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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: kokox le 07 janvier 2016 à 18:08:38

Titre: 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 07 janvier 2016 à 18:08:38
100 Raisons d'Adorer et de Haïr Jeanne Berto






0. Jeanne Berto.

1. Avait seize ans.

2. Était poisson.

3. Blonde comme Bardot, le cheveu parfilé d'or et gaufré quelquefois.

4. Palpitante comme un soleil levant, poignante comme un soleil couchant.

5. Adorait Huysmans, Sibelius, Peer Gynt, les mini-jupes léopard, boire des petits crèmes aux Halles, communiquer, échanger, rire, rencontrer des gens, des foules de gens.

6. Le front perlé de sueur, faisait du stop à Pigalle, au sortir d'une boite de lesbiennes, à trois heures du matin, était splendide de désinvolture, de gaieté, de folie douce.

7. S’est accoudée à la vitre ouverte de ma voiture, m'a souri, laissant apparaître entre ses lèvres vermeilles deux rangées de dents étincelantes, dont l'une était joliment ébréchée, m’a parlé tout de go comme si nous étions de vieilles connaissances du cosmos.

8. Ne comptait pas dormir, voulait éterniser l’ivresse, filer droit dans la nuit, m'a raccompagné chez moi, à Fontenay-sous-Bois, en me tenant la main sur le levier de vitesses.

9. M'a retourné d’un coup, m’a embrassé divinement bien, suavement, longuement, sur le seuil de mon studio.

10. A fait glisser sa robe courte rouge rubis sur les dalles froides de mon studio.

11. N'a pas eu besoin d'enlever une culotte.

12. N'a pas eu besoin d'ôter un soutien-gorge.

13. A frotté ses seins fiers et lourds contre ma poitrine malingre, a glissé jusqu’à mes pieds dans un majestueux ralenti.

14. A fait grossir mon sexe dans sa bouche qui était inouïe de tiédeur et de tendresse.

15. M'a chevauché telle une Amazone, m’a fait oublié le Temps, l’Espace, a foré dans mon cœur une source, de celle qui fait reverdir les merveilles d’un printemps miraculeux, a ensoleillé ma nuit jusqu'à l'aube.

16. M'a appris qu'elle était d'Amiens, qu'elle avait quitté à quinze ans ses parents, son chat Bébert, baptisé de la sorte en hommage au chat de Céline, et sa sœur qu'elle adorait.

17. M'a révélé qu'elle était venue à Paris pour devenir comédienne ou cinéaste ou liseuse de beaux livres chez les vieux rupins.

18. M'a confié qu'elle ne tombait amoureuse que de mecs brillants, qu'elle m'aimait déjà, parce que j'étais doux, drôle, intelligent et qu’elle me sentait généreux.

19. M'a demandé si elle pouvait rester avec moi, quelque temps.

20. A ramené un sac en cuir fauve de je ne sais où, a rangé ses affaires dans ma petite armoire, ses rares culottes, ses mini-jupes, ses livres Folio jaunis, écornés, annotés, lus et relus, m'a préparé un ragoût qui a cramé parce que nous faisions l'amour dans le feu.

21. A commencé à prendre des cours au T.E.M (Théâtre École de Montreuil) qui avaient lieu dans une vaste école désaffectée.

22. M'a dit au bout de trois mois que Bertold Brecht commençait à lui ouvrir sa conscience politique, que Tchekhov lui laissait entrevoir son âme russe, mais que Molière la faisait sombrement chier, parce qu’il avait plagié plein d’auteurs espagnols et italiens, m'a convaincu un soir de l'accompagner à une représentation de « Lorenzaccio », juste pour voir.

23. M'a fait découvrir au fil du temps Aristophane, Goldoni, Feydeau, Labiche, Garcia Lorca, Brecht, Beckett, Ionesco, Pinter, Camus, me déclamait « Antigone » depuis la lunette des chiottes, rêvait de jouer Claire dans « Les bonnes » à l’Odéon, m'a demandé un jour de lui écrire une pièce dans laquelle elle tiendrait le rôle d'une égérie du genre humain, ou d’une vampire qui inocule aux gens l’amour fou.

24. Était infiniment folâtre lorsque nous jouions aux clowns, mimions Guignol et Madelon, ou revêtions des masques de comedia dell'arte.

25. A commencé à mettre des sparadraps sur son ennui, à me demander un peu d’argent pour aller boire des bocks aux Halles l'après-midi, alors que je n'étais pas bien riche, me donnait un baiser langoureux ou me montrait sa radieuse petite chatte rose pour les quelques cinq francs que je lui laissais chaque matin avant d'aller travailler comme coursier.

26. A commencé à vouloir de nouveau sortir en boite, à tutoyer la nuit pour voir les gens sous leur vrai jour, à reprendre sa collection de numéros de téléphone, de voluptés et de vertiges.

27. Chaloupait comme une diablesse sur les pistes de danse, offrait aux sunlights sa liberté, son impudicité, valsait de la tignasse, du derrière et des hanches, excitait les puceaux et les hommes maqués, allumait tous les types, avait un franc succès.

28. S'est égarée une nuit lors d'une fête dans une vaste maison, a commencé à me faire perdre la raison, à me faire japper comme un petit chien battu puis abandonné, à me faire découvrir le sens du mot « jalousie ».

29. A été retrouvée nue comme Ève sur un type à califourchon, au premier étage, dans la chambre qui servait de vestiaire, écrasé par la honte m'a forcé à m'enfuir, sonné, titubant, et à rouler sur l'autoroute avec un œil fermé, manquant plusieurs fois de percuter la glissière, au son de « The forest » des Cure : « I hear her voice calling my name. The sound is deep in the dark. I hear her voice, and start to run into the trees, into the trees ».

30. Contre toute attente, est venue frapper à ma porte au petit matin, chavirée de larmes, de folles excuses, de contrition, et lorsque je lui ai ouvert m’est tombée dans les bras.

31. A imploré mon pardon, échevelée, tragiquement belle, puis s'est dévêtue d'un trait, m'a fait l'amour en y mettant tout son cœur sur le Lacrimosa  du Requiem de Mozart, où les cordes débutent piano sur un rythme de bercement entrecoupé de soupirs, et où le chœur tout-puissant s’achève sur Amen.

32. Ivre d’orgasmes, m'a dit à la nuit tombée : « Attends, je vais t'apprendre un truc », s'est alors assise sur mon sexe pour me lécher les globes oculaires, m'a enseigné que c'était de l'oculolinctus, un jeu érotique très prisé des Japonais, m'a dit que si je suivais tous les caprices de sa libido, nous pourrions devenir les plus fabuleux amants du monde.

33. A lavé de rares fois la vaisselle, a préparé de rares fois à manger, balayait rarement les dalles froides de mon studio, préférait se peindre méticuleusement les ongles de pieds, roter après boisson gazeuse, rire pour un rien, se moquer de tout, faisait des mots fléchés entre deux siestes, passait du temps aux toilettes, tirait rarement la chasse d’eau.

34. M'a fait l'amour dans la forêt de Fontainebleau, dans les catacombes, dans une casse de voitures, dans les toilettes de l'hôtel « George V », m'a branlé une nuit sous la Tour Eiffel, a embrassé devant moi Michel Polnareff au « Privilège », a avoué au restaurant des « Bains Douches » devant moult fêtards qu'elle avait déjà mis un doigt dans le cul de Richard Anconina et qu'il avait adoré ça.

35. Lors d'une énième fête, s'est retrouvée nue dans une baignoire à remous avec une superbe femme mariée d'environ trente ans, dominait le sujet, initiait son aînée, la bouleversait, m'a demandé de refermer poliment la porte, par respect pour son intimité, avec en fond sonore « Message in the bottle » du groupe Police.

36. M'a prié de la prendre en photo de nuit au fond des impasses, sur les quais de Seine, et encore dans le bois de Vincennes, ne portait alors que des escarpins rouges et parfois une fleur dans les cheveux.

37. A commencé à rentrer de plus en plus tard, 22 heures, 23 heures, minuit, au-delà de minuit, à plus d'heure, a commencé à me mentir, gentils mensonges et grands mensonges à ne plus savoir que croire elle-même, puis a fini par me dire la vérité lorsque je ne la croyais plus.

38. M'a confessé un jour qu'en dehors de moi, elle voyait un mec génial qui vouait un culte au livre « À rebours » de Huysmans et au livre « Oblomov » de l'écrivain russe Gontcharov, que ce type génial cultivait comme un bien précieux son penchant à la paresse, à l'hédonisme, à la décadence, tout en faisant de nombreux allers-retours dans un hôpital psychiatrique, m’a déclaré tout de go que l’amour sans folie ne valait pas une sardine, enfin, citant Marlon Brando dans la scène finale d’Apocalypse Now, me proféra un soir le mot « horreur » en boucle, me soutenant que rien au monde n’était plus horrible que d’aimer sans se sentir libre.

39. M'a étranglé subitement le cou une nuit alors que nous faisions l'amour comme des séraphins, devant ma stupeur a tenté de m’amadouer en me disant que l'asphyxie érotique n'était absolument pas dangereuse, qu'elle pouvait amplifier la jouissance des partenaires s'ils restaient assez lucides de la conséquence de leur acte, m'a alors appris à éjaculer au bon moment lorsque j’étais à deux doigts de perdre connaissance.

40. M'a révélé juste après que c'était le mec génial de l'HP qui lui apprenait ce genre de trucs et que cela l'envoyait directement au ciel, qu'elle ne trouvait plus aucun attrait aux bourgeoises levrettes et positions du missionnaire, a enquêté sur mes fantasmes, les a trouvés médiocres, m’a parlé d’un appartement grand standing dans le 16ème où la haute s'encanaillait et partouzait à toute heure.

41. M’a supplié une autre nuit de l’étrangler en lui disant « Je t’aime », et de serrer son cou plus fort, encore plus fort, et encore plus fort.

42. M'a exhorté un autre jour à me mettre debout dans la baignoire, désirait que je lui pisse sur les seins, le ventre et dans la bouche, voulait faire l’amaroli avec mon élixir doré, m’a certifié qu’il n’y avait rien de sale à ça, que le Dieu indien Shiva nommait la pisse « nectar de l’immortalité », que ses effets étaient salutaires pour prévenir le cancer, que les fœtus eux-mêmes se développaient dans leur propre urine et qu’aucune mère n’en savait rien.

43. Un autre jour, a tendu une toile cirée sur le sol, m'a exhorté le plus sérieusement du monde à mirer son trou de balle tandis qu'elle me chierait dessus, argumenta que je devais tout goûter d'elle, soie et pourriture, devant mon effarement m'a dit que j'étais vieux jeu, coincé, pimbêche, que je ne savais pas jouir des surprises de la vie, que je n'aimais d'elle que sa part noble, alors que les porcs mangeaient tout.

