 »
Bonjour
Sud de l'Aisne, c'est pas loin du nord de la Marne  :P
Belle histoire que ce Monsieur Minette qui tout compte fait est un brave homme  sous des airs un peu rustres.

On se moque un peu quelques fois de l' allure des gens avant de rougir de honte quant on apprends que:
Dans les éditions précédentes de ce journal de campagne, nous avons appris quelques détails supplémentaires sur Monsieur Minette : son probable diabète qui gonflait ses membres et obscurcissait ses yeux, sa timidité, sa serviabilité, sa solitude.

Toujours là pour rendre service et puis il a apparemment une copine
il n'y-a pas de citadins heureux sans un monde paysan bien dans sa peau
Amicalement
Michel
« Modifié: 17 septembre 2022 à 08:46:44 par Choumi »

Hors ligne Cendres

  • Palimpseste Astral
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Re : Monsieur Minette
« Réponse #5 le: 16 septembre 2022 à 18:46:35 »
Merci pour ton texte.

Tu nous raconte le vie dur d'un agriculteur célibataire. Il vit pour son travail et son travail  devient sa vie.

M.Minette a une vie dur , sans confort , et travaillant tous les jours durement.  Il se tue a son travail et n'a plus de temps pour lui et sa vie.
Ca ne fait pas rêver comme vie .

En ligne Champdefaye

  • Calame Supersonique
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Re : Monsieur Minette
« Réponse #6 le: 17 septembre 2022 à 08:34:51 »
Merci Choumi,
effectivement, une campagne bien ordonnée respectant les clichés séculaires est nécessaire au confort intellectuel du citadin.
Il est aussi réconfortant de constater qu’en apparence au moins, la campagne ne rejette pas la ville aussi souvent qu’on le dit.

Bonjour Cendres.
Monsieur Minette avait une vie dure et sans confort, c’est certain. Un autre paysan, voisin de Monsieur Minette et dont la ferme était à peine plus grande que la sienne, m’a  dit un jour qu’un paysan, finalement, avait pas mal de temps libre, ce qui lui permettait d’ailleurs, à lui, d’avoir un second métier.
Monsieur Minette n’avait pas de second métier et, quitte à heurter certaines convictions, je pense qu’il lui restait du temps de libre. Mais ce dont je suis sûr et qui lui rendait la vie difficile, c’était sa solitude. Pas de femme, et pour autant que je puisse le savoir, pas d’amis. Effectivement, ça ne fait pas rêver.

Hors ligne Basic

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #7 le: 17 septembre 2022 à 18:53:52 »
Bonjour Champdefaye,

j'ai bien aimé ton texte pour plusieurs raisons
- parce que je fus comme toi un rurbain qui avait aussi son monsieur Minette pas très loin de chez lui
- parce que surtout, on sent une empathie réelle et un vrai talent à parler de ce personnage avec pudeur et respect
on perçoit aussi les années qui passent, les chiens qui se succèdent, le paysage qui peu à peu mais à peine bouge, usé par le passage des bêtes et des machines.

En relisant ton texte, j'ai noté des bricolettes que j'ai mis derrière le rideau

B

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Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Dits de l'aube. Textes dits. Hellian - Basic et d'autres.

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En ligne Champdefaye

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #8 le: 18 septembre 2022 à 10:06:05 »
Bonjour Basic,
je suis heureux que l’empathie que je ressentais pour Monsieur Minette soit passée dans le texte.
Pour ce qui est des bricolettes, tu as raison sur la répétition de "maintenant". Je vais vois ça.
Pour ce qui est des accents circonflexes et accents sur majuscules, mon réflexe est de rester sur l’ancienne règle "î" et "pas d’accent sur les majuscules", mais parfois, il m’arrive de me laisser aller au modernisme ambiant, si bien que je ne suis pas constant sur le sujet.
Merci pour ce commentaire sympathique.

Edit : Remplacer l'un des "maintenant" par un "à présent" ou "aujourd'hui" ne me tentait pas. J'ai résolu le problème à moitié en séparant les deux "maintenant" par un saut à la ligne, qui devrait marquer les différences d'époque.
« Modifié: 18 septembre 2022 à 10:10:43 par Champdefaye »

Hors ligne Mic Ester

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #9 le: 18 septembre 2022 à 12:32:28 »
Bonjour Champdefaye
Belle promenade dans une autre époque, c’est la ruralité dans sa beauté et la petitesse des âmes. Il est un peu responsable Minette quand même ! il ne s’est pas marié parce que les prétendantes n’avaient pas assez d’hectares et il répare les objets parce que, l’argent faut pas le gâcher !
texte réussi, on se laisse bercer, les chiens qui changent, etc .
Par contre, le titre ! Monsieur Minette, je voyais autre chose ..

