Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes mi-longs => Discussion démarrée par: Loïc le 27 décembre 2020 à 22:35:09

Titre: Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 27 décembre 2020 à 22:35:09
Saluuuuut !
C'est une nouvelle que j'ai commencée en mai pour la finir en octobre (non sans avoir recommencé une fois du début, tout ça) et que j'ai enfin pu corriger.

Ce qu'il faut savoir avant de lire :
– C'est la suite de Chasse aux sorcières (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=29173.msg464547#msg464547), mais ça peut normalement se lire sans avoir lu ce texte avant. (Et même, ça m'arrange :mrgreen:)
– Ça fait partie de l'univers des Mondes Faés (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34796.0), mais pareil, c'est censé être compréhensible sans rien en avoir lu avant.
– Il y avait peut-être autre chose, mais j'ai oublié.

Ce que j'attends comme commentaires :
Je suis pas difficile, je prends tout. En particulier les remarques sur l'histoire, la structure ; si vous n'avez rien lu d'autre, si c'est compréhensible. Si vous avez lu d'autres choses, s'il y a des incohérences ou autres.

Le texte fait presque onze mille mots, du coup je le posterai en quatre fois.



Sommaire :
Envoi 1 (ci-dessous) (corrections du 4 février 2021)
Envoi 2 (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579070#msg579070) (corrections du 4 février 2021)
Envoi 3 (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579628#msg579628) (corrections du 4 février 2021)
Envoi 4 (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579994#msg579994) (corrections du 15 janvier 2021)



La musique et le bruit des conversations rendaient l’atmosphère irrespirable. Les clients se pressaient au comptoir où Nathan, l’extra que j’avais embauché pour la soirée, prenait les commandes et encaissait à un rythme effréné tandis que je m’activais à ses côtés à servir les pintes de bière et à la découpe de saucisson ou de fromage. L’affluence de ce premier soir était telle que je n’avais pas le temps de reconnaitre les entrants ; à peine de les saluer, sans me demander si je les connaissais, si mes habitués avaient troublé leur routine tranquille pour la réouverture de l’Idiot, ou s’il ne s’agissait que de jeunes fêtards, déterminés à tester une nouvelle enseigne qui, jusqu’alors, avait dû leur paraitre n’être qu’un de ces bars-tabacs inusables et démodés. Je ne doutais pas de l’apprendre dans les jours qui suivraient, quand, l’inauguration passée, la vie reprendrait un cours normal, ou du moins, aussi normal qu’il pouvait l’être pour une apprentie sorcière. Entre deux commandes, je servais un demi léger à Nathan, ou un verre d’eau :
« N’oublie pas de boire, sinon tu vas pas tenir. »
Il hochait la tête et s’exécutait le plus souvent, avant de reprendre. La nuit serait encore longue. Quand les commandes se faisaient moins pressantes, j’allais faire un tour sur la nouvelle terrasse qui s’étendait jusqu’au bord de plage, pour éviter les débordements et m’assurer que tout allait bien. Je préférais éviter une visite de la police pour le premier jour d’ouverture. Toute à ma précipitation et à ma concentration, j’ignorai sans doute plusieurs sollicitations.
Je laissai durer le plaisir aussi longtemps que la règlementation me le permettait et, peu avant quatre heures, j’entrepris de faire partir les derniers clients. Une demi-heure plus tard, le bar vide, la caisse comptée et Nathan payé, je refermai la porte avec soulagement. Le rangement attendrait.

Ce ne fut pas le réveil qui me tira du lit, mais le son strident de la sonnette du bar. Je m’habillai en vitesse et allai ouvrir en maugréant, pour découvrir Jean-Paul qui me souriait, frais et bien rasé.
« Bonjour, Anne.
– Jean-Paul il est… »
Je regardai mon téléphone.
« Dix heures ?
– Entrez », je soupirai en m’effaçant. Il s’installa à sa place fétiche au comptoir, et j’allai faire couler le café. Je tirai un tabouret, puis m’installai en face de lui, deux tasses fumantes nous séparant.
« Vous avez fait du bon travail.
– Merci… »
J’étais un peu gênée. Je lui devais beaucoup. C’était grâce à lui que j’étais devenue sorcière, que j’avais eu l’énergie de donner une seconde vie à mon bar, que ma vie avait pris un nouveau tournant. Mais je n’acceptais toujours pas les méthodes qu’il avait employées. Je me demandais ce qu’il voulait, à présent. Nous bûmes en silence un moment et je soupirai d’aise. J’étais toujours fatiguée, et les heures de sommeil perdues allaient me manquer, mais l’amertume du café lançait une journée qui promettait d’être longue.
« Vous vouliez me dire quelque chose ? »
Il vida sa tasse d’un trait et la reposa en douceur sur le comptoir.
« Rien de particulier, je venais juste voir comment vous alliez. Je suis sûr que votre maitresse est fière de vous. »
Je hochai la tête et contins mon agacement d’avoir été réveillée trop tôt pour si peu. Pour passer mes nerfs, j’entrepris de nettoyer le comptoir d’abord, puis les tables, apportant les verres au lave-vaisselle au fur et à mesure que j’avançais dans mon travail. Jean-Paul ne disait toujours rien, mais je sentais son regard dans mon dos alors que je m’activais dans la salle. Je finis par ne plus tenir :
« Si vous avez quelque chose à dire, dites-le ! Et pas de cachoteries comme la dernière fois ! »
Il prit un air offensé qui ne m’amadoua pas, puis retrouva son habituel sourire tranquille.
« Non, non. J’admirais juste combien vous avez gagné en présence. Il n’y a pas que l’Idiot qui a changé, vous aussi.
– Le contraire aurait été étonnant.
– Complètement. Mais n’oubliez pas : il n’y a pas que le travail et la sorcellerie dans la vie. »
Il déposa quelques pièces sur la table, se leva, et sortit.

La salle propre, je m’attaquai à la terrasse aux environs de midi. Les verres vides et les cadavres de bouteilles trônaient sur les tables blanches. La plage était encore vide : c’était andcostal matin, et dans l’attente du début de la saison touristique, seuls quelques promeneurs s’y baladaient déjà. Une heure plus tard, je grignotais un peu de pain et de beurre, une nouvelle tasse de café devant moi. Je songeais aux paroles de Jean-Paul, à comment je m’étais plongée dans la réfection de l’Idiot et dans la sorcellerie, peut-être pour oublier tout ce qui n’allait pas dans ma vie ; je me demandais tout à coup si j’étais capable, sans me mentir, de me dire comment j’allais.
« Vous êtes vraiment un enfoiré, Jean-Paul. »
Toute sérénité m’avait quittée et je ne tenais plus en place, luttant vainement contre les questions qui m’assaillaient. J’étais incapable de me concentrer sur quoi que ce soit, manuels de sorcellerie ou commandes à préparer. Pour ne pas tourner en rond chez moi ou dans la salle du bar, je me résolus à aller courir, ce que je n’avais pas fait depuis bien longtemps. Il me fallut fouiller dans les entrailles de ma penderie pour y trouver des vêtements de sport, dépoussiérer des baskets qui n’avaient pas dû quitter le meuble à chaussures depuis que je les avais achetées. Je sortais enfin sous le chaud soleil de l’après-midi et commençais, moi aussi, à fouler la plage qui se remplissait doucement de cris d’enfants. Je me mis rapidement à suer et à haleter, mais me fis violence pour poursuivre : entièrement dirigée vers ma course, j’essayai d’oublier la douleur dans mes jambes et dans ma gorge. Peu à peu, je trouvai mon rythme de croisière. Je rentrai chez moi une heure plus tard, fourbue mais contente de moi.

Je me levai le lendemain avec des courbatures dans tout le corps, au point qu’il me fut difficile de sortir du lit. Quelle idée de faire du sport, je me dis, alors que chaque pas dans les escaliers me tirait une grimace. Le café et le petit-déjeuner me firent du bien, mais je sentais que j’avais manqué d’activité physique à chaque mouvement. Peut-être était-ce un autre signe qu’il fallait me reprendre en main.
Une fois la vaisselle rangée, je parcourus mails et agendas. Je n’avais pas assez travaillé la sorcellerie ces derniers jours et, malgré les paroles de Jean-Paul, je savais que j’allais devoir rattraper ce temps perdu si je ne voulais pas prendre trop de retard. Mes ainées du coven étaient exigeantes et semblaient ne pas avoir connaissance d’une vie en dehors de la sorcellerie. J’étais la première recrue depuis dix ans, une pression dont je me serais bien passée, si j’avais su alors où je mettais les pieds.
J’ouvris un livre qu’on m’avait prêté pour le lire sur la terrasse. L’ouvrage était neuf et ressemblait à n’importe quel livre universitaire, loin du cliché des grimoires. Il y en avait de plus vieux, m’avait-on dit, mais je n’étais pas prête à les lire. Qu’importe : ingurgiter tout le détail des diverses applications de l’eau – de source, de mer, de nappe ou de pluie – m’occupait déjà bien assez. Une sorcière apprend toujours, m’avait dit Maud-Eva lors d’une de ses premières séances, et plus je progressais dans le domaine, plus je me rendais compte qu’il me restait beaucoup à découvrir.
J’avançai vite dans ma lecture : le livre était didactique et les schémas, bien réalisés, permettaient de facilement comprendre comment utiliser les baumes, ou les gestes à appliquer pour insuffler la magie aux ingrédients.
L’église du port sonna treize heures. Je levai la tête et clignai des yeux. La plage s’était rapidement remplie et l’air réchauffé. Le livre sous le bras, je rentrai à l’intérieur et récapitulai dans ma tête le travail qu’il me restait avant l’ouverture. J’allais devoir être efficace si je voulais continuer à lire encore un peu.
Je passai le début d’après-midi au téléphone. Rénover l’Idiot m’avait obligée à combattre ma peur de l’inconnu – des inconnus –, et si je n’étais pas encore tout à fait à l’aise avec mes fournisseurs, la plupart agriculteurs ou artisans bourrus de la région, je voyais bien qu’une certaine complicité commençait à se créer. J’essayais de ne pas penser au fait qu’il ne s’agissait que d’une relation commerciale.

Le soir, alors que je faisais sortir les derniers clients, je vis Maud-Eva entrer. Je lui désignai un siège au comptoir d’un geste un peu agacé, avant de revenir à mes buveurs récalcitrants :
« C’est pour une affaire privée. Allez, il est une heure et demie. Maintenant vous partez, sinon je vous garantis que vous n’allez pas apprécier. Et vous avez pas intérêt à trainer devant », je dis en fermant la porte. Je la verrouillai, puis me tournai vers la doyenne du coven qui me regardait avec son habituel sourire bienveillant. Elle aurait pu passer pour une gentille mamie comme une autre ; d’ailleurs c’était sans doute comme ça que la voyaient la plupart des Rognards.
« Je vous sers quelque chose ? je lui demandai, lasse, en passant derrière le comptoir.
– Eh bien, si tu as encore de cet excellent thé au jasmin, je ne dis pas non. »
Sa voix était douce et chaleureuse. Maud-Eva avait été déterminante pour me convaincre de rejoindre le coven, de m’arracher à ma vie tranquille pour entrer en sorcellerie. Je lançai la bouilloire et préparai le thé.
« Allez-y, dites-moi pendant que ça chauffe. »
Je me servis un verre de vin – un blanc de la vallée de la Rozoire et attendit qu’elle m’expliquât sa venue si tardive.
« Il est temps pour toi de passer ton premier examen. »
Je manquai de lâcher mon verre.
« Quoi ? Déjà ? Je pensais que ça ne serait pas avant…
– La fin de ton cursus ? Tu as fait des études, Anne, tu sais bien qu’il y a des examens intermédiaires.
– Oui, c’est juste que… je m’étais pas rendu compte que ça faisait si longtemps. »
Mais ça faisait presque un an que j’étudiais la sorcellerie, alors un examen, ça avait sa logique.
« OK. Qu’est-ce que je dois faire ?
– Tu connais l’ile Saint-Sylvain ? »
J’acquiesçai.
« Un bateau est réservé pour t’y emmener demain à huit heures. Il te faudra y rester trois jours, puis revenir par tes propres moyens. Tu peux partir avec ce que tu peux mettre dans un petit sac. Des questions ? »
J’en avais plusieurs. Devais-je fermer le bar pendant trois jours ? Était-ce seulement une épreuve de survie, ou devais-je m’attendre à autre chose ? Avait-elle des conseils à me donner ? Je savais que c’était inutile : découvrir tout ça faisait aussi partie de l’examen, et je devrais me débrouiller moi-même avec mon travail.
« Non, je soupirai, Enfin, une. D’où part le bateau ?
– Quai n°4. Bonne chance. Tu dois être de retour ici guizand prochain avant minuit. »
Je lui servis son thé, et elle le but en silence tandis que je réfléchissais déjà à toute allure ce que je pourrais prendre avec moi. Je partais dans six heures et je n’avais aucune idée de comment réussir cet examen.

