Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 décembre 2022 à 08:07:54
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Textes courts / Les fleurs jaunes
« Dernier message par Champdefaye le Aujourd'hui à 07:52:15 »
Un homme avec des fleurs ? Le plus empoté, c’est l’homme.
Antoine Blondin


En rentrant de la rue de Rennes, il y a quelques jours, je me suis rappelé brusquement la promesse que je m’étais faite la veille, offrir des fleurs à ma femme. Je n’avais pas pu le faire sur le moment, celui où j’avais conçu le projet, forcément, parce que, ce jour-là, nous étions le dernier lundi du mois d’août. Alors vous pensez ! Lundi + mois d’août = zéro fleuriste. Normal ! Contrariant, mais normal.

Si je dis "nous étions", ce n’est pas parce que je me prends pour le roi des Belges. Quand je dis "nous étions", quand je parle à la deuxième personne du pluriel, c’est par pure politesse, parce que vous pensez bien que, où vous étiez, vous, à ce moment-là, je m’en fiche comme de ma deuxième (je dis ça parce que, la première, il parait qu’on s’en souvient toujours).

Donc, je suis du côté de la rue de Rennes, on est mardi - tout le monde est mardi - et bien qu’en août, j’ai des chances de trouver un sacré foutu fleuriste ouvert. Et, de fait, au coin de Raspail et de Vaugirard, il y a un sacré foutu fleuriste ouvert. Sur le trottoir, il y a des seaux avec dedans des tas de petits bouquets, tout prêts, de toutes les couleurs. Des fleurs jaunes, c’est des fleurs jaunes qu’il me faut. Elle aime beaucoup les fleurs jaunes. Je le sais parce qu’un jour que je lui apportais un bouquet, elle m’a dit "Oh ! Comme c’est gentil ! J’adore les fleurs jaunes !" Enfin, elle ne l’a peut-être pas dit exactement comme ça, mais c’était bien ce que ça voulait dire. J’ai du mal à me rappeler ses mots, exactement, parce que ça fait bien vingt, vingt-cinq ans que c’est arrivé. J’espère qu’elle n’a pas changé de goût depuis. Parce qu’il faut faire attention avec les femmes. Ça change d’avis comme qui dirait. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi on disait ça, comme qui dirait. Moi, pour la même chose, je dirais plutôt "comme de chemise", mais pour une femme ça ferait beaucoup trop de chemises. Alors, va pour "comme qui dirait".

Donc, des fleurs jaunes. J’en prends trois bouquets tout prêts, parce que, quand on offre des fleurs, il ne faut pas y aller avec le dos de la cuillère ; il faut y aller franchement. Avec mes trois bouquets, je rentre dans la boutique et je demande au patron qu’on m’en fasse un seul. Il les attrape et, sans me regarder, il me lance :

— C’est pour offrir ?

— Non, c’est pour manger tout de suite, connard !

Non, en vrai, je n’ai pas dit ça. J’aurais bien voulu lui faire une réponse de ce genre, une réplique à la Jean-Marie Bigard. Tout le monde rit quand Bigard dit quelque chose comme ça, lui. Mais moi, quand j’essaie, ça ne marche jamais. Ça tombe à plat. Ou pire. Alors, je préfère m’abstenir. D’ailleurs, en fait, je n’ai jamais essayé.

Donc, je ne lui pas dit « Non, c’est pour manger tout de suite, etc.… », mais seulement : « Oui, si c’est possible. » N’empêche ! « C’est pour offrir ? » Quelle question idiote ! Évidemment que c’est pour offrir ! Ce n’est pas pour me mettre à la boutonnière, ou pour me souhaiter mon anniversaire ! Connard ! J’ai vraiment envie... mais bon... alors, bien poliment : « Oui, Si c’est possible. »

