Voici encore un petit exercice d'écriture dont voici les consignes :
Rédigez une histoire (jusqu'à 1 000 mots) en suivant la structure A(Action)B(Background) D (péripéties) C (climax)E (ending) et en incluant au moins une scène complète. En outre, votre histoire doit comporter au moins DIX phrases d'action ascendante..
Pensez-vous que le contrat et rempli ? Qu'avez-vous pensé des actions de mon personnage principal ? Y a-t-il des parties qui vous ont semblé confuses ou difficiles à suivre ?
Merci d'avance pour vos commentaires.

Awa hésitait devant le cartable de sa fille. Devait-elle violer son intimité et lire son journal intime ? Sa fille de neuf ans, Gabriela, était une petite fille au tempérament joyeux et studieux. Pourtant, ces derniers jours, elle se montrait morose, sans entrain, et, tous les matins, elle pleurait pour ne pas aller à l’école. Sa mère avait beau la harceler de questions, la cajoler pour la rassurer, elle restait complètement hermétique.
Inspirant profondément, Awa ouvrit la tirette du sac à dos de Minnie et saisit le petit livre recouvert de poils roses. Sur les premières pages, la petite fille avait ponctué ses phrases euphoriques, racontant ses merveilleuses aventures du jour, de fleurs, de soleils et de cœurs. La jeune femme, en les parcourant du regard, sourit, attendrie. Mais, au fur et à mesure qu’elle avançait dans le journal, sa bouche se crispa. Plus de petits bonshommes ni de joie. Les mots de l’enfant devenaient de plus en plus tristes et ses dessins, sombres. La lecture de la dernière page la fit frémir. Une seule phrase se répétait sans cesse :
« Sauve-moi, maman ! »
La gorge nouée, la jeune femme pressa le livre contre sa poitrine et essuya une larme qui lui avait échappé. Elle se frotta le visage pour lui donner une expression la plus neutre possible, puis monta quatre à quatre les marches de l’escalier qui menait à la chambre de Gabriela.
La petite fille, en voyant sa mère dans l’embrasure de la porte, son journal à la main, fondit en larmes et courut se blottir dans ses bras.
— Désolée d’avoir lu ton journal, dit Awa en serrant la joue de sa fille contre la sienne. Mais je m’inquiète pour toi.
— Je sais, maman, ce n’est pas grave. Je voulais que tu saches, mais je n’arrivais pas à te le dire, dit-elle entre deux sanglots. J’avais trop honte.
— Et maintenant, tu veux bien me dire ce qu’il se passe ? demanda la jeune maman, les yeux humides, en caressant doucement les cheveux de l’enfant. On te fait du mal à l’école ?
La petite hocha la tête tout en se blottissant contre le cou de sa mère.
— Qui ? Qu’est-ce qu’ils te font ?
— Ils me jettent des pierres et des fruits à la récréation et ils me disent de rentrer chez moi, dans la brousse, répondit Gabriela, les yeux clos et le visage déformé par la détresse.
— C’est parce que tu es métisse qu’ils te maltraitent ?
— Oui, ils se moquent tout le temps de ma couleur de peau et de mes cheveux. J’ai essayé de leur dire d’arrêter, mais ils continuent. J’en peux plus, maman. Sauve-moi, s’il te plaît.
— Crois-moi, ma chérie, je sais ce que tu endures. Pendant longtemps, j’ai subi la même chose quand je travaillais dans les serres de tomates. Oh, pas avec des fruits et des cailloux, bien sûr. La bêtise méchante des adultes est plus subtile que celle de ta cour de récréation, mais elle blesse tout autant. Ils m’insultaient, insinuaient des choses ou se moquaient carrément de moi. J’ai eu beau leur dire d’arrêter, ça n’a rien changé.
— Qu’est-ce que tu as fait alors ? demanda la petite fille en séchant ses larmes.
— Je ne voulais plus me sentir mal à cause d’eux, alors j’ai fait deux choses. Premièrement, je suis allée voir le patron et je lui ai expliqué la situation. Il a passé un savon à tous les travailleurs qui m’avaient maltraitée et il a même exigé qu’ils s’excusent auprès de moi. Après cela, ils n’ont plus osé s’en prendre à moi et j’ai pu travailler tranquillement. Et toi, dans ton cas, qu’est-ce que tu pourrais faire ?
— En parler à ma maîtresse ?
— Oui, et même au directeur. Demain matin, je viendrai avec toi pour leur expliquer la situation.
— J’ai peur que ce soit pire encore.
— Tu crains que ceux qui te maltraitent se vengent ? Non, ne t’inquiète pas. C’est parce qu’ils pensent qu’ils sont intouchables qu’ils osent être si méchants.
— Et la deuxième chose ?
— Je te l’expliquerai plus tard, quand l’occasion se présentera.
La direction et l’enseignante prirent la situation très au sérieux. Elles surveillèrent Gabriela durant les pauses et punirent sévèrement ses persécuteurs. Ceux-ci lui présentèrent leurs excuses, qui, pour certains, semblaient sincères, et durent faire une petite rédaction sur le racisme. Les parents des élèves concernés furent mis au courant et, en très peu de temps, Gabriela put de nouveau apprendre en toute sérénité.
La joie avait retrouvé sa place dans le journal intime de Gabriela et la vie redevenait douce et pleine d’espoir. Mais, un dimanche, alors qu’elles étaient assises sur un banc, en train de jeter du pain aux cygnes du parc du village, elles croisèrent une camarade de classe de Gabriela et sa mère, une blonde décolorée. Ce jour-là, Awa et Gabriela étaient vêtues de magnifiques robes sur mesure en wax jaune, décorées de petites fleurs bleues, avec le pagne assorti noué autour de la tête. La blonde et sa fille étaient, elles aussi, assorties : sweat à capuche ample et training. En passant devant leur banc, elles éclatèrent de rire. Se tenant le ventre d’une main et mettant l’autre devant sa bouche sans chercher pour autant à diminuer le ton tonitruant qui en sortait, elle pouffa :
« Tu as vu leurs robes bariolées ? On dirait qu’elles partent danser au carnaval. »
Awa en resta bouche bée.
— Voilà le moment venu de parler de la seconde chose à faire pour ne pas souffrir des propos blessants. Regarde ces cygnes dans l’étang. Tu vois, ils se baignent dans l’eau, mais, grâce à leurs plumes imperméables, ils ne sont pas mouillés et glissent dignement. Nous, c’est pareil, ma chérie. On baigne dans le racisme, mais il faut y être imperméable. Les propos blessants ne doivent pas nous atteindre. Nous devons relever la tête et glisser dignement dessus.