Le réveil sonna, bien trop peu de temps après que je me fus couchée. Je m’arrachai de mon lit en réprimant un bâillement. La douche et le café ne réussirent que modérément à me tirer du sommeil et, quand je partis, mon sac sur le dos, je haïssais la sorcellerie et tout ce qui s’y rattachait.
Rognes s’agitait déjà. Voitures, vélo et piétons s’y croisaient pour aller travailler, s’insultaient parfois. J’y évoluais zombifiée. Je n’avais pas l’habitude d’être levée si tôt, et même la sorcellerie n’avait rien pu y changer. Je savais bien que c’était l’heure normale pour le commun des mortels, mais si le monde de la nuit m’allait si bien, c’était aussi pour ses horaires décalés.
« Je serai une sorcière qui n’agit que la nuit », je marmonnai en achetant mon petit-déjeuner dans une pâtisserie à l’entrée du port, m’attirant quelques regards interrogatifs. Je les ignorai et continuai mon chemin.
Le quai n°4 se trouvait dans le port de pêche, déjà bien actif. La plupart des bateaux étaient déjà partis, ils reviendraient un peu plus tard dans la matinée, chargés de poisson vendus sur place, au marché central ou aux industriels de la conserverie Rogioux. Ceux qui restaient là, pour la plupart, n’avaient plus de navire que le nom : ils tenaient à peine amarrés à la bite, certains avaient, accrochés à la corde, un mot de la commune les avertissant de la mise en fourrière prochaine si l’emplacement n’était plus utilisé, payé ou, le plus souvent, les deux. C’était de petites embarcations, qui iraient garnir l’entrepôt municipal quelque temps avant d’être brulés pour les feux de la fin d’année.
Je n’eus pas de mal à trouver mon taxi. C’était un esquif à moteur peint en jaune vif. Le conducteur était habillé de la même couleur, un vieil homme qui n’avait pas l’air de voir bien loin. On ne m’avait probablement pas tout dit de l’examen.
« Anne, hein, il dit avec un accent méridiocostal à couper au couteau. Montez. J’espère qu’zavez pas l’mal de mer, pac’qu’ça va pas être un voyage tranquille. »
Je ne répondis pas et me contentai d’embarquer. Plus la journée avançait, plus je me disais que j’aurais dû rester au lit.

Contrairement aux promesses du capitaine – Carl, j’appris, pêcheur à la retraite, marié depuis 79 ans, cinq enfants, quinze petits-enfants – le début de la traversée se passa sans encombre. La mer était calme et, en l’absence de bateau de pêche dans les environs, dauphins et poissons apparaissaient régulièrement à la surface de l’eau. Je n’étais plus allée en mer depuis bien des années, je me rendis compte tout à coup, sans pouvoir y trouver une raison. Je n’avais pas le mal de mer, je ne détestais pas cela, j’avais tout simplement arrêté, à mesure que je m’étais enfoncée dans la routine et dans la solitude. Combien d’autres plaisirs avais-je abandonnés en route ?
« Ça fait plaisir de voir des p’tit’ jeunes dans vot’ genre faire de la sorcellerie, me dit mon guide. On en a b’soin des sorcières par ici, même si les nouveaux, ceux v’nus de l’intérieur l’oublient et croient qu’ils peuvent tout faire avec leurs gros bateaux. Mais j’vous le dis moi, c’est grâce aux sorcières qu’Rognes est c’qu’elle est. Sans elles, pas d’conserverie, pas d’touristes. On s’rait un village paumé comme un autre. »
J’acquiesçai en silence. Je ne m’étais pas assez tenue au courant de l’histoire de Rognes pour pouvoir débattre, et l’humilité était une vertu primordiale pour une sorcière, n’avait-on cessé de me répéter.
« J’espère que tout s’passera bien pour vous, ‘tout cas. Y a pas de raison. J’ai jamais vu personne mourir ici. »
Je n’étais pas sûr que ça me rassurât, aussi je tentai de changer de sujet.
« Ça fait longtemps que vous travaillez avec les sorcières ? »
Il ne répondit pas tout de suite, se contenta de fixer la mer sur laquelle le bateau filait à toute vitesse, puis parla d’une voix hésitante.
« Longtemps. Oui. »
Il passa la main dans sa tignasse grise, presque blanche déjà.
« Trop longtemps peut-être. »
Il n’ajouta rien et je me gardai de le questionner plus. Déjà, l’ile Saint-Sylvain se profilait devant nous, son volcan, éteint depuis des années, s’élevant bien au-dessus de l’eau. Par beau temps, on pouvait l’apercevoir du phare de Rognes.
Carl gara le bateau à une jetée en ruine.
« C’là qu’vous descendez m’dame. Bonne chance.
– Merci. Bon retour. »
Il hocha la tête, toucha sa casquette et repartit en sens inverse. Je me détournai aussi pour explorer le paysage sous mes yeux.

Envoi suivant (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579070#msg579070)
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 1/4)
Posté par: Cendres le 28 décembre 2020 à 09:51:55
Merci pour ton texte.
Je ne connais pas le précèdent texte.

Il raconte la vie d'une jeune sorcière en formation qui a un bar pour vivre.
Tu décris des moments de vie et ce qui se passe autour d'elle.

J'imagine que ca se passe dans une ville comme Marseille, a cause des bars, du ports, de l'ambiance...

Ton univers est un univers "alternatifs", puisque les sorcières existent et que tout le monde le sait (Et aussi avoir un bar ouvert aujourd'hui^^)

Je ne vais pas te conseiller pour l'écriture et l'orthographe étant donné mon niveau. Mais, je trouve, en début de ton texte, cette phrase étrange :
"La musique et le bruit des conversations rendaient l’atmosphère irrespirable."
Irrespirable fait bizarre. Car je ne pense pas qu'elle ait du mal a respirer, mais que le bruit lui casse la tête.

Apres c'est un avis personnel qui n'engage que moi.
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 2/4)
Posté par: Loïc le 29 décembre 2020 à 16:45:30
Merci Cendres pour ta lecture. Je réfléchirai à ta remarque.

La suite !



Envoi précédent (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg578939#msg578939)

Je n’avais jamais approché Saint-Sylvain. C’était une ile mineure dont l’accès était limité à cause des dangers du volcan et de la nature en général. Le seul fait que les sorcières aient trouvé quelqu’un pour m’y amener – ou obtenu les autorisations – forçait l’admiration.
Tout de suite au bord de la plage de sable fin, la forêt, tropicale, s’étendait. J’avançai sur la jetée en prenant garde où je posais mes pieds et tentai de repérer un chemin. En vain. Les scientifiques qui venaient étudier le volcan devaient être déposés directement à son pied. En tout cas, personne n’entretenait de sentier. J’allais devoir tracer ma route. Trois jours, m’avait dit Maud-Eva. Ça ne devrait pas être si terrible. Il me fallait les mettre à profit pour trouver comment repartir : si j’avais commencé à y réfléchir la veille, j’avais surtout utilisé le peu de temps que j’avais pour faire mon paquetage et prendre autant de repos que je pouvais.
J’ouvris mon sac et vérifiai une fois de plus son contenu : un bon couteau, deux gourdes bien remplies, un sac de couchage, une boussole et deux saucissons secs. J’espérai que ça suffirait. Malheureusement, je n’avais pas de chargeur solaire pour mon téléphone. Mieux valait en limiter l’utilisation. Je remis tout en place, ne gardant que le couteau en main, fermai bien le sac et me dirigeai vers la forêt.
La chaleur était étouffante, et je sentais l’humidité émaner de la jungle alors que je la longeais, cherchant une ouverture que je ne trouvais pas. Les arbres étaient denses, fermaient complètement le paysage et ne laissaient même pas passer de son ; seul le grondement de la mer et le bruissement des vagues qui s’étalaient sur le sable brisaient le silence.
« Suis le volcan, dit une voix.
– Pardon ? »
Je m’entendis parler avant de m’arrêter. Brandissant inutilement le couteau ouvert devant moi, j’inspectai les environs, mais il n’y avait personne. Je levai la tête vers la cime des arbres.
« Ardhaska gholivia. »
J’y vis plus clair, plus précisément, mais il n’y avait rien que les branches, les feuilles et les fruits qui branlaient légèrement sous le vent.
« Hihihi. Pas mal petite sorcière. Mais tu ne me verras pas d’ici. Suis le volcan ! »
La voix était claire. Jeune, féminine. Elle venait de ma tête.
« Ah ! Tu as trouvé, petite sorcière. Bien. Viens maintenant, je t’attends. »
« Je ne suis pas si petite » je grommelai pour moi, avant de reprendre ma route, le couteau rangé dans la poche, certaine que j’étais de son inutilité si je devais me battre. Il vaudrait mieux compter sur mes maigres compétences en sorcellerie. En tout cas, j’avais une piste à présent. Le volcan. Son ombre dominait l’ile, il était impossible de le manquer. Si je longeais la plage, en toute logique, je finirai par y arriver.

J’avais débarqué sur Saint-Sylvain aux environs de midi et, si le soleil tournait vite, je n’avais pas l’impression de progresser. Alors que l’ile m’avait parue petite, je la trouvais infinie et le volcan n’était pas plus proche. Je m’arrêtai à l’ombre d’un arbre pour manger un morceau et boire un peu d’eau, non sans avoir pris toutes les précautions d’usage avant de m’installer. La voix, qui n’avait pas reparu, n’était sans doute pas la seule bizarrerie que cachait l’examen. Mon repas se déroula sans accroc, mais je n’avais guère plus de vigueur en repartant.
« Un café n’aurait pas fait de mal. »
Mais il n’y avait pas de café : j’étais sur une ile, à plusieurs dizaines de kilomètres de chez moi et, de nouveau, j’étais seule, tous les rêves de sociabilité qu’avait apportés la sorcellerie envolés.
« Viens à moi, et tu ne seras plus seule.
– Ah, te revoilà, toi.
– Je ne suis jamais partie, petite sorcière. Courage, tu es bientôt arrivée.
– Tu parles. »
Malgré tout, j’avais retrouvé un peu d’énergie, je me sentais avancer plus vite et, au détour d’un virage de la forêt, le volcan apparut dans toute sa hauteur ; un long chemin sinueux quittait la plage pour grimper sur une côte rocheuse, et finalement le flanc montagneux. Je déglutis, me rendant enfin compte d’à quel point je m’approchais du danger.
« Ce n’est plus le moment de reculer, petite sorcière. »
La voix avait raison, et de toute façon je n’avais guère d’autre choix que d’avancer. On ne m’avait sans doute pas envoyée ici pour que je traine sur la plage pendant trois jours, et la faim ou la soif m’en auraient délogée à un moment ou à un autre. Je m’engageai donc sur le chemin, peut-être un peu plus sur mes gardes qu’avant.
Je ne pouvais cependant pas m’empêcher de m’extasier de la vue à mesure que je grimpais sur la pente douce. La mer, sur ma gauche, évidemment, dont toute l’infinité m’était révélée, mais aussi la forêt luxuriante que je dépassai peu à peu, presque sans m’en apercevoir. Et puis il y avait le volcan, évidemment, qui grossissait à vue d’œil, que peu à peu je ne pus avoir en entier dans mon champ de vision. Quand les falaises commencèrent à se transformer en montagne, je m’arrêtai un instant.
« Que fais-tu ? dit la voix dans ma tête, ne t’arrête pas petite sorcière.
– Un moment, je répondis à voix haute. »
La voix se tint coite et j’observai. Je pouvais sans peine voir la route que j’avais parcourue jusque-là.
« Pas mal, ma vieille. T’as ptet pas tant perdu que ça. Et tu te parles à toi-même, maintenant. »
De nouveau aurait été plus approprié, j’ajoutai, dans ma tête cette fois-ci. J’avalai une grande rasade d’eau et me remis en route. À l’ouest, le soleil commençait à se coucher. La nuit n’allait pas tarder.
« Tu ferais mieux de te dépêcher, petite sorcière. Qui sait ce qui sort du bois quand il fait noir ? »
Sans doute rien d’inoffensif, si je connaissais un peu les ainées du coven. Ça n’avait beau n’être que mon premier examen – il y en aurait au moins trois – je ne doutais pas d’y trouver danger et fil à retordre. Gare à moi si je ne me souvenais pas de ce que j’avais appris lors de la dernière année. Seulement, la propriétaire de la voix, quoi qu’elle fût, ne m’apparaissait guère plus innocente ; et pour autant que je le susse, elle avait conscience de mes doutes.
Le chemin était bien tracé à flanc de montagne, mais l’ascension resta rude. La fatigue de la journée et de ma nuit trop courte commençait à prendre le dessus et la crainte m’épuisait. Si la voix était vraiment dangereuse pour moi, je ne ferais sans doute pas le poids dans mon état. Je poursuivis quand même : quitte à avoir fait tout ce chemin, autant boire le calice jusqu’à la lie.
Il faisait nuit quand j’arrivai en haut. J’avais gravi les derniers mètres en m’éclairant d’une flamme que j’avais fait apparaitre – un des premiers sorts qu’on apprenait – et sentis peu à peu l’air se réchauffer alors que j’approchai de la cheminée endormie. Sur le rebord, j’admirai grâce à la faible lumière qui brulait dans ma main la plaine qui s’étendait là d’où, quelques milliers d’années plus tôt, la lave et la mort s’étaient échappées.
« Te voilà enfin, petite sorcière. Viens au milieu, ne sois pas timide. »
Je me laissai porter vers l’avant et entamai la descente. Je glissai quelques fois, mais parvins à rester debout malgré les récriminations de mes pieds et de mes cuisses qui n’aspiraient qu’au repos. L’écho de la voix dans ma tête m’attirait inexorablement et je me préparai à la confrontation qui allait suivre, chose difficile quand on ne sait pas à quoi s’attendre.
Je finis par atteindre le centre du cratère, après une marche qui m’avait semblé infinie. J’étais épuisée, j’avais juste envie de me rouler en boule, de poser mon sac de couchage sur le sol et de dormir, malgré tous les dangers, malgré la voix inconnue qui m’avait guidée jusque-là. Puisant dans des réserves que je ne savais pas exister, je restai debout et appelai, mi-mentalement, mi à voix haute.
« Je suis là, maintenant. Montre-toi !
– Hihihi ! Bien sûr, petite sorcière. Tu l’as mérité. »
Le cratère trembla, je me retrouvai à genoux, tentai de me relever sans succès. Je parcourus à toute vitesse les sortilèges et enchantements que je connaissais pour tenter de me sortir de là ; si le volcan se réveillait, il n’y avait pas de temps à perdre ! Mais avant que j’aie pu prononcer le moindre mot, la terre s’ouvrit sous moi.
« Ne crains rien, petite sorcière. Endors-toi. »
Je m’enfonçai dans la nuit.