Et me voilà reparti vers chez moi, dans la rue de Vaugirard, tout content mais un peu gêné quand même. Vous savez ce que c’est, parce que pour vous c’est probablement la même chose, mais quand on trimballe un bouquet de fleurs dans la rue, on a toujours l’impression d’avoir l’air idiot. On se dit que les gens vont vous prendre pour un crétin de fiancé transi qui vient faire sa demande, qu’il ne vous manque plus que l’œillet au revers, la bague dans la poche et les gants beurre frais à la main pour être parfaitement ridicule. Ah si ! Ah si ! Si vous portez le bouquet bien devant vous, avec les fleurs vers le haut, c’est sûr que tout le monde va penser ça. Alors, quand je porte un bouquet, j’ai ma méthode. Ce n’est pas très souvent, mais j’ai ma méthode. Je le porte au bout du bras, bien vertical, le long de la jambe, les fleurs vers le bas, comme ça les gens ont moins de chance de les voir et moi, d’avoir l’air idiot.

Donc me voilà rue de Vaugirard à marcher vers le Luxembourg. Vous la connaissez, la rue de Vaugirard : le trottoir est étroit et il n’est pas facile de croiser les gens à distance raisonnable, je veux dire à une distance qui permette de faire semblant de ne pas les voir. Parce que je n’aime pas beaucoup croiser le regard des gens. Sur un trottoir aussi étroit, c’est inévitable, les gens vous regardent, c’est comme ça. Et moi, je ne suis jamais sûr de ce qu’ils vont penser de moi. Alors, à chaque fois, je dois me composer une attitude. Les sourcils froncés, l’air décidé et le regard fixe, pendant deux ou trois mètres, je suis celui qui a pris la décision qui s’imposait et qui s’en va d’un pas ferme régler un problème en deux temps, trois mouvements ; ou alors, pendant cinq secondes, le temps de croiser le passant, le regard hésitant, presque inquiet, je cherche des yeux les plaques de noms de rue ou de numéros d’immeubles et je suis l’étranger au quartier ou même au pays — je préfère au pays — qui cherche son chemin ; je peux aussi, mais plus rarement, l’air serein ou amusé, prétendre m’intéresser aux cariatides qui soutiennent les balcons, au détail des portes cochères ou aux chiens-assis des toitures et être ainsi le promeneur parisien, élégant, cultivé et libre de son temps. J’ai une série de personnages comme ça que j’utilise au gré des circonstances, c’est-à-dire, en fait, au gré du quartier et de ma tenue.

Mais quand j’ai un bouquet de fleurs à la main, aucun de mes personnages ne tient deux secondes, à l’exception de celui de livreur de chez Monceau Fleurs. Mais qui a envie d’être pris pour un livreur de chez Monceau Fleurs ?

Donc me voilà rue de Vaugirard. Je sens bien que ma démarche est un peu raide et je sais bien que c’est dû à ma façon de porter le bouquet. Je cherche vainement à me composer un personnage qui colle avec cette démarche. Sur le coup, je n’en vois qu’un : blessé de guerre ; mais j’ai des scrupules : à part mai 68, je n’en ai fait aucune.

Donc me revoilà, rue de Vaugirard, la jambe droite un peu raide, sans raison apparente, sans personnage adapté.

Dans quelques mètres, je vais croiser une femme. Je la vois, elle approche. Le trottoir fait à peine un mètre cinquante de large et des voitures de livraison m’empêchent de descendre sur la chaussée. Aucun moyen de passer à distance. Que faire ? Rien, rien d’autre que d’échanger un regard avec elle, un regard que je voudrai le plus neutre possible. Surtout qu’elle n’aille pas s’imaginer je ne sais quoi. D’ailleurs, je n’ai aucune idée de ce qu’elle pourrait s’imaginer. Elle approche, elle approche encore et l’échange des regards est maintenant inévitable. Et ça y est : contact !

