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Auteur Sujet: Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]  (Lu 292 fois)

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Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]
« le: 03 février 2021 à 21:00:31 »
Kiviuq est un jeune Inuk discret et ayant peu confiance en lui qui se retrouve embarqué malgré lui dans une aventure qui le mènera jusqu’au bout du monde. L’important étant le voyage et pas la destination, comme on dit, l’histoire s’attarde sur les pays traversés et les rêves que cela lui inspire. Car il rêvera beaucoup, et rencontrera par ce biais plusieurs personnages. Les thèmes principaux sont donc le voyage, la marche, la quête initiatique en quelque sorte, le travail sur soi aussi. Pour spoiler un peu, à chaque chapitre, il y aura un rêve reprenant des contes ou légendes locales.

Voici le 1er chapitre de mon projet de roman (5000 mots environ). Pour décrire rapidement, c’est un univers d’inspiration heroic-fantasy, mais vous remplacez les inévitables elfes par des Azteca et les non moins inévitables nains par des Inuk (soit en français, les Aztèques et Inuit), vous mélangez le tout et ça donne « les voyages de Kiviuq » (titre temporaire). Pourquoi ces civilisations à priori complètement opposées et anachroniques?

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CHAPITRE 1 – La forge de Tulukaat

La boule au ventre qui avait enflé depuis son départ de Qaiqsu - le fond rocheux - 3 jours auparavant, disparaissait progressivement après que Kiviuq se fut présenté à l’entrée de la forge de Tulukaat.
Une fois arrivé devant le grand bâtiment en pierre qu’on lui avait indiqué, il fut à la fois impressionné par la stature imposante de la bâtisse mais aussi par la nécessité de frapper à cette solide porte en bois, comme il n’en avait que peu vu, ornée de nombreux motifs géométriques et représentations Azteca, comme il n’en avait que rarement vu non plus. C’est alors que tous les symptômes du stress avaient atteint leur apogée : la nervosité, la sensation de chaud et la bouche sèche, la tête bouillonnante de sang, comme si son cerveau cherchait à fuir cette situation intenable et comptait laisser son corps, seul, là, face à la menace!
Après un instant qui lui parut bien trop long, la porte fut ouverte par un vieux barbu, qui accueilli assez favorablement sa demande de voir Yamoc, le directeur de la forge afin de venir travailler à la forge de Tulukaat.
Sans avoir été accueilli à bras ouverts comme il pouvait naïvement l’espérer, c’est un Kiviuq toutefois soulagé qui fut guidé jusqu’au bureau du directeur. Ce dernier, un Azteca, grand et élancé, était debout sur un tabouret, à chercher quelques documents dans la grande bibliothèque qui tapissait le mur. Cette position haute accentuait le contraste lorsque les deux Inuk, plus petits, furent entré. Kiviuq, intimidé, laissa son guide faire les présentations.
— Voici le jeune... euh... comment tu m’as dit ? lui demanda l'autre Inuk.
— Kiviuq. On m’appelle aussi Kiviuq Shila du nom de ma grand-mère maternelle, ou “Irniqulluat”, celui qui est le seul fils… bredouillât Kiviuq.
— D’accord! Kiviuq de Qaiqsu! “Celui qui arrive”, quoi! Qui vient demander à vous voir pour une formation en métallurgie.
Le directeur s’était enfin retourné, descendit de son tabouret, et alla s’asseoir à son bureau, le visage impassible, sans un mot. Kiviuq redoutait une fin de non-recevoir, un non catégorique, suivi de moqueries et d’une humiliation. Déjà qu’il n’avait pas été tenu compte de son nom complet.
Même assis, le personnage semblait toiser du regard Kiviuq mais lorsque Yamoc prit alors la parole, ce fut un large sourire :
— “Tunngasugit”, bienvenue, comme vous dites! Ce doit donc être toi que l’isumataq de Qaiqsu m’avait indiqué par message. Ton chef de communauté m’a parlé de tes… comment dire, de… ton potentiel! C’est une bonne chose qu’un Inuk se forme sur ces métiers. Après tout, nous autres, Azteca, ne faisons que vous emprunter le fruit de vos terres. Il est normal que vous puissiez en profiter directement désormais et un jour bénéficier de postes à plus hautes responsabilités. Le temps des colonies est terminé et on ne refera pas l’histoire! Vous, Inuk, êtes indépendants ! Mais parle nous un peu de toi, que faisais-tu à Qaiqsu ? »

C’était le moment où il ne fallait pas faillir et Kiviuq récita, timidement, le petit laïus qu’il avait répété tout au long de son voyage. Pour le mémoriser, il s’était appuyé sur le paysage qui défilait lentement lorsqu’il était sur le traîneau.
— (Pour commencer, la plaine enneigée) Je suis né à Qaiqsu. Ma famille chasse. (Puis le soleil longeant l’horizon et diffusant une belle clarté matinale) J’ai fait l’école obligatoire. Et j’ai commencé à travailler à la mine. J’ai fait le concassage, le tri.
(Les montagnes, découpant cet horizon) J’ai appris à maîtriser la fonte et le formage du fer. (Et enfin un inukshuk, un de ces nombreux empilements de pierre qu’il avait repéré, bordant la piste et qui indiquait la direction à suivre) Et j’ai aidé à identifier un lieu pour creuser une nouvelle galerie pour y exploiter une veine de broxite. On a creusé une nouvelle galerie et on en a trouvé plutôt pas mal. Voilà…
— Très bien, l’interrompît le directeur, tu verras que notre forge et nos installations sont autrement plus importantes que celles dont tu avais l’habitude à Qaiqsu. Ici, nous produisons en série des armes de toutes sortes depuis près de 3 vieillesses pour alimenter les provinces Xictli sur le continent. Et nous étions d'ailleurs le fournisseur principal de feu le grand empire Xictli. Mais Nukka te racontera cela, il aime bien toutes ces petites histoires.
— Nukka, continua-il en se tournant vers le guide de Kiviuq, tu feras la présentation de la forge à notre nouvel arrivant et tu veilleras à ce qu’il reçoive un équipement de travail. Il va être dans ton équipe de forgeron à faire les tâches de bases pour cette semaine. J’aimerais qu’il expérimente chaque jour un poste différent. Puis, plus tard, il ira avec Karu pour voir les définitions des coulées et des recettes de bases. Bon courage!