« Petite sorcière, réveille-toi ! »
La voix était chantante, comme une comptine qui passait, étouffée, à travers la douleur qui me vrillait le crâne. Je laissai le tonnerre passer, puis ouvrit lentement les yeux. Le blanc vif de la pièce brulait presque.
« Ah, tu es réveillée, petite sorcière. Bienvenue chez moi. »
Je tournai lentement la tête vers la gauche. Une petite fille me regardait, même si je n’étais pas sûre que le terme petite soit le plus adapté. Si elle devait m’arriver à la poitrine, et si son visage était celui d’une pré-adolescente, quelque chose dans son regard contrariait cette hypothèse. Quelque chose d’ancien, de… maléfique.
La blouse blanche qu’elle portait ne faisait qu’accentuer cette impression.
« N’aie pas peur petite sorcière. Il ne va rien t’arriver de mal. Dans l’immédiat, en tout cas. »
Elle n’avait pas desserré les lèvres : comme depuis le début, la voix avait résonné dans ma tête, accentuant un peu le tambour qui y battait. Je me redressai un peu et luttai contre le vertige qui m’atteignit presque immédiatement.
« Doucement, petite sorcière. Il ne faudrait pas que tu t’évanouisses encore. »
Je grimaçai en direction de la fillette, mais suivis son conseil et procédai précautionneusement, m’adossant contre le mur. Je calmai ma respiration, puis plantai mon regard dans le sien. Ses yeux étaient bleus, profonds ; on aurait pu s’y perdre. Je rassemblai toute ma concentration pour m’en détourner.
« Où est-ce qu’on est ? »
Un léger sourire vint se peindre sur le visage de la fillette, qui n’en parut que plus jeune.
« Chez moi, bien entendu. C’est mon… laboratoire. Et ma maison. On est dans le volcan. »
Ma tête tournait, me faisait mal, et j’essayai d’assimiler ces informations.
« Comment… »
Je n’arrivai pas à articuler la suite, mais je n’en eus pas besoin.
« Comment ça se fait que personne ne soit au courant ? Il y a des choses que toute la science de l’Elmitis ne pourra pas résoudre. Tu dois bien le savoir, petite sorcière. »
Je ne répondis pas à voix haute, certaine à présent qu’elle lisait dans mes pensées et en savait autant, voire plus que moi. Recluse dans mon petit monde côtier, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à la politique, à la sorcellerie ou aux Faés jusqu’à mon recrutement. Je commençais un peu à le regretter.
« Par contre, je vais devoir partir… faut que je sois rentrée d’ici trois jours.
– Ah oui, à propos de ça… »
La fillette prit un air sérieux, presque désolé.
« Oui ?
– Je crois que ça ne va pas être possible. »
La joie et le sourire revinrent sur son visage et sa voix était enjouée quand elle revint dans ma tête.
« Mais ne t’occupe pas de ça, petite sorcière. Tu as encore besoin de dormir. Je reviendrai te voir plus tard, à l’heure de manger. »
Elle me laissa là-dessus. Incapable de réagir à temps, je dus garder pour moi les questions qui tournaient sans réponse dans ma tête. La lumière s’éteignit, et je me recouchai, non sans avoir jeté un œil à mon portable. Il était six heures, on était au début du deuxième jour. Je n’en avais plus vraiment trois ; deux tout au plus, mais la fatigue s’abattit sur moi et je fermai les yeux sans vraiment le vouloir.

Le sommeil fut moins paisible cette fois. Je distinguai le laboratoire à la limite de ma conscience et de mes rêves, le lit qui n’était pas le mien, l’angoisse de ne pas savoir ce qui allait m’arriver. Et puis le test. Je devais rentrer, je ne pouvais pas rester là.

Quand j’ouvris les yeux, les lumières étaient toujours éteintes, et le mal de tête m’avait quittée. Je me levai prudemment, presque surprise de ne pas être entravée. Mes jambes tinrent.
« Valouar Illumens. »
La flamme revint dans ma main, me permettant de mieux voir autour de moi. Il n’y avait pas grand-chose dans le laboratoire. Le lit sur lequel j’avais dormi, un canapé, un ordinateur dont l’écran était noir… La pièce semblait étrangement vide pour sa taille. Ça ne rendait le tout que plus inquiétant. J’en fis le tour, sans pouvoir trouver d’issue. J’essayai de me rappeler par où la fillette était sortie, mais je n’arrivais pas à me représenter clairement la scène, et il n’y avait pas de porte. Une fois encore, je passais en revue les sortilèges que je connaissais, tentai quelque chose.
« Raesha ! »
J’avais soufflé la formule, n’osant pas hausser la voix dans l’atmosphère sombre du laboratoire. Les murs brillèrent un instant. La lueur parcourut toute la salle, puis s’arrêta, non loin de là où avait disparu ma geôlière. Elle se regroupa en un rectangle qui faisait à peu près ma taille. Je m’en approchai et examinai les lieux. Si j’en croyais le sortilège, c’était là que se trouvait la sortie. Restait à trouver comment l’utiliser, si possible avant que la fillette se rende compte que je l’avais découverte. En attendant, je retournai m’assoir sur le lit. Elle avait dit qu’elle reviendrait pour le repas, et mon téléphone m’indiquait que midi approchait. Ça m’arrangeait : je n’avais pas mangé depuis la veille et j’avais faim. Je me demandais si je pouvais lui faire confiance pour ne pas m’empoisonner. Tout mon instinct me criait que non, qu’il fallait chercher à m’enfuir au plus vite et à réfléchir au reste après. Je le fis taire, tentai de faire fonctionner ma cervelle.
« Une sorcière doit réfléchir. Rigueur et savoir sont nos maitres mots, on ne fonce pas tête baissée. Alors utilise ta tête, Anne. »
Les mots de Maud-Eva, d’Annick et des autres, ces mots qu’on m’avait rabâchés toute l’année, tournaient dans mon esprit. Je me concentrai dessus, sur leur signification, sur l’idée qu’ils portaient, sur la façon de m’en servir.
« Utilise ta tête avant tes sortilèges. Toujours. La magie n’est qu’un outil, pas une fin en soi. »
Je plongeai en moi. Vidai mon esprit, calmai la magie qui bouillait au fond de mon être et tentai de détricoter le fil des évènements, tout ce que j’avais appris depuis mon arrivée sur l’ile Saint-Sylvain, y cherchai les informations cruciales que j’avais loupées jusque-là. Elles se mirent peu à peu en place dans ma tête, s’assemblèrent, combinèrent, convergèrent, et enfin j’eus une piste.
« Isoilaïr Gomesh. »
Je parlai toujours à voix basse, restais attentive au moindre bruit ; mais le silence était toujours là, oppressant. Devant mes pieds, quatre rectangles pour quatre étages apparurent, dessinant salles et couloir ; et, quasiment à l’opposé l’un de l’autre, deux petits points clignotaient, l’un pour moi, l’autre pour ma geôlière.
« Il me faut un chemin vers la sortie », je murmurai et, partant du point qui me symbolisait, un trait lumineux traça un parcours à travers les quatre étages jusqu’à l’extérieur.
« Mais quel extérieur ? » je demandai à voix haute. Cette fois, le plan ne sut me répondre ; le sortilège n’était pas fait pour ça et j’allais devoir le découvrir par moi-même.
« Caméras ? »
L’image sur le sol trembla quelques secondes, alors que le sortilège cherchait. D’autres points, verts ceux-là, apparurent. La base en était truffée. Forcément. Mais il ne semblait pas y en avoir dans le laboratoire. C’était déjà ça.
Il me fallait encore réfléchir, procéder par étape. Ouvrir la porte, neutraliser les caméras, atteindre la sortie, quitter l’ile ; le tout sans alerter ma geôlière, ni aucune autre créature des environs. La tâche paraissait insurmontable et j’avais toujours faim. J’effaçai le plan. J’avais jusqu’au repas pour trouver une solution. Une fois que j’aurais récupéré des forces, je n’aurais plus qu’à la mettre en œuvre.

Envoi 3 (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579628#msg579628)
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 2/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Mélina Le Page le 29 décembre 2020 à 19:54:34
Salut Loïc !  :mrgreen: Comment vas?
Je suis passée par ici par curiosité pour voir ce que tu écris car j'ai bien aimé l'ambiance du texte que tu  m'as envoyé pour le SWAP.  :calin:
Et là, je retrouve le même univers, voire la même île? trop chouette!

J'ai lu le premier envoi et j'ai bien aimé. C'est bien écrit et à agréable à lire.
Ne connaissant pas tes autres textes (que j'aimerais bien lire à l'occasion...  ;) ), la lecture de ce premier envoi ne m'a pas posé problème. J'ai tout compris ou du moins dans les grandes lignes (il y a toujours des choses à découvrir au fur et à mesure).
Il y a juste deux mots inventés qui m'ont posé question mais qui n'ont pas été un obstacle à la compréhension.

c’était andcostal matin,
là je ne vois pas à quoi cela peut faire référence.

Tu dois être de retour ici guizand prochain avant minuit.
Un jour de la semaine  ?

Je me suis rendue compte plus tard dans ma lecture que l’Idiot, c’était le nom du bar… Peut-être le mettre en italique ?

Voici quelques propositions de corrections orthographiques ou autres que je te propose.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci pour ce chouette moment de lecture en compagnie de ta petite sorcière!
A plus tard pour la suite!  ^^
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 2/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Persona le 30 décembre 2020 à 00:05:12
Re Loïïïc !

Dis donc je n'avais pas vu que tu nous avais laissé toi aussi un texte cadeau de Noël !
Je termine les deux premiers envois. C'était fort chouette. Plein de choses me conduisent à aimer l'histoire que tu racontes.
Alors déjà, c'est raconté de manière simple, avec la qualité d'écriture qu'il faut pour que tout s'enchaîne très bien sans aucune image forcée. Bravo ;)
Ensuite, par goût personnel, j'adore que les éléments sortis du quotidien (inauguration d'un bar, mails, agendas, téléphone) côtoient les éléments fantasy, les sorts, la voix dans la tête, de manière très naturelle.
Je suis complètement entrée dans l'histoire à partir de l'arrivée de Maud-Eva. Avant, j'ai trouvé l'entrée en matière un poil longue. Par exemple, je n'ai pas compris pourquoi Anne sort faire un footing. C'est un élément de décor, qui donne un aperçu de la vie d'Anne, ok, mais je n'ai pas (pour l'instant) pu voir ce que ça apporte, d'autant qu'elle n'a pas spécialement de courbatures après pour gravir le volcan.
Il y a aussi quelques mots que je n'ai pas compris, je me dis qu'en connaissant mieux les Mondes de Faés, ça devrait se mettre en place. Pour le bar l'Idiot, j'aurais tendance à l'écrire aussi en italique.

Pour les quelques petits détails, je ne reprends pas le commentaire de Mélina déjà bien vu ;). Ils ne portent que sur l'envoi 1 en fait, je n'ai rien relevé qui me pose difficulté dans l'envoi 2 (ou alors, j'étais trop prise par l'histoire pour le faire)
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je retiens : « Utilise ta tête avant tes sortilèges. Toujours. La magie n’est qu’un outil, pas une fin en soi. » Je pense qu'un certain directeur d'une grande école de magie anglaise aurait pu en dire autant.

Il ne me reste plus qu'à attendre sagement les envois suivants, en cadeau de nouvel an ?
A+
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 2/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 02 janvier 2021 à 15:33:42
Salut à toutes les deux, merci pour vos lectures.

@ Mélina :

Citer
Je suis passée par ici par curiosité pour voir ce que tu écris car j'ai bien aimé l'ambiance du texte que tu  m'as envoyé pour le SWAP.  :calin:
Et là, je retrouve le même univers, voire la même île? trop chouette!

Chouette si ça t'a donné envie de venir faire un tour, même si ça n'était évidemment pas le but ^^
Même univers oui, même ile non. Tu as dans ce post (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34796.msg553865#msg553865) une carte pour avoir un aperçu de la géographie locale, même si l'ile Saint-Sylvain n'y figure pas (encore)

Citer
c’était andcostal matin,
là je ne vois pas à quoi cela peut faire référence.

Tu dois être de retour ici guizand prochain avant minuit.
Un jour de la semaine  ?

Yes pour les deux. Je me doutais bien que ça passait pas vraiment sans contexte et sans connaitre, mais je n'ai pas vraiment de solution, à part faire une note.