En ligne Champdefaye

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #10 le: 20 septembre 2022 à 18:19:57 »
"Autre époque" ? Pas si lointaine… Monsieur Minette devait être né au début des années 40. J’ai dû  le rencontrer au milieu des annés 80. Dans ce coin du pays, les choses ne changent pas vite et il existe encore quelques tout petits agriculteurs qui survivent mal et ne peuvent réparer leur toit après une grêle ou une tempête.
"Un peu responsable quand même ?" Je ne sais pas, et je doute qu’il ait eu l’occasion d’épouser quelques hectares, lui qui en avait si peu. Je ne connais rien de sa jeunesse, ni de sa vie, d’ailleurs, car nos conversations laconiques ne portaient pas grand chose d’autre que des généralités. Enfance, timidité, physique, guerre d’Algérie, pauvreté, mauvais caractère ? Je ne sais pas… solitude, en tout cas.
Le nom de Minette est bien réel, son neveu, qui porte le même, a une entreprise de plomberie qui poste son nom dans un village voisin (4km, 5 au maximum). 
En tout cas, merci pour ton commentaire.


Hors ligne Mic Ester

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #11 le: 23 septembre 2022 à 12:02:31 »
Bonjour Champdefaye,
En début de lecture, je voyais un instant de vie avec un personnage créé de toutes pièces, je trouvais aussi que tu avais fait fort avec le patronyme Minette et j’attendais une situation là-dessus. Mais non, ce monsieur a bien existé et ça change tout !
Concernant le monde paysan, ce milieu-là n’a pas évolué comme le reste de la société, la vie dans des villages, un métier figé, la solitude, la petitesse des exploitations.
les successions sont difficiles car il faut partager, les mariages le sont tout autant car il faut réunir ! alors beaucoup restent sur le carreau, les suicides sont nombreux.
Ce sont des gens que j’adore, « francs du collier » comme on dit, travailleurs, mais un peu déboussolés par ce monde qui change, ils sont montrés du doigt en plus, comme pollueurs, etc. ..
Tu as lu bien sur le très drôle et un peu oublié « Goupi mains-rouges » ton texte m’y fait penser
Amicalement

En ligne Champdefaye

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #12 le: 26 septembre 2022 à 09:55:33 »
Merci, Mic Ester.
Je suis content d’avoir pu préciser que le nom de mon héros du jour était véritable. Je n’aurais pas voulu être pris pour quelqu’un d’autre.
Je suis certain d’avoir vu le film tiré de Goupil-mains-rouges, mais je ne me rappelle plus si j’avais lu ou non le bouquin. S je me souviens bien, l’ambiance campagnarde, solognote et pesante, y était bien rendue, mais je me rappelle pas qu’il y ait eu grand chose de drôle dans cette histoire.

Hors ligne Mic Ester

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Re : Monsieur Minette
« Réponse #13 le: 26 septembre 2022 à 11:23:18 »
Bonjour,
Drôle, je ne sais pas, mais pour moi oui, mais bon l’humour on a chacun le sien !
j’adore la dernière réplique, chute formidable qui résume tout. je suis pas trop sûr, je la cite de mémoire.
«  comme si l’argent c’était fait pour être dépensé ! » il y a tout le monde rural dans cette réplique, la cupidité, l’argent qui n’est pas comme pour nous un simple moyen un peu abstrait qui règle la vie courante, mais une fierté familiale qu’on transmet, une médaille qu’on affiche ou qu’on cache, c’est selon, etc.
Pierre Véry, l’auteur a fait d’autres bonnes choses, souvent adapté au cinéma.
à bientôt

Hors ligne flag

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  • Le navet ne se pèse pas au kilo mais à la tonne
Re : Monsieur Minette
« Réponse #14 le: 26 septembre 2022 à 15:50:42 »
Bonjour, Champdefaye,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Dieu et la nature vont bien ensemble, ça va de paire, c'est Dieu le père.

 


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