Les deux Inuk prirent congé du directeur. Kiviuq était soulagé. On voulait bien de lui pour ce nouveau travail. Il se laissa alors guider par son nouveau chef qui commença un long monologue :
— Bien je vais te faire faire le tour de la forge, mais rapidement, hein, parce qu’on a du boulot et que j’ai mes gars à encadrer. Le bâtiment par lequel tu es arrivé, ce sont les bureaux avec tous les grattes papiers du directeur. Il date de l’époque colonisatrice Xictli et c’est le plus grand bâtiment en pierre de toute la région de Tulukaat et même de tout Nunatak! s’enflammait Nukka. Impressionnant, hein ? J’imagine qu’à Qaiqsu vous n’en avez jamais vu de pareil !
Il est vrai que cette masse grise avait quelque chose d’intimidant pour qui n’en avait jamais vu de telle. À Qaiqsu, seules les installations du fourneau étaient en pierre. Toutes les autres activités prennent place sous de simples tentes, et le gros du travail consistait à de l’extraction minière, dans d’étroits tunnels austères creusés sous les roches, voire même à l’air libre. Mais ici, dans ces bureaux, tout un luxe de détail était présent, des murs au plafond, toutes les structures en bois étaient sculptés de motifs dans la grande tradition Azteca. Des poutres en bois d’ailleurs bien rares dans cette contrée où les arbres ne dépassent généralement pas la hauteur de trois Inuk assis, comme l’on dit en plaisantant. Elles avaient été amenés spécialement depuis la région voisine, Nunanorpik - la terre des arbres.
Nukka poursuivait : — Si tu veux un peu d’histoire, cette forge a été installé par les Azteca pour satisfaire aux besoins de l’empire, lorsqu’ils sont venus nous colonisés. Ils voulaient profiter de nos ressources et avoir des armes en quantité et bon marché. Et pour bien montré qu’ils étaient les nouveaux maîtres, ils n’ont pas lésiné sur les dépenses de décoration de notre forge! Bon je dois reconnaître que c’est un peu grâce à eux qu’on a pu développer tout cela, sinon on serait tous encore à chasser du phoque tous les jours. Depuis la chute de l’empire, on commerce directement avec les différentes provinces Xictli. Ça leur fait un peu loin pour venir nous voir, et un peu froid, mais ça marche assez bien. On est la principale fabrique d’armes et d’outils de tout Nuna, même si, à Nunanorpik, ils disent aussi avoir la plus grande.
Nukka n’avait cependant pas tort de considérer sa forge comme la plus importante. Ici, à Nunatak - la terre des montagnes - on trouvait de tous les minerais possibles, exploités dans plusieurs mines dont Qaiqsu. Profitant de ces multiples approvisionnements, la forge de Tulukaat est alors en mesure de produire une infinité de combinaisons de matériaux avec les recettes métallurgiques les plus élaborées. Voilà ce qui intéressait Kiviuq et c’est pour cela que le chef de la communauté de Qaiqsu, l’isumataq, avait insisté pour qu’il parte faire une formation ici.
— On est approvisionné en minerai par des mines alentours ou comme celle d’où tu viens. T’es venu en traîneaux de transport, c’est ça ?
Kiviuq acquiesçait et repensait son trajet, inconfortablement installé sur un traîneaux, entre deux chargements de minerais, que de puissants chiens avaient tiré à travers les étendues neigeuses bordant les montagnes. Nukka reprit son discours sans attendre sa réponse:
— Qaiqsu… c’est assez tendu, la situation là-bas, non ? C’est pour ça que tu en es parti ? Tu m'étonnes qu'ils veulent aller en Narsaqaluk. En été ils vont tous chasser et ne veulent pas travailler dans leur mine. Résultat, nous, on prend du retard sur notre travail et quand vient l'hiver on ne sait plus où donner de la tête. Je dis pas que la chasse n'est plus importante, mais elle ne l'est plus autant qu’avant, il faut aussi vivre avec son temps. Comme dit le directeur, à chacun ses tâches précises. Il faut laisser la chasse aux chasseurs. Car si tout le monde va chasser, qui restera construire les habitations, fabriquer les outils, s’occuper les enfants, nous soigner ou quoi d’autre encore ? Mais, “taima”: c’est ainsi.
Tout en parlant, Nukka emmena Kiviuq en dehors de la bâtisse principale, pour pénétrer dans les gigantesques tentes à côté, où des ouvriers s’affairaient à concasser et trier du minerai sur des machines dans un bruit de martèlement continu.
— On est à plus de dix dizaines à travailler ici. Et à peu près autant dans les mines alentours, continuait-il à crier à Kiviuq, sans s’inquiéter de se faire entendre.
Un rapide coup d’œil lors de son arrivé avait permis à Kiviuq de comprendre que Tulukaat - là où nichent les corbeaux - était en effet entièrement organisée autour à l’activité de la forge. Presque tous les Inuk habitants alentours participaient au fonctionnement, directement ou indirectement. Kiviuq avait même vu une tente exclusivement dédiée à la préparation de la viande, là où à Qaiqsu, cette activité était de la responsabilité de chaque foyer. Ici, toute activité semblait soigneusement planifiée, de la chasse, à la cuisine, à l’approvisionnement en matières premières.
Arrivé au bout de l’enfilade de tente, dans un endroit à peine plus calme, Nukka se dirigea vers un petit Inuk à l’allure fatiguée pour le saluer :
— “Ullaakkut”! Je te présente Kiviuq, de Qaiqsu.
— Tiens un nouveau. Tu viens de bien loin…, répondit Kulluqanngittuq, l’intendant, tout en étudiant la morphologie de Kiviuq. Il est assez grand pour un Inuk, mais il va essayer cette cote, ça devrait aller, dit-il en tendant à Kiviuq un uniforme fait d’un cuir épais de bœuf musqué.
— Ce jeune homme vient pour apprendre le métier de métallurgiste, reprenait Nukka.
— Métallurgiste…  maugréait l’intendant, Rien que ça ? On veut se mettre au niveau de nos chers maîtres Azteca ? Eh bien, il va déjà apprendre à tenir un marteau et à bien trier les pierres et le directeur Yamoc sera bien content…
Kiviuq remarquât que le surnom de l’intendant qui s’affairait à prendre ses mensurations en bougonnant, n’était pas dû au hasard, Kulluqanngittuq signifiant “pouce coupé”. Kiviuq était mal à l’aise face à ce personnage qui semblait lui signifier qu’il n’était qu’un imposteur ou un concurrent et qui visiblement n’aimait guère la hiérarchie ni les ambitieux.
— C’est une idée du directeur Yamoc ? Que d’aller d’arracher de jeunes Inuk à leur communauté pour leur faire miroiter une carrière ? continuait-il.
— Bon allez, l'embête pas! Ne lui sort pas ton discours sur la lutte des classes! “Unnusakkut”: Bonne après-midi! conclut Nukka.
— L’intendant, il n’aime pas trop les chefs, mais on le comprend… chuchotât-il sans plus de précisions, à Kiviuq alors qu’ils s’éloignaient du bureau de l’intendant. A coup sûr, Kulluqanngittuq n’avait pas eu, lui, la carrière qu’il désirait, sans doute dû un accident et en tenait une certaine rancœur. Mais sa mauvaise humeur avait mis un coin dans l’assurance de Kiviuq. Était-il légitime dans cette forge, lui, étranger, d’une autre communauté Inuk, venant en plus à la demande d’un directeur Azteca?
Ils repassaient à nouveau dans le bâtiment, à l’arrière cette fois-ci dans des niveaux inférieurs pour découvrir la grande salle des fourneaux.
La chaleur y était intense, et contrastait très violemment avec le froid sec extérieur.
— Voilà c’est ici qu’on chauffe le minerai et qu’on lance les coulées. Toutes les machines que tu vois fonctionnent à vapeur. C’est alimenté par de l’issoq, la tourbe qu’on trouve dans la plaine voisine.
A mesure qu’ils avançaient, tout en se tenant à bonne distance des brûlantes installations, Kiviuq en déduisaient qu’ils se trouvaient désormais sous la montagne. Voyant qu’il admirait les voûtes d’un plafond entièrement creusé, Nukka repris :
— Alors je crois pas que toute cette salle ait été entièrement creusée dans la roche. Ici, il y avait sûrement une grande grotte qu’ils ont aménagés. Puis ils ont fermé l’entrée avec le bâtiment principal en quelque sorte. Mais c’est quand même impressionnant, hein? C’est autre chose qu’un iglu!
— À propos d’iglu, en attendant que tu t’en construises un si tu veux, tu me feras penser te montrer où trouver une place de couchage dans la grande tente commune.
Et puis dernière chose, on embauche à la 1ère heure de jour et on finit à la dernière naturellement, et ça peu importe la durée du jour! Bref, chez toi, je sais pas, mais ici les 13 heures de jour sont sonnées devant la forge par un double coup de qilaut, et les 9 heures de nuit par un seul. Peut-être que tu pensais que, nous, à la grande ville, on avait une de ces machines automatiques qu’on inventés les Azteca du continent, hein? Et ben non! On en est encore au gars qui s’épuise à taper sur son tambour. En plus, il crie pas fort les heures et moi j’ai du mal à compter, bref, je sais jamais où on en est…
Kiviuq non plus n’arrivait jamais à compter. Le premier hiver allait bientôt s’installer et à sa suite le temps de la grande noirceur où le soleil disparaissait pendant presque un mois. Il allait être de plus en plus difficile au matin de savoir si il était la bonne heure ou pas. Le système horaire que les Azteca avaient imposé était totalement inadapté à l'environnement polaire où vivaient les Inuk. Mais, se rassurait Kiviuq, il serait logé dans les tentes communes et donc forcément réveillé par les autres.