44. M’a demandé si j’avais déjà pensé au suicide, m’a mentionné Jules Renard, le grand aphoriste : « Suicide : monter au ciel par une corde de pendu », puis m’a cité Épicure qu’elle découvrait, Épicure qui louait la mort comme un complément de sa morale, qui disait que la seule fin de l’homme étant le bonheur ou l’espérance du bonheur, pour qui souffrait et souffrait sans espoir la mort devenait un bien, et que se la donner volontairement était un dernier acte de bon sens, m’a demandé si je voyais où elle voulait en venir au cas où elle ne trouverait pas sur terre l’amour absolu.

45. A commencé à rentrer à l'aube.

46. A commencé à disparaître durant deux jours, trois jours, quatre interminables jours, invoquait sa fatigue festive, l’impérieuse nécessité d’aller respirer la mer, prétextait des ennuis en Bretagne, de graves ennuis dont elle ne pouvait pas parler, s’inventait une vieille tante malade qui lui promettait un legs de bijoux.

47. M'a ramené un soir un jeune type azimuté dans mon lit, cheveux longs noir corbeau, pâle comme linge, que ma présence ne semblait pas déranger outre mesure, au matin s'est laissée prendre par le corbeau en me regardant effrontément dans les yeux.

48. M'a ramené un autre soir un nouveau mec beau comme un Dieu et sa nana aux joues grêlées, gentille n'a qu'un œil, hardie, narquoise, les cheveux rouges tels ceux de Nina Hagen.

49. M'a appris une semaine après qu'entre le mec beau comme un Dieu et Nina Hagen, c'était fini.

50. Est parvenue je ne sais comment à me faire coucher par terre sur un petit matelas pour pouvoir boulotter la chatte de Nina Hagen en toute quiétude et en travers du lit.

51. M'a fait coucher par terre durant deux mois, sur ce stupide matelas, parce que Nina Hagen supportait de moins en moins l'odeur des mecs.

52. A fait pleurer mon âme durant un mois, m'a réduit insidieusement à l'état de carpette, a osé me demander pourquoi je supportais tout cela en silence.

53. A ri de nombreuses fois avec Nina Hagen de ma pitoyable indolence, m'a invité à les rejoindre un soir si je leur filais 100 balles à chacune.

54. A rangé un matin ses affaires dans son sac couleur fauve et a refermé doucement la porte, pensant que je dormais encore.

55. M'a appelé quinze jours plus tard de Bretagne pour me demander de venir la récupérer le lendemain à la gare Montparnasse.

56. Est revenue de Saint-Malo avec le creux de l'avant-bras tout bleui où affleuraient encore de minuscules trous violets, m'a juré que c'était la première et la dernière fois qu'elle se piquousait.

57. M’a avoué qu’elle avait dû coucher une fois, juste une fois, pour s’offrir ses doses, avec un black boiteux mais très intelligent.

58. M'a confessé que la vie l'ennuyait jusqu'au martyre, qu'elle ne faisait que chercher Dieu et l'Amour pur, mais que Dieu ne résidait malheureusement pas dans les culs-de-sac.

59. M'a juré alors sans vergogne qu'elle n'avait jamais aimé que moi, rien que moi, que tous les autres n'étaient que des ombres fugitives, des glands sans queue ni tête, de ridicules bonbons Krema.

60. M'a juré qu'elle allait prendre désormais de bonnes résolutions, me concocter de bons petits plats, lessiver les dalles froides de mon studio, ne plus porter de mini-jupes, ne plus s’envoyer en l’air avec le premier venu et préparer le concours d'entrée à l'IDHEC (l'Institut des Hautes Études Cinématographiques).

61. M'a demandé de lui offrir mon premier court-métrage en 8 millimètres afin de le présenter à l'IDHEC, d'y ajouter un générique où elle passerait pour la réalisatrice.

62. L'été venu, est partie en vacances en Corse avec deux comédiens de la troupe du T.E.M,  l'un assez beau, l'autre assez laid, deux amis auxquels je tenais énormément, m'a dit qu'ils avaient passé des heures entières à se pisser dessus dans le sable fin, à l'abri des dunes et des broussailles.

63. A disparu de ma vie du jour au lendemain, sans un mot d'explication.

64. Est réapparue dans ma vie trois mois plus tard, complètement par hasard, faisant la manche à la gare Montparnasse avec des lunettes noires, des bas noirs, et une robe noire toute simple comme celle de Piaf.

65. Ne tenait pas bien sur ses jambes, a retiré alors lentement ses lunettes pour me dévoiler deux yeux blancs, pathétiquement révulsés.

66. M'a présenté ses trois amis Bretons somnambules qui penchaient eux aussi comme la Tour de Pise, lesquels m’apprit-elle dépouillaient parfois les gens, lorsque la manche ne marchait pas.

67. M'a demandé d'avoir pitié d'elle, de lui laisser une dernière chance, une toute dernière chance.

68. M'a informé que le mec génial de l'HP, qui adorait « À Rebours », avait fini par se supprimer, qu’au dernier instant elle avait refusé de le suivre dans sa lâcheté, a renié ses tendances suicidaires, m’a dit qu’elle était faite en définitive pour se repaître de jouissances avec des peaux d’hommes et de femmes, rompre, repartir en chasse, et en baver jusqu’à l’écœurement, m’a demandé si je voulais bien l’accompagner à  l’enterrement de son ami rimbaldien, et devant mon refus n’a pas insisté.

69. De retour du cimetière, m'a préparé un ragoût délicieux, nue comme Ève, docile comme Cosette, a lessivé les dalles froides de mon studio, a remplacé mes rideaux pisseux par de jolis rideaux à fleurs, a ramassé les crottes de mes deux rats blancs, Titi et Toto, que j'avais achetés pour les faire jouer dans mon premier court-métrage.

70. M'a lavé ensuite chaque partie du corps dans la baignoire, religieusement, comme si j'étais Jésus et elle Marie de Magdala, m’a essuyé avec tendresse, puis m'a léché les orteils jusqu’au vertige avec sa langue tiède.

71. Un week-end, m'a emmené à Amiens, m'a présenté à ses parents, profs de français, et à sa sœur, noble vénusté, qui était l'antithèse de sa cadette, plus calme, plus studieuse, plus pondérée, ayant la tête sur les épaules, et un fiancé des plus charmants.

72. M'a appris la semaine suivante qu'elle avait été recalée au concours d'entrée de l'IDHEC, que mon court-métrage, pourtant visionné et apprécié par Éric Rohmer, avait été jugé trop amateur.

73. M'a appris également qu'elle n'allait plus boire de petits crèmes aux Halles, mais qu'elle lisait dorénavant « À Rebours » et « Là-bas » à une vieille bourgeoise aveugle habitant à Passy.

74. Puis m'a fait croire durant quelques jours que le bonheur était à portée de ma main.

75. Mais m'a bientôt déchiré la moitié du cœur sur l'oreiller en me murmurant qu'après elle, je rencontrerais sûrement la femme de ma vie, parce que mes pas me mèneraient naturellement vers l'exact contraire de sa personnalité dérangée, et m'a déchiré l'autre moitié du cœur en sanglotant qu'elle cherchait l'Amour du matin au soir parce qu'elle ne savait pas aimer, que depuis toute petite elle apprenait douloureusement à aimer.

76. Est rentrée un soir toute ébouriffée, le rimmel en vrac, m'a avoué qu'elle venait de « peut-être » se faire violer par deux ou trois types, qu'elle ne se souvenait plus trop si elle avait été oui ou non consentante, m'a dit encore que ce n'était pas si grave, qu'un jour ou l'autre cela devait bien arriver, en allumant machinalement sa clope au bout rougeoyant de ma clope.

77. M'a giflé alors soudain, m'a tabassé, puis m'a demandé de la cogner en retour, de la punir de toutes mes forces, m'a provoqué parce que je ne réagissais pas, m'a dit que j'étais une loque humaine et qu'elle s'était souvent demandé ce qu'elle avait bien pu foutre avec un pauvre type comme moi, aimer en moi, et pour finir m'a hurlé que je n'étais qu'une merde de l'Amour.

78. Puis a pleuré jusqu'à l'aube dans mes bras, fortement, incoerciblement, et de plus en plus faiblement, toutes les larmes de son corps, de son magnifique corps de velours et d'albâtre qui était à présent devenu une triste pâte avilie par les griffures, les morsures et les bleus.

79. M'a enfin donné 200 francs au matin, toutes ses économies, qu'elle a tiré de son petit sac à main rouge, et m'a dit qu'une vie entière ne lui suffirait pas pour me remercier de ma générosité.

80. A disparu de mes tendres regards du jour au lendemain.

81. Me téléphonait de temps à autre d'une cabine lointaine en bord de mer, pilonnée par la pluie ou secouée par les vents.

82. M'a appelé moins souvent.

83. Ne m'a plus appelé du tout.

84. M'a envoyé une lettre trois mois plus tard avec juste ces mots tracés à l'encre violette : « Pardonne-moi », sur lesquels semblaient être tombées quelques larmes sincères.

85. M'a envoyé une seconde lettre une semaine après avec juste ces mots : pardonne-moi, je suis impardonnable !

86. Puis m'oublia.

87. M'oublia, peut-être.

88. M'oublia, sans doute.

89. M'oublia, sûrement.

90. Mais non, n'avait pu m'oublier.

91. Alors que je l'avais presque totalement oubliée sans pouvoir l'oublier, frappa à ma porte six mois plus tard, à trois heures du matin.

92. Était, mon Dieu, les Anges, déguisée en bauta, cape noire, tricorne noir, masque de céruse blanc en carton bouilli, ongles noirs, lèvres peintes rouge garance, telle une princesse altière du Carnaval de Venise, était un rêve de Perrault, une apparition féerique, le carrousel à un pas de l'enfant émerveillé.

93. Derrière son loup, m’a demandé :  qui suis-je ?

94. Puis, bouche entrouverte, a laissé tomber sa soierie sur le sol, est venue enfouir son corps brûlant au creux de mes bras, avait des paillettes d'or sur le visage et sur les seins.

95. M'a fait l'amour, s'est abandonnée à l'amour, m'a donné l'amour, était enfin l'Amour, m'a offert son âme, mon Dieu, les Anges.

96. M'a demandé de ne pas parler, de juste la respirer, de juste m'enivrer de l'instant.

97. M'a susurré dès l’aube venue que je resterais pour la vie son plus grand, son plus noble, son plus bel amour.

98. Mais qu'elle devait quitter Paris le jour même, à tout jamais.

99. Pour aller se marier avec un gentil maçon dans les Cévennes, et vivre dans une baraque perchée au sommet d'une colline, sans eau, sans électricité.

