B'soir.
J'ai fini un chouette livre, je partage.

Contrairement à ce qu'on croirait, Mme Guilyn est bien française et il ne s'agit pas d'un bouquin traduit. Il s'agit d'une verve authentique !
Et bon courage au traducteur, car je pense qu'il va s'é-cla-ter.
J'allais demander des livres sans narrateurs, ou aux narrateurs éclatés (pas dispersés, non :
éclatés !), des livres à la narration résolument monstrueuse, là où on voulait bien m'écouter (en librairie, généralement), et je restais sur ma faim plusieurs fois. Je ne lis pas trop les 4e de couverture, vous savez, alors je ne sais pas ce qui se dit de
Malou dit vrai.
Je sais que j'ai été nourri.
De narrateur, il n'y en a pas ; en réalité, dès les premières pages une première chose nous frappe : 'On' est un personnage. Puis immédiatement une seconde : les histoires sont tangibles. A mi-chemin entre des matériaux et des animaux, les histoires on peut les toucher et On les desquame d'ailleurs pour les coudre les filer les
évider, les vendre.
C'est de la frappe.
Et moi, ce que j'ai adoré, dans ce tout petit roman (à peine 200 pages), c'est qu'il ne s'excuse (quasiment) jamais, il n'explique rien, rien en des termes qui ne seraient pas les siens, la ville bouge et ses rues et ses habitants et les histoires qui les lient semble assez vite être la seule chose de vraiment tangible.
Sous spoiler, ce que cela raconte :
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Tous les personnages sont féminins, et c'est assez de la frappe ça aussi. Même si, de mon avis, là est l'incision par laquelle s'infiltrent les seuls défauts de l'oeuvre, défauts étant que : le monde de Malou dit vrai n'est pas étanche au nôtre, et le poids du sous-entendu auteur-lecteur devient une odeur (un peu) insidieuse à porter, une fois qu'on l'a repérée.
Pour l'instant, il s'agit de mon coup de coeur 2025. J'en ai un par an environ, et Gwen m'a soufflé de mots.
Parce que c'est assurément la force la plus grande de ce roman, sa souplesse la plus chaude, sa chair : les mots. Un soin intense cousu avec frénésie et AMBITION autour d'un lyrisme percutant, expansif, ne cherchant qu'à toucher l'indicible à chaque seconde.
Vous vous doutez comme j'ai aimé.
Je vous laisse sur les premières phrases du bouquin (après le poème introductif un peu abscons), quelques phrases éparses qui me dévastent dans le sable, et un passage complet (un paragraphe).
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Quelques phrases à l'envolée, que je cueille en ouvrant le livre au hasard :
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Et pour final, la page qui m'a décidé (allumé un feu en moi, Rage ! RAGE ! vouiiii!) à parler de ce livre :
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Bien sûr, vous l'aurez compris, ce n'est pas un bouquin pour tous les lectorats. Implicitement, en fait, si vous avez construits votre être (l'être à bord duquel vous naviguez votre vie) sur les histoires d'On, ce livre vous rejettera. Si vous avez une peau qui résiste à des pressions inanes, les mots de Malou dit vrai vous écorcheront ou vous manqueront complètement. Le lyrisme pourrira, et au sol, vos poumons resteront vides.
Je ne pense pas qu'il s'agisse encore du livre sur lequel je pourrai baser ma campagne d'annexion globale de l'humanité.
Mais il comptera dans mon armée.
Attendez...
J'arriverai.
Ruasseublant,
Nacas.