Après avoir été présenté à Karu, son futur maître de stage, un inuk semblant toujours courir au plus pressé et avec qui l’entrevue fut brève, Kiviuq habillé de sa cotte de travail, débuta à trier les sacs de pierres concassées qui avaient été déchargées. Il y avait parmi toute cette masse multicolore, certainement, des cailloux ayant voyagé avec lui. Aux premiers sacs, ses bras lui rappelèrent par quelques douleurs que cela faisait plusieurs jours qu’il n’avait pas manipulé de charges lourdes et la mise en route fut un peu laborieuse. Mais après quelques tours d’échauffement, il avait pris le rythme de l’Inuk qu’il aidait dans cette tâche ; tâche au combien basique ; celle du bas de l’échelle, dont personne ne veut, que l’on donne aux nouveaux ou aux moins malins. Il n’y a en effet aucune initiative à prendre à vider des sacs sur différents tas en fonction du type de minerai qu’ils contiennent, mais Kiviuq faisait preuve de bonne volonté et d’efficacité pour se faire bien voir lors de ce premier jour à la forge de Tulukaat.
Et tout à ce que son corps était occupé à cette tâche simple, son esprit vagabondait. Il pensa aux évènements l’ayant conduit jusqu’ici. La mine de Qaiqsu était de bien trop modeste taille pour approfondir des formations de hauts niveaux. Or, de l’avis général, Kiviuq avait de grandes facilités intellectuelles dans ce domaine. Aussi, l’isumataq, chef de la communauté mais aussi gérant de la mine et de la forge de Qaiqsu envisageait-il de le recommander à la grande forge de Tulukaat, capitale de la région de Nunatak. C’était là une opportunité rare pour un Inuk de maîtriser des sujets très techniques, les postes étant encore réservés à des Azteca, et ce malgré la fin de l’empire et l’indépendance des territoires Inuk : la tradition coloniale en quelque sorte.
Ainsi, il était prévu que Kiviuq viennent à Tulukaat, mais d’autres évènements précipitèrent son départ.