100. M'a consolé en me laissant entendre qu'elle entretiendrait la mémoire de notre amour, m'a dit que je resterais dans ses veines, que les véritables adieux n'existaient pas, que personne ne quittait personne, et que, du haut de sa colline, elle guetterait dans le ciel l’arrivée d'un nuage vaporeux dont les traits éphémères lui rappelleraient les miens.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Anne Madic (Explicite)
Posté par: Eveil le 07 janvier 2016 à 20:41:05
J'ai bien aimé, c'était cool ! L'idée de cette (fausse) liste qui se lit comme une longue phrase, une longue phrase qui sent fort.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: JigoKu Kokoro le 08 janvier 2016 à 00:03:28
L'idée est géniale !  :D

L'histoire très jolie et très triste. Le principe de la femme superbe incapable d'aimer et qui passe sa vie à faire des aller retour et une chose que je déjà lu et vu ailleurs. Mais tu as bien su t'approprier le concept et cela marche bien. J'ai de la compassion pour ces deux handicapés de l'amour  ^^

Pas plus de 100 (trop) pas moins (surement pas assez de place ^^ ) c'était le bon nombre.  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Aube le 08 janvier 2016 à 00:16:34
Toi tu me rends très jaloux. ça m'a retourné. Mp moi si tu publies j'achète.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Vivi le 08 janvier 2016 à 02:35:50
Tout pareil comme les autres, original, maitrisé de bout en bout, fait sourire, rire, pleurer... La vie quoi :coeur:
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 08 janvier 2016 à 02:53:31
Jigoku Kokoro,
Merci pour ton gentil commentaire !
Tu dis avoir de la compassion pour ces deux êtres handicapés de l'amour. Tu as donc de la compassion pour celui que j'ai été, car cette histoire, ce portrait de jeune femme est aussi vrai que sincère d'un bout à l'autre. J'avais 19 ans et Jeanne, 16, lorsque nous nous sommes rencontrés non loin du moulin Rouge. C'est un amour de jeunesse, comme on dit, mais qui a transporté mon coeur, mes tripes et mon âme, bien plus haut que je ne le pensais à l'époque. Elle m'aura appris à me guérir de la jalousie à tout jamais. Elle m'aura appris à aimer les gens comme ils étaient, libres, facétieux, tragiques, désinvoltes et profonds. Elle m'aura appris un peu, parfois, ce que pouvait être l'amour inconditionnel. N'était-elle pas également un peu pythonisse ? Sa prédiction se réalisa peu de temps après. J'ai rencontré la femme de ma vie qui était l'antithèse de Jeanne (et des trois autres gentilles garces que j'avais connu avant elle). Et nous sommes toujours amoureux l'un de l'autre au bout de 28 ans.
Toute vie est expérientielle. Certains passent leur vie a tomber dans même trou de la bouche d'égout. D'autres finissent un jour par comprendre qu'il faut simplement contourner la bouche d'égout, en faisant juste un pas de côté, en marchant sur la plaque.

Aube
Ah non, par pitié, je t'interdis d'être jaloux d'un pauvre gars à qui on a fait croire jusqu'au marasme que la jalousie était le piment de l'amour. Je t'invite plutôt à en rire, comme le rire sucre bien les larmes.  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Aube le 08 janvier 2016 à 03:08:07
Mec, du texte mec... mec.  :D JALOUX DU TEXTE
Jaloux parce que (je le dis souvent ces temps-ci...) t'as là-dedans une couleur que j'aimerais bien être capable de coucher sur le papier.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 08 janvier 2016 à 03:15:52
Aube
Je ne vois pas d'autre couleur que le vécu, mec ! Et en chier parfois des ronds de chapeau, en espérant garder le cap et passer entre les gouttes ! A moins que tu ne sois un saint et que tu n'aies rencontré que des ursulines, je suis convaincu qu'en regardant un peu dans ton rétro, tu devrais dégoter deux trois couleurs, teintes ou demi-teintes, du même acabit !  ;)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Aube le 08 janvier 2016 à 03:21:31
Héhé, tu as raison. Mais cet entonnoir entre le clavier (parce que le papier, en fait, c'était qu'une image romantique) et ma tête est noir et profond.
Je me remets doucement à écrire, ça me motive de passer ici et de lire des textes comme les tiens, à m'accrocher. On a des styles très différents pourtant :p
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 08 janvier 2016 à 03:23:39
Viviane,
Ah non Viviane, pas toi aussi !
Je t'interdis de dire "La vie, quoi !".
Ca se voit que tu n'as pas reniflé les petites culottes et les aisselles de Nina Hagen qui, salopement, me reprochait mon hygiène, et les pinceaux fumants de l'ami gothique qui s'est un jour torché le cul avec mon torchon propre !
Si c'est ça que tu appelle "La vie, quoi !" alors je veux bien me réincarner en bouquet d'orties la fois prochaine.  :)



Aube
Vies différentes, styles différents, quoique !
Alors voilà ce que je te propose, vieux.
Je te passe commande d'un nouvelle plus ou moins longue relatant un amour de jeunesse éblouissant, ravageur, tragi-comique, étrange, passionné, dépassionné, cruel, hilarant, selon tes souvenirs.
Je te donne une semaine ou quinze jours, au choix, mais pas plus, sinon tu lâcheras l'affaire.
Fais-moi rire, fais-moi pleurer, mais par pitié ne me fais pas que pleurer.
Ecris tout d'abord les faits, rien que les faits, sans te faire chier avec la littérature. Et ensuite rajoute joliment deux ou trois roses pour enrober le paquet.
Je compte sur toi Aube ! Je compte sur toi !

Bien à toi !

Kokox
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Aube le 08 janvier 2016 à 03:42:19
Facile ! La semaine qui vient sera chargée alors je prends le forfait quinze jours. J'espère que ça te plaira, je la posterai dans cette section. Bonne nuit à toi, et merci pour cette lecture (et pour le défi ^^)


(t'ain je me fais défier dans la section Texte Courts, ce forum devient dangereux !)

Merci.
Titre: Re : Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Vivi le 08 janvier 2016 à 04:13:39
Un vrai tchat ce forum :D

Viviane,
Ah non Viviane, pas toi aussi !
Je t'interdis de dire "La vie, quoi !".
Ca se voit que tu n'as pas reniflé les petites culottes et les aisselles de Nina Hagen qui, salopement, me reprochait mon hygiène, et les pinceaux fumants de l'ami gothique qui s'est un jour torché le cul avec mon torchon propre !
Si c'est ça que tu appelle "La vie, quoi !" alors je veux bien me réincarner en bouquet d'orties la fois prochaine.  :)
Si, je persiste et signe. Le problème, c'est que je lis un texte d'auteur, pas un blog. En postant "ta vie" au lieu d'un personnage imaginaire, ca biaise tout commentaire. Tu vois juste ta douleur, alors que pour moi, le type est transparent (il est spectateur), c'est la fille qui est l'héroïne ; et sa vie dissolue que tu nous sers par épisode, c'est juste une allégorie de la vie : joie, deception, espoirs, attente, projets réussi ou non, les rapports humains toussa...
Donc, hors la nature maintenant révélée de cet "article de blog vie perso" ; je reste sur ma position quand a l'aspect littéraire d'une œuvre fictive postée sur un forum d'écriture :mrgreen: (non mais !). Si vous postez votre vie ici, dites-le avant ; car je préfère commenter des textes (c le but du fofo) plutôt que de juger la vie de son auteur :huhu:
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 08 janvier 2016 à 11:52:46
Un peu dure ta rétorque chère Viviane, mon post n'était qu'un trait d'humour dénué d'ironie et rien de plus, absolument pas une remise en cause de ton sentiment. Quant à l'idée d'un "blog" sur ma vie, là aussi je trouve cela un peu intrusif et limite. Nous étions au coeur de la nuit, j'étais un poil schlass, Aube me relançait tempo, je n'ai fait que lui répondre tout de go gentiment, afin de soulager ses attentes de noctambule et de rasséréner ses questionnements  :) Rien de bien méchant en cela, allons, allons !  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: vinzWallbreaker le 08 janvier 2016 à 12:42:08
Joli texte (j'ai flairé que ça sentait le vécu mais traité avec un détachement intéressant) qui fonctionne comme un engrenage : tu lis la première ligne puis impossible de s'arrêter avant la dernière. Un peu comme cette histoire dont tu n'as gardé que la chronologie chaotique. Jusqu'au bout on se demande si ça fini et/ou comment ça fini.

Et j'ajouterai quand même : c'est la vie...  :prout:


PS : rassures-moi : t'as pas oser mettre son vrai nom de famille ?
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 08 janvier 2016 à 13:04:03
Merci à toi vinzWallbreaker, quel pseudo !  :)
Effectivement, sur le rythme, et les 100 raisons, je dois avouer que j'ai eu un peu de bol. Je l'ai écrit quasi d'une traite, sans brouillon, à l'instinct, puisant au pollen du souvenir. Il me manquait juste une petite dizaine de chiffres sur la fin, que je suis parvenu à combler avec la courte séquence des "M'oublia". Presque une chance en fait, car cela casse un peu l'énumération foisonnante, limite indigeste, des "vertes et des pas mûres" que m'a fait endurer la miss durant ces quelques mois.
Quant à la vie ! Bien évidemment que c'est la vie. Fort heureusement que c'est la vie. Je ne me sens pas assez sérieux ou morbide à ce point pour proclamer le contraire.

Bien à toi !

Kokox
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 08 janvier 2016 à 13:10:08
PS : excuse-moi vinz, je viens de voir...
Non, je te rassure, ce n'est pas son nom de famille.
En vérité, Jeanne, c'est moi, c'est très compliqué, je t'expliquerai un jour...  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: vinzWallbreaker le 08 janvier 2016 à 13:35:44
Oulà !! Ah oui... Vu comme ça... Ça file une claque inattendue...

