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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » San Francisco - Dialogue de théâtre (incomplet)

Auteur Sujet: San Francisco - Dialogue de théâtre (incomplet)  (Lu 313 fois)

Hors ligne AvrilDystopie

  • Plumelette
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San Francisco - Dialogue de théâtre (incomplet)
« le: 19 février 2020 à 18:47:40 »
(Première fois que je poste un texte ici! J’ai fait ce dialogue à partir d’une idée un peu vague, l’idée c’était surtout de me remettre à l’écriture, c’est le truc le plus concret que j’ai écris depuis que j’ai repris. J’ai une idée de la fin et globalement ce qui se passe derrière ce dialogue, seulement je l’écris un peu à l’automatique, et je sais pas trop où l’emmener actuellement donc je fais une petite pause. Je vous le partage, je prends tous les retours que vous pouvez avoir dessus, comme je l’ai dis je me remets à peine à l’écriture, et connaître mes points faibles et forts me donneront des indications sur comment continuer de le travailler. Le style est fortement inspiré de ”Dans la solitude des champs de cotons” de Koltès. Je vous remercie, et bonne lecture!)


Une ville. Une place. Une bouche de métro. Une femme attends. L’autre s’avance sur la place. Elle lui parle:

Elle:
Je t’ai rencontrée dans un bar à San Francisco. Tu étais belle et je n’ai pas osée te parler, tu t’es déshabillée et tu as danser à côté de moi. Tu m’as fait monter dans ta Citroën verte remplie de mégots de cigarettes. Pendant une centaine d’années, nous avons revécu la même nuit, encore et encore. Nous avons sauté du haut du Golden Gate. Depuis, je n’ai fait que rêver de toi, pendant des milliers d’années je t’ai cherchée partout, et enfin je t’ai trouvée. 

L’autre:
Je ne te connais pas. Je n’ai pas le permis et pas les moyens d’aller à San Francisco. Je ne sais pas ce qu’est le Goldon Gate. Je rentrais chez moi, à pied, sagement, après avoir effectué le travail qui fait ma fierté. Je suis une honnête femme. J’ai fais beaucoup de bêtises dans ma jeunesse, mais aucune d’entre elle n’a durée une centaine d’années. Vous devez vous tromper. Passez une bonne journée.

Elle:
Si vous n’êtes pas la femme que j’ai connu, vous lui ressemblez. Et si la femme que j’ai connu n’existe plus, c’est vous que j’ai dû voir en rêve. Permettez moi d’emprunter un peu de votre temps. Je suis prisonnière d’un rêve et j’ai besoin de savoir qui vous êtes, j’ai besoin de récupérer ce qui m’appartient.

L’autre:
Je ne peux pas vous aider. Il y a trop de facteurs qui rentrent en compte. Sachez seulement que les rêves ne vous garderons prisonnière que si vous décidez de vous y soumettre. Cette femme que vous avez connue et qui me ressemble pourrait être toute autre, vous avez simplement choisie de danser avec celle ci, et depuis vous cherchez à retrouver une chimère.

Elle:
La connaissez vous?

L’autre:
Je ne connais pas de femmes qui me ressemble. Des hommes, peut-être.

Elle:
C’était peut-être un homme, mais ils sont rares dans ce métier, ils ont le pouvoir. Son physique ne m’a rien dis de si il s’agissait d’un homme ou d’une femme mais seule une femme aurait pu être à cet endroit dans cette position, et je n’aurais jamais suivi un homme. Ce devait être une femme. Elle était belle.

L’autre:
Je ne connais pas de métier où les hommes n’ont pas leur place. Dans tous les lieux créées par les femmes depuis qu’on les nomment hommes et femmes, ils sont venus y revendiquer une place. Je ne connais pas la femme que vous cherchez. Si elle existe, peut-être vous trompez-vous de lieu, peut-être vous trompez-vous de saisons. Aujourd’hui n’est pas un temps pour une femme d’être seule et de parler à des inconnus. Vous devriez rentrer.

Elle:
Si je rentre, rien ne changera, je la verrais tout de même en rêve mais chaque nuit, son visage se sera assombri et chaque jour, dans cette ville, son visage se sera épaissi pour s’accorder à cette réalité. Je ne sais pas si je la trouverais mais je dois au moins la chercher, parce que c’est ce que je suis. Je suis devenu celle qui la cherchait et je ne vis plus que par son souvenir. Si une autre voie existe pour moi, ce n’est qu’en la revoyant que je le saurais. Et puisque vous m’avez parler en ce lieu et que je vous intrigue, vous me faites exister dans votre regard comme j’existais dans le sien. A défaut d’être devenu la femme que je cherchais, vous êtes devenu celle pour qui j’existe. Tant que vous ne partirez pas, je resterais là.

L’autre:
J’imagine que si je reste avec vous, vous n’êtes plus une femme seule dans la rue mais, si vous voulez, une femme qui existe pour moi dans ce lieu et dans ce regard que je porte sur vous. Asseyez vous au moins, puisque je suis prête à vous écouter.
Vous ne m’intriguez pas, vous n’êtes qu’une femme à la recherche de quelque chose au milieu de tant d’autres femmes qui cherchent d’autre chose. Ce qui m’intéresse, c’est ce rêve qui vous obsède. Moi, je ne cherche rien. Mais puisque je suis une femme comme toutes les autres qui marchent sur cette place, peut-être que je cherche bien quelque chose sans en avoir conscience. Mes organes réagissent à ce que vous dites alors peut-être que moi aussi, je suis à la recherche d’une femme de rêve. Un mirage. Ça expliquerait beaucoup de choses.

Elle:
A quoi rêvez-vous?