De ses cours d’histoire Azteca que tous les enfants Inuk doivent apprendre, Kiviuq avait retenu plusieurs éléments lui permettant de comprendre la situation actuelle. Les Azteca étaient présent sur Nuna depuis plusieurs vieillesses et avaient progressivement pris le contrôle des activités nécessaires à l’approvisionnement en matériaux mais aussi en produits de luxe de l’empire Xictli. Très vite, les différents chefs de communautés, les isumatak, se mirent d’accord pour choisir l’un d’entre eux à leur tête : le niakuk. Ilaamuut fut le premier d’entre eux : Niakuk Atausiq. C’était il y a 4 vieillesses en compte Azteca, soit environ 200 hivers selon les Inuk, si toutefois ils avaient tenus le compte des années. C’est ensuite sous le règne de l’empereur Azteca, Tezozomoc, qu’il fut décidé qu'à la suite de Niakuk Sitamat, le quatrième, que les terres Inuk de Nuna formeraient des provinces au sein du plus grand empire du monde connu, pourtant bientôt au crépuscule de sa gloire : Xictli. Nuna, le continent blanc ou Cemantok Iztac comme l’appelle les Azteca, fut alors divisée en trois régions administratives, chacune ayant un rôle économique particulier : la première fut délimitée par les alentours de la péninsule de Nunanorpik, la terre des arbres, partie de Nuna la plus proche du continent Xictli et où les Azteca fondèrent leur principale cité, devenu autonome depuis, la ville d’Ixtozoani, celle qui passe la nuit sans dormir. C’est le principal, voire le seul, comptoir commercial de Nuna où transitent toutes sortes de produits Inuk à destination des riches Azteca, mais c’est aussi une réserve de bois de construction à destination des deux autres régions Inuk, le reste du continent étant dénué de grands arbres; Plus loin, séparée en partie par la banquise et adossée à de hauts pics menaçants, toute la région de Nunatak, la terre des montagnes, où furent découvertes quantités de minerais et métaux utiles au développement de la métallurgie; Et enfin, en direction du soleil de minuit, la plus inhospitalière des régions pour les Azteca, Narsaqaluk, les grandes plaines, presque éternellement recouverte de neige et de glace, abritant encore de nombreuses communautés Inuk nomades et dont les ressources principales sont le produit de la chasse et de la pêche comme des peaux, de la viande, de l'huile provenant de phoque mais aussi parfois de gigantesques baleines.
Et à la tête de chacune de ces trois entités, un niakuk, un chef censé représenter l’ensemble des isumataq des différentes communautés de la région. Cependant, il n’était plus vraiment question de choisir collégialement entre chefs et anciens celui qui les représenterait devant les dignitaires Azteca. Non, le niakuk était choisi, de façon plus ou moins officielle par l’empire et très vite après la mise en place de ce système, des rivalités apparurent d’autant plus que les concepts de frontière et de territoire fini sont abstraits pour les Inuk. La question de savoir à quelle région apporter sa loyauté divisait de nombreuses communautés limitrophes. Puis la chute de l’empire Xictli et la relative indépendance des Inuk ne firent qu’accentuer les divisions.

Les tensions entre Nunatak et son voisin Nunarsaluq allaient donc grandissantes et il était de notoriété commune que la région de Qaiqsu d'où venait Kiviuq penchait désormais en faveur du second. Or, malgré leur taille modeste, la mine et la forge seraient immédiatement placé sous contrôle du nouveau pouvoir, en tant qu’activité stratégique. Les travailleurs étaient cependant très divisés sur la question. Certains voulaient ce rapprochement avec Nunarsaluq, territoire garant d’une vraie tradition Inuk, de chasse, d’autarcie. D’autres souhaitaient conserver la situation actuelle à Nunatak qu’ils voyaient comme une puissance régionale en devenir et ayant trouvé le délicat équilibre entre indépendance et dialogue avec les anciens colonisateurs Azteca, quel que soit la province dont ils venaient. Ainsi à entendre toutes les voix contestataires, les revendications étaient soit saboter la forge afin que Nunarsaluq n’en profite pas, soit trafiquer avec Nunarsaluq et détourner ainsi la production destiné à la capitale de Nunatak, Tulukaat (ou l’inverse selon la ligne politique que l'on tenait!). Ce dilemme embarrassait Kiviuq qui n’avait que faire des intrications géopolitiques. Il voulait faire son travail, c’est tout. Ainsi, quand l’isumataq, pressentant le conflit à venir, lui ordonnât de partir plus tôt que prévu à la forge de Tulukaat, il accepta avec soulagement cette décision.
Une fois revenu à l’iglu familial, il en avait parlé à ses beaux-parents, ce qui n’avait pas manqué pas de causer quelques esclandres…..