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Cosette le 08 janvier 2016 à 20:16:13
Bon, je réitère.. l'originalité, le choix d'écriture... un coup de maître !
Quelques raccourcis magistraux aussi (j'adore les écritures serrées en général).
En bref, un texte savoureux.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 09 janvier 2016 à 01:07:04
Merci bien Cosette !
Très émouvant pour moi d'avoir été lu par l'héroïne de Hugo !  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Chouc le 09 janvier 2016 à 13:12:38
Bravo ! Ca m'a complètement remuée. Très intense et vraiment touchant, j'ai un peu le coeur brisé
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Champdefaye le 09 janvier 2016 à 14:54:26
Très intense, effectivement. Selon moi, pour deux raisons :
La première c’est l’histoire, ou plutôt le personnage ; c’est cette fille si naturelle, si terrible dans son charme, dans sa force, dans son égoïsme et dans sa faiblesse. Elle m’a fait penser au personnage de Bardot dans « La Vérité ». Bien sûr, depuis l’époque de ce film, les mœurs ont évolué et la B.B. de Clouzot parait bien rangée à côté de la demoiselle Berto, mais il y a de ça quand même. Elle m’a fait penser aussi à la fille du film « Le nom des gens ».
La deuxième raison, c’est le procédé littéraire, que je ne connaissais pas et qui me parait particulièrement adapté pour raconter d’un ton plat, distancié,  les amours, les enthousiasmes et les souffrances du narrateur. L’accumulation des raisons fait aussi son effet avec son aspect détaché de constat d’huissier ou de gendarmerie. Une autre présentation que celle-ci de cette litanie d’avatars aurait donné une impression de reproches fait par le narrateur à Mlle Berto, ce qui je crois n’était pas la volonté.
Une réserve cependant : je comprends que le nombre 100 est attirant, symbolique, littéraire, mais j’ai quand même trouvé l’énumération un peu longue. Un titre comme « Quarante-sept raisons de… » aurait tout aussi bien passé.
Mais il fallait tout raconter, n’est-ce pas ?
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 09 janvier 2016 à 20:38:45
Bonsoir Champdefaye,

Constat d'huissier, de gendarmerie, bien vu en effet ! C'est à dire qu'à un moment donné, je me suis retrouvé tellement soûlé par les événements graveleux, glauques et successifs qui se sont déroulés sur une période de deux ou trois ans (avec des intermèdes), que mon amour pour elle s'est insidieusement métamorphosé en une sorte d'acceptation de mon impuissance, comme d'un mauvais film que l'on se force à regarder jusqu'au bout par politesse pour ne pas déranger l'assistance en sortant. Effectivement, je me suis détaché peu à peu et suis devenu spectateur de cette relation que j'ai assez vite deviné être beaucoup trop intense pour mes frêles épaules. Tout autant, c'est Jeanne qui ne parvenait pas à se détacher et qui semblait prodigieusement intriguée par mes vertus de patience et d'une certaine façon, de miséricorde. Bref, un échange de bons procédés ! Elle aura su capter à travers moi le genre de type qu'elle rechercherait dans sa vie. Elle m'aura permis de fuir expressément après elle toutes celles qui lui ressembleraient, de près ou de loin. Quoique, quoique !  :)
Quant aux 100 raisons, très honnêtement, j'ai trouvé le titre au 3/4 de la rédaction que j'ai quasiment pissé d'un trait. Comme dit plus haut, il me manquait quelques numéros sur la fin, mais je n'ai pas voulu en rajouter, et ne pouvait plus en défalquer.

Bien à toi !

PS : Ce n'était pas de la passion, mais de l'amour que je ressentais pour la miss, je me souviens du sentiment exact qui m'animait à cette époque. Sans cet amour un tantinet béat, il va de soi que j'aurais peut-être été capable de faire un malheur, et de me retrouver en taule durant de longues années.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 09 janvier 2016 à 20:46:56
ChoucrouteEstivale (j'adore ton pseudo)  :)

Vraiment désolé, mais c'est un des bienfaits de la littérature que de rejeter sur le dos des pauvres lecteurs tous les "remuements" et les épreuves que les auteurs ont un jour ou l'autre endurés. Mais de là à te briser le coeur, honnêtement je ne sais plus ou me mettre. J'ai juste envie de te dire, réveille-toi chère Choucroute, il n'y a pas eu mort d'homme ni de femme. Et puis c'est beau les Cévennes. Et puis, il y des maçons très gentils aussi. En définitive, ce n'est pas une histoire qui se termine si mal que cela !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Baptiste le 09 février 2016 à 15:09:39
Lu pour le coup de coeur du Mammouth.

J'ai bien aimé comme les autres l'idée de la liste et ce ton paradoxalement froid mais passioné, y a quelque chose qui rends bien. Par moment, l'impression que la descente en enfer de la demoiselle était un peu too much tout de même, mais c'est sans doute perso.
Voilà, en tout cas, j'ai trouvé l'idée hachement chouette

Merci pour ce texte.

Ps : kokox, c'est pas la pein de faire des double posts, ça aide pas à la lisibilité du fil et ça alourdit le forum. Tu peut utiliser le bouton modifier en haut à gauche si tu veut rajouter des trucs, merci
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 09 février 2016 à 16:39:02
Merci bien Baptiste pour ta lecture et ton aimable commentaire. :)
Comme sus-mentionné, aussi dingue que cela puisse te paraître, ces événements aussi cocasses que dramatiques se sont exactement passés ainsi et dans l'ordre.
Ce sont des souvenirs de romance assez difficiles à oublier ! Mais il n'y a rien à pardonner. Aucune rancune. C'était simplement une expérience un peu folle de ma vie.

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Baptiste le 09 février 2016 à 16:44:41
Waaah

Ah oui pardon, j'avais pas du tout du tout compris que le texte était autobiographique.
Du coup, ça prends un sens nouveau. Je retire le "too much" pour un "Oo, ah oui quand même"

Bref, je réitere. C'était hachement chouette
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 09 février 2016 à 17:29:34
Mystère ? Mansuétude de l'écriture ? Douce amnésie des dieux qui rend "hachement chouette" à lire une nostalgie increvable et bien plus que scabreuse ! :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Milla le 03 avril 2016 à 15:16:38
salut !

je lis pour le coup de cœur du mout :)

alors alors...
sur la forme, ta liste rend drôlement bien, c'est rythmé, ça renforce l'accumulation des évènements qui s'empilent dangereusement et qu'on sait pas trop quand ça va se casser la gueule et à quel point ce sera grave.
Sur le fond, ton "héroïne" a une présence assez intense. Tu donnes essentiellement des faits et tu rentres pas tellement dans les émotions, et pourtant, on les perçoit très nettement, c'est touchant, balaise  ^^
Bref j'ai vraiment bien aimé.

Merci pour ce texte.

Milla
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 04 avril 2016 à 14:32:53
Merci bien MillaNox pour ton aimable commentaire.
Tous ces gentils compliments m'invitent à entrevoir potentiellement une série basée sur ce même principe :
100 raisons d'adorer et de haïr ma mère
100 raisons d'adorer et de haïr mon boucher
100 raisons d'adorer et de haïr ma vie d'écrivain
100 raisons d'adorer et de haïr mon psychiatre
etc...  :) :) :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: vinzWallbreaker le 04 avril 2016 à 15:02:04
Chiche ?!  :D
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: JigoKu Kokoro le 04 avril 2016 à 16:46:42
Et puis y a aussi 100 raisons d'écrire "100 raisons" non ? .... ou c'est sans raison ?

Bon d'accord, je sors  :mrgreen:
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 04 avril 2016 à 23:03:59
Non, tu ne sors pas forcément Jigo !  :)
Les déclinaisons semblent en effet sans limites !
Je suis en train d'attaquer justement "100 raisons de haïr l'amour et d'adorer la haine" !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 26 décembre 2016 à 01:31:09
Petit up !  :)
Texte remanié, peaufiné, quasiment abouti !

Bien à vous !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: derrierelemiroir le 26 décembre 2016 à 02:48:10
Salut kokox,


Je partage l'avis général, ton texte est vraiment bien. Il se lit d'une traite, pourrait sans doute se lire beaucoup plus longtemps.

On sent que c'est du vécu, et ça rend le tout encore plus vivant, plus fort.

Du coup merci pour ce ce petit moment de plaisir (désolée, je ne dis pas grand chose au final, je suis un peu fatiguée mais je voulais quand même donner mon avis  :-[)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 26 décembre 2016 à 12:07:34
Un grand merci derrierelemiroir pour ta gentille lecture et ton aimable commentaire. :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Sacha666 le 26 décembre 2016 à 12:09:54
Hey !

Je n'avais jamais lu ce genre de texte. Le mettre en forme de liste est une super idée, qu'il faudrait que j'exploite. ^^
J'ai beaucoup aimé ton texte, merci !

La bise !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 26 décembre 2016 à 12:45:09
Salut Sacha,

Merci pour ta lecture et ton gentil commentaire.
"Le mettre en forme de liste est une super idée, qu'il faudrait que j'exploite."
Mais... mais... mais :)

1. Ce texte n'est pas un gisement de pétrole.
2. Ni une masse laborieuse.
3. Moins encore un concept.
4. Seul l'homme qui s'est trouvé, l'homme qui coïncide avec lui-même, avec sa vérité intérieure, est un homme libre. Il sait qui il est, il trouve plaisir à exploiter ce qu'il est, il ne s'ennuie jamais. Le bonheur qu'il éprouve à vivre en bonne compagnie avec lui-même le rend presque euphorique. Il vit véritablement alors que les autres laissent couler leur vie entre leurs doigts... sans jamais les refermer.
5. Etc, etc... :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Eunuque le 27 décembre 2016 à 08:30:04
Au-delà de l’idée de présentation originale, il y a une belle écriture et une belle histoire (qu’on n’a pas envie de vivre d’ailleurs). En fait, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire sur votre texte. Ayant lu les autres commentaires, je me suis demandé si vous possédiez encore le torchon avec lequel Nina Hagen s’est torchée le cul ? Si oui, encadrez-le et mettez–le en vente sur Ebay : vous allez vous faire un max de fric.
Aaah, Nina Hagen, quelle femme ! Je suis allé, dans ma tendre adolescence, à un de ses concerts. La salle sentait la clope, l’herbe, la pisse et le vomi. Elle est entrée sur scène, complétement bourrée, faisant mine de chercher son micro qu’elle avait dissimulé dans son vagin, tel un immense tampon hygiénique (oui, parce que dans ce temps-là, les micros avaient encore des fils). Elle a commencé à chanter ou beugler son concert et au milieu d’un morceau, elle a baissé sa culotte, nous offrant son gros cul blanc (ou petit, je ne me rappelle plus) et elle a chié sur scène. J’ai eu crainte un instant, que le public en transe et tel un mouton de Panurge, ne l’imite.
Bonne journée,
Berth
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Jugid le 27 décembre 2016 à 09:20:34
Ça prend au tripe ton texte!
J'ai adoré, c'est beau, bien écrit, l'idée est bonne, le rythme stressant et le mal-être des protagonistes (surtout l'homme, toi ?) est palpable.

Impressionnant que ce sentiment que tu fais passer... Il fout mal, d'autant que je connais ces sentiments de frustrations et tu m'as fait revenir à 5-6 ans en arrière. Merci !

Malgré tout ces sentiments, ça reste un mal pour un bien car putain, ça fait du bien de lire des textes qui transmettent autant de choses !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 27 décembre 2016 à 13:50:58
Mon cher Eunuque, un grand merci pour ta lecture.

L'anecdote bien crûe sur Nina Hagen ne m'étonne qu'à moitié. Je vais faire mon vieux con, mais en ce temps-là les artistes savaient se tenir, en n'hésitant pas justement à se mettre à poil. Ils possédaient l'Art d'exprimer de façon rare des pensées communes, ou mieux encore de façon commune des pensées rares. En se soulageant sur scène, Nina Hagen signifiait à la face du monde qu'elle ne chiait pas dans la colle. Elle donnait tout à son public, bien au-delà de ses espérances !  :) :) :)

Bien à toi !


