Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Février 2026 à 03:18:09
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Blanc comme neige

Auteur Sujet: Blanc comme neige  (Lu 495 fois)

Hors ligne LaouG

  • Plumelette
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Blanc comme neige
« le: 20 Décembre 2025 à 01:08:03 »
Blanc comme neige

Un bonhomme de neige faisait sa déposition
En tant que victime d'agression,
Il était encore dans un sale état,
Plein de bosses et des creux par endroit.

Avec sa carotte sectionnée à sa moitié
Et son haut de forme tout déformé,
Il lui manquait de nombreux boutons,
Le balai n'était plus qu'un bâton,

Son écharpe visiblement agrandit
Cachait mal son visage meurtri,
Sa pipe, par miracle, n'était pas cassée...
Mais il ne pourra plus jamais l'utiliser.

À ses pieds, comble de l'infamie,
Sa neige si blanche avait jauni.
L'odeur âcre qui s'en dégageait
Viciait l'air de la pièce où il sanglotait.

Il avait honte et était en colère.
Humilier, ne sachant pas quoi faire,
Porter plainte semblait s'imposer.
Mais sera t-il seulement écouté ?

Le commissaire qui tapait à la machine
Retroussait parfois ses énormes babines,
Laissant couler un filet de bave répugnant
Entre ses crocs aiguisés et inquiétant.

Il reniflait à intervalle irrégulier,
Soufflant fort comme s'il était enrhumé.
La boîte de mouchoir sur le bureau
Et la poubelle pleine complétait le tableau.

Il ne paraissait pas dérangé par l'odeur
Mais la sienne rivalisait en puanteur.
Le bonhomme de neige, tremblant encore,
Se dit qu'il devait sûrement pleuvoir dehors.

Après de brèves présentations
Commença le jeu des questions.
La première semblait assez pertinente :
Plutôt café ou thé vert à la menthe ?

Il préférait de loin les boissons froides
Et se fit servir une limonade,
Mais apprécia cette petite attention,
Signe qu'on le prenait en considération.

Le bonhomme de neige d'une voix cassée
Commença par décliner son identité :
Nom, prénom, date de confection,
Lieu de résidence et types de flocons.

Le commissaire tapait sur l'ordinateur
Avec une extrême et agaçante lenteur,
Il relevait souvent la tête du clavier
Pour relire les mots qu'il venait de taper,

Et lui demandait de répéter plusieurs fois
Chaque informations évidentes en sois.
Quand il eut terminer la rédaction
Il remua la queue de satisfaction.

Le bonhomme débuta alors son histoire :
Tout avait commencer la veille au soir,
Il faisait doux et la neige venait de tomber,
Un temps idéal pour allez se promener.

Ce qu'il fit en passant dans le petit parc,
Lieu familier qui portait ses marques,
Puisque, le fréquentant depuis toujours,
Ce vieux routinier adorait en faire le tour.

En passant au niveau de son banc habituel
Il le constata libre pour son petit rituel,
Planta le balai dans la neige à côté de lui
Et voulut allumer sa pipe en nacre poli...

Diable ! il avait oublier les allumettes !
Ce qui était une erreur assez bête,
Mais pas non plus catastrophique en sois,
Il suffisait de trouver un amateur de tabac.

Le seul problème étant de le dénicher,
Car le parc était assez peu fréquenté.
Quelques familles s'y baladaient parfois,
Mais il n'allait pas les déranger pour cela.

Par chance dans son champ de vision,
Il pouvait voir au moins deux options :
Soit la jeune femme sur le banc d'en face
Qui lisait un livre en prenant toutes la place,

Soit les deux gamins avec les pétards,
Qui allaient être au cœur de son histoire.
Ils ricanaient autours d'une motte de terre,
Allumant les mèches avec un briquet vert.

Comme la femme était un peu plus près
Il lui demanda maladroitement si elle fumait,
Absorbée par la lecture de son roman policier
Sa présence soudaine la faisait sursauter.

Ne comprenant d'abord pas ce qu'il voulait
Elle cru à tort que le bonhomme la draguait,
Fusillant du regard celui qui l'avait interrompu
Sans lâcher le livre ce qui signifiait son refus,

Elle se tourna pour faire comprendre la chose
Dans le but évident de l'envoyer sur les roses.
Surprit et tout de même un peu vexé,
Il cru plus sage de ne pas insister.

De toute façon il restait les deux gamins
Qui lui donneraient sûrement un coup de main,
Le bonhomme ne pouvait se tromper d'avantage
Car ils allaient lui infliger les pires outrages.

À ce moment du récit le commissaire renifla,
Se gratta la tête et se moucha.
Il venait de terminer son café
Et ne paraissait pas très concerné.

En bon enquêteur habitué à réfléchir
Il avait vite comprit ce qui allait advenir.
Les détails ne l'intéressaient pas,
Seul comptaient les faits qu'il avait déjà.

Le bonhomme de neige raconta tout :
Comment ils l'avaient roués de coups,
Coupé sa carotte et briser le balai,
Piétiné le chapeau lui donnant cet aspect,

Étirer son écharpe en jouant à la corde à sauter,
Jeter les boutons en les faisant ricocher.
Quant à ce que la pipe avait subit...
Il n'osait pas en décrire l'ignominie.