Citer
Je me suis rendue compte plus tard dans ma lecture que l’Idiot, c’était le nom du bar… Peut-être le mettre en italique ?

Adopté, je fais ça.

Citer
à peine de les saluer, sans me demander si je les connaissais,
J’ai un douté, il s’agit de saluer les nouveaux arrivants ou Nathan ?

les entrants, Nathan est bien loin dans la phrase ; pour le coup ça me semble assez clair dans la structure de phrase.

Citer
3 « et » d’affilée. J’aurais mis une virgule après « course ».

J'ai changé en :
"entièrement dirigée vers ma course, j’essayai d’oublier la douleur dans mes jambes et dans ma gorge. Peu à peu, je trouvai mon rythme de croisière."

(J'ai supprimé la redondance du "m'habituai" au passage)

Citer
Répétition de « voulu ». Je te propose, si tu veux, « d’avoir souhaité faire du sport ? »

 :facepalm:
J'ai mis :
"Quelle idée de faire du sport, je me dis"

Merci de ta proposition ; je trouve "souhaité" un peu long pour la phrase.

Citer
La forme inversée est plus correcte.
J’aurais sauté une ligne après cette phrase pour bien séparer la phrase de dialogue de la reprise du récit.

Je te réponds ici pour toute les inversions ; en général je les fais pas, parce que je trouve que ça a pas d'intérêt et fait très scolaire ; alors que le sens habituel du français c'est sujet verbe.
Pour les phases dialogue/récit je m'y repencherai l'ensemble, j'ai pas mal bugué sur ce texte alors que j'avais trouvé la bonne méthode y a pas si longtemps.

Citer
On a tendance à rencontrer le subjonctif présent dans les récits au passé mais pour être correct, il faudrait mettre du subjonctif passé. (si cette correction ne te semble pas pertinente, n’hésite pas à me dire, je ne relèverai pas les prochaines fois).

Vive les subjonctifs passés ! C'est corrigé :)
Pas pour "après que je me fus couchée" par contre, après que est suivi de l'indicatif.

Citer
Je m’arrachai de mon lit en réprimant un bâillement, puis tentai de me réveiller grâce à la douche et au café.
J’aurais mis du passé simple et non de l’imparfait.

Grmpf. Oui, absolument. Xeraphia est témoin que les temps du passé et moi, c'est une relation compliquée.

Merci beaucoup beaucoup de ta lecture !

@ Persona

Citer
Dis donc je n'avais pas vu que tu nous avais laissé toi aussi un texte cadeau de Noël !

Noël était déjà bien passé :p

Citer
Ensuite, par goût personnel, j'adore que les éléments sortis du quotidien (inauguration d'un bar, mails, agendas, téléphone) côtoient les éléments fantasy, les sorts, la voix dans la tête, de manière très naturelle.

Ah bon ? :mrgreen:

Citer
Par exemple, je n'ai pas compris pourquoi Anne sort faire un footing. C'est un élément de décor, qui donne un aperçu de la vie d'Anne, ok, mais je n'ai pas (pour l'instant) pu voir ce que ça apporte, d'autant qu'elle n'a pas spécialement de courbatures après pour gravir le volcan.

Ouais, c'pas faux. Je pense que c'était effectivement surtout du remplissage/de la mise en place le temps que je trouve quoi raconter. Effectivement, elle pourrait plus galérer à grimper. Je garde ça en tête.
(Ou alors faut juste que je coupe)

Citer
Il y a aussi quelques mots que je n'ai pas compris, je me dis qu'en connaissant mieux les Mondes de Faés, ça devrait se mettre en place. Pour le bar l'Idiot, j'aurais tendance à l'écrire aussi en italique.

cf. mes réponses à Mélina, effectivement c'est corrigé pour l'Idiot.

Citer
Est-ce qu'il ne faudrait pas passer à la ligne pour la phrase de récit (vraie question, je n'ai pas la réponse !)

Ariane (je crois) m'avais donné un bon aperçu des règles typos sur les dialogues, faut que je m'y replonge parce que j'étais de nouveau dans le doute ces derniers temps.

Citer
Ah j'aimerais bien savoir comment il s'y est pris aussi. On le saura peut-être plus tard.

Pour le coup, c'est toute l'histoire de Chasse aux sorcières, même si ce texte est à reprendre entièrement (niveau histoire)

Citer
Pas sûre que "vraiment" soit utile

yes, supprimé

Citer
Réveillée est un petit peu trop répété ici

Mais oui ><
C'est devenu :
Le réveil sonna le lendemain matin, bien trop peu de temps après que je me fus couchée. Je m’arrachai de mon lit en réprimant un bâillement. La douche et le café ne réussirent que modérément à me tirer du sommeil et, quand je partis, mon sac sur le dos, je haïssais la sorcellerie et tout ce qui s’y rattachait.
Rognes s’agitait déjà.

Citer
Pas fan de la sonorité soir + bar

J'ai mis : "Le soir, alors que je faisais sortir les derniers clients, je vis Maud-Eva entrer."

Citer
Je retiens : « Utilise ta tête avant tes sortilèges. Toujours. La magie n’est qu’un outil, pas une fin en soi. » Je pense qu'un certain directeur d'une grande école de magie anglaise aurait pu en dire autant.

Encore qu'il aurait tout d'abord pu se l'appliquer à lui-même :p

Merci beaucoup pour ton commentaire et tes compliments qui sont fort encourageants !

Citer
Il ne me reste plus qu'à attendre sagement les envois suivants, en cadeau de nouvel an ?

Demain sans doute !
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 2/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Tahyse le 03 janvier 2021 à 16:34:09
Je viens de lire les deux envois.

Je n'ai pas eu de mal à m'immerger dans l'univers décrit. J'aime beaucoup le fait que tout ce qui a trait à l'imaginaire (sorcières, magie...) côtoie des éléments de notre monde (téléphone, bar, mails...). Je regrette juste que cela soit moins présent dans la deuxième partie (en même temps, le lieu est différent, c'est donc compréhensible).

Je trouve ton écriture fluide et plutôt facile à lire. De temps en temps, des phrases un peu longues m'ont obligée à les relire pour bien les comprendre. Cependant, ce n'était pas trop fréquent et cela n'a pas gâché ma lecture.

"Ça n’avait beau n’être que mon premier examen..." La sonorité de cette phrase m'a un peu chagrinée. C'est la seule que laquelle je me sois vraiment arrêtée.

J'attends de lire la suite avec impatience :D
Titre: Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 3/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 03 janvier 2021 à 16:45:58
Merci de ta lecture Tahyse :) Je note pour la phrase qui t'a chagrinée, je m'y repencherai.



Envoi précédent (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579070#msg579070)

Couchée sur le lit, j’attendais et je réfléchissais, sans aucune notion du temps qui passait. Plus calme que je ne l’avais été depuis le début de mon aventure – peut-être même depuis plus d’un an – je vérifiai du bout des lèvres que je connaissais les sortilèges que j’aurais à employer et que mon plan était bien ficelé dans ma tête. Je n’ignorais pas que j’aurais à faire face à l’imprévu, mais avoir une perspective claire m’aidait à me rasséréner. Quant à l’imprévu, il n’aurait qu’à bien se tenir.
Enfin, au bout d’un temps qui m’avait paru long, et alors que mon ventre gargouillait sans s’arrêter depuis au moins une heure, j’entendis des pas dans le couloir, puis la porte s’ouvrit et la petite fille entra, toujours armée de son léger sourire.
« C’est l’heure du repas, petite sorcière. J’espère que tu as faim.
– J’ai eu peur que tu ne reviennes jamais, j’avouai, tentant de répondre à son sourire.
– Mais je t’avais dit que j’apportais le repas, petite sorcière. Il faut me faire confiance, je ne mens jamais. »
Je ne lui dis pas que c’était bien ce qui m’inquiétait : ses promesses me semblaient pire que bien des mensonges. Elle tapa dans ses mains, et un charriot entra dans la pièce, la porte se refermant derrière lui et disparaissant de nouveau. Je notai qu’elle n’avait rien fait pour la cacher, cette fois, sans savoir si je devais m’en inquiéter. Le charriot arriva à notre hauteur, et je découvris le repas qu’on m’avait concocté. Une bouteille de vin d’Elvire complétait le plat de pâtes fumant. La fille s’installa en face de moi et la bouteille s’éleva dans les airs pour servir le vin. Elle m’invita à prendre un verre, leva le sien, puis but. J’y trempai les lèvres, puis retint un soupir de satisfaction, dus fermer les yeux : c’était délicieux. La fille le sentit, puisque son sourire s’élargit.
« Je te l’ai dit : tu es mon invitée, et je traite bien mes invités. »
Les assiettes se remplirent d’elles-mêmes, elles aussi, et je commençai à manger en tentant vainement de cacher ma faim. Ma geôlière picorait tranquillement, mais gardait la plupart du temps son regard fixé sur moi. J’en rougis.
« Je n’ai pas l’habitude d’être observée comme ça quand je mange », je dis en baissant les yeux. Elle rit.
« Oh, ce que tu es timide, petite sorcière. Mais je ne veux pas te gêner. Mange ! Je ne te regarde plus. »
Et effectivement, elle détourna les yeux, parut soudain absorbée par les murs blancs du laboratoire, par son plat ou son verre de vin – la bouteille descendait rapidement, même si j’avais l’impression de faire attention à ne pas boire trop vite pour garder l’esprit clair.
Quand je tombai en arrière, enfin rassasiée, la fille planta de nouveau ses yeux dans les miens, et je dus m’accrocher au lit pour ne pas m’y perdre.
« Bien. Maintenant que tu as mangé, nous allons pouvoir commencer. J’ai encore deux ou trois trucs à régler plus haut, mais je reviens vite. Attends-moi, petite sorcière. »
Elle tapa de nouveau dans ses mains, et le charriot sortit à sa suite. Je me retrouvai seule ; c’était le moment d’agir. Si je ne m’enfuyais pas maintenant, qui savait ce qui allait m’arriver ?
Je fis revenir le plan de la base et le chemin de la sortie ; attendis un peu que la fille soit loin, puis me levai. J’allai jusqu’à la porte, me plantai devant, et essayai mes premiers sorts. Je fus presque surprise quand elle s’ouvrit devant moi, dévoilant un long couloir non éclairé. La lumière toujours dans le creux de ma main, le plan qui flottait devant moi, je m’avançai, avec prudence ; mais le silence restait absolu en dehors de mes pas sur le carrelage. Du coin de l’œil, je continuai de surveiller le point rouge qui représentait ma geôlière. Elle se déplaçait d’un coin à l’autre d’une pièce bien éloignée de mon itinéraire. Il n’y avait personne d’autre ; tous les voyants étaient au vert. Je continuai.
Je passai par plusieurs salles et plusieurs couloirs sans m’arrêter. Je marchai vite, ne m’arrêtant que pour vérifier ma position ou le chemin à prendre. Je passai un escalier, puis deux ; enfin j’étais au dernier étage, celui qui devait me conduire à la sortie, et la fille n’avait toujours pas bougé. Je déglutis et continuai mon chemin, sentant l’angoisse monter en moi à mesure que j’approchai de la sortie et que je redoutai ce que j’allais y trouver. Les trop nombreuses questions revenaient s’imposer dans ma tête, me paralysaient presque et je dus faire un effort de volonté pour les escamoter. Enfin, la dernière porte fut devant moi.
« Tu vas quelque part, petite sorcière ? »
La voix si familière n’avait pas résonné dans ma tête. Je me retournai. La fille était là et me fixait d’un regard mauvais.
« Tu ne croyais quand même pas que ce serait si facile de s’échapper. Et moi qui croyais que tu appréciais mon hospitalité ? »
Je ne répondis pas. Nous savions toutes les deux à quoi nous en tenir.
« Comment tu as su ? » je demandai à la place.
Je compris quand la voix revint dans ma tête.
« Tu as oublié que je sais à quoi tu penses, petite sorcière ? Et dire que ton plan était si parfait. Quel dommage, vraiment. »
Cette fois-ci, ce fut à mon tour de lui lancer un regard noir.
« Ne t’en veux pas, petite sorcière. Même si tu l’avais su, tu n’aurais rien pu y faire.
– Je suppose donc que tu n’es pas disposée à me laisser partir.
– Malheureusement, non. J’ai besoin de toi. Il y a trop longtemps qu’on ne m’a pas envoyé de sorcière. »
Nous nous observâmes encore un moment qui parut durer plusieurs heures tant le temps semblait s’être arrêté. Je ne connaissais pas beaucoup de sorts de combat : ils étaient en général réservés aux sorcières d’un niveau plus avancé que le mien et n’étaient pas la spécialité du coven. J’espérai que les plus basiques, que je maitrisais bien, et ma tête, suffiraient à me permettre de sortir de cette situation.
Quelque part, j’en doutai.
« Eh bien, petite sorcière, montre-moi de quoi tu es capable. »
Elle leva les mains en l’air et un rayon d’énergie noire en sortit, que j’évitais en me jetant sur le côté. Je dus rouler sur moi-même alors qu’un autre passait à quelques centimètres de ma tête, puis encore un autre. La fille m’attaquait sans relâche, sans me laisser le temps de répliquer. Au sol, je ne pouvais qu’espérer être plus vive qu’elle et continuer à esquiver.
« Noxie Zespiarat ! »
Un voile noir tomba sur le couloir, me cachant aux yeux de mon ennemie. J’en profitai pour me rapprocher de ce que je pensais être sa position, et quand elle dissipa mon sortilège, j’étais à côté d’elle. Ne perdant pas le temps à apprécier l’expression de surprise qui avait remplacé son énigmatique sourire, je fauchai ses jambes. Elle était sans doute plus âgée que moi, mais son corps restait celui d’une fillette : frêle et maladroit, il n’était pas adapté au corps à corps. Je poussai mon avantage et, debout, donnai un coup de pied au niveau de son abdomen.
Ce fut le seul moment de répit que j’eus : d’un mouvement de la main, elle m’envoya une décharge d’énergie à bout portant que je ne pus éviter. Je fus propulsée contre le mur derrière moi et tout mon corps protesta contre la douleur. La fille s’était relevée, sa voix revint dans ma tête.
« Pas mal, petite sorcière. Tu te défends. Je savais que j’avais bien choisi. »
Je tentai de fermer mon esprit à ses provocations : j’avais besoin de toutes mes facultés mentales et ne pouvais pas me permettre d’agir sans réfléchir. Je pris une grande inspiration et me relançai à la contre-attaque.
« Echelot ! »
C’était un sortilège faible, une petite impulsion, plus destinée à sonner un adversaire qu’à réellement le blesser, utilisable même sans grand pouvoir, mais il eut l’effet escompté : détourner l’attention de la fille le temps pour moi de revenir à son contact et de lui asséner un coup d’épaule qui la renvoya au sol. Je ne la laissai pas reprendre ses esprits cette fois : je lui écrasai le poignet d’un pied, tapai de l’autre, sans vraiment regarder où, dans le seul espoir de la blesser suffisamment pour pouvoir partir.
« Echelot ! »
Je répétai le sortilège, visant directement sa tête cette fois. Je ne manquai pas et, après une petite explosion, elle ne bougea plus. Je reculai et m’assis, tombant presque sur mes fesses, en sueur et essoufflée.
« Reprends-toi, Anne, tu ne peux pas rester ici. »
Je jetai un coup d’œil à la fille. Elle n’avait toujours pas bougé, mais elle respirait encore. Elle se réveillerait bientôt, sans doute pas de la meilleure humeur. Chancelant sur mes jambes, je me dirigeai vers la sortie. La porte s’ouvrit sans difficulté et, après une dernière grande inspiration, je me jetai dans l’inconnu.

