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L'Aire de jeux / Re : Défi micro textes
« Dernier message par Aionia Apektasis le Hier à 21:20:22 »Tic, tac, tic, tac
*Cette route se termine en cul de sac dans un village
Thème suivant : le trésor au pied de l'arc en ciel
On roulait comme deux évadés d’un asile d’aliénés, enfin, surtout moi. J’ai mis le clignotant à gauche. Tic, tac, tic, tac
J’ai mis un grand coup de volant à droite, et on s’est retrouvé sur une route qui s’appelait Fjellesterveien. Rien que le nom, tu sens que c’est un endroit où les GPS viennent mourir. Ingrid me dit un truc en norvégien :
- Denne veien ender i en blindvei i en landsby*.
J’ai compris qu’elle voulait elle aussi du pinard. J’ai lâché le volant pour attraper une bouteille sur la banquette arrière. En saisissant la caisse de bouteilles, j’ai réalisé que c’était elle qui tenait le volant. Du côté passager. Moi, j’avais juste le pied collé à l’accélérateur comme un demeuré. La Volvo avançait en diagonale, mais ça avait l’air de convenir à la Princesse.
Dans un virage, on a fait un tout droit. Pas un petit. Un vrai. On a traversé trois buissons, un sapin, un truc qui ressemblait à un troll, et on a retrouvé la route par miracle pile au moment où je reprenais le volant. J’ai tendu une bouteille à Ingrid. Elle a descendu un tiers de la bouteille cul-sec. J’ai éprouvé du respect. L’horloge de la Volvo égrainait les secondes, comme moi les chapelets quand je donnais l’office. Tic, tac, tic, tac.
Le pare-brise avait explosé contre une branche, et maintenant, dans la voiture, y’avait deux lapins. Vivants. Assis sur les genoux d’Ingrid. Comme s’ils attendaient leur arrêt de bus. Je sais pas d’où ils venaient. Je sais pas pourquoi ils étaient là. J’ai pas osé leur demander. Derrière nous, les militaires ont disparu d’un coup. Intervention divine ? Peut-être. J’étais curé, après tout. Dieu devait se dire : « Bon, je vais l’aider, mais juste cette fois, hein. » À un croisement, j’ai pris à gauche. J’ai mis le clignotant. Je devais être vraiment pas bien. Tic, tac, tic, tac
On a fini par arriver à Fjalaestra, un village tellement paumé que même les rennes doivent y demander leur chemin. Cul de sac total. Après, c’était la forêt. J’ai regardé Ingrid :
- T’aurais pu le dire, quand même !
Elle a haussé les épaules. Normal.
La Volvo fumait par le capot, les lapins reniflaient le tableau de bord. J’ai garé la voiture sur un parking. Devant nous, un magasin, avec une enseigne peinte à la main :
« Chez Magnussen – Farces et attrapes ».
On est resté silencieux. On n’entendait plus que l’horloge de la Volvo. Tic, tac, tic, tac
Qu’est-ce qui allait encore nous arriver ?
J’ai mis un grand coup de volant à droite, et on s’est retrouvé sur une route qui s’appelait Fjellesterveien. Rien que le nom, tu sens que c’est un endroit où les GPS viennent mourir. Ingrid me dit un truc en norvégien :
- Denne veien ender i en blindvei i en landsby*.
J’ai compris qu’elle voulait elle aussi du pinard. J’ai lâché le volant pour attraper une bouteille sur la banquette arrière. En saisissant la caisse de bouteilles, j’ai réalisé que c’était elle qui tenait le volant. Du côté passager. Moi, j’avais juste le pied collé à l’accélérateur comme un demeuré. La Volvo avançait en diagonale, mais ça avait l’air de convenir à la Princesse.
Dans un virage, on a fait un tout droit. Pas un petit. Un vrai. On a traversé trois buissons, un sapin, un truc qui ressemblait à un troll, et on a retrouvé la route par miracle pile au moment où je reprenais le volant. J’ai tendu une bouteille à Ingrid. Elle a descendu un tiers de la bouteille cul-sec. J’ai éprouvé du respect. L’horloge de la Volvo égrainait les secondes, comme moi les chapelets quand je donnais l’office. Tic, tac, tic, tac.
Le pare-brise avait explosé contre une branche, et maintenant, dans la voiture, y’avait deux lapins. Vivants. Assis sur les genoux d’Ingrid. Comme s’ils attendaient leur arrêt de bus. Je sais pas d’où ils venaient. Je sais pas pourquoi ils étaient là. J’ai pas osé leur demander. Derrière nous, les militaires ont disparu d’un coup. Intervention divine ? Peut-être. J’étais curé, après tout. Dieu devait se dire : « Bon, je vais l’aider, mais juste cette fois, hein. » À un croisement, j’ai pris à gauche. J’ai mis le clignotant. Je devais être vraiment pas bien. Tic, tac, tic, tac
On a fini par arriver à Fjalaestra, un village tellement paumé que même les rennes doivent y demander leur chemin. Cul de sac total. Après, c’était la forêt. J’ai regardé Ingrid :
- T’aurais pu le dire, quand même !
Elle a haussé les épaules. Normal.
La Volvo fumait par le capot, les lapins reniflaient le tableau de bord. J’ai garé la voiture sur un parking. Devant nous, un magasin, avec une enseigne peinte à la main :
« Chez Magnussen – Farces et attrapes ».
On est resté silencieux. On n’entendait plus que l’horloge de la Volvo. Tic, tac, tic, tac
Qu’est-ce qui allait encore nous arriver ?
*Cette route se termine en cul de sac dans un village
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