Bamako
Des fois j’me lève tout Soekarno
Au fond de l’âme comme un potage
Les Calcutta qui y surnagent
Ont les yeux collés de guano
Parfois j’me sens tout Bamako
J’ai dans la bouche comme un carnage
Un goût de sang et de naufrage
J’voudrais vomir mais j’suis K.O.
J’me sens rarement Valparaiso
Vent dans les voiles et la mer broute
De blancs moutons qui sont en route
Vers l’aventure et ses réseaux
J’me sens parfois Sarajevo
J’ai dans le coeur comme une déroute
Avec des bombes en goutte à goutte
Qui m’font meugler comme un p’tit veau
J’me sens rarement Valparaiso
Vent dans les voiles et la mer broute
De blancs moutons qui sont en route
Vers l’aventure et ses réseaux
Des soirs j’me couche Yamoussoukro
Sous la douleur et sous ses croûtes
L’espoir bleui à coups de knout
A coups de mots à coups de crocs
J’me sens rarement Valparaiso
Vent dans les voiles et la mer broute
De blancs moutons qui sont en route
Vers l’aventure et ses réseaux
J’me sens rarement Valparaiso
Vent dans les voiles et la mer broute
De blancs moutons qui sont en route
Vers l’aventure et ses réseaux