Tout d’abord, je ne sus pas ce que je voyais. Je mis un moment avant de comprendre que je me trouvais face à un ascenseur. La cabine noire semblait faite de lave refroidie ; trois boutons luisaient, la différenciant de n’importe quel ascenseur moderne qu’on trouvait dans les grands immeubles des villes Elmitiennes. Je les observais un moment, mobilisais les capacités d’analyse magique que j’avais commencé à travailler lors de trop rares séances dédiées à ce sujet. Rien ne me vint. Jouant le tout pour le tout, j’écrasai le premier. Les portes se refermèrent et, dans un grand fracas, je commençai à monter. Je restais tendue tout le long du trajet, qui me parut durer une éternité. L’appareil était silencieux, vibrait à peine alors que je devais me retenir pour ne pas taper du pied sans cesse et pour rester concentrée, prête à lancer un sort au moindre danger.
L’ascenseur finit par s’arrêter doucement. Une clochette retentit, et les portes s’ouvrirent. J’étais de nouveau en haut du volcan.
« Qu’est-ce que… »
Rien ne semblait avoir changé depuis la veille. Derrière moi, la petite cabine repartit, m’abandonnant, sans laisser une trace, au centre du cratère. Je frissonnai : c’était la nuit, la température avait baissé et un petit vent venait en plus rafraichir l’atmosphère. Il ne fallait pas rester là. Je reléguai ma stupéfaction dans un coin de ma tête, et me remis en marche vers les bords du volcan. Je n’étais pas totalement sortie d’affaire : en dehors de la fillette que j’avais abandonnée dans son laboratoire et du fait que je ne savais toujours pas comment quitter Saint-Sylvain, il y avait ces autres dangers dont elle m’avait parlé. Je n’étais pas pressée d’en apprendre plus à leur sujet, mais quelque chose me disait que ça viendrait plus tôt que je ne le voulais.
J’arrivai rapidement en haut malgré les protestations de mes muscles et les grouillements de mon ventre. J’avais dépensé beaucoup d’énergie pour me battre et j’avais de nouveau faim.
« Encore un peu, faut d’abord partir d’ici. »
Et voilà que je parlais de nouveau toute seule. Je me demandai soudain un peu bêtement si c’était un trait commun aux sorcières, où si j’étais la seule à qui ça arrivait aussi fréquemment. Je me notai de poser la question à Maud-Eva quand je reviendrai.
« Si tu reviens », dit, perfide, une voix dans ma tête.
Depuis la crête, je distinguais vaguement la plage et le chemin par lesquels j’étais arrivée. Je m’en détournai : ce que je cherchais, quoi que ce fût, ne se trouvait sans doute pas par là. Restait l’ouest ; toute cette partie de l’ile que je n’avais pas encore explorée et, évidemment, la grande forêt au milieu.
« Peut-être pas ce soir. Ardhaska gholivia ! »
Ma vue de nouveau améliorée par la sorcellerie, je distinguai un autre chemin qui descendait vers d’autres falaises. Je m’y engageai.
La descente fut longue et éprouvante. Je tâchai de ne pas regarder derrière moi, de rester concentrée sur mes pas tant le chemin était tortueux et piégeux ; une chute me serait tout aussi fatale qu’une nouvelle rencontre avec la fillette du laboratoire. J’arrivai en bas au bout d’un temps qui me parut infini ; et je dus admettre qu’il fallait m’arrêter là. Dormir un peu, reposer mes muscles et mon esprit pour ce qui serait, je l’espérais, ma dernière journée sur l’ile Saint-Sylvain. Après un trop chiche grignotage et non sans avoir lancé un feu magique qui tiendrait au moins jusqu’à l’aube, je me calai comme je le pus et m’endormis très rapidement.

« Petite sorcière ! Petite sorcière ! »
La voix de la fillette m’appelait dans mes rêves. J’étais tantôt sur la plage, tantôt au laboratoire ; je la voyais, avec son sourire inusable, s’approcher, des outils en mains, tranchants, pointus, coupants… Elle les faisait glisser sur mon corps nu, souriait de plus belle, pinçait ma peau, enfonçait un tournevis dans mes côtes, faisait mine de couper un doigt, puis s’arrêtait juste avant la dernière pression. Je me débattais, sans résultat. Les chaines qui me retenaient étaient trop solides et m’empêchaient d’utiliser ma magie.
Je me réveillai quand la fillette sortit un grand couteau.
Le soleil commençait à se lever et le feu était presque mort. Il faisait encore frais, mais j’étais en sueur au fond de mon sac de couchage. Il était temps de partir.
Je finis les restes de mon repas assise au bord de la falaise, les jambes balançant au-dessus de la mer en furie, calmée. Je n’avais toujours aucune idée de la façon de repartir, mais j’étais étonnamment rassérénée. Après un dernier soupir face à la mer, je me relevai, rangeai mes affaires et me remis en route.
Le paysage était complètement différent de ce côté de l’ile. Il n’y avait pas de sable ; la plage était faite de gros galets et la mer s’y jetait plus doucement. La forêt se faisait plus claire, moins menaçante. Les arbres étaient plus jeunes, aussi, comme dans certaines forêts exploitées qu’on trouvait au nord de Rognes-sur-Mer.
« Tu déconnes, je me dis. S’il y a exploitation, c’est qu’il y a des gens. Or, Saint-Sylvain est inhabitée. »
Inhabitée et interdite, en théorie du moins. Sans doute la marine provinciale avait-elle eu d’autres chats à fouetter ces derniers temps. J’hésitai un moment à m’y aventurer, puis me rappelai mon but : quitter l’ile. M’enfoncer dans ses profondeurs ne m’y aiderait pas.
« Petite sorcière ! »
Je grimaçai en entendant la voix revenir dans ma tête. Elle était plus faible, moins joyeuse aussi.
« Surprise ?
– Pas vraiment. J’espérais que vous me laisseriez en paix.
– Mais il aurait fallu me tuer pour ça, petite sorcière. Tu n’en es pas capable, n’est-ce pas ? Tant mieux pour moi, tant pis pour toi. Mais tu vas voir, on va bien s’amuser. »
La communication fut coupée, mais son rire cristallin de fillette résonna un moment dans ma tête. J’hésitai de nouveau sur la conduite à tenir. J’étais plus en forme que la veille et, à terrain découvert, je pourrais plus facilement me battre. Mais j’avais un pressentiment, et il me disait que je n’aurais pas à l’affronter directement. Ce qu’elle était capable de m’envoyer, en revanche, m’inquiétait.
« Bah, on verra sur le moment. »
Non sans noter que je parlais de nouveau toute seule, je me remis en route. Le chemin finit par quitter la côte et, sans vraiment pouvoir faire quelque chose pour l’éviter, j’entrai dans la forêt. Le soleil était bien haut dans le ciel et, à l’ombre des arbres, il faisait un temps agréable, parfait pour une marche. L’ile Saint-Sylvain devait être un endroit magnifique dans des conditions normales, et l’absence quasi permanente d’humains n’y était sans doute pas pour rien. À mesure que je progressais, cependant, le paysage se refermait de nouveau. La forêt redevenait dense et menaçante ; plus sombre aussi, et le soleil ne parvenait plus que difficilement jusqu’à moi. Je déglutis. L’ambiance était pesante, j’avais l’impression de sentir des regards sur ma nuque, mais j’avais beau m’arrêter pour tenter de percer l’obscurité des sous-bois, il n’y avait rien ni personne ; pas même un chant d’oiseau. J’accélérai le pas, les menaces de la fillette toujours en tête.
Au bout d’une heure, je distinguai de nouveau le soleil à quelques dizaines de mètres, en haut d’une côte. J’ignorai si j’allais sortir de la forêt ou s’il s’agissait seulement d’une butte, mais cette vision me redonna l’énergie dont j’avais besoin et j’accélérai de nouveau.
Ils choisirent ce moment pour attaquer.
Un rugissement puissant me paralysa, et trois énormes chiens noirs sautèrent des buissons pour me faire face, deux devant, le dernier derrière moi. Ils faisaient un bon mètre au garrot, avaient des pattes aussi épaisses que mes bras, et leurs gueules dégoulinaient de bave. Ils grognaient, la tête tendue vers moi, en s’approchant. J’étais cernée.
« Alors, petite sorcière, comment tu comptes t’échapper, cette fois ? Tu fais moins la maline, n’est-ce pas ?
– SORS DE MA TÊTE ! »
J’avais réellement crié, et les chiens marquèrent un temps d’arrêt qui ne dura pas. Ils ne semblaient pas pressés, s’approchaient doucement en se pourléchant les babines. Moi, j’essayais de maintenir mon esprit fermé à la fillette et de trouver une échappatoire. Je souris presque quand une idée me vint. C’était trop simple, mais je n’avais guère d’autre choix.
« Aguazeïa ! »
Mes mains se joignirent au-dessus de ma tête et, de tous les ruisseaux des environs, l’eau vint se rassembler autour de moi, soumise. Il n’y en avait pas tant que ça – mes ainées auraient sans doute réussi à assécher des rivières et à récupérer de l’eau de mer. Il faudrait que ça suffise.
J’écartai les mains, et l’eau fut projetée en trois vagues vers mes assaillants qui ne les virent pas venir. Ils reculèrent jappant et je ris de cette première victoire. Respirant un peu, je repassai à l’attaque.
Nouveau sortilège. Des explosions eurent lieu à quelques centimètres de leurs pattes et de leurs truffes et les chiens jappèrent et grognèrent de plus belle. Je regrettai de ne pas savoir voler. Du coin de l’œil, je vis un des animaux prêt à me sauter dessus. Je concentrai mon pouvoir sur lui ; l’animal glapit en heurtant un arbre. Déjà, je devais riposter de l’autre côté, puis devant moi. Ils étaient trois, ils étaient résistants, ils avaient faim. Sans les tuer je n’allais pas tenir éternellement ; sans compter que je n’avais pas l’éternité, justement.
« On fatigue, petite sorcière ? »
Je chassai la voix sans répondre, mon attention focalisée sur mes ennemis du moment. Si on m’avait envoyée ici, c’est que ma formation rudimentaire devait suffire à m’enfuir. À moins, souffla une voix perfide, que ça ne soit un moyen d’éliminer les élèves incompétentes. Je la chassai aussi : les questions pour plus tard, je n’avais qu’une priorité. Survivre.
Les chiens avaient profité du temps que je leur avais laissé pour se regrouper. Ils attendaient le bon moment pour attaquer. Le plus vite possible, sans les lâcher du regard, je récupérai mon couteau dans mon sac, remerciant mon moi du passé de l’avoir placé dans une poche facilement accessible.
Je déclenchai mon sortilège quand ils se jetèrent sur moi.
« Akséton trélemoiro ziguirat ramadar ! »
Le couteau grossit subitement et trancha. Les chiens s’effondrèrent, d’affreuses blessures barrant leur abdomen. J’hésitai. Le plus prudent était de les achever immédiatement, d’éradiquer le danger à la racine, mais je trouvais l’idée monstrueuse.
« Nous devons parfois faire des choix difficiles, des choix qui nous révoltent. Mais être une sorcière, c’est aussi savoir faire ces choix en connaissance de cause. »
Je me détournai des chiens agonisants et commençai à monter, les yeux brouillés. Un claquement de langue et un bruit sourd plus tard, le couteau rejoignit mon sac à dos.