Occupé qu’il était à repenser à tous ces évènements, Kiviuq fut satisfait de voir passer assez vite sa journée.

Le soir venu, il s'allongea dans sa couche, prêtant une oreille distraite aux rythmes des tambours qui poursuivaient encore un peu leur chant de soirée.
Avant de s'endormir, il songeait à cette journée et son lot de nouveauté : un nouveau lieu, de nouvelles personnes, un nouveau lui. Il était en effet capable de se donner à voir sous un jour meilleur à tous ces gens qui ne le connaissaient pas. Les personnes croisées à la forge lui avaient paru suffisamment sympathiques. Malgré son mutisme, Kiviuq espérait avoir fait bonne impression et être paru comme un jeune Inuk fier, dynamique et plein d'entrain, comme il se plaît souvent à s'imaginer.
Il était néanmoins conscient qu'il lui faudrait beaucoup de travail pour se faire des amis et que cela ne viendrait peut être qu'avec le temps. C'est en faisant l'inventaire de tous les visages croisés, potentiels alliés ou menaces, qu'il finit par s'endormir.

Il rêva qu’il marchait dans une rue semblable à celle qui sépare les tentes les unes les autres, dans le quartier le plus animé de Tuluqaat qu’il avait visité dans la journée. De part et d'autre de son chemin, les gens dormaient. Le bruit, les chants et la musique avaient cessé pour faire place à la quiétude du sommeil. Kiviuq tourna la tête à sa droite vers la rangée de dormeurs et portait ses yeux sur le premier d'entre eux. C’était un de ceux qui maniaient le creuset dans la forge. Curieux de savoir de quoi pouvait rêver cet homme, il se laissa glisser dans son rêve.

Le corbeau noir, dont les grandes ailes saupoudraient le sol de fine neige, récoltée en rasant la toundra enneigée, venait de se poser en surplomb de la scène et observa Kiviuq s’approchant de l’Inuk endormi.
— Ah mais voilà le nouveau, s’exclama-t-il au nom du dormeur. Que vient-il faire chez nous? De quel droit? Pourquoi? Doit-on l’accepter? Je ne pense pas.
Ces questions résonnaient dans l’esprit de Kiviuq. C'étaient certainement celles que se posait ce dormeur, certainement celles que se posait tout le monde! Et voilà que ce satané corbeau le lui rappelait et voulait absolument le dévoiler au plein jour. Kiviuq préférait rester discret, tapis dans l’ombre, qu’on l’oublie, qu’on l’accepte aussi mais de façon naturelle, tel un enfant perdu recueilli par des pairs. Alors qu’il perdait pied dans ses pensées, il senti les propres rêveries de l’Inuk duquel il s’était rapproché se mettre à prendre forme. Ce dernier rêvait effectivement du corbeau. Voulant se cacher pour ne pas trahir sa présence dans ce rêve qui n’était pas le sien, Kiviuq eut soudain la surprise de se voir représenter en renard. Un beau renard blanc, au museau fin, aux membres élancés, se promenant à pas feutrés dans la neige fraîche. Était-ce là le rôle que le rêveur voulait lui donner? Même avec l’expérience des rêves, Kiviuq ne savait pas trop.
Voulant s’assurer d’être invisible, voilà qu’il s’entendit crier :
— Taaq, taaq, taaq! Obscurité, obscurité, obscurité !
Et la nuit tomba subitement sur la scène! Le corbeau l’entendit évidemment :
—  Ça suffit comme ça! On en a assez de t’entendre et d’être sans cesse dans le noir. Que le jour vienne maintenant!
— J’ai besoin de la nuit pour voler des poules! Et toi, tu es noir, la nuit, tu es aussi discret que moi, cela devrait t’intéresser? rétorquât Kiviuq, ou le renard. Il ne savait pas.
— Mais pas du tout. Au contraire. Regarde, toi, tu es blanc comme la neige du matin alors qu’as-tu besoin de la nuit pour te dissimuler. De plus, la nuit, comment puis-je rejoindre mon nid dans les falaises? Je n’arrête pas de m’y cogner! Observe mes ecchymoses! Alors non!
— Ça n’est pas mon problème! hurla le renard, à la grande surprise de Kiviuq qui ne pensait pas être aussi agressif dans ce rôle.
— Qau, qau, qau! croassa le corbeau. Le jour, le jour, et rien que le jour!
Le jour apparut sur l’instant.
— Taaq, taaq, taaq! glapit le renard en retour. La nuit, la nuit, rien que la nuit!
Et la nuit revint!
Le renard tournoyait au pied du perchoir rocheux sur lequel le corbeau aux belles plumes noires se tenait. De belles plumes noires en effet, pensait-il, avec lesquelles on pourrait peindre la voûte céleste… en noir pour une nuit éternelle!
Kiviuq voyait la dispute durer car aucun des deux personnages ne voulaient abandonner. L’alternance jour et nuit plongeait le monde dans la confusion et il fallait en finir avec cette querelle. D’ordinaire, les rêveurs classiques laissent les situations non résolues et se réveillent. Mais s’il voulait quitter le rêve de son hôte tout aussi discrètement qu’il y était entré, alors il lui fallait finir l’histoire. Ou attendre que le rêve cesse de lui-même, au risque de se réveiller brutalement.
Il était de plus en plus spectateur du dialogue entre le corbeau et le renard. Et c’est assis au sommet d’un iglu tel qu’il aimait les escalader étant enfant, mais un iglu aussi haut que le bâtiment de la forge de Tulukaat, que Kiviuq assista à la conclusion de cette drôle de dispute.
Le corbeau, perché à ses côtés, semblait las de crier. Il prit un instant de repos et s’adressa au renard :
— Écoute, puisque visiblement nous ne serons jamais d’accord, je propose que nous prononcions nos paroles chacun notre tour dans le calme, afin que la lumière du jour alterne en douceur avec l’obscurité de la nuit. Et ainsi nous aurons chacun notre content.
Le renard, fatigué lui aussi de cette querelle, accepta. Et tout en s’adressant en même temps à Kiviuk, le corbeau continuait de le juger avec sagesse :
— De même que j’accepte de ne pas vivre que le jour, tu ne peux pas vivre que la nuit! Tu dois aussi apprendre à te montrer au grand jour, à te faire accepter par les autres.