Mon cher Jugid, grand merci également à toi pour ta lecture.

Comme aurait pu le dire justement Nina Hagen, c'est un texte relativement bien "torché" qui sent un peu les latrines de l'amour vache. Je le peaufine encore un peu de temps à autre. Un mot par-ci, un mot par-là ! S'il t'a pris aux tripes, j'en suis fort heureux. Je ne te dis pas comme les miennes étaient nouées au moment où j'ai vécu cette "soyeuse/barbare" aventure il y a maintenant 35 ans. Alors oui, ce fut très dur à vivre, mais comme je regrette aussi ce temps où mes boyaux frémissaient encore. :)

Bien à toi !

Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Cinnamon le 28 décembre 2016 à 20:21:00
J'aime le côté "liste". L'histoire est très bien tourné et "on sent le vécu" si je peux me permettre. (je dois admettre que ça m'a rappelé certains souvenirs)
Une parfaite description d'une relation nocive !  ;)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Luv le 28 décembre 2016 à 23:48:15
Salut Kokox,
Les faits , rien que les faits  ;)     
Oh que ça fait du bien de lire un bout de réalité. MERCI pour  cette envolée  captivante !
Un vrai bon moment de lecture.
 Si tu voulais publier  ( ou si tu l'as déjà fait ... je ne sais pas ! )   une  histoire très  très inspirée de ta vie, est ce que tu prendrais un pseudo ?
 C'est une question que je me pose depuis peu et ta lecture  me la rappelle…   
Bonne journée ou nuit à toi,
Luv
 :-*
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 29 décembre 2016 à 02:57:20
Grand merci Cinnamon pour ta lecture !
Relation nocive, oui relativement !
Heureusement qu'était inscrit sur son front cet avertissement comme sur les paquets de cigarettes : "Aimer Jeanne Berto tue à petit feu !". :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 29 décembre 2016 à 03:40:49
Salut Luv et grand merci pour ta lecture !

Même s'il m'en est arrivé des vertes et des pas mûres avec certaines personnes dans cette existence, comme tout un chacun, je ne pense pas avoir du tout l'écriture revancharde ni rancunière envers mes proches et mes amis/ennemis d'autrefois. Je ne suis pas du tout adepte du ressentiment, de tous ces cris non étouffés que l'on trouve aujourd'hui dans de nombreuses autobiographies. Je ne dirais jamais "Les autres m'ont fait ceci, m'ont fait cela et c'est à cause de ces salauds que je suis devenu complètement neuneu". Les autres, à mes yeux, m'ont fait exactement ce que j'ai pu faire à d'autres de manière consciente ou, pire encore, inconsciente. En bien ou en mal, pour expliciter sans pudeur ma lapalissade, je suis convaincu que les autres nous construisent en regard de ce que nous avons besoin de connaître, d'adorer ou de fuir. Perso, croyant en la métempsychose, ce transvasement de l'âme vers un autre corps, ma théorie toute personnelle, de moins en moins répandue en Occident, est que toute vie est expérientielle et ne peut concrètement se parachever que dans "l'ici et maintenant". L'homme a besoin d'expériences concrètes pour pouvoir valider des concepts abstraits. L’expérience personnelle immédiate avec untel ou unetelle (parents, amis, enfants, inconnus) est le point de départ pour apprendre, donner vie, donner de la matière au coeur, à la raison, et subjectiver la signification personnelle de concepts abstraits et, dans le même temps, cette référence concrète est publiquement partagée pour tester les modalités et la validité des idées créés pendant le processus d'apprentissage. Bref, quand des humains commencent à partager une expérience, qu'elle soit attractive, suave ou des plus périlleuses, ils peuvent la partager entièrement, concrètement et tout autant de manière abstraite.
Mais je me suis égaré un max, pardonne-moi, de ta question.
Me revoici sur le plancher des vaches ! :)
Si je devais publier une histoire très intime inspirée de ma vie, je crois qu'en premier lieu je changerais les noms, bien évidemment, du ou des principaux protagonistes (Jeanne Berto est bien sûr un pseudonyme), et peut-être bien même mon propre nom, eu égard au respect de ces personnes qui m'auront permis de me faire vivre telle ou telle expérience, qu'elles soient encore ou non de ce monde. Ce que je souhaite avant tout transmettre dans mes écrits, c'est une petite façon d'émotion, non à me refaire mon monde selon mes souhaits les plus inaccessibles. Je suis la somme de tous les autres, de mes pairs et des inconnus à venir. Et si l'on a pu m'agriffer, j'ai agriffé sans aucun doute. Ce qui compte avant tout, c'est de dire : voilà ce qu'on m'a fait et voilà ce que j'ai transformé et fait avec cela !

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Luv le 29 décembre 2016 à 09:33:51
Merci 1000 fois Kokox pour ta réponse détaillée et claire.   :)
Ton point de vue   va m'aider à préciser le mien, je reviendrai un de ces jours dans ce post  échanger. 
Une bonne journée remplie de  surprises à toi ! A bientôt,
Luv  :-*
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 30 décembre 2016 à 02:41:34
You're welcome !!!  :) :) :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Jugid le 30 décembre 2016 à 08:45:25
Pose une question et Kokox te répondra en poète.

Citer
Ce que je souhaite avant tout transmettre dans mes écrits, c'est une petite façon d'émotion, non à me refaire mon monde selon mes souhaits les plus inaccessibles. Je suis la somme de tous les autres, de mes pairs et des inconnus à venir. Et si l'on a pu m'agriffer, j'ai agriffé sans aucun doute.

C'est beau ce que tu as écrit là !  :-[
Ma réponse n'est pas très constructive pour ton texte principal, mais il fallait le souligner.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 30 décembre 2016 à 10:25:06
Merci bien Jugid ! :)

Sans prétention aucune, je préfère souvent mes réponses aux commentaires que mes propres textes !  :) :) :)
Expérience : je vais tenter de commenter directement mon prochain livre avant de l'écrire !  :) :) :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Luv le 30 décembre 2016 à 12:33:34
Moi j'aime bien la dernière phrase du commentaire " ce qu'on m'a fait..."
 :)
Luv
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 31 décembre 2016 à 21:14:14
Moi zossi, Luv !!!  :) :) :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Hérisson le 17 mai 2017 à 15:45:42
Coucou !

Je met ce commentaire à la fois pour faire remonter le texte car il m'a beaucoup plu, et aussi pour faire part de mon impression, simplement .
Ces 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto, je les ais lues avec grande émotion. Dans ce texte, j'ai ressenti quelque chose qui venait des tripes, et qui allait se loger dans celles des autres. Comme un sentiment presque universel de tous ceux que la vie a un jour abimés. C'est un peu inexplicable je crois, cette sensation de trouver en un texte des échos de soi-même, au-delà des mots, indépendamment des faits, des expériences et de l'individualité. Un très beau texte donc, sur lequel il m'est impossible de faire une véritable et objective critique tant il s'est imposé.

Merci mille fois kokox de l'avoir partagé.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 17 mai 2017 à 16:30:29
Bonjour Hérisson  :)

Me touche beaucoup d'avoir pu toucher ton coeur à travers cet écrit ! Comme quoi certaines larmes amères ont le pouvoir un jour ou l'autre de se recycler en larmes sucrées.

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: okho le 17 mai 2017 à 22:40:20
Ah oui, j'adore Jeanne Berto ! Le texte et la jeune fille. (Merci à Hérisson d'avoir fait remonter ce texte.)

Cette forme est originale et donne vraiment beaucoup de relief à l'histoire, ça donne un sentiment paradoxal, à la fois "dérisoire" et profondément triste.

Et sous l'apparente légèreté, de "sacrés" sujets de société : la sexualité "hors norme" (avec des gros guillemets), le désir féminin, l'exclusivité dans l'amour... Finalement, je trouve que cette jeune fille, malgré parfois sa détresse, fait souffler un beau vent de liberté sur le monde du jeune homme. Mais peut-être n'était-il pas prêt ? Est-ce pour cela qu'il l'abîme par moments et la fait "rentrer dans le rang" à la fin. J'ai presque trouvé ça dommage et puis je me suis dit que ça traduisait le ressentiment du garçon, comme une vengeance rêvée a posteriori.

Une suggestion : au 36, je supprimerais "entièrement nue", ça donnerait plus de poids à "ne portait alors que des escarpins rouges et parfois une fleur dans les cheveux"... on devine bien le reste.  :)

Quelques petits trucs (mais c'est peut-être un peu trop tard) :
- (17) "M'a renseigné qu'elle" -> "Renseigner que", ça ne me semble pas vraiment français.
- (19) "quelques temps" : quelque temps, sans s à quelque.
- (29) "Eve" : Ève avec un accent (oui, je sais, c'est un détail, mais non  ;D).
- (42) "sur les seins ." : pas d'espace avant le point.
- (57) "qu'elle faisait cela, de se piquouser" : je trouve que ça passerait mieux sans le "de" ?
- (69) "que j'avais acheté" : achetés avec un s.
- (77) "qu'elle s'était toujours demandée ce qu'elle" -> je crois qu'il n'y a pas de e à "demandé" (verbe pronominal suivi d'un COD = invariable).

J'ai beaucoup aimé les 86 à 90 ("Puis m'oublia"...). Et la fin.

Sinon, Richard Anconina est au courant ?  ;D


Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 18 mai 2017 à 00:45:51
Salut Okho,  :)

Un grand merci pour ta lecture attentive et pointue des "100 Raisons".
La plupart de tes suggestions d'amélioration sont justes et pertinentes. Je m'en vais de ce pas les faire miennes, afin de peaufiner le "machin".
Je ne sais pas si tu as eu le temps de lire les commentaires précédents, mais j'y précisais que ce "garçon" , comme tu dis, n'était personne d'autre que moi. Ce sont par conséquent des souvenirs de jeunesse 100 % autobiographiques, dans lesquels j'ai essayé d'être le plus fidèle et respectueux possible. De fait, je te prie de croire que je n'ai jamais cherché à abîmer la jeune fille en question, et que je ne lui tiens absolument pas rigueur de ce qu'elle m'aura appris, à sa façon, de la vie !
Quant au "doigt baladeur" dans l'intime fessier de Richard Anconina, je me souviens qu'elle avait déballé cela devant un parterre de jet-setters hilares aux Bains-Douches, l'ancienne boite tenue à une époque par David Guetta. Elle était passablement pompette, et je n'ai jamais su vraiment si elle avait inventé ce truc pour se faire mousser ou autre chose. Tout autant, elle était bien capable de telles frasques avec certaines personnalités, comme elle était furieusement adepte des petits doigts dans l'oignon.  :) Pour le patin roulé à Polnareff, là par contre j'étais présent. C'était dans une boîte qui s'appelait le "Privilège" et se situait sous "Le Palace". Du genre, j'étais allé pisser et, à mon retour, ils se galochaient en toute décontraction !  :)

Bien à toi !




Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Chouc le 18 mai 2017 à 09:53:52
Relu avec un grand plaisir aujourd'hui, merci de l'avoir remonté.
Il me bouleverse toujours autant.
Ce qui est particulièrement réussi, c'est que cette même histoire avec une forme plus romancée serait à la fois beaucoup plus diluée et beaucoup moins crédible. L'un des effets de cette liste, c'est de restituer la pureté et la simplicité des faits, de les restituer à la fois sans fioritures mais avec une grande émotion.

Merci encore Kokox.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 18 mai 2017 à 11:26:26
Bonjour ChoucrouteEstivale, (décidément ton pseudo est merveilleux)  :)


Un grand merci pour ta relecture !  :)
Je veux bien croire qu'il appert dans ce texte une émotion communicative. Une partie du mérite en revient, je crois, à ce grand esprit de liberté insufflé par l'héroïne. D'aucuns pourraient la juger volage, fantasque, capricieuse, précaire, égoïste, alors qu'elle n'était qu'une bourrasque de chairs aimant profondément la vie. Avec le recul, il me semble que notre relation ressemblait à s'y méprendre au rapport de ce couple emblématique et indissociable du cirque : le clown blanc et l'auguste. L'auguste est une vraie catastrophe ambulante, cocasse, mais jamais vulgaire. Il représente l'anarchie, la naïveté, la vérité. Il est comme un enfant, petit, dépendant, incompétent. Il joue le nul, le ridicule, même si au fond, il est un peu manipulateur. Il fait tout pour déstabiliser le clown blanc. Le clown blanc quant à lui représente la norme, une forme d'élégance, de dignité. Il incarne la raison et le bon sens. Il peut rire des pitreries de l'auguste, mais sans lui, il n'existerait pas. Il resterait une coquille vide.

Ce qui est particulièrement réussi, c'est que cette même histoire avec une forme plus romancée serait à la fois beaucoup plus diluée et beaucoup moins crédible. L'un des effets de cette liste, c'est de restituer la pureté et la simplicité des faits, de les restituer à la fois sans fioritures mais avec une grande émotion.

Tout à fait d'accord avec toi ! Trouver cette forme fut un vrai coup de bol. C'est presque torché de manière journalistique, les faits, rien que les faits. Ce n'était pas du tout réfléchi, mais cela s'imbrique bien dans l'air du temps, c'est du zapping d'infos people. De ligne en ligne, on veut savoir : "Qu'est-ce qu'elle a encore fait celle-là ?".
Voilà, voilà !  :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: okho le 19 mai 2017 à 00:03:34
Je suis ravie si j'ai pu aider un peu. Surtout sur un aussi beau texte. :)

Je ne sais pas si tu as eu le temps de lire les commentaires précédents, mais j'y précisais que ce "garçon" , comme tu dis, n'était personne d'autre que moi. Ce sont par conséquent des souvenirs de jeunesse 100 % autobiographiques, dans lesquels j'ai essayé d'être le plus fidèle et respectueux possible. De fait, je te prie de croire que je n'ai jamais cherché à abîmer la jeune fille en question, et que je ne lui tiens absolument pas rigueur de ce qu'elle m'aura appris, à sa façon, de la vie !

Je les ai lus. Mais je partage l'avis de Viviane : je préfère avoir lu le texte sans en connaître la nature autobiographique. Si je l'avais su, je pense que j'aurais été moins touchée. Je crois qu'ici ce n'est pas un problème (c'est un forum de "travail"), mais si un jour tu "vends" ton histoire, je te conseillerais volontiers de rester évasif là-dessus. Et puis... les souvenirs ne sont-ils pas une re-construction du réel, au besoin déformée par notre esprit malin ? :-¬?

J'ai lu aussi la suggestion d'écrire plusieurs histoires sous cette forme de liste. Franchement, je trouve que c'est une excellente idée. Bien sûr, l'effet de surprise passé vis-à-vis de la forme, il faudrait alors travailler sur l'originalité des thèmes et la variété des tons, mais ça pourrait être vraiment bien.

L'idée d'un recueil de commentaires aussi, d'ailleurs (j'ai aussi lu ça plus haut). Des sérieux, des farfelus, des exaltés, des colériques... Un peu à la manière d'Ernestine Chasseboeuf (https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernestine_Chasseb%C5%93uf), mais en plus développé et "littéraire".

Bon, te voilà avec deux projets sur les bras.  ;D

J'aime bien Richard Anconina, d'un coup.   :noange:
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 19 mai 2017 à 06:41:03
Chère Okho,

Un grand merci à toi de m'avoir fait découvrir la fictive Ernestine Troipoux, épouse Chasseboeuf, vivant dans son troglodyte, écrivant partout, dont je n'avais absolument jamais entendu parler alors que je suis un grand consommateur de livres depuis mes culottes courtes ! Je viens de parcourir une partie de sa correspondance sur son site officiel, et j'ai démarré cette journée en me poilant comme pas permis. C'est truculent en diable, et ça se dévore sans faim.

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: azerta le 19 mai 2017 à 21:31:08
Bonsoir kokox,

Ta Jeanne était bien attachante. J'avoue qu'elle m'a un peu épuisée à lire sa vie exubérante, la tête m'en tourne un peu. Alors toi qui a dû la partager, je comprends bien que tu aies fini par opter pour une antithèse (j'ai parcouru un peu tes commentaires).
Et en même temps quelle chance de l'avoir croisée...

J'espère que son maçon la rend heureuse, tout comme toi et ton antithèse.
Vous m'avez un peu chamboulée quand même, je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas pourquoi ce texte joyeux me fout le cafard :(
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 19 mai 2017 à 22:30:19
Salut Azerta,  :)

Grand merci pour ta lecture. Et désolé pour le cafard.  :'(
Oui, dans son genre, la Jeanne était un sacré phénomène. J'avais environ 19 piges lorsque je l'ai rencontrée et, lors de nos adieux définitifs (soit environ deux ans et demi après notre première galoche), j'avais l'impression d'en avoir 35.
Elle fut en fait la première d'une série de trois ou quatre Lolita exubérantes que j'attirais, semble t-il, comme des mouches, autant qu'elles me fascinaient. Et puis, un beau jour, j'ai quand même fini par comprendre que ce genre de fille n'était pas du tout, mais alors pas du tout fait pour moi. Le coeur est bien coriace. Il a parfois besoin de se brûler plusieurs fois au même feu de la gazinière avant de piger que les flammes sont les dents invisibles du diable.
Comme le chantaient si bien les Rita Mitsouko, les histoires d'amour finissent mal en général. Mais comme elle avait aussi plutôt mal commencé avec la Jeanne, je n'ai pas été si surpris que cela par l'épilogue de notre "drôle de béguin". Bref, l'important en amour, c'est vraiment de bien se poiler au milieu jusqu'à s'en déchirer la rate. Je veux dire sans être dupe, et en écoutant en sourdine les Rita Mitsouko, quelquefois. :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Le nuage goéland le 22 mai 2017 à 22:41:21
Oui, le texte est prenant et la forme astucieuse. Je suis assez fasciné par cette sorte d'auto- destruction sans retour du personnage féminin. En même temps j'ai vraiment l'impression de me trouver devant un type littéraire plus ou moins actuel. Une sorte de romantisme mélodramatique. Ce qui donne un recul salvateur par rapport à cette lecture.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 23 mai 2017 à 02:17:54
Salut Le Nuage Goéland, :)

Un grand merci pour ta lecture et ton aimable commentaire.

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Nexwall le 23 mai 2017 à 12:27:48
Salut Kokox !

Je revois passer un de tes textes et n'y résiste pas, je passe voir un coup.
Encore une qualité d'écriture indéniable, un sujet maîtrisé.

Par contre, comme je suis impertinent, je me permets de relever :

Citer
des masques de comedia dell'arte.

Commedia, je crois.

Et c'est bien le seul que j'ai trouvé ...
Texte provocateur, charnel, choquant par moment (pour certains sans doute), pourtant attachant et perturbant. Bien joué !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 23 mai 2017 à 13:17:07
Salut Nexwall,

À travers toi, je tenais à remercier vivement la communauté du MDE, et plus particulièrement les lecteurs des "100 Raisons", d'avoir bien voulu participer, de près ou de loin, au perfectionnement de ce texte tant au niveau de sa grammaire, de la révélation de ses maladresses de syntaxe et diverses autres propositions d'allègement apportées gracieusement ici et là.
De la commedia dell'arte j'en ai pourtant fait quelque temps au théâtre dans ma prime jeunesse, si bien, qu'à force d'accoutumance, j'étais convaincu mordicus que ce vocable s'écrivait à la française avec un seul m. C'est un détail, mais comme je suis un puriste et un adorateur de la langue (qui parvient encore malgré tout à faire de nombreuses fautes conscientes ou d'inattention), c'est à mes yeux un détail d'importance. De fait, repère t-on une balourde coquille dans un ouvrage imprimé, et notre concentration de lecteur est aussitôt aliénée durant les deux ou trois pages suivantes. L'oeil et l'esprit se retrouvent alors comme trahis, détournés des sentiers de l'orthodoxie grammaticale. L'on était immergé dans l'intrigue jusqu'au trognon et l'on se dit soudain : "Oh non, pas ça ! Comment ont-ils osé ? Où était la vigilance des correcteurs ? Pensaient-ils au cul de la fermière ? Qui condamnera ce crime de lèse-narration ?". Bref, tu l'auras compris, je déteste cela au plus haut point, et me mets à genoux devant ton "impertinence" pour louer ce même amour de la langue que nous sommes nombreux sur ce site à partager, à entretenir, à pérenniser.

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Edel Weiss le 23 mai 2017 à 17:30:08
Salut :)

Je viens de lire ton texte original : j'ai beaucoup aimé la forme que tu as choisie de prendre (liste et phrase qui se poursuit) pour intensifier le récit amoureux et l’ambivalence du personnage féminin. Ton style est accrocheur dans les différentes étapes de l'effeuillement du personnage (ou de l'histoire narrateur - Jeanne ?).

Si je pouvais soulever un bémol pour t'aider à l'améliorer, voici le petit détail que je relèverai :

quand j'ai commencé à lire, j'ai été séduite par ton style et la forme du texte, cependant, j'ai trouvé que l'histoire allait un peu vite ; à peine parle-t-on de cette madame inconnue qu'immédiatement elle devient l'amante du JE. Or, un peu avant la fin, j'ai ressenti une perte de curiosité et d'élan à lire la suite ( j'ai poursuivi et la fin ne m'a pas déçue !) mais il y a eu comme un petit mou avant l'apothéose finale.