Envoi suivant (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579994#msg579994)
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 3/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Deofresh le 04 janvier 2021 à 23:48:17
Salut Loïc !

J'avais beaucoup aimé ta nouvelle entends le lynx, le renard et les humains et j'avais suivi d'un oeil ton carnet de bord pendant l'été et comme je sais que ton univers me parle, j'arrive pour te commenter.

Je viens de terminer la première partie de ta nouvelle.

Je balance les détails et je reviens avec mon commentaire général.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Alors je vais commencer par dire que c'est très bon. Comme dit, j'adore ton univers qui dose parfaitement bien le fantasy et les éléments de notre quotidien. J'étais vraiment content de m'y replonger. En plus, comme dit dans les détails, j'aime bien tes récits parce qu'il y a toujours de quoi boire et manger  :D.

Si je devais avoir une critique, je dirais que le rythme est peut-être trop lent pour le format que tu as choisi. Moi, j'aime bien ces descriptions de moments plutôt normaux, les situations initiales qui s'étirent, mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde. Donc, si d'aventure, tu voulais changer ça, je te conseillerais d'avancer l'annonce de l'examen plus tôt et de peut-être ajouter un jour entre l'annonce et le départ pour conserver tous les détails qui font la chair de ton texte.

Sinon, pour répondre à ta question, je pense avoir tout capté avec mes connaissances limitées de ton monde. La seule chose que je n'ai pas vraiment saisie, c'est la venue de Jean-Paul, mais ça ne m'a pas du tout freiné dans ma progression.

Bref !
À plus pour la suite ;)

Titre: Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 4/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 06 janvier 2021 à 19:36:30
Salut Deofresh, merci beaucoup de ta lecture et de tes compliments. Je reviendrai répondre plus en détail à ton commentaire sous peu.



Envoi précédent (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36477.msg579628#msg579628)

Après les derniers jours, la côte me parut facile, presque plate. Mes muscles tiraient moins, mon souffle était plus régulier, et c’était heureux, vu le niveau de mes réserves en eau. J’avais toujours la possibilité de la récupérer des sources voisines comme je l’avais fait pour affronter les chiens que m’avaient envoyés la fillette, mais je redoutais l’eau de l’ile Saint-Sylvain. Il y avait trop de mal sur ce rocher pour qu’elle ne soit pas contaminée elle aussi. La butte surplombait la forêt, mais marquait également la lisière. J’étais arrivée à l’extrémité ouest de l’ile et j’avais une vue imprenable sur l’océan et, à l’Est, sur le volcan. Médusée, j’appréhendais la distance parcourue en trois jours, moi qui n’avais plus l’habitude de marcher depuis que j’avais emménagé au-dessus de l’Idiot.
« Plus qu’à partir, maintenant. »
Devant l’immensité de la mer et celle, plus réduite, de la forêt, le désespoir revint m’agripper. Je ne trouvais pas la solution. Après avoir affronté des dangers que je ne soupçonnais pas, j’allais échouer parce que je n’arrivais pas à trouver la solution à l’épreuve la plus basique de mon parcours de sorcière ? Je me mordis la lèvre, prête à pleurer. Je n’arrivais pas à me concentrer, toutes les impossibilités se concentrant en moi et brouillant les souvenirs de mes leçons, les sortilèges que je connaissais sur le bout des doigts, et tout le reste. La voix de Maud-Eva parvint néanmoins à se frayer un chemin jusqu’à moi.
« La méditation aide, quand la tension du moment prend trop de place. Faire le vide dans ton esprit peut faire émerger des solutions auxquelles, sinon, tu n’aurais pas pensé. »
Mon scepticisme lors de cette leçon me revint. La doyenne n’avait pas insisté plus longtemps, sentant peut-être que je n’étais pas réceptive. À présent, je n’avais plus rien à perdre.
Je m’assis au milieu du chemin et formulai un sortilège protecteur. Alors que des racines formaient une carapace autour de moi, je tentai de ne penser à rien.
« Respire doucement. Ne repousse pas les pensées qui te viennent. Accepte-les, mais ne t’y attache pas. »
J’essayai d’appliquer la consigne. Très vite, les souvenirs de la fillette, de mon cauchemar, du laboratoire, de l’Idiot que j’avais laissé en plan, de mon désespoir et de ma solitude vinrent m’assaillir. Je me laissai vite emporter, jusqu’à ce que la voix de Maud-Eva revienne s’installer dans ma tête, me discipline, me pousse à m’arrêter sur ma respiration.
Peu à peu, je parvins à faire le vide.
Au bout d’un très long moment, je trouvai la solution. J’ouvris les yeux et souris à la mer qui se dévoilait de nouveau sous mes yeux à mesure que les racines retournaient dans le sol. Je me remis en marche avec une énergie renouvelée, certaine d’avoir trouvé mon salut.
La plage de nouveau. Une autre, la troisième depuis mon arrivée sur l’ile Saint-Sylvain ; encore différente des autres. Pas de galet, de sable fin ou de ponton délabré ici. La forêt se jetait presque dans l’eau, dont elle n’était séparée que de quelques mètres presque bétonnés. Je m’émerveillai de nouveau de la diversité de l’ile, notai d’autres questions à poser à mes ainées, puis me secouai. J’étais là pour une raison, et mieux valait ne pas trainer.
« Petite sorcière ! »
La voix revint, presque chantante, enjôleuse.
« Laisse. Moi. Tranquille !
– Tu sais bien que je ne peux pas, petite sorcière. J’ai faim, je suis seule depuis si longtemps. Je ne vais pas te lâcher maintenant. »
Je ressentis l’accent mis sur les derniers mots peser sur mon esprit et dus mobiliser tout mon pouvoir pour ne pas repartir dans l’autre sens. J’opposai ma moindre parcelle de volonté à la fillette, mais son désir frappait encore et encore, m’empêchant d’accéder à la mer.
La mer. L’eau. Une idée me vint. Quitte ou double. Je rompis subitement le combat et me mis à courir vers la grève. À une centaine de mètres de l’orée de la forêt, la plage remontait déjà, devenait une sorte de muret – une construction, je notai, manquant de ralentir ma course. J’y montai et plongeai.
« Petite sorcière, qu’est-ce que tu fais ? »
La voix, pressante, me parvint trop tard : j’étais lancée.
Le froid et le choc avec l’eau coupèrent toute possibilité de conversation.
Dans un premier temps, je cherchai l’air et à me repérer. J’avais plongé à l’instinct, sans me préparer ; heureusement, les habitudes acquises après toute une vie passée sur la côte revinrent vite et je commençai à nager, sortis la tête de l’eau, pris de grande inspiration, puis, enfin stabilisée, prononçai la formule.
« Agua...zeïa »
Le sortilège manquait de force, je le sentis rapidement : tout occupée à maintenir ma tête hors de l’eau, je n’avais pas eu le souffle pour le dire correctement, mais cela suffit. Une vague se forma sous moi, et bientôt tout mon corps fut à l’air libre. J’inspirai de grandes goulées d’air frais, puis reformulai le sortilège. Les mains libérées du poids de la mer, je pouvais de nouveau contrôler l’eau, présente à profusion. Elle m’emmena vers Rognes.
Une fois l’ile assez loin, je m’arrêtai pour la regarder une dernière fois. Sentant le contact, faible, de la fillette aux bordures de mon esprit, je l’acceptai.
« Nous nous reverrons, petite sorcière. Je ne t’oublierai pas.
– J’y compte bien », je murmurai. Je repartis, sans me retourner cette fois.

Bien que plus rapide que par bateau, la traversée resta longue et épuisante ; la nuit était en train de tomber sur le port de pêche de Rognes-sur-Mer quand il apparut devant moi. Quand j’accostai, une demi-heure plus tard, je ne fus pas surprise d’y trouver un comité d’accueil. Outre Maud-Eva et les autres ainées du coven, Jean-Paul était là aussi.
La vague me déposa doucement sur le quai. Je manquai de tomber à genoux et fermai les yeux le temps de retrouver mon équilibre. J’étais épuisée.
« Bravo, Anne, tu es arrivée. »
Je levai la tête vers Maud-Eva. La doyenne avait un triste sourire sur le visage.
« Nous avons beaucoup de choses à nous dire. »
J’acquiesçai, ricanai presque.
« Nous savons ce que tu as vécu. »
Une fois de plus, je réprimai l’amertume qui montait en moi.
« Mais d’abord, tu dois te reposer. Nous allons t’aider à rentrer chez toi. »
Avec ça, au moins, j’étais d’accord.
Le trajet du retour, dans la voiture de Jean-Paul, se passa dans un silence aussi mortel que l’ile Saint-Sylvain et j’en regrettai presque la voix de la fillette dans ma tête. Arrivé devant l’Idiot, Jean-Paul m’ouvrit la porte.
« Nous nous reverrons demain, dit Maud-Eva. »
J’acquiesçai une nouvelle fois, puis sortit. Jean-Paul me regarda, plein de sollicitude.
« Ça va aller ? »
Nouveau hochement de tête. Je titubai jusqu’à l’entrée, puis jusqu’à ma chambre, et m’écroulai sur le lit. Je m’endormis sans me changer.

Je fus réveillée par la sonnette après une nuit qui me parut bien trop courte malgré ses douze heures. La bouche pâteuse, la fatigue qui me prenait encore dans tout le corps, je me levai péniblement, me passai le visage sous l’eau, puis descendit ouvrir, pas surprise de voir Maud-Eva se tenir sur le pas de la porte. Je me retins de la lui fermer au nez et m’effaçai pour l’inviter à entrer. Elle alla s’assoir à la même place que la fois précédente et, toujours muette, je préparai thé et café. Une fois les deux mugs remplis et fumant, je me laissai tomber devant Maud-Eva avec un soupir sonore.
« Alors, je dis au bout d’un moment de silence, qu’est-ce que vous avez à me dire ? »
Elle parut embêtée, hésitante. Ses petites mains ridées serraient son mug et je me demandai un moment à quel point son attitude de la veille avait été un masque. Maud-Eva m’avait toujours paru être un modèle de solidité et d’inflexibilité, que rien ne pouvait écorcher. Elle dirigeait son petit coven avec exigence et les autres sorcières la suivraient n’importe où. La voir hésiter devant moi parut incongru, presque déplacé. Je luttai contre la tentation de me laisser attendrir et gardai les lèvres fermées. Elle se décida enfin à répondre.
« Nous savions qu’il y avait quelque chose d’étrange sur l’ile. Au-delà de ce que les autorités affirment, je veux dire. »
Elle s’arrêta encore une fois, chercha ses mots.
« Bien sûr que c’était dangereux. Ça reste le principe de l’examen. Te forcer à puiser dans tes réserves, à découvrir tes pouvoirs et tes capacités, et ça a plutôt marché à ce niveau. Même si c’était plus dangereux qu’on le pensait, et pour ça, je suis désolée. »
La vieille sorcière se tut, me laissant la parole et l’initiative de décider ce que je faisais des informations qu’elle venait de me livrer. Pas grand-chose, à vrai dire ; mais elle m’avait parlé honnêtement.
« D’accord. »
Je ne savais pas moi-même la signification de ce mot, d’avec quoi j’étais d’accord. Maud-Eva se saisit de l’ouverture.
« Tu peux prendre le temps de savoir où tu en es. Nous te laisserons tranquille tant que tu le veux. Fais-nous signe quand tu es prête. »
La doyenne finit sa tasse et la poussa doucement vers moi, puis elle se leva et se dirigea à petits pas vers la sortie. Je fixai mon mug sans rien dire, sans oser relever la tête, inquiète de ce que ça pourrait produire en moi.
« Et Anne… »
Je ne pus m’empêcher de la regarder. Elle était sur le pas de la porte à demi-ouverte ; le soleil qui entrait par l’ouverture la découpant à contre-jour.
« Rappelle-toi pourquoi tu nous as rejointes. »
Je perçus un dernier clin d’œil et elle disparut. La porte refermée, je me retrouvai de nouveau dans la pénombre. Le front contre le comptoir, je tentai de réfléchir.
« Pourquoiiiii c’est si compliqué ? »
Mais il n’y avait personne pour répondre à mes questions.