De mon côté, regard vide, à la limite idiot… Du sien, une étincelle, une petit ride qui se forme au coin de l’œil - elle n’a plus vingt ans - et un sourire… Mais qu’est-ce qu’elle a ? Qu’est-ce qu’elle veut, cette bonne femme ? Mon regard vide n’a pas eu le temps de se charger de cette interrogation que ça y est, nous nous sommes croisés, c’est fini ; elle me tourne le dos, nous nous tournons le dos, nous ne nous verrons plus.

Bizarre quand même… Tout en continuant mon chemin, je me dis que ça doit être moi, que je dois avoir quelque chose de drôle, de risible même. Je me regarde dans une vitrine qui passe : non, tout semble normal : les cheveux, ça va, la figure, pareil, la chemise, la veste, la ceinture, plus bas, tout ça, c’est bon. Alors quoi ? Je ne saurai jamais.

Et me voilà toujours rue de Vaugirard. Au croisement de la rue Madame, ça recommence. Trottoir étroit, femme en vue - une toute jeune cette fois. On se croise. Coup d’œil vague de ma part. Mais elle, tout en marchant à ma rencontre, elle m’envisage, je veux dire qu’elle me regarde du haut en bas et retour et, pareil mais sans la petite ride, un sourire… Là, quand même, je m’arrête et je me retourne pour la suivre des yeux. Mais pas elle. Dommage. Je ne saurai jamais.

Bon ! Autant vous le dire tout de suite, à un moment j’ai su, j’ai fini par comprendre, parce qu’entre la rue Madame et chez moi, le même phénomène s’est reproduit quatre fois, dont deux dans le Luxembourg : coup d’œil de l’inconnue, sourire et puis bonsoir.

En fait, je vais vous dire, ces femmes, toutes ces femmes, elles l’avaient vu, le bouquet. C’est même tout ce qu’elles voyaient. Et ça m’a fait comprendre que, quand une femme voit un inconnu porter des fleurs dans la rue, elle se dit : "tiens, voilà un homme gentil, il apporte des fleurs à sa femme, ou à sa vieille mère, ou à sa petite amie ; c’est sûrement un type bien, un type doux, un homme attentionné. Ah ! Quel dommage que je ne l’aie pas rencontré plus tôt, au lieu de ce sale égoïste de Gérard qui oublie chaque mois l’anniversaire de notre première rencontre et m’offre un brin de muguet le 2 mai en me disant "bon sang, ce qu’il est cher, cette année !" Je suis certaine qu’il ne met pas sa serviette de table dans son col de chemise, celui-là, et qu’il laisse des pourboires corrects dans les restaurants, lui. En plus, il n’est sûrement pas du genre à refuser d’aller au théâtre ou d’aller voir le dernier film de Nicole Garcia…"

Eh oui, les femmes se disent ça quand elles voient un bouquet de fleurs porté par un bonhomme avec l’air idiot tout seul dans la rue. Vous ne saviez pas ça, hein ? Elles sont tout attendries. D’où le sourire.

J’étais rassuré, j’avais compris qu’elles ne se moquaient pas de moi, qu’elles ne me prenaient pas pour un ahuri. Je rentrai chez moi la tête haute et la démarche souple, quitte à montrer à tout le monde le bouquet de fleurs jaunes que je tenais à la main.

"Oh ! Un bouquet ! Comme c’est gentil ! J’adore les fleurs jaunes !"