Je pourrais donc te suggérer de raccourcir un peu (peut-être) l'avant dernier acte (avant la chute) où le lecteur a bien compris la chute finale (afin de garder la vitesse qui emporte jusqu'à l'apothéose) et de ralentir un peu le début, l'entrée dans l'histoire d'amour tragique. De fait, le style original de ton texte devrait garder l'appétit de tes lecteurs intact même si tu repoussais légèrement de la scène le début de l'histoire d'amour et donc de ta pièce tragique. J'ai beaucoup aimé en effet les petits détails initiaux sur elle (son signe, ses cheveux...) : tu pourrais rajouter un ou deux petits détails encore.

Mais j'achèverai en rappelant que ceci n'est que suggestion et que le texte m'a charmé !

ps : as-tu déjà tenté de te faire publier pour ce texte ? Il est intéressant, je trouve.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 23 mai 2017 à 19:38:03
Chère Métaphores (au pluriel donc)  :)

Un grand merci pour ta lecture des "100 raisons".
J'ai lu très attentivement tes suggestions d'amélioration du texte. Tout à fait d'accord avec toi, je pourrais fleurir légèrement, saupoudrer plus exactement, les caractéristiques de Jeanne au début. Par contre, je suis un peu perdu concernant ce raccourcissement que tu me proposes. D'où à où ? Pourrais-tu me préciser la largeur de ce "ventre mou" avant la chute ?
Sinon, pour répondre à ta question, je suis à la fois un vieux scribouillard (je fais des bâtons et des déliés depuis l'âge de 15 ans et j'en ai 55) et un jeune écrivain, puisque j'ai commencé réellement à rentrer en littérature comme un forcené une fois passé la cinquantaine. Partant de ce principe que c'est en écrivant qu'on devient écrivain (à savoir chaque jour, quelle que soit l'humeur de son esprit et les blessures du ciel), j'accumule depuis environ cinq ans bon nombre de nouvelles, je travaille de concert sur 3/4 romans, dont le premier démarré il y a 4 ans est pratiquement achevé. Ne voulant pas être dérangé dans mon anonymat on ne peut plus confortable, je n'ai jusqu'à présent partagé mes textes que sur 3/4 sites dont le principal est MDE, sans jamais rien avoir envoyé à un éditeur. Dernièrement cependant, j'ai fait la connaissance d'un écrivain de renom qui a été emballé par certaines de mes nouvelles et m'a fait promesse de me présenter à des éditeurs réputés, sans passer par la fente boîte aux lettres. Du coup, il attend ce premier roman. Du coup, j'ai 450 pages, il me manque juste une quarantaine de pages pour l'aboutir (dont 50% sont brodés) et voilà quatre mois au moins que je fais un blocage de type névrotique.:) Suis-je vraiment fait pour être publié ? Je m'étais donné comme date limite mes 60 balais. Peut-être que je considère que c'est encore un peu tôt. Une chose est cependant certaine, je n'écris ni pour la gloire ni pour la reconnaissance, au sens pléthorique du terme. J'ai déjà quelques lecteurs assidus sur différents sites et cela, pour le moment, contribue largement à mon bonheur de transmettre quelques émotions.

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Edel Weiss le 23 mai 2017 à 20:16:32
Cher Kokox,

Tout d'abord : Oui ! Pluriel poétique pour le pseudo ;)

Ensuite, je te remercie également de la considération avec laquelle tu as accueilli mes remarques ou suggestions d'amélioration !En tant qu'enseignante, j'ai plus ou moins l’habitude de parler dans le vide et j'apprécie quand ma parole n'est pas totalement vaine ! (je pisse trop souvent dans les violons !)

Je prends donc à nouveau du temps pour parler de ton texte. Concernant le ventre-mou, je relis cela demain pour être précise et claire. En attendant, je me permets de partager avec toi un autre sentiment que j'avais eu en te lisant mais que je n'avais pas osé t'écrire car j'avais lu que ce texte avait une part autobiographique et je ne voulais pas toucher à une quelconque sensibilité. Mais comme tu as l'air réellement désireux d'échanger sur tes textes, j'ouvre avec toi un questionnement :

en lisant ton titre, je me suis immédiatement dit que j'allais aimer et détester cette fille, qu'elle allait être ambivalente - et elle l'est par le côté sexuel bestial ou la fragilité enfantine - mais en dehors de cette opposition, je ne trouve qu'à détester cette femme. Mon sentiment - passé le tout début de ses caractéristiques propres - est sans appel : c'est une succube et elle fait du mal. Je n'éprouve donc en la lisant que haine. Peut-être est-ce entièrement voulu de ta part, je ne sais pas, mais avec ce titre, je m'attendais à une plus forte hésitation : j'imaginais qu'elle aurait tout de même une sorte de personnalité enchanteresse, quelque chose qui expliquerait d'ailleurs cette passivité du JE. Pour être claire : je m'attendais à une personne à la personnalité vraiment double, avec des qualités réelles (une personnalité forte, une joie de vivre ? que sais-je) et des défauts très prononcés (ici, la débauche, la perdition). Je trouve cela dommage d'avoir réduit l'ambiguïté sur sa personne à deux aspects (sa sexualité et ses déclarations d'amour maladroite).

Evidemment, c'est peut-être un choix de ta part, dans ce cas-là je peux le comprendre, mais il me semble alors que le titre antithétique "aimer" et "haïr" ne convient pas tout à fait. Ton texte illustre une femme détestable par tous ses aspects qui minaude quand elle a fait une bêtise et un JE passif, soumis, pathétique car il se laisse faire : le titre "100 raisons de haïr Jeanne Berto" me paraîtrait alors mieux choisi car il ferait ressortir l'énigme du texte : mais pourquoi ce "je" reste-t-il envoûté par cette femme haïssable et que nous lecteur nous haïssons? Ceci soulignerait alors le message : parfois, en amour, nous sommes aveugles et nous aimons des monstres, leur beauté naît de leur monstruosité et du mal qu'ils nous font.

Voilà, en un mot, mon sentiment est que le titre ne s'illustre pas dans ton texte : soit, il faudrait rajouter des choses aimables chez Jeanne (du point de vue du lecteur) pour qu'il partage l'amour-haine du JE à l'égard de cette femme tragique (terreur et pitié), soit il faudrait changer le titre car le lecteur n'éprouve aucune pitié pour cette femme ni pour ce JE d'ailleurs et l'antithèse '"aimer/haïr" pousse le lecteur à chercher une lecture tragique dans ses deux aspects.

J'espère avoir exprimé clairement ma pensée; n'hésite pas à me dire, si tu n'es pas d'accord ou à justifier ton choix de titre si je n'ai pas compris ou mal compris son sens. Je ne veux qu'aider :)

Pour le reste de ton commentaire, il n'y a pas d'âge pour la publication ou l'écriture je pense. Je trouve cela noble de ne pas rechercher la reconnaissance ou la gloire, je reconnais mordre à cette tentation-là ! Mais j'ai l'excuse de la jeunesse fougueuse qui se berce d'illusion et s'imagine l'édition comme elle n'est pas ! En tout cas, j'ai vraiment apprécié ton style et je lirai tes autres textes avec plaisir.

A bientôt !

Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 23 mai 2017 à 21:34:40
Re Métaphores,  :)


Il s'agissait plutôt dans le titre de dépeindre mes propres façons d'adorer et de haïr Jeanne Berto et non de tracer, de juger un caractère empêtré dans son manichéisme, sans nuances, sans état intermédiaire.
Il est vrai que l'adoration que m'a inspiré cette jeune fille très mature est retranscrite entre les lignes de façon sans doute trop implicite et qu'elle appert beaucoup plus à travers les divers commentaires que j'ai pu rédiger par la suite. On ne rencontre pas ce genre de nature exceptionnellement libre à tous les coins de rue. Mais je me suis justement trouvé un beau jour à un coin de rue, et elle m'est apparue. Partant de là, j'ai laissé, nous avons laissé l'un et l'autre libre cours à notre passion qui, comme tu le sais, est le plus foireux des sentiments paroxystiques. Passio est pour sa part issu du verbe patior signifiant "souffrir, éprouver, endurer" autrement dit un ensemble d’états dans lesquels un individu devient passif, par opposition aux états dont il est lui-même la cause. Très sincèrement, ce qui ressort pour moi de cette tumultueuse aventure n'a été que du positif. Comme dit plus haut, Jeanne aura été mon mètre-étalon amoureux pour savoir ce qui était, serait, bien ou mal pour mon coeur et ma raison, à plus ou moins long terme. D'aucunes personnes, qui n'ont pas eu la chance de rencontrer leur "Jeanne" ou leur "Alfred" assez tôt dans leur jeunesse, subissent un jour ou l'autre de sévères désillusions d'ordre relationnelles. Ce qui ne fut pas mon cas, puisque je vis dorénavant depuis plus de trente ans avec la même personne, soit l'antithèse de Jeanne. Jeanne fit donc de moi ce chat échaudé craignant l'eau froide, et en cela je ne peux que lui être que reconnaissant de tout ce qu'elle m'aura fait endurer et que j'ai accepté d'endurer jusqu'à un certain point. Bref, la haine est totalement effacée. Par delà le temps et l'espace, seul reste l'amour entre elle et moi, comme nous l'avions pressenti, de manière quasi karmique, déjà à cette époque.

Bien à toi !




Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Edel Weiss le 23 mai 2017 à 21:53:39
Je comprends : tu as défini ce caractère libre comme étant la raison de l'aimer implicitement dans le texte, peut-être faudrait-il alors le mettre davantage en avant (explicitement dans ton texte, je veux dire) ? Je ne parle dans mes commentaires que du texte (hors tout hommage autobiographique). D'un point de vue strictement littéraire, le texte ne fait vraiment pas de cadeau à cette Jeanne, peut-être pourrais-tu au début la gratifier d'un ou deux réels adjectifs mélioratifs ? Ou faire comprendre que cette liberté était admirable? Car ton commentaire m'éclaire cette part-là du sens que je n'avais pas vraiment décelé par tes mots - il me semble donc que d'autres lecteurs pourraient ne pas comprendre ce message que tu veux faire passer sur elle et sur "vous", ce qui serait dommage !

En tout cas, personnellement, je n'avais pas associé Jeanne au mot "liberté"/positive en lisant ton texte seul -sans tes explications -, qui je trouve - avis personnel que demain je te démontrerai par des adjectifs péjoratifs ! - a une connotation très souvent négative. J'en reviens donc au premier conseil : ralentir un peu le début sur elle pour l'introduire de manière plus "positive" et un peu plus en profondeur car la fin du texte montera sa chute, en quelque sorte. 

PS : "Bref, la haine est totalement effacée. " C'est ce qu'on ressent à la fin de ton texte.