Et sur ces sages paroles, le jour succéda à la nuit. Et c’est ainsi que Kiviuq se réveilla, au fond de sa couche, sous d’épaisses peaux de caribou, dans un coin de la grande tente. En ouvrant les yeux, son regard se posa sur les grands os de baleines qui soutenaient les toiles du bâtiment, sculptées, entre autres, de renards stylisés. Autour de lui, le silence régnait encore, il ne devait donc pas être encore la première heure du jour.
Kiviuq choisit alors de se détendre, de fermer son esprit, plutôt que d’explorer celui des autres. Cependant la question de la tangibilité de son rêve le questionnait toujours. Pourquoi penser qu’il était parvenu à connaître les rêves de ses voisins? Et que cela influencerait ses propres rêves? Comment tout cela serait-il possible? Ce rêve avait été certainement provoqué par l’environnement, des chants de la veillée par exemple, qu’il aurait inconsciemment entendu. Mais quelque chose l’intriguait : Ce conte du renard et du corbeau se disputant pour savoir qui de l’obscurité ou du jour devait l’emporter, Kiviuq la connaissait initialement avec un lièvre et non pas un corbeau…  Mais il avait pu faire le rapprochement entre ce corbeau et l’environnement naturel? Après tout, n’était-il pas à Tulukaat, là où nichent les corbeaux? Tout en essayant de se convaincre de ne pas perdre de temps sur ses songes, il se concentra alors sur sa respiration et se rendormit de nouveau.
On lui avait déjà dit que ce n’était pas une bonne idée de rêvasser à ce genre de pouvoirs oniriques, issus des contes pour enfants, à moins qu’il ne veuille finir sa vie en ermite peu considéré de tous comme les chamans, ces illuminés qui semblaient savoir parler aux esprits bien avant que les Azteca ne convainquent les Inuks d’abandonner leurs vieilles croyances.
Malgré sa conclusion, s’imaginer explorer les rêves de ses congénères sera un rituel que Kiviuq continuera les soirs suivants.

Et les jours passèrent.

Puis, par après-midi déjà assombri par la nuit polaire, alors que Kiviuq revenait de son déjeuner vers le bâtiment principal de la forge, toujours aussi imposant, il remarquait une activité inhabituelle. Plusieurs petits groupes d’Inuk discutaient entre eux, de façon animés. En se dirigeant à son poste de travail, au laboratoire de métallurgie, il croisa le directeur Yamoc alors en pleine discussion avec un autre Azteca et accompagné de Nukka, son guide. En le voyant arriver, le directeur prit Kiviuq à parti :
— Et bien, tu es au courant de ce qui se passe, non? Ta région de Qaiqsu vient d’être déclarée zone de guerre par notre Niakuk! On savait qu’il y avait des oppositions! Mais là, il semblerait qu’une bonne partie de ta région soit considéré comme sécessionniste et veuille se rattacher à Narsaqaluk!
— Et ils veulent faire une frontière! S’insurgea Nukka, trépignant de se contenir d’étaler son verbiage habituel en présence du directeur.
Les tensions latentes depuis plusieurs années avec le voisin de l’ouest, Narsaqaluk - les grandes plaines, avaient donc fini par briser l’unité tant espérée par le Niakuk de Nunatak - la terre des montagnes. Au nom d’un retour à la terre, d’une tradition polaire de chasse dans les grandes plaines neigeuse mais aussi de la crainte d’un nouvel asservissement à l’empire Xitcli, pourtant démantelé désormais en une multitude de provinces Azteca rivales, plusieurs communauté de la région de Qaiqsu avaient fini par prendre les armes afin d’assumer leur destin.
Kiviuq n’y croyait pas. Bien sûr qu’il y avait toujours au sein des communautés Inuk, dont la sienne, deux partis pris, deux traditions, que les intellectuels Azteca avaient défini comme polaire et maritime. Mais il avait toujours pensé que ces divergences s’équilibraient quelque part et avait toujours trouvé naturel que Qaiqsu fasse partie intégrante de Nunatak. Or, les compromis semblaient n’être qu’une façade et les colères finirent par exploser au grand jour.
Perturbé, Kiviuq pensa à sa famille, laissée à Qaiqsu. Ikiaq, son beau-père, a toujours été partisan d’un retour aux traditions. Mais ce n’était pas le cas de tous sous son propre toit.
 Comment cela allait se passer? Les gens allaient-ils vraiment se battre entre eux?  Étaient-ils donc en danger? Kiviuq fut soudain effrayé à l’idée de ne jamais pouvoir rentrer chez lui.


« Modifié: 06 février 2021 à 12:53:10 par Corsaire »
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Re : Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]
« Réponse #1 le: 05 février 2021 à 18:08:54 »
Bonsoir Corsaire,

D'habitude, je ne lis pas beaucoup d'heroïc fantasy, mais comme ton texte était en "mi-long", je me suis dit "pourquoi pas ?".
Las, j'ai bien l'impression que tu aurais dû le classer dans les textes longs, puisque a priori, il va largement dépasser les 10 000 mots (ce premier chapitre en fait déjà plus de la moitié).
Comme je le disais, je ne lis pas beaucoup d'HF longs, tout simplement parce que mon esprit a du mal à s'échapper lorsqu'il faut commencer par se familiariser avec des noms de personnages et/ou de lieux imprononçables, et ton texte n'échappe pas à la règle. Donc malheureusement, je ne suivrai pas tes écrits, mais puisque je suis là, je vais tout de même en profiter pour te donner quelques premiers ressentis ainsi que quelques conseils.