Mais, j’y pense, un tout autre que moi pourrait tirer de cette découverte un moyen idéal pour la drague, bien meilleur que celui du labrador en laisse. Imaginez un peu : vous vous promenez dans un quartier favorable avec un bouquet de fleurs à la main, mais discret quand même, pas à bras tendu devant vous, sinon vous passez pour le crétin de fiancé transi de tout à l’heure. Vous prenez l’air un peu emprunté, mais pas trop idiot quand même, parce que ça, ça fait peur aux femmes, et vous marchez. Ça ne peut pas manquer : quatre sur cinq de celles que vous croiserez vont vous sourire. Vous n’avez plus qu’à tenter le coup avec une qui ne vous déplaît pas trop : « Bonjour Mademoiselle, ou Madame selon le cas. Tenez, c’est pour vous. » et vous lui tendez les fleurs. À ce moment, ou bien elle s’enfuit avec un « Non, mais ça va pas, vous ? » ou bien elle s’arrête et vous dit « Mais enfin, Monsieur, pourquoi… » et là, vous ne lui laissez pas le temps de finir : "... mais, parce que vous avez souri ! Ne dites pas non, vous avez souri ! Ah ! c’est merveilleux ! La vie est belle ! Et vous êtes comme elle, si belle…" Si elle ne réalise pas tout de suite que c’est comme ça que Brasseur drague Arletty dans Les Enfants du paradis, vous avez gagné. Bon, maintenant que vous avez le tuyau, je vous laisse improviser pour la suite.
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Textes mi-longs / Re : La Maison Faite D’Encre Et De Papier (conte de Noël)
« Dernier message par Basic le Aujourd'hui à 06:35:59 »
Bonjour Robert Henri

tu sais comme j'apprécie, l'explicite, le pas tout à fait écrit, c'est presque aussi doux que la création du désir. Le sentiment du précédent commentateur était peut-être du à ce "presque" qui fait le cœur de ton texte. Je me demande si un poil plus ou moins ( tout dépend, verre demi vide, demi plein).
En ce qui me concerne, je trouve ça chouette... un livre relié vieux cuir avec d'étranges symboles entre les nerfs, un plat mordoré sans titre... bref, de ces livres qui n'existent que dans les histoires fantastiques.

B

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Textes courts / Re : Retour de vacances
« Dernier message par Beglous le Aujourd'hui à 00:04:06 »
Bonjour UmanaFragilita,

Suite à tes passages, j'ai eu envie de venir découvrir ce que tu écrivais de ton côté.

J'ai été très surprise par ce que j'ai lu.
Avec pour accroche "vacances à Saint-Tropez, épilogue", je ne m'attendais pas du tout à ça !
Je m'attendais à quelque chose de léger, d'estival ; et j'y ai trouvé une matière ancienne, remuée comme on retournerait de la vieille terre.
C'est un journal étrange par sa temporalité. Un journal, il me semble, s'inscrit dans un temps présent, il suit au jour le jour l'évolution d'une situation ou d'un ensemble de situations. Ici, j'ai plutôt eu l'impression d'être plongée dans des mémoires ravivées par un changement important. Cela donne quelque chose de ramassé, de condensé. Si tu comptes le retravailler, je pense que d'interroger sa construction temporelle serait intéressant. Il y a parfois des sauts du passé au présent et inversement qui sont rapides et imprévisibles. Cela semble être écrit sur le moment même du souvenir. Il y a le temps du vécu, le temps du souvenir et selon moi il manque le troisième temps qui est celui de la narration. Cela dit, ça donne une lecture à chaud, à vif du sujet. C'est un parti-pris.
Concernant l'écriture, je l'ai beaucoup appréciée. Je trouve qu'il y a un soin particulier apporté aux détails qui rend la lecture vraiment agréable. C'est fluide et les phrases sont à mes yeux bien construites.

J'ai repris plus en détails certains passages :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Belle suite à toi dans cette relation naissante avec ce cher journal ;)
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Textes courts / Re : Le bout du tunnel
« Dernier message par Beglous le Hier à 23:00:01 »
Bonjour UmanaFragilita,

Merci à toi d'être repassé !

Tu me rappelles à la remarque de Stevius qui interrogeait une suite. Effectivement la deuxième partie que tu évoques nécessite d'être clarifiée, et pour moi cela veut dire être continuée. Je vais m'y atteler sous peu !

Merci pour ton retour sur la première partie, il me conforte dans mon objectif de donner corps à un personnage par sa seule parole.