Tout ce qu'il désirait à présent
C'était retrouver sa vie d'avant,
Laisser derrière lui ses déboires
Et oublier enfin toute cette histoire

Le commissaire résuma la situation.
Il avait subit une odieuse agression
Commise par deux jeunes vauriens,
Et il y avait un témoin.

Elle pourra donner sa version des faits
À condition de la retrouver sans délai.
Le bonhomme lui assura que c'était inutile
Car la lectrice n'avait pas le bon profil.

Devant l'air perplexe du commissaire
Qui le lorgnait d'un œil sévère
Le bonhomme de neige s'expliqua
Sur cette réflexion surprenante en sois

Quand les deux monstres l'avaient laissé
Il avait eu le temps de les voir s'éloigner.
Cette jeune femme leur tenait la main,
Car c'était la mère de ces petits vauriens !

Hors ligne Murex

  • Prophète
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Re : Blanc comme neige
« Réponse #1 le: 21 Décembre 2025 à 09:49:36 »

  Bonjour LaouG, l'idée de ce poème est originale, loufoque et poétique (tout ce que j'aime) mais hélas, à mon sens son traitement manque lui de poésie, il est trop long et quelque peu insipide.
  il me semble que ce thème pourrait être repris (le bonhomme de neige s'impatientant de la lenteur de sa déposition, se voyant fondre peu à peu etc.) un truc dans ce genre.
  Remarque : j'ai relevé plusieurs fois "en sois" qui doit s'écrire "en soi".

  Bien à toi et bonnes fêtes

Hors ligne LaouG

  • Plumelette
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Re : Blanc comme neige
« Réponse #2 le: 26 Décembre 2025 à 13:11:02 »
Bonjour Murex, oui, je reconnais que c'est un texte long, qui manque sûrement de poésie dans son écriture. Le fait qu'il soit exclusivement en rimes plates le rend sans doute un peu fadasse, et sa longueur n'est pas très engageante. Cependant, j'ai apprécié l'écrire et je ne pense pas qu'il soit dénué de tout intérêt... Peut-être le mettre dans une autre catégorie que poésie dans ce cas. ? Pour ton idée de bonhomme de neige qui fond à force de lourdeurs administratives, je valide, ça aurait pu être un angle intéressant à explorer. Pour « en sois » et « en soi », ça fait partie de ces règles obscures qui ne sont pas encore tout à fait assimilées dans mon esprit.

Merci pour ton retour, et bonnes fêtes !

Hors ligne Robert-Henri D

  • Palimpseste Astral
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  • Pelleteur de Nuages
Re : Blanc comme neige
« Réponse #3 le: 26 Décembre 2025 à 15:41:22 »
Hello, j'ai l'intuition d'avoir lu de longtemps ce texte, intitulé "Blanc comme neige" Je peux me tromper, et le confondre avec un poème narratif qui circula sur plusieurs plateformes littéraires et blogs créatifs (notamment aux alentours de 2018-2020).

Ce la dit, l'œuvre joue habilement sur le décalage entre l'univers enfantin du bonhomme de neige et les codes galvaudés du fait divers policier.

Pourquoi cette sensation de réminiscence ? cette impression de l'avoir déjà lu ? c'est probablement à cause de son style très reconnaissable ?

L'humour " jaune" qui apporte une touche de réalisme trivial (l'urine, pour ne pas la nommer) en est assez commun. Car les indices (les babines, les crocs, la queue qui remue) suggèrent subtilement que le policier est en réalité un Berger Allemand, communément nommé autrefois "chien-policier" desdits durant la dernière guerre, ce qui explique pourquoi l'odeur d'urine ne le dérange pas et pourquoi il ne semble pas prendre l'affaire au sérieux.

De petites corrections "de plume" sont possibles (car, comme souvent présentes dans les versions qui circulent sur le web les coquilles abondent)

Maintenant (toujours sous réserve) on peut dire de ce texte typique des défis d'écriture ou des forums comme Scribay ou Atramenta, (où les auteurs s'amusent à détourner des contes de fées ou des symboles innocents) qu'il m'a fait passer (à nouveau) un bon moment de détente, et que c'est déjà pas si mal !

« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

Hors ligne LaouG

  • Plumelette
  • Messages: 15
Re : Blanc comme neige
« Réponse #4 le: 30 Décembre 2025 à 22:12:53 »
Merci Robert-Henri D pour ton retour. Tu me vois fort étonner que ce texte te donne une telle impression de déjà-lu, car je te confirme qu'il s'agit bien là d'une œuvre originale (écrite le 27 juillet 2025) et non une copie d'un autre texte. J'ignorai que ce thème avait déjà été abordé, mais maintenant, ma curiosité est piqué au vif. J'adorerai lire ce (ou ces) fameux texte si proche du mien. Je vais essayer de mettre la main dessus, même si je ne me fais pas trop d'illusion (2018-2020 ça commence à dater, mine de rien). En-tout-cas, content que tu aies passé un bon moment, c'était le but !  :)