L’autre:
Je rêve à des visages et des lèvres. Des déserts de sables et des étendues de ciel. Au milieu, une baignoire remplie de bulles de savon. Et contre mes cuisses, des jambes qui ne sont pas les miennes. Des cigarettes de tabac bruns. Un toit trempé par la pluie. Je ne sais pas si j’ai sauté.

Elle:
Nous étions allés sur un toit, mais nous n’avions pas sauté. Nous avons seulement regardés les passants en dessous de nous. Vous aviez vos jambes serrées contre les miennes. Votre voiture avait disparue.

L’autre:
Il y avait des lumières néons et une salle dorée. Je m’étais approché de cette femme qui était nue, elle était couverte de bijoux et de perles, mais son corps était offert aux yeux de tous. Elle avait une peau comme la votre, sombre, mais brillante sous les néons. Et un regard de feu. Je fumais, je me souviens de l’odeur. A cet endroit là, je n’étais pas comme les autres femmes, offertes. J’étais plutôt la cliente, l’habituée, la marâtre peut-être. Je ne me souviens plus.

Elle:
J’ai vu la baignoire, dans le désert. C’était une baignoire à pied, usée par le sable. Il faisait un temps à pluie, comme maintenant.

L’autre:
Ah oui. Il va pleuvoir.

Elle:
Je peux vous demander quelque chose?

L’autre:
Ce que vous voulez, tant que ce n’est pas trop personnel.

Elle:
Vous aimez les hommes? Ou les femmes?

L’autre:
Je ne sais pas. Je crois que je n’ai pas de préférence pour l’un ou l’autre des sexes. Mais j’ai sûrement des préférences pour certaines femmes, ou certains hommes. J’aime les lèvres charnues, comme les vôtres.

Elle:
Je ne sais pas ce que j’aime. Je crois que j’aime les hommes. Mais j’ai rencontré cette femme. Elle n’allait pas fort, mais elle était forte, et je crois qu’elle aimait les femmes. Elle avait un corps à aimer les femmes.

L’autre:
Il y a des corps pour aimer les femmes?
Elle:
Oui. Un corps décidé. Un corps qui sait ce qu’elle veut. Des pieds comme des sabots. Des épaules comme celles d’un garçon, qui ne font qu’une seule ligne cassée du majeur au majeur. Des yeux qui n’ont pas peur de regarder. Et une poitrine creusée.

L’autre:
Vous avez une idée précise et étrange des corps des femmes. Et vous n’avez pas une poitrine creusée.

Elle:
Et pourtant elle l’est. C’est comme vous avez dis, j’y ai creusé moi-même un trou. Il manque quelque chose à mon corps.

L’autre:
Arrêtez, on dirait une petite fille. Vous êtes amoureuse, c’est d’accord.

Elle:
Si le mot vous semble approprié.

L’autre:
C’est à vous de décider. Je ne suis pas vous, je ne connais pas vos mots, je ne sais pas qui vous êtes. Si vous laissez les autres plaquez leurs mots sur vous cela ne m’étonne pas que vous vous retrouviez coincé à un moment de votre vie.

Elle:
Qu’est-ce que l’amour?

L’autre:
Un mélange d’affection, d’addiction et de passion à l’égard d’une personne. Qu’est-ce que j’en sais moi. J’imagine que pour s’attacher à quelqu’un et que ce soit réciproque, il faut lui céder une part de vulnérabilité. Je n’en ai jamais été réellement capable.

Elle:
Alors ce n’est peut-être pas de l’amour. J’ai tout donné et elle a disparue. Je ne sais pas si elle rêve de moi elle aussi, j’aimerais croire que nous sommes connectées depuis ce qu’il s’est passé.

L’autre:
Disons que nous avons une connexion.

Hors ligne jonathan

  • Calliopéen
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Re : San Francisco - Dialogue de théâtre (incomplet)
« Réponse #1 le: 20 février 2020 à 17:55:59 »
Bonjour. Le zéro m'attire. Continuité dialoguée sans traitement pour permettre au lecteur de reprendre son souffle.  L'idée est bonne, il y a des fautes : infinitif/participe passé. Tu devrais réduire les dialogues afin d'exprimer les sentiments, les désirs, certains faits, entre ces mêmes dialogues. Un peu de psycho qui analyserait et renforcerait les échanges entre les deux personnages.
Un intellectuel assis ira toujours moins loin que deux cons qui marchent (Un taxi pour Tobrouk)
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Hors ligne AvrilDystopie

  • Plumelette
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Re : San Francisco - Dialogue de théâtre (incomplet)
« Réponse #2 le: 20 février 2020 à 22:16:03 »
Hello! Merci pour ta réponse. J’irais refaire un cours d’infinitif/participe passé, on me le dit tout le temps ahah. Pour la réduction du dialogue, tu veux dire rajouter des trucs en didascalie? On m’a toujours dis d’éviter un maximum de mettre de didascalie, à priori ça se fait plus trop, mais j’y connais pas grand chose ahah. Merci beaucoup en tout cas! Je vais essayer de réfléchir à la psychologie et tout avant de reprendre.

Hors ligne jonathan

  • Calliopéen
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  • Auteur de polars
Re : San Francisco - Dialogue de théâtre (incomplet)
« Réponse #3 le: 21 février 2020 à 12:36:27 »
Bonjour. Je suis plus orienté roman que théâtre alors je pense que tu devrais t'orienter vers la section "Théâtre" où tu recevras des conseils plus avisés que les miens qui se limitent à un seul scénar franco/québécois présenté au feu festival d'Orléans et qui n'a pas été retenu d'ailleurs. 
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