J'entends bien ta logique du mur et de la chute, ça se tient, seulement en l'écrivant je voulais parler du mur comme un espace contenant plutôt que comme un mur concret. Un mur sur lequel on peut s'appuyer. Je vais y réfléchir à partir de ta proposition.

Merci pour tes encouragements, je vais poursuivre :)
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Textes courts / Re : Divagation {1}
« Dernier message par Beglous le Hier à 22:40:45 »
Bonjour UmanaFragilita,

Merci pour ton passage.
Ce petit texte n'est pas un essai, c'est de l'image, ce n'est pas à prendre au pied de la lettre.
Je ne cherche pas à faire émerger des représentations de violence qui mettent à mal.
Au contraire.
Probablement que l'on voit ce qui nous habite.

Bonne suite à toi

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Textes courts / Re : Ulysse
« Dernier message par Forêt le Hier à 22:29:49 »
Mille mercis Cendres pour ton intérêt porté à ce texte ! Je suis ravi de savoir que tu aimes les chiens et je ne me souviens pas d'un texte de toi où apparaît Sedna, mais je vais chercher.  :calin:

Je suis encore et encore en train de retravailler ce texte, de supprimer des passages, de les remettre, d'intervertir les paragraphes, les phrases, etc. Toujours les mêmes interrogations autour de l'explicatif qui se mêle au descriptif. Je travaille trop mes textes en ce moment, jusqu'à ne plus y voir clair. Je ne parviens pas à dégager du temps et de l'énergie pour vous commenter, alors que j'ai toujours envie, bien sûr, d'échange littéraire.

A bientôt tout le monde 
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Textes courts / Re : taches d'aigri
« Dernier message par Dot Quote le Hier à 20:22:42 »
yo Opercule,

en vrai la première personne je m'en sers comme des autres en un flux ui, mais que moi même je pige pas, entre les 'je' persos et les 'je' plus généraux, les 'tu' à toi ou à autre, les on différents des nous, etc, je suis sérieux quand j'affirme avec mes excuses, qu'avec ce que je lie au terme psy dans lequel je me retrouve, un trouble de l'identité, les pronoms m'emmerdent pluss qu'ils me servent ; j'avoue ne pas souhaiter que les persos se distinguent et qu'on se base sur le flou d'identités qu'au contraire j'essaye d'aplanir pour penser sans "qui" ; je suis pas pro ni sérieux sur l'usage ainsi confus de ces éléments, c'est volontaire ce qui est un défaut mais pas sur mon intérêt propre à écrire ; si une revendication venait sur ce propos, j'suis pas sûr d'être apte à la commande d'usine, à la fois par incapacités, et par intérêt pour autre chose que cet univers

de fait le côté littéraire qui s'attend absolument à répondre à la question du qui, ptetr est éloigné de ce que je considère d'au moins scriptif si l'on se comprend, tout en pleine conscience qu'écrire pour moi surtout au sujet de cette soupe qui m'envahit et me laissera ptetr bientôt complètement enfermé de l'expression, est un acte relevant plus justement de cette expression qu'il me serait dangereux de garder tout pour moi comme le reste, mais qui se referme insidieusement malgré tout effort, le repli, ici en dernière étincelle de partage ? ... c'est ptert nul d'amour, mais écrire pour mes fichiers numériques cachés, ça m'intéresse moins que de partager ce qu'humblement je considère sans autre titre que, un bout de mots écrits à qui les veut, c'est le truc de mon esprit l'écrit, le plus intime dans mon histoire d'avant la psychiatrie, je crois aimer le free d'expression plus que l'étude scrupuleuse et la pratique de la langue, mais un écrit se doit-il d'être complexe et technique pour faire figure de littérature ? j'y fais bâclé-amateur même si sérieusement à fond, ceci tout comme n'importe qui ou presque peut s'inventer cuistot un soir de crêpes ; notion relative que cette qualité dont je ne prétends pas faire gage, ma garantie de spontané transparent mais ouvert me laisse sur le tard avec le propos de construction à l'unité d'identités et d'âmes incarnées