Comme toujours quand je voulais esquiver mes problèmes, je m’impliquais dans mon travail. La réouverture du bar m’absorba entièrement pendant trois jours, m’empêchant totalement de penser à mon avenir ou même à la sorcellerie, en dehors des sorts que j’utilisais de temps à autre pour me faciliter la vie ou éviter une catastrophe due à une maladresse ou un excès d’alcool. Mais le jour de relâche finit par arriver, et une fois les tâches administratives réglées, je me retrouvai de nouveau seule avec moi-même. Je regardai le soleil qui se couchait au sud en éclusant une bouteille de vin comme si l’alcool me donnerait la réponse que j’attendais, et jouais à faire voleter le sable de la plage pour me convaincre que la sorcellerie n’était qu’une broutille inutile qui me détournait de mes vrais buts, avant de ricaner face à mes maigres arguments. Le coven m’avait donné un but ; devenir une véritable sorcière était ce qui avait le plus compté, ces derniers temps. Un peu trop, peut-être, mais j’avais aimé chaque minute que j’avais passée à tenter de maitriser mes pouvoirs et à en apprendre encore et encore sur le monde dans lequel j’entrais. Alors oui, ça avait failli me tuer, mais personne n’avait jamais affirmé que la sorcellerie se pratiquait en toute sécurité.
« Fuck. »
Je pris la bouteille et m’engageai sur la plage, vers le phare. Les pieds dans l’eau, je m’en voulais de ne pas être capable de garder rancune quelques jours au moins, de ne déjà plus être aussi énervée que j’aurais dû l’être contre celles qui m’avaient abandonnée à mon sort.
J’abandonnai le cadavre vide à l’entrée du phare ; la porte s’ouvrit devant moi sans difficulté. Je grimpai les étages deux à deux, titubai un peu, me recomposai à l’entrée de la salle du coven, frappai, m’en voulus de frapper. On m’appela à l’intérieur.
Elles étaient toutes là, les doyennes, avec leurs sourires de grand-mères à qui on aurait donné n’importe quoi. J’avais envie de les engueuler et de m’excuser, de leur dire des millions de choses ou de ne pas ouvrir la bouche.
Maud-Eva me tira de mes dilemmes.
« Assieds-toi, Anne. Le thé est chaud et nous t’attendions pour continuer. »
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Deofresh le 06 janvier 2021 à 19:56:53
Je viens de voir que tu répondais quand j'éditais mon message précédent.
Alors voilà ce que j'écrivais :

Yo !

À la faveur d'un voyage en train, j'ai eu le temps de terminer les envois 2 et 3.

Envoi #2

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Envoi #3

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Pas grand chose à ajouter. Le mystère est bien amené avec cette île et ses secrets. Les scènes d'action et de baragare sont rondement ficelées et j'ai globalement été porté par le rythme. J'ai bien aimé Anne, on sent qu'elle n'est pas vraiment à sa place et que ce n'est pas une randoneuse née (j'ai bien aimé le détail des deux saucissons comme repas haha  ;D)

J'ai peut-être trouvé l'approche du volcan un peu longue et l'héroine un peu dramatique, mais je pinaille.

À bientôt pour la suite.

EDIT 08.01.21 :

Re !

Y'a personne au boulot alors j'en profite pour finir de te lire.

Comme à chaque fois, je commence par mes remarques et autres pensées au fil du texte :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Bon, je suis plus mitigé sur cette partie. Je trouve que le payoff de la nouvelle n'est pas à la hauteur du buildup. J'aurais aimé une lutte finale entre la fillette et Anne, plus de réponses aussi. Mais je comprends que ce n'est pas une nouvelle en tant que tel, elle s'inscrit dans un univers plus grand et je n'ai pas lu celle qui la précède. Toujours est-il que j'ai trouvé la fuite presque trop simple, comme si tu avais hâte d'en finir.

Je n'ai pas trop compris la rancune qu'éprouvait Anne pour le coven en toute fin de texte. Elle savait dans quoi elle se lançait, elle savait que c'était un examen dangereux non ? Peut-être qu'il me manque encore une fois un peu trop de background.

En revanche, j'ai toujours aimé l'ambiance et Anne. Ta façon de décrire l'île me rappelle beaucoup les descriptions que l'on peut lire dans Robinson Crusoe et c'était très sympa.

Donc voilà. En conclusion, j'ai aimé. J'ai trouvé ce quatrième envoi plus faible, mais dans sa globalité, ton récit est plus que sympa. C'est solide. Et parce que ça ne fait jamais de mal de le répéter, j'aime beaucoup ton univers :D.

J'espère avoir pu t'être utile.
À bientôt !
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 09 janvier 2021 à 15:53:07
Citer
Je viens de voir que tu répondais quand j'éditais mon message précédent.

Hihi merci, tu m'évites de double poster.

C'est parti pour les réponses que je te dois. Pfiou, ça va m'en faire du boulot x)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Juste :
Citer
Je trouve toute cette digression sur l’eau étrange, comme hors de propos dans cette dernière partie dénouement. Elle jure avec la tension de la fin de l'envoi 3.

Ouais, j'ai eu beaucoup de mal à couper entre les 3 et 4. D'habitude, j'avais des sauts de paragraphe qui permettaient de faire une vraie pause. Là, ce n'est pas le cas. Ça se suit immédiatement dans le fichier, la coupure est un peu artificielle.

Citer
Bon, je suis plus mitigé sur cette partie. Je trouve que le payoff de la nouvelle n'est pas à la hauteur du buildup. J'aurais aimé une lutte finale entre la fillette et Anne, plus de réponses aussi. Mais je comprends que ce n'est pas une nouvelle en tant que tel, elle s'inscrit dans un univers plus grand et je n'ai pas lu celle qui la précède. Toujours est-il que j'ai trouvé la fuite presque trop simple, comme si tu avais hâte d'en finir.

Ouais, c'était ma crainte et je crois bien que tu as raison. Le souci c'est que j'ai pas la réponse, je crois :mrgreen:
La nouvelle qui précède normalement ne pose pas trop problème pour ce qui se passe sur l'Ile, elle aide seulement à connaitre Anne et à comprendre ses relations avec les autres sorcières et Jean-Paul.
J'ai vraiment eu du mal à finir et à trouver une fin qui me satisfasse, à savoir si ses déboires sur l'ile étaient prévues par les autres sorcières ou pas, et je ne suis pas toujours pas sûr de la réponse. Donc oui, du travail à ce niveau, tu as bien raison. Ça s'applique aussi à ce que tu dis après, sur la relation avec le coven. Je pense que c'est aussi une question de caractère d'Anne à construire.

Citer
En revanche, j'ai toujours aimé l'ambiance et Anne. Ta façon de décrire l'île me rappelle beaucoup les descriptions que l'on peut lire dans Robinson Crusoe et c'était très sympa.

Donc voilà. En conclusion, j'ai aimé. J'ai trouvé ce quatrième envoi plus faible, mais dans sa globalité, ton récit est plus que sympa. C'est solide. Et parce que ça ne fait jamais de mal de le répéter, j'aime beaucoup ton univers

Merci beaucoup pour l'appréciation, ça fait plaisir et donne de l'énergie pour corriger le reste :) Et merci pour ton regard pointilleux, ça m'aide bien !

À une prochaine.
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Persona le 11 janvier 2021 à 20:11:50
Salut Loïc,

Ah j'ai beaucoup aimé la suite et reviendrai vite pour la dernière partie !
Je suis très curieuse d'en savoir plus sur cette mystérieuse "fille" du laboratoire. Tu m'as bien emmenée dans l'histoire, toujours bien racontée.
J'aime en particulier le plan (géniaaaal...) et le combat, tout est très clair et s'enchaîne bien. Peut-être qu'ajouter un peu les sentiments d'Anna en plus de son rêve (peur ? angoisse ?) accentuerait le suspense.
En attendant la fin, voici les p'tits trucs de forme :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



***

Bon ben, euh... de retour. Lu !
Moi aussi je garde encore pas mal de questions en suspens : pourquoi était-ce si dangereux ? Qui était cette fillette ? Que fait-elle dans son laboratoire ? Il y a peut être un lien avec Chasse aux sorcières mais cela me manque pour que le texte soit suffisamment autonome, si c'est le cas.

En tout cas, ça m'a donné envie de lire tes autres textes.

Et j'ai bien aimé la fuite comme une sorte de surf... même si je m'attendais à un autre face à face....

Pas grand chose à dire sur la forme !

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Au final, bien contente d'avoir lu ce récit, qui a su (et continue à) bien éveiller ma curiosité !

A +
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Deofresh le 12 janvier 2021 à 10:10:21
Re !

Je reviens en coup de vent pour répondre à tes questions :

Citer
Très bonne question. Si c'est le cas, il n'y a rien de spécial à raconter je pense, l'ellipse m'évitait de réfléchir x) Tu penses qu'il manque un bout ?

Non, une phrase tout au plus. En fait, comme tu décris largement le bar et sa routine dans la partie qui précède, ne pas en voir mention le jour suivant c’est déroutant (pour moi au moins, mais je suis spécial quand je lis haha  :-¬?)

Citer
Pour moi c'était son marmonnement qui lui attirait les regards interrogatifs. C'est vraiment ambigu ?

Maintenant que je le sais, moins. Pour dissiper le doute, tu pourrais préciser : « quelques regards interrogatifs de la part du boulanger » ou un truc du genre.

Citer
Mais du coup j'ai un doute si je garde la double virgule ou pas. Un avis ?

Ouais, à mon avis j’ôterais la virgule entre forêt et tropicale.

Citer
J'ai vraiment eu du mal à finir et à trouver une fin qui me satisfasse, à savoir si ses déboires sur l'ile étaient prévues par les autres sorcières ou pas, et je ne suis pas toujours pas sûr de la réponse.

Je me permets de rebondir là-dessus : si les sorcières ne savaient pas quels dangers attendaient Anne, l’examen est un peu simple non ? Survivre trois jours sur une île avec ce que tu veux à emmener, pour certains, c'est des vacances. D’un autre côté, ça rend la durée des trois jours vraiment obligatoire et donne une explication sur pourquoi Anne n’a pas utilisé son sort pour fuir l’île plus tôt. Donc la survie trois jours se transforme en « je dois me cacher » pendant trois jours. Maintenant si le coven savait pour les dangers, tu pourrais créer toute une backstory sur la fillette. Elle était spéciale, mais pas dangereuse et a simplement pété un câble ou quelque chose dans le genre. Enfin bref, je pense que les deux solutions sont bonnes à exploiter.

Voili voilà,

À plus !
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 15 janvier 2021 à 11:37:23
Kou à vous !

@ Persona

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci beaucoup pour ta lecture, tes compliments et tes remarques fort pertinentes. Tout ce que je n'ai pas relevé a été corrigé (ou noté, parfois, en attendant des idées géniales).

À bientôt sur un texte ou un autre :)


@ Deofresh

Merci d'être repassé.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



J'ai corrigé toutes les coquilles relevées du coup. Sur les gros changements, mon ordre de travail est a priori Vampire => Chasse aux sorcières => Secret de l'ile. J'espère pouvoir m'y mettre en février.
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Alan Tréard le 30 janvier 2021 à 23:31:07
Bonjour Loïc,


J'ai profité du week-end pour découvrir ce récit que tu nous présentes qui se passe dans l'univers que tu as développé tout au long de l'Été 20.

En ce qui me concerne, je n'ai pas lu la « Chasse aux sorcières » si bien que je découvre de nouveaux personnages et de nouveaux lieux.


Eh bien, je viens de lire le premier envoi, et ça m'a beaucoup plu : l'action y trouve toute sa place, les émotions sont au rendez-vous, chaque étape s'enchaîne de façon fluide et très convaincante.

Je trouve que tu as très bien mené l'action dès cette entrée en matière, ce qui vraiment enthousiasmant à découvrir. Même s'il y a des liens avec l'univers que tu as dévoilé pendant l'Été, tu gardes encore beaucoup de mystères sur bien des aspects.

D'ailleurs, c'est l'un des points sur lesquels le texte pourrait gagner à mon avis : les descriptions m'ont semblé parfois très succinctes, pour ne pas dire inexistantes. Pourtant il y a un passage que je citerai ci-dessous, un passage descriptif réussi dont je trouve que tu pourrais t'inspirer pour apporter quelques repères descriptifs tout au long du récit.


Citer
J’étais un peu gênée. Je lui devais beaucoup. C’était grâce à lui que j’étais devenue sorcière, que j’avais eu l’énergie de donner une seconde vie à mon bar, que ma vie avait pris un nouveau tournant. Mais je n’acceptais toujours pas les méthodes qu’il avait employées. Je me demandais ce qu’il voulait, à présent.

Ici, j'aurais aimé une description plus prononcée du personnage : soit en en disant plus sur son passif, sur ce qu'il a fait par le passé concrètement qui montre à quel point ses méthodes sont gênantes ; soit tout simplement en donnant de légers détails sur ses mimiques, sa façon d'être, ses mauvaises lubies, sa tenue en général, quelques détails révélateurs de sa personnalité.


Citer
J’avançai vite dans ma lecture : le livre était didactique et les schémas, bien réalisés, permettaient de facilement comprendre comment utiliser les baumes, ou les gestes à appliquer pour insuffler la magie aux ingrédients.

Plutôt que de dire « le livre est didactique », j'aurais aimé trouver des descriptions concrètes d'exercice à réaliser, un éventuel passage cité du livre ou simplement des expériences passées à expérimenter les exercices du livre, les souvenirs à propos, quelques descriptions qui suffiraient à me faire comprendre quel rôle jouent les livres chez les sorcières (livres théoriques de sorcellerie ? recettes de chaudron magique ? travaux pratiques ? liste des plantes médicinales exotiques ? etc.).


Citer
Elle aurait pu passer pour une gentille mamie comme une autre ; d’ailleurs c’était sans doute comme ça que la voyaient la plupart des Rognards.

Même chose que pour le premier personnage, j'aurais aimé en savoir plus sur cette « gentille mamie », sur son attitude, sur son entourage, sur ses amies, sur sa famille, quelques descriptions de sa personne.


