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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Corruption

Auteur Sujet: Corruption  (Lu 178 fois)

Hors ligne Marcel Dorcel

  • Prophète
  • Messages: 652
Corruption
« le: 14 Décembre 2025 à 18:41:07 »
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Chacun de l'autre moi est un chagrin immense
car il disperse en mon être premier
un torrent de contraintes
ce conflit à l'origine secrète
des deux pôles quel est le plus froid

D'un côté la loi
et de l'autre ma volonté
s'accomplir c'est combattre le monde
le fustiger
devenir irraisonnable
s'offrir à la gratuité de l'instant
pauvre éthique
scindée
immanente ou transcendante

Je refuse d'enterrer mes morts
pour entrer dans la famille divine
et si le vide passif m'oblige
la nudité du néant
légende aux deux syllabes
me charrie dans ses flots
aux couleurs sombres de la tragique véhémence

Les masques que je revêts sont une erreur de transcription
les fronts baptismaux de la solitude
un double statut
je suis nature et connaissance
sans possibilité aucune de communication
observant l'humanité
mon scepticisme donnant un sens seul  à la folie

La dure réalité dans le royaume souterrain
puisse une force intérieure réaliser l'achèvement attendu

Ubiquité folle tournoyante
échapper à l'attentat le plus vil
celui qui vise à détruire la conscience
la laisser nue inerte
en proie aux oiseaux et aux chiens
dans l'affolement nocturne de l'histoire

La nécessité de justice s'échappe des écritures canoniques
à chaque parole il faut se garder de marcher plus vite que l'ombre
sus aux épithalames et
aux hypothèses abstraites auxquelles je ne souhaite plaire
à la profondeur de l'intuition
source de créativité dans laquelle je me délecte
un état passager me guide et je  choisis  cette belle formule
d'écrire faire l'amour aux étoiles brillantes du désert et d'écouter
la musique aux modulations éblouissantes

l'art du bonheur est en nous
car le diable est nous
tout déplacement de l'esprit bat la mesure
contre la matière

Ce qui ne peut se peindre
je ne me dévoile que dans l'amour et ne peux en accoucher d'autres

Le meurtre le viol l'inceste  la naissance la mort ne sont que des possibilités des fantômes des fantasmes
La possibilité de l'artiste est la peau du corps vécu
L'outrage des mots
L'outrage de soi
La norme convenue
ce code implicite
cet avilissement

Je vois la chose vécue mais je ne peux pas assumer cette chose vécue

Les icônes les vies saintes un lancer de dés un peu d'ironie quoi d'autre

Alors une jouissance absurde exacerbée

Au son des erreurs passées et à venir
Un ronflement de bulles
redouble de coquetterie
il  est seize heures soixante-quatre
à une année près
je n'aurais jamais décapsulé
que cinq mille trois cent cinquante bières pour l'année civile
encore en ai-je bu et pu en oublier certaines
des centaines d'autres jetées dans un fossé
enterrées sous le sable ou dans la terre d'une forêt
ma forêt inconnue

Le valium est un substitut rapide
mais bien trop long à se substituer au désespoir
de toutes ces vaines chicaneries
j'implore le silence
a la recherche au milieu d'épines et de ronces
vers le lieu de la tragédie

Qui du délabrement
qui de l'irrépressible
qui du grotesque
qui du vrai et du faux
qui du meilleur au pire

Etant né de travers
j'ai toujours pensé qu'aucune ligne ne serait jamais droite
et puis voici nos nerfs nos mots nos peaux
arrachant la fixité comme un tremblement
l'espace de l'impatience résonne de famine
le désordre gagne

Les plaies s'ouvrent
Touchant la vérité de  l'hypothèse
Nuit aux nuages blancs
d'une blancheur à faire pâlir le vivant

Je te serre et te creuse
A l'intérieur de ton oui je demeure

Goût de l'habitude de l'urine inféconde
je me pisse sur les doigts
corps bus corps beaux
je sais que tout est prêt
à penser dans l'impensable
strip-teaser dieu et Mozart
sous la lumière des projecteurs

Atermoiement
de la terre noire
tends-moi la main
je suis un pore
une embouchure
Un isthme qui se donne en pâture
soldat de mer
a la signature informe

Fleur de houblon
sur l'assassinat bourgeois
en une ivresse abrupte
Les sons déclament à la file des monceaux d'hébétude
de larmes carotides au fond d'un seau

Je te serre et te creuse
A l'intérieur de ton oui je demeure
soufflons sur la chandelle
c'est le jazz mortifère des quatres saisons

« Modifié: 15 Décembre 2025 à 09:54:39 par Marcel Dorcel »
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage.
Sacha Guitry

J'ai trop joué avec les ombres de la nuit pour que celles-ci bientôt ne s'emparent de moi.
François Augiéras

Hors ligne Dian

  • Tabellion
  • Messages: 37
Re : Corruption
« Réponse #1 le: 15 Décembre 2025 à 15:32:18 »
"Les plaies s'ouvrent
Touchant la vérité de  l'hypothèse
Nuit aux nuages blancs
d'une blancheur à faire pâlir le vivant".

Une confession à l'eau forte, et de belles images.

Dian
Derrière les nuages, le soleil. Derrière le soleil, d'autres soleils.

Hors ligne Marcel Dorcel

  • Prophète
  • Messages: 652
Re : Corruption
« Réponse #2 le: 15 Décembre 2025 à 15:54:04 »
En ces temps difficiles et néanmoins passagers, je l'espère, je prends la plume (via le clavier azerty)
pour te remercier de ton passage. Même si mon écriture est disruptive, j'en conviens, un seul  lecteur/une seule lectrice  suffira à mon bonheur. ;)
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage.
Sacha Guitry

J'ai trop joué avec les ombres de la nuit pour que celles-ci bientôt ne s'emparent de moi.
François Augiéras

 


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