Et désolée d'avoir un peu trahi le sens de ton texte en ayant pas trouvé de côté "aimable" à cette Jeanne ^^ (une fois encore, uniquement au niveau du personnage créé par la page)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 23 mai 2017 à 22:13:10
Étant le Dieu Miséricordieux de ce texte, je puis te déclarer sans barguigner que "Tout t'est pardonné !" ma chère... Métaphores !
Oh, pinaise, un peu plus je t'appelais Jeanne ! :) :) :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Edel Weiss le 23 mai 2017 à 22:17:22
Ah non ! Il n'y a que  100 raisons de m'adorer ! :D

-------------------

Bonjour à toi,

Voici, comme promis, mon ressenti concernant le ventre mou.

Alors, j'ai senti un peu de perte d'élan de la 69 à la 79ème "raisons". Parmi elles, certaines sont fortes et intenses, d'autres trop explicites je trouve (75 on l'avait bien compris), d'autres montrent un bonheur possible, mais en gros, même si elles font "sens", ensemble, mises ainsi, elles ne m'ont pas conduite jusqu'au vertige final. J'ai trouvé trop de montagne russe entre arrangement calme (elle fait le repas etc) et les violences (coups et viol). Je trouve que le mélange à cet endroit ne prend pas.

J'espère t'avoir un peu éclairé !

ps : je n'ai pas pu t'envoyer de mail !

A bientôt
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 26 mai 2017 à 11:59:40
Métaphores,  :)

Merci bien de m'avoir mis la puce à l'oreille. C'est malin, maintenant j'ai une puce dans l'oreille qui tressaute, qui tressaute. Plus sérieusement, je prends bonne note de tes impressions relativement pertinentes. J'essayerai prochainement de faire pulser un peu plus les choses entre les n° 69 et 79, aspirant au crescendo, tout en gardant la teneur intrinsèque du texte. Merci encore d'avoir soulever ce lièvre. Tu as tenu parole. Comme disait mon grand-père Fernand : "J'aime quand une femme soulève un lièvre, sans me poser un lapin". :)

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: La Valise le 28 mai 2017 à 18:24:22
Bonjour kokox,

J'avais écris une tartine pour vous féliciter et tout est parti à la poubelle. Bref, j'ai adoré ce texte. je suis encore toute zémue.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 29 mai 2017 à 07:43:24
La Valise,  :)

Un grand merci pour votre lecture des "100 raisons".

Bien à vous !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: baat le 24 mai 2018 à 10:16:17
toujours un plaisir de te lire ...texte jubilatoire
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: JMLC le 24 mai 2018 à 13:09:16
Superbe ! Beau portrait, très bien écrit, avec de l’amour, de l’humour, de la tendresse, de la tristesse...
 
Merci du partage et au plaisir de lire d’autres textes de toi.

JM
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 24 mai 2018 à 13:21:19
Un grand merci pour votre lecture, chers Baat et JMLC ! :) :) :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Patagonia le 26 novembre 2018 à 17:46:58
Superbe texte.
Impudique, cru, impitoyable.....débordant de tendresse quand on lit derrière les mots
Me suis sentie "voyeur"
J'ai assisté à la scène  de 1 à 100...j'étais là. Je ne les ai pas lâché une seconde ces deux là
J'ai entendu les respirations, les claquements de porte, la folie, la passion...l'abattement, l'extase...les excès
et bien entendu l'amour.
Bravo à l'auteur
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 27 novembre 2018 à 05:02:37
Merci beaucoup pour ta lecture, ton commentaire et l'exhumation de ce ce texte, Patagonia ! :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 06 février 2020 à 20:51:03
Texte remanié et expurgé !
Bonne lecture !  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Marcel Dorcel le 06 février 2020 à 21:47:08
Je suis sur le cul !
Tu as très bien fait d'avoir remonté ton texte en le remaniant. Quel plaisir de lecture ! Je ne sais s'il y a 100 raisons de haïr ou d'adorer Jeanne Berto mais il y a en tous les cas 100 raisons et plus...valables de le LIRE, de l'apprécier à sa juste valeur.
A part bravo, non je vois pas... ;)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 07 février 2020 à 15:28:31
Un grand merci à toi pour ta lecture, Marc Dorcel ! :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Samarcande le 10 février 2020 à 17:40:56
Bonjour Kokox,

Jai lu le texte hier soir et ton personnage de Jeanne m'a accompagnée toute la journée, avec sa soif de vivre et d'expériences, son égoïsme impavide et ses fragilités.
On sent la tendresse que tu as pour ce personnage, si jeune et finalement si seule au milieu de tout ce beau monde. Le passage du viol " qui devait arriver tôt ou tard" fait froid dans le dos.

Niveau écriture, j'ai beaucoup aimé la forme. Une fausse énumération de raisons et de faits qui tisse une vraie histoire chronologique; un faux détachement ( c'est mathématique donc c'est logique) qui révèle encore mieux la profondeur des personnages.

Merci pour cette lecture.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: txuku le 10 février 2020 à 19:27:01
Bonsoir

Merci a ceux qui ont relance ce kokox !!!  :)

Toujours aussi bon ! :coeur:
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 11 février 2020 à 08:16:52
Un grand merci, une fois encore, pour votre lecture Samarcande et Txuku ! :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Lo le 11 février 2020 à 09:54:01
Salut kokox, merci d'avoir mis ton texte à jour, ça m'a permis de le découvrir (:

22. M'a dit au bout de trois mois que Bertold Brecht commençait à lui ouvrir sa conscience politique, que Tchekov lui laissait entrevoir son âme russe, mais que Molière la faisait sombrement chier, parce qu’il avait plagié plein d’auteurs espagnols et italiens, m'a convaincu un soir de l'accompagner à une représentation de « Lorenzaccio », juste pour voir.
titres en italique (ici Lorenzaccio, mais plus loin plein d'autres, Les Bonnes, À Rebours...) + Tchekhov

Citer
40. M'a révélé juste après que c'était le mec génial de l'HP qui lui apprenait ce genre de trucs et que cela l'envoyait directement au ciel, qu'elle ne trouvait plus aucun attrait aux bourgeoises levrettes et positions du missionnaire, a enquêté sur mes fantasmes, les a trouvé médiocres, m’a parlé d’un appartement grand standing dans le 16 ème où la haute s'encanaillait et partouzait à toutes heures.
"les a trouvés", "16ème", "à toute heure".

Citer
que ses effets étaient salutaires pour prévenir du cancer, que les fœtus eux-mêmes se développaient dans
"prévenir le cancer"

Citer
75. Mais m'a bientôt déchiré la moitié du cœur sur l'oreiller en me murmurant qu'après elle, je rencontrerai sûrement la femme de ma vie,
rencontrerais (puis au #97 "resterais", puis au #100 "resterais" aussi) (si t'as un doute, remplace "je" par "nous", et ça te fait bien entendre le "elle nous rassura, nous dit que nous rencontrerions...")

Super super, j'ai vraiment hyper accroché, super tableau de bohème, super position passive du narrateur pour exalter l'autre, super rythme des phrases souvent. Intéressante structure de départ (100 raisons égrénées en formant un récit). J'ai bien pris mon pied, merci beaucoup !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 11 février 2020 à 10:35:24


Un grand merci pour ta lecture, Lo, et pour ton repérage de fautes. Je croyais avoir tout cleané, et il en restait, ma foi ! :)




Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: estherilisez le 11 février 2020 à 22:13:36
Je ferais demain un commentaire constructif
En 100 points
https://www.youtube.com/watch?v=LIQz6zZi7R0
https://www.youtube.com/watch?v=Ib9RsuZPROY
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 12 février 2020 à 08:57:16
En 100 points ? Fichtre ! :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: estherilisez le 12 février 2020 à 18:26:55
100 Raisons d'Adorer lire Jeanne Berto
1. Kokox
2. A conservé intact un âge contenant une épaisseur dramatique considérable
3. Fait hommage au sublime, en évitant l'abîme de la dissection impudique et sordide
4. Sans non plus survoler désinvoltement ce qui dans la souffrance a pris tant d'importance
5. Car chaque numéro contient sa densité
6. Parvient à tenir une même syntaxe de la phrase (alors que 5 tirets ont suffit à baisser mes bras)
7. Parvient à tenir la linéarité, alors que je dois revenir sur mon histoire de densité
8. Unité de chaque fait, suffisance et nécessité, pourraient donc se lire comme la nouvelle d'hemingway (for sale, baby shoes, never worn)
9. Qui trouvent tout de même leur efficacité, forme de réalisation supérieure, dans le lien qu'ils tissent avec les autres. Indépendance (collection) et dépendance (connexion) : recueil
10. Au sein même des syntagmes d'ailleurs, il y a un jeu d'enchâssement, de répliques, de chansons, de prénoms, comme appels d'airs
11. Force des images
12. Force (sa résilience) et faiblesse (sa passivité) du personnage
13. Force du narrateur (son objectivité, que la distance et l'accumulation millimétrée illustrent)
14. Force du narrateur (emporté par les vagues, qui se reforment, s'avalent, se dépassent)
15. Qui cède la parole sous un monologue aux allures de stichomythies.
16. Je me demande : la fin est-elle une fin ? Apotropaïque le geste et la plume sont promesses de poursuite
17. A propos du titre : intéressant de sentir qu'il contredit ton présent. Les faits seraient causes, "raisons" mais n'ont eu d'autres eFfets qu'eux. Une causalité à rebours, qui se mord la queue 
18. M'a confié qu'elle ne tombait amoureuse que de mecs brillants, qu'elle m'aimait déjà, parce que j'étais doux, drôle, intelligent et qu’elle me sentait généreux.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 14 février 2020 à 07:37:21
Il en manque 82, mais cela fait plaisir !

Bien à toi !
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Cyr le 19 février 2020 à 20:19:08
Je peux reconnaître que des auteurs comme Houellebecq ont dû talent mais je pense qu'il n'y a aucun intérêt à lire ses livres. En lisant ton texte je me pose des questions sur mes propres barrières de lecteur.
Par ailleurs, ton idée de construction et ton écriture m'ont plu.  :)
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: lueur le 19 février 2020 à 20:39:14
Hey
C'est sans doute le meilleur texte que j'ai pu lire sur ce forum jusqu'à présent. La forme, le fond, tout me plaît. Félicitations, cette histoire est un fantasme littéraire.
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: Cyr le 20 février 2020 à 19:38:47
C'est bien que nous ne soyons pas tous unanime, au fond... Au plaisir,
Titre: Re : 100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto (Explicite)
Posté par: kokox le 21 février 2020 à 09:00:00

Un grand merci Lueur pour ta lecture ! :)



Et un grand merci aussi à toi Cyr pour t'être ainsi extrait de la masse ! :) On ne saurait plaire à tout le monde ! Moi-même, lorsque je me regarde dans la glace, je me dégoûte, j'ai envie de me rectifier le portrait avec un couteau à huître ! Que mon texte ait pu te déplaire, je le supporte amplement ! Mais pour Houellebecq, quand même, ça fait un peu chier ! Houellebecq quand même !


Bien à vous deux !