Pour commencer, c'est beaucoup trop long. Je sais que tu demandes de ne pas s'attarder sur les fautes de frappe, mais tu attends tout de même un retour assez complet. Le genre de retour qui prend environ une heure pour un texte moitié moins long (deux heures avec l'orthographe). Je te conseille donc de limiter tes envois à 2500 mots (quitte à diviser en "chapitre x - première partie, chapitre x - seconde partie, etc...). Sinon tu auras peu de retour, parce que personne n'aura le temps de te faire un topo complet.

Ensuite, même si tu dis retravailler régulièrement l'orthographe, j'ai tout de même repéré une centaine de fautes...

Pour continuer, il y a énormément de répétitions, en particulier concernant les noms. Et comme ceux-ci sont imprononçables, ça devient vite très très pénible.

Enfin, pour finir, il y a pas mal de phrases longues (trop longues). Il est conseillé de limiter à 50 caractères, sinon, lorsqu'on arrive à la fin, on ne se rappelle même plus du début (surtout avec des noms dont on n'a pas l'habitude), or chez toi, j'ai trouvé des passages à près de 70 caractères.

Voilà donc pour le retour rapide que je pouvais te livrer. Désolé de ne pas en faire plus, mais personnellement, je n'arrive pas à me plonger dans ce type de littérature. Mais je sais qu'il y a beaucoup d'amateurs, tu trouveras donc certainement ton lectorat. Bon courage  ;)
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Re : Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]
« Réponse #2 le: 06 février 2021 à 12:44:35 »
Bonjour Dieter
Merci de ton retour et d'avoir fait l'effort de lire mon texte bien que le genre ne te plaise pas.

A propos de la longueur, je me suis évidemment poser la question de savoir où poster le texte. Si un jour j'ajoutes un 2ème chapitre, évidemment, je demanderais à le déplacer dans la bonne section. Mais autrement, je ne savais pas bien où le mettre  : je vais m'en remettre à l'avis d'un gentil admin.

A propos du retour que j'attends, j'ai modifié. En effet, j'ai trop détaillé alors qu'en réalité, je ne demande pas un inventaire à la Prévert de toutes les fautes, virgules mal placées et tout ça. Je vois beaucoup faire ça, et je sais que ça représente un énorme boulot. Un retour de la taille de ton message est déjà pas mal : par exemple, tu me dis que tu as vu une centaine de fautes : ça me convient. Ca veut dire qu'il faut que je retravaille ce point. Idem pour les répétitions, je n'ai pas besoin de savoir exactement quel mot est répété, donc c'est un point que je vais étudier aussi.

Quand aux noms imprononçables, c'est subjectif, je crois, et c'est le défaut de l'héroic fantasy... Je me suis surtout imposé une contrainte de n'utiliser que des noms déjà existant dans des langues réelles parce que je trouve ça plus sympa et original. Je ne suis pas linguiste comme l'était Tolkien donc je ne vais pas m'amuser à inventer un dictionnaire.  :D
J'ai choisi des noms simples pour les personnages vraiment importants. Du coup, je peux peut etre passer à la trappe les plus anecdotiques pour alléger le récit.
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Re : Re : Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]
« Réponse #3 le: 06 février 2021 à 13:36:45 »
Hello Corsaire  :)

A propos de la longueur, je me suis évidemment poser la question de savoir où poster le texte. Si un jour j'ajoutes un 2ème chapitre, évidemment, je demanderais à le déplacer dans la bonne section. Mais autrement, je ne savais pas bien où le mettre  : je vais m'en remettre à l'avis d'un gentil admin.
Mais pourquoi demander des commentaires si tu doutes de continuer ? Ca n'a pas de sens de se lancer dans la correction d'un chapitre si c'est pour abandonner ensuite.

Citer
A propos du retour que j'attends, j'ai modifié. En effet, j'ai trop détaillé alors qu'en réalité, je ne demande pas un inventaire à la Prévert de toutes les fautes, virgules mal placées et tout ça. Je vois beaucoup faire ça, et je sais que ça représente un énorme boulot.
Bah oui, mais c'est le but premier du forum. Ça ne dérange pas les membres de consacrer du temps aux autres. Il suffit juste de nous en laisser le temps, justement, et donc de se limiter à 2500 mots environ pour chaque envoi.

Citer
Un retour de la taille de ton message est déjà pas mal : par exemple, tu me dis que tu as vu une centaine de fautes : ça me convient. Ca veut dire qu'il faut que je retravaille ce point. Idem pour les répétitions, je n'ai pas besoin de savoir exactement quel mot est répété, donc c'est un point que je vais étudier aussi.
Oui, mais ça te ferait gagner beaucoup de temps et/ou d'argent : tout le monde n'a pas la chance d'avoir un correcteur comme Antidote, alors si ceux qui l'ont peuvent donner un coup de main, il ne faut pas hésiter à demander.