pour le h2o y'a le vague thème qui gravite toi aussi t'as reconnu ahah, m'enfin de là à me faire dire des intentions politiques entre les deux ? jsp, je me suis dit les textes comme lui qui relèvent moins de la globalité du sujet, autant les différencier pour limiter le boulot de la modé, ce depuis 'je cherche une femme nue' qu'il a fallu ranger comme j'ai rangé lui, du coup je sais pas quoi répondre à ton nouveau côté du lacet

àtoupluss
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Textes courts / Re : Un rayon de soleil (2)
« Dernier message par LOF le Hier à 18:36:45 »
  (Je suis d'accord avec toi. J'ai modifié mon texte. Remplacé BB par Marilyn.
       Je ne souhaite pas la fin de notre BB, un mythe toujours vivant)

                                                   
                                                                    Un rayon de soleil

Il entre dans la cuisine.
Il tire le rideau de la loggia.
Il ouvre la porte au chat. Le chat s’étire. Le chat se frotte. Le chat pénètre dans la cuisine.
Il allume la radio. Marilyn Monroe est morte.
Il fait chauffer de l’eau. Il met deux cuillérées de chicorée dans son bol.
La lumière est de moins en moins grise dans la cuisine. Le ciel bleuit. Les arbres accrochent les premiers rayons du soleil. On parle de Marilyn Monroe à la radio.
L’eau sur la gazinière commence à bouillir. Il verse l’eau brûlante dans son bol de chicorée.
Elle rentre dans la cuisine.
La lumière est douce maintenant sur les meubles.
Il dit « Marilyn Monroe est morte ».
Elle prend sa boîte de médicaments. Des plantes médicinales en gélules. Elle sourit. Elle regarde par la fenêtre de la loggia. Elle donne de l’eau fraîche au chat. Elle sort un pot de confiture du frigo. Elle se passe la main dans les cheveux. Elle voit lui qui mange.
Des bancs de cumulus s’amoncellent au sommet des montagnes. Musique mélancolique à la radio. Le chat ronronne, se frotte aux pieds des chaises. Dans l’escalier de l’immeuble des cris d’enfants allant à l’école.
Au fond du pot de confiture, elle préfère les extraits d’écorce d’orange. Elle les étale sur son pain grillé. Puis elle dit « Elle avait qu’elle âge Marilyn ? »
Il ne sait pas, il ne dit rien, il boit sa dernière gorgée de chicorée.
Sous les dents, le pain grillé craque.
Les montagnes disparaissent sous les cumulus. Le temps change.
Elle danse. Sa jupe se soulève sur une grille d’aération du métro. Il la regarde impuissant.
Combien de temps va-t-elle danser ainsi ? Les flashs des photographes crépitent. Elle dit « Vous sentez la fraicheur du métro ? N’est-ce pas délicieux ? Quel bonheur d’être en robe. Je vous plains dans votre pantalon ».
Elle le regarde. Il nettoie méticuleusement son bol sous le robinet de l’évier et quitte la cuisine. Le labrador du voisin aboie dans l’escalier de l’immeuble.

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Bonjour Olivier,

J'écris aussi un roman psychologique ( basé sur l'épouvante). Il y a des gens, comme moi, qui accordent leur confiance trop rapidement, d'autres moins vite. Chacun son rythme, ses hauts et ses bas.

Je pense que tu trouveras ce réconfort et cette motivation ici.

A bientôt
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Textes courts / Re : taches d'aigri
« Dernier message par Opercule le Hier à 17:50:01 »
salut dot, j’ai un peu de mal avec le côté narration à la première personne ; est-ce que c’est un genre de flux de pensée sans grande visée littéraire ?
Est-ce que c’est une réflexion à rapprocher de ton projet d’hypertrophie des orchidées ?
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