Hors ligne Robert-Henri D

  • Palimpseste Astral
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  • Pelleteur de Nuages
Re : Blanc comme neige
« Réponse #5 le: 31 Décembre 2025 à 02:10:51 »
Hello,

Ça reste de l'intuition. En fait c'est peut-être d'avantage le fond du texte qui m'a interpelé ? Ou plutôt le sujet traité ? Lequel m'a paru effectivement utiliser (entre autre) l'imagerie enfantine fort usitée du bonhomme de neige martyre afin d'en tirer un conte pamphlétaire ayant pour thème l'incivilité à tout âge encouragée par un système judiciaire foncièrement laxiste. Lequel me semble patauger au gré d'un courant nommé Code Civil, devenu à la fois si complexe et évasif que techniquement, il ne sert plus vraiment ce qu'il devrait.

Pendant plus d'un siècle, il a très peu bougé. Et puis, il semblerait qu'actuellement on est en train de tout "casser" pour le reconstruire ? Que même l'éducation parentale qui en découle se prend pareillement les doigts dans le mécanisme usagé d'un autre système, réputé démocratique mais exsangue. Or peu importe, l'essentiel étant que ton texte a su m'impressionner tant par sa simplicité apparente que par la pensée profonde qu'il suscite.

Sinon, puisque le forum est aussi fait pour ça, souhaites-tu que je souligne les fautes d'orthographe ?
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

Hors ligne LaouG

  • Plumelette
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Re : Blanc comme neige
« Réponse #6 le: 01 Janvier 2026 à 11:06:44 »
Robert-Henri D, oui je veux bien, s'il te plait  :)

Hors ligne Robert-Henri D

  • Palimpseste Astral
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  • Pelleteur de Nuages
Re : Blanc comme neige
« Réponse #7 le: 01 Janvier 2026 à 12:16:28 »
Ça marche !


Plein de bosses et des creux par endroit. (pluriel)
Si c'est plein, alors c'est plusieurs (endroits)

Son écharpe visiblement agrandit (féminin)
(agrandie)

Humilier, ne sachant pas quoi faire, (confusion participe passé / Infinitif)
(Humilié)

Mais sera t-il seulement écouté ?
(tiret manquant)

Entre ses crocs aiguisés et inquiétant.(pluriel)
(inquiétants)

Il reniflait à intervalle irrégulier,(pluriel)
(intervales réguliers)

La boîte de mouchoir sur le bureau (pluriel)
(mouchoirs)

Chaque informations évidentes en sois.(singulier)
(information évidente + en soi)

Tout avait commencer la veille au soir,
(commencé)

Et voulut allumer sa pipe en nacre poli...
(polie)

Diable ! il avait oublier les allumettes !
(oublié)

Mais pas non plus catastrophique en sois,
(soi)

Qui lisait un livre en prenant toutes la place,
(toute)

Ils ricanaient autours d'une motte de terre,
(autour)

Fusillant du regard celui qui l'avait interrompu
(interrompue)

Surprit et tout de même un peu vexé,
(surpris)

Il cru plus sage de ne pas insister.
(crut)

Le bonhomme ne pouvait se tromper d'avantage
(davantage)


Il avait vite comprit ce qui allait advenir.
(compris)

Comment ils l'avaient roués de coups,
(roué)

Coupé sa carotte et briser le balai,
(brisé)

Étirer son écharpe en jouant à la corde à sauter,
(Étiré)

Jeter les boutons en les faisant ricocher.
(Jetés)

Sur cette réflexion surprenante en sois
(il s'agit de soi, comme si-même)

Bien cordialement de Robert
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

Hors ligne LaouG

  • Plumelette
  • Messages: 15
Re : Blanc comme neige
« Réponse #8 le: 05 Janvier 2026 à 10:08:34 »
Merci beaucoup pour ces corrections !

Le chemin de la syntaxe est long et tortueux, semé d'embûches et de pièges. Mais grâce aux conseils précieux de ceux qui l'on déjà parcouru, la route vers une écriture grammaticalement correct semble déjà un peu moins inaccessible.  :)

Bloavezh mat, et bonne journée ^^

Hors ligne Robert-Henri D

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 871
  • Pelleteur de Nuages
Re : Re : Blanc comme neige
« Réponse #9 le: 05 Janvier 2026 à 12:06:23 »
Merci beaucoup pour ces corrections !

Le chemin de la syntaxe est long et tortueux, semé d'embûches et de pièges. Mais grâce aux conseils précieux de ceux qui l'on déjà parcouru, la route vers une écriture grammaticalement correct semble déjà un peu moins inaccessible.  :)

Bloavezh mat, et bonne journée ^^

 :) De rien LaouG, le forum est fait pour ça, et c'est tant mieux !

Le poète et la poétesse ne sont-ils réputés pour être sensible en toute chose ?

D'autant qu'il pourrait en être ainsi de moult situations humaines plus périlleuses si, au lieu de bousculer celle ou celui jugé plus fragile parce que se trouvant à certains moments au bord de l'ornière : chacune et chacun au contraire, s'appliquerait à lui tendre une main amicale...

Bons vœux !
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

 


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