Citer
Quand aux noms imprononçables, c'est subjectif, je crois, et c'est le défaut de l'héroic fantasy... Je me suis surtout imposé une contrainte de n'utiliser que des noms déjà existant dans des langues réelles parce que je trouve ça plus sympa et original. Je ne suis pas linguiste comme l'était Tolkien donc je ne vais pas m'amuser à inventer un dictionnaire.  :D
J'ai choisi des noms simples pour les personnages vraiment importants. Du coup, je peux peut etre passer à la trappe les plus anecdotiques pour alléger le récit.
Personnellement, je ne comprend pas bien le concept. Ça a tellement d'inconvénients... En plus, la corde commence à être sérieusement usée : tout le monde essaie de faire du Tolkien. Alors qu'il serait si simple, par exemple, de transposer les personnages dans la France du Moyen-Âge, ou même du 19ème siècle. Les régionalisme sont assez marqués (différences de culture, de langues/patois) pour y créer le même genre d'histoires, mais les noms de lieux/personnages bien plus simples à appréhender pour le lecteur. Tu prends un "Compagnon du Tour de France" qui part de Bretagne, et tu peux faire une saga sur 10 ans tranquillement, avec un cadre géopolitique relativement intéressant...
Sans compter que ça se démarquerait du reste de ce type de littérature. Enfin bref, chacun ses goûts, mais perso, je n'ai pas envie de me battre à retenir des noms imprononçables lorsque je lis un roman.
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Re : Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]
« Réponse #4 le: 08 février 2021 à 18:30:18 »
Salut Corsaire !

Ravi de découvrir ton texte aujourd'hui. Ce n'est pas souvent que j'ai l'occasion de lire de la fantasy aux couleurs inuit. Je vais rester assez général dans mon commentaire, car je n'ai pas eu le temps de faire des relevés en détails.

Pour commencer, je vais répondre à tes questions :

Citer
La compréhension générale du background. J’espère notamment ne pas saouler trop de monde avec la géopolitique des territoires…

Ben si. Désolé, mais j'ai trouvé ton exposition lourde et souvent injustifiée. J'y reviens...

Citer
Evidemment, c’est le chapitre d’intro, c’est celui qui m’intéresse le moins car on n’y voyage pas ! Mais il faut bien commencer quelque part. La question qui me taraude est : est-ce que ce chapitre donne envie de lire la suite? ou est-ce chiant à mourir?

Moi, ça ne m'a pas donné envie de continuer malheureusement. Je pense que ton erreur est ici :

Citer
c’est le chapitre d’intro, c’est celui qui m’intéresse le moins car on n’y voyage pas !

Le premier chapitre est celui auquel tu devrais apporter le plus d'attention, car c'est le premier contact que tu auras avec le lecteur. Si tu n'aimes pas écrire ton premier chapitre, le lecteur n'aimera pas le lire et tu le perdras. Je ne pense pas être expert en matière d'incipit, mais en général, il faut garder en mémoire que tu as 5 phrases pour attirer le lecteur, une page pour le retenir et un chapitre pour l'immerger. Si à la fin de ce chapitre, le lecteur est avec toi, tu pourras lui donner toutes les informations que tu veux. Tu as un récit entier pour nous faire découvrir ton univers, mais on dirait que tu veux tout nous expliquer dans ce premier chapitre, si bien que, c'est dur de s'y plonger.

Pour prendre un exemple concret, au milieu de ton chapitre, j'en savais plus sur les gravures des poutres des bureaux que sur ton héros. Je ne savais ni comment il était, ni comment il pensait, ni ce qui le motivait. Je pense que tu devrais dans ce chapitre nous donner une description claire de Kiviuq, de ses environs et surtout, une idée de quels sont les enjeux. Il ne faut pas oublier qu'un univers n'est qu'une toile de fond.

Bref, je pense quand même que ton univers vaut le coup. Ce serait dommage de ne pas en exploiter son potentiel. J'espère que mon commentaire assez négatif ne te découragera pas, car c'est l'opposé de ce que je cherche à faire. Et puis, comme je te l'ai dit, ce n'est que mon avis et je suis loin d'être un expert, donc à prendre avec des pincettes.

Bon courage !  ;)

Passez donc me lire tantôt : Le dernier-né

Hors ligne Corsaire

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Re : Les voyages de Kiviuq [heroic fantasy mais pas trop non plus]
« Réponse #5 le: 08 février 2021 à 21:23:20 »
Bonjour Deofresh et merci pour ton commentaire très pertinent.
Si l’univers t’intrigues un peu, déjà, ça me fait plaisir, mais aussi que tu me donnes du travail : Je crois que tu as mis le doigt là où il fallait… :D

  • A propos de la géopolitique :
Il me semblait important pour la compréhension de le mettre tôt, mais visiblement je tartine trop. J’ai un chapitre 0, antérieur à celui-ci donc, que j’ai déjà dispatché en flash-back sur les suivants, car inintéressant de prime abord. Et en réalité, j’aimerais même démarrer l’histoire carrément au chapitre 3, mais je n’avais pas envie de bassiner le monde avec d’incessants flash-back…. Il y a aussi la technique de narration qui consiste à faire une courte scène d’intro dans une situation critique à un point avancé de l’histoire (genre l’intro de the Queen Gambit, pour donner un exemple récent).
Donc je vais revoir l’organisation des évènements. Et tu as confirmé mes doutes : purger les explications géopolitique pour plus tard. D’autant plus que je réalise qu’en parler pendant les phases d’introspection du héros qui se fiche de ce sujet est un non-sens. Tandis que le chapitre suivant introduit un personnage qui sera bien plus à même de parler de ça.
Du coup, pour te répondre, Dieter, voilà pourquoi le chapitre 2 est prévu “un jour”… :D C’est à dire que l’histoire dans les grandes lignes et ses détails sont planifiés, mais pas encore dans l’ordre idéal.

  • A propos du héros lui-même:
Bien reçu. Je vais aussi réorganiser plusieurs éléments propre à son histoire et l’améliorer. Je trouvais  ma description un peu lisse, tu confirmes ce point. Et le pire, c’est que c’est le plus important: le héros.
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