Citer
Le quai n°4 se trouvait dans le port de pêche, déjà bien actif. La plupart des bateaux étaient déjà partis, ils reviendraient un peu plus tard dans la matinée, chargés de poisson vendus sur place, au marché central ou aux industriels de la conserverie Rogioux. Ceux qui restaient là, pour la plupart, n’avaient plus de navire que le nom : ils tenaient à peine amarrés à la bite, certains avaient, accrochés à la corde, un mot de la commune les avertissant de la mise en fourrière prochaine si l’emplacement n’était plus utilisé, payé ou, le plus souvent, les deux. C’était de petites embarcations, qui iraient garnir l’entrepôt municipal quelque temps avant d’être brulés pour les feux de la fin d’année.

Ici, c'est vraiment le passage descriptif réussi que je voulais citer pour montrer l'un des moments de ma lecture qui a bien fonctionné. Grâce à ce court paragraphe, tu es parvenu à me faire imaginer comment est le port de pêche et qu'est-ce qu'on y trouve en seulement quelques mots. Un exemple dont tu devrais t'inspirer, je trouve.


Et voici pour ma lecture du premier envoi. J'espère que mon commentaire soigné sera un plus pour ta démarche d'écriture et de créativité, et je lirai la suite avec plaisir.

À bientôt pour la suite, et bravo à toi pour le travail déjà accompli. ^^
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Xeraphia le 31 janvier 2021 à 00:27:01
o/
(J’ai pas lu Chasse aux Sorcières, je t’arrange, comme tu vois :huhu: )

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


J’enchaîne.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: BeeHa le 02 février 2021 à 11:02:53
Bonjour Loïc,

Je n'ai rien lu d'autre de ton univers.
Je n'ai pas eu de soucis particuliers à la compréhension, en dehors des quelques termes spécifiques (qu'il me semble avoir relevés).
J'espère que la façon de commenter ira... (Je n'ai fait que la première partie.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


D'un point de vue général, j'ai plutôt apprécié la lecture et l'univers qui se dessine.
Je reviendrai plus tard pour les autres parties.

A bientôt
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 04 février 2021 à 21:16:06
Hello there !

Désolé du retard, mais maintenant que j'ai enfin fini avancé sur le texte d'à côté, je peux venir vous répondre ici. Y en a une qui risquait d'être jalouse.
Et moi de pas retrouver le chemin du texte.

Anybref.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je vais au moins corriger les coquilles ce soir, peut-être un peu plus, à voir. Faut que j'arrive à trouver le temps de me mettre sur Chasse aux sorcières aussi..
Bref, c'est ma tambouille interne, merci encore de votre passage à tous les trois !
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Alan Tréard le 05 février 2021 à 23:28:49
Bonjour Loïc,


Me voici pour la suite de mes lectures. ^^

Désolé du retard, mais maintenant que j'ai enfin fini avancé sur le texte d'à côté, je peux venir vous répondre ici. Y en a une qui risquait d'être jalouse.
Et moi de pas retrouver le chemin du texte.

Oh ! De mon côté, aucun problème : je lis environ un envoi par semaine, voire un envoi toutes les deux semaines, selon mes disponibilités. Après tout, je préfère m'investir dans le temps sur un texte pour essayer de ne pas bâcler mes commentaires et apporter le meilleur de ce dont je suis capable en soignant mes commentaires.

Conclusion : rien ne presse de mon côté.

Citer
je peux mettre plus de description – c'est vrai que mes personnages sont assez peu incarnés physiquement –, mais pour le reste, on ne saura jamais d'elle que ce qu'Anne sait (c'est-à-dire, pas grand-chose).

Eh bien, je dirais que c'est une information très intéressante d'apprendre qu'Anne ne sait pas grand chose de cette vieille sorcière...

Une astuce qu'on trouve souvent dans les films pour montrer l'attitude réservée d'un personnage : Anne pourrait poser une question à Maud-Eva, et celle-ci userait d'une tournure adroite pour contourner la question et ne pas lui répondre ! Cela montrerait qu'elle est mystérieuse, qu'elle ne répond jamais aux questions qu'on lui pose. ^^


Pour la suite :

Citer
« Il me faut un chemin vers la sortie », je murmurai et, partant du point qui me symbolisait, un trait lumineux traça un parcours à travers les quatre étages jusqu’à l’extérieur.
« Mais quel extérieur ? » je demandai à voix haute. Cette fois, le plan ne sut me répondre ; le sortilège n’était pas fait pour ça et j’allais devoir le découvrir par moi-même.

Vers ce passage, j'ai commencé à avoir de vraies difficultés de concentration à la lecture pour bien mettre en ordre les différents enjeux ou tactiques de sorcière. Difficultés également à faire la part des choses entre la magie, les repères spaciaux et les réflexions un peu confuses ou angoissées de la sorcière, tu as un style très vif et dynamique qui demande un certain effort de concentration à la lecture.

Je dirai qu'il y a une grosse accélération du récit pendant le changement de lieu, ça m'a beaucoup désorienté ; de cette façon, des descriptions un peu moins floues ou un peu plus élaborées m'auraient sûrement aidé à mieux y trouver mes repères.


Voici pour mes impressions de lecture à l'issue de ce deuxième envoi.
 :bouquine:

Cette aventure promet de beaux moments de courage et de dépassement de soi, ce qui est drôlement enthousiasmant quand on est curieux de savoir ce que va faire cette surprenante sorcière. Une héroïne pas comme les autres. Alors je garde le suspense pour la prochaine fois et cela me fera de belles surprises pour les prochaines semaines à découvrir la fin de ce récit.


Merci à toi pour la lecture, et à bientôt pour la suite. :)
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Xeraphia le 08 février 2021 à 06:20:41
Heyo o/

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: BeeHa le 08 février 2021 à 16:58:30
Bonjour Loïc,

Me revoilà pour l'envoi n°2.
J'ai noté mes remarques au fil de la lecture.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


C'est toujours aussi plaisant à lire.


Au plaisir ~


PS : Je sais pas si tu préfères que je fasse des citations individuelles pour les remarques plutôt que comme ça, en mettant tout dans le texte. N'hésite pas si jamais, je ferai autrement.  :)


EDIT : Je viens de lire le troisième envoi. Je n'ai relevé qu'un point sur l'ensemble, et si ça se trouve, il n'est même pas si valable que ça.  :)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


EDIT 2 :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


J'aime beaucoup le type de fin que tu as choisie, assez ouverte. (Je suppose sur des suites potentielles dans le même univers.)
Ce fut une lecture sympathique, vraiment, et agréable.

Au plaisir ~
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Mélina Le Page le 13 février 2021 à 11:47:14
Salut Loîc!  :mrgreen:
Je viens de finir tes trois autres textes!  ^^

Envoi 2
J’aime bien ton mélange d’univers magique avec un peu de technologie, c’est original !

Elle ne plaît pas trop cette fillette ! Si je souviens bien de tes extraits partagés sur le Coco, elle n’est pas très sympathique… A voir dans la suite !

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

[/spoiler]

Envoi 3
Très bien mené cette aventure ! Bien écrit.

Citer
Je fus presque surprise quand elle s’ouvrit devant moi, dévoilant un long couloir non éclairé.
C’est trop facile ! Elle devrait se méfier…

Citer
Ne perdant pas le temps à apprécier l’expression de surprise qui avait remplacé son énigmatique sourire, je fauchai ses jambes.
Il y a peut-être une légère incohérence ici. La fillette est censée pouvoir lire dans ses pensées, elle aurait dû pouvoir anticiper le sort d’Anne…

Quelques correction orthographique et de concordance de temps
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

[/spoiler]

envoi 3

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

[/spoiler]

Merci pour cette chouette lecture! J'ai hâte d'en lire plus!
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Loïc le 13 février 2021 à 15:46:20
Vous allez trop vite pour moi :mrgreen:

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Voilà, tout lu et tout répondu.
Sur le fond, surtout, et sur les gros points de forme, j'ai beaucoup noté et peu répondu spécifiquement. C'est que je ne suis plus plongé dans ce texte et qu'il faut que je m'y remette pour savoir quoi vous dire. J'espère pouvoir proposer une nouvelle version demain soir.

Merci encore à tous les quatre pour vos lectures attentives, vos remarques précieuses et vos encouragement. Je m'y mets !

Titre: Re : Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (complet) [Vamos à la playa]
Posté par: Mélina Le Page le 14 février 2021 à 10:17:06
Salut Loïc !

Citer
Pour les subjonctifs imparfaits : je crois que ça ne va pas trop avec la façon de raconter d'Anne ; pourtant je les aime beaucoup haha. Typiquement, à la troisième personne, il y en a partout. Même si je crois que j'en ai mis un ailleurs. Bon, je vais réfléchir à la chose.
Ton point de vue se défend. C'est vrai que ton récit se fait à la troisième personne.

Citer
Bien vu, je note. Après la lecture dans les pensées, je pense, n'est pas une action passive, du coup elle ne peut se défendre et lire. Mais ça devrait être clair d'une façon ou d'une autre, oui.
Dans ce cas, tu devrais écrire une petite explicitation du genre "absorbée par le combat, la fillette n'eut pas le temps de pouvoir lire les pensées d'Anne." qui colle avec ce qui est dit autour (je n'ai pas pris le temps de reprendre le passage... :-[)

Citer
J'ai hésité, parce que ça ne me semblait pas avoir le même sens (et le TLFi hésite aussi haha), mais du coup je mets maligne, je préfère comme mot haha
Pour ma part, je ne jure que par le Larousse et le Petit Robert!  ;)

Citer
Merci pour ta lecture et tes compliments.
:coeur:

 :calin:
Titre: Re : Le secret de l'ile Saint-Sylvain (Envoi 3/4) [Vamos à la playa]
Posté par: Alan Tréard le 18 février 2021 à 23:16:11
Bonjour Loïc,


Me voici pour la suite de ma lecture avec le troisième envoi.

Eh ! Bien, il m'a semblé que c'était le meilleur passage du récit, je n'ai pas trouvé grand chose à en redire car je me suis laissé entraîner par une histoire continue dont le rythme m'a paru soutenu et régulier.

Anne est une apprentie sorcière très active, dynamique, ce qui m'a donné l'impression qu'elle était concentrée sur sa tâche, ne gardant à l'esprit que son objectif à atteindre. Ça m'a donné le sentiment de partager une aventure avec cette courageuse héroïne.


Tout d’abord, je ne sus pas ce que je voyais. Je mis un moment avant de comprendre que je me trouvais face à un ascenseur. La cabine noire semblait faite de lave refroidie ; trois boutons luisaient, la différenciant de n’importe quel ascenseur moderne qu’on trouvait dans les grands immeubles des villes Elmitiennes.

Une petite remarque sur la grammaire : on parle des grands immeubles de la ville de Strasbourg en Alsace avec une majuscule, cependant on évoque les grands immeubles des quartiers strasbourgeois ou des villes alsaciennes en minuscules (l'adjectif désignant une ville/une région garde sa lettre minuscule). ^^


Et voici pour ma lecture, je prendrai plaisir à découvrir l'intrigante fin de ce vertigineux défi hors du commun d'ici la semaine prochaine. À bientôt, et merci à toi pour cette lecture épique. :)



Edit : 27/02/2021


Bonjour Loïc,


Me voici pour  cette fin de récit qui laisse en suspension de nombreux mystères et secrets en laissant planer l'ombre d'une suite pour cette sorcière. ^^


Dans l'ensemble, j'ai pu facilement suivre la suite de cette nouvelle étape dans la vie d'Anna.

Il me semble que tu aurais pu introduire la courte réflexion de la fin un peu en amont dans le passage. Je m'explique : au bout d'un ou deux jours, après avoir surmonté bien des dangers, la sorcière pourrait faire un feu, installer un campement provisoire pour récupérer ses forces, et dès lors se poser des questions sur ce qu'elle fait dans ce monde, sur ses propres choix, sur ses éventuels désirs de retours en arrière, sur l'idée de revenir à sa vie d'avant...

Ces questions pourraient réémerger ensuite tout à la fin avant de prendre sa décision, comme un souvenir de l'Ile dont elle se rappelle encore les méditations.


Citer
La voix revint, presque chantante, […] mais son désir frappait encore et encore, m’empêchant d’accéder à la mer.

Ici, j'ai eu quelques difficultés à comprendre ce moment du récit. La confrontation mentale m'a un peu échappé.


Citer
Elle parut embêtée, hésitante. Ses petites mains ridées serraient son mug et [...] se décida enfin à répondre.

Super passage de description qui m'a permis de bien comprendre le rapport entre les deux personnages. Ça m'a semblé donner de la profondeur à Anna mais aussi à son interlocutrice.


Et voici pour ma lecture, une conclusion pleine de saveurs qui laisse entrevoir de nombreux mystères.

Quelques petites choses que j'aurais aimé apprendre au cours du récit : Quel rôle exactement jouent les sorcières dans la région ? Les créatures magiques ou légendaires sont-elles fréquentes ou seulement rares de par ces contrées ? L'Ile Saint-Sylvain cache-t-elle un secret plus grand encore qui nous sera révélé dans une suite des plus inattendues ?


Et voici de quoi faire écho à ce que j'ai trouvé au cours de ma lecture, un moment plaisant dont les émotions s'intensifient de péripétie en péripétie. ^^

Je reste disponible si jamais tu souhaitais quelques clarifications sur ce que j'y ai trouvé peu à peu. Merci à toi pour cette agréable lecture.