Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Janvier 2026 à 22:03:54
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » M.Dimbilly

Auteur Sujet: M.Dimbilly  (Lu 363 fois)

Hors ligne Shendo

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M.Dimbilly
« le: 10 Décembre 2025 à 11:47:11 »
Le charivari qui rugissait à trois heures de l’après-midi n’était pas habituel pour les longs couloirs de l’hôtel. M.Dimbilly — c’est-à-dire Monsieur Dimbilly, l’hôte de ces lieux, mieux que cela même ! — buvait son thé à la framboise séchée depuis une table ovale, glacée d’un bois norvégien. Le salon de l’hôtel de la rue Maupassant était sa casbah, son chai, sa casemate, son antre… Les dénominations sont extrêmement variées. Avec une rigueur casuistique, M.Dimbilly feuilletait le journal de l’index, enlevant tantôt ses lunettes, tantôt le pin’s qui perçait son veston d’allure écossaise. Je dis « d’allure » car Déborah, l’une des trente-six femmes de chambres, eut la maladresse, un jour, un véritable mauvais jour pour la pauvre femme, de remarquer que ladite veste était de fausse facture. Le visage de M.Dimbilly s’est empourpré ce jour-là, que oui ! Diable, les résidents de du vingtième étage ont tout entendu. Ce pin’s, il l’avait trouvé à l’âge de sept ans sur le corps démuni d’un combattant français. La Seconde guerre mondiale eut raison de ses deux parents. M.Dimbilly était un orphelin rassuré, tant sa grand-mère l’avait bercé sous le chant mélodieux d’une de ces voix incontestablement maternelles. Mais ce pin’s le grattait souvent : M.Dimbilly ne savait guère le placer à sa convenance. Il est vrai qu’il était maladroit. Ses doigts semblaient décousus de sens, ses gestes n’avaient rien de logique. Il persistait néanmoins : « Mon pin’s est la gloire du passé ! Le symbole d’un temps qui, j’espère, est à tout jamais passé. » M.Dimbilly était de ceux qui redoutaient la guerre, une guerre, celle qui emporte tout à la manière d’un inéluctable typhon.
 
Le plafond baroque de ce qu’on nommait déjà « L’espace du Temps », où les bonnes gens buvaient thé et café en lisant le journal, laissait entrevoir de larges cirrus, où l’éclatant rivalisait avec l’audacieux. Nous trouvions à chaque coin de ce salon, long et large, une poignée de ciguës qu’avait un jour trouvées le petit-fils de M.Dimbilly et qui les lui avait ramenées fièrement sur son bureau. Hélas la ciguë est une plante affreusement vénéneuse, utilisée jadis pour les Athéniens condamnés à mort. Le bambin fut miraculé, il survécut. La fille de M.Dimbilly, la mère du jeune garçon donc, n’adressa plus la parole à l’homme, dont la moustache et les favoris avaient été décoiffés par une telle annonce. La brouille dura un an. Quelle ne fût pas la surprise teintée d’ironie et d’un tantinet d’amertume quand la mère vit ces demoiselles fleuries, trônant au sein de petits vases de Chine opalescents. Les femmes de ménage, dont la dame Déborah semblait prendre peu à peu la tête, accusèrent le vieil homme d’assassinat prémédité. « Personne n’est mort ! », s’exclama M.Dimbilly d’un ton concurremment militaire et professoral. Personne n’est mort, non… en tout cas pas d’avoir touché ces vilaines !  On plaida pour un panneau informant le danger, on plaida pour pour une vitrine, on plaida pour déplacer ces quatre vases de Chine, on plaida pour bien des choses et de de causes auprès de M.Dimbilly… Sa ferveur était sans égal.

En vérité, je vous le dis braves lecteurs, M.Dimbilly était le cicérone du vieil hôtel Le Rivage. Oh qu’ils pressentaient un mirage, les autres, les architectes, les politiques, la haute bourgeoisie… Pas les nobles, non ; les nobles appréciaient la décadence architecturale de l’homme aux favoris bruns et à la moustache grise. Sa démesure était aussi dans son vêtement, qu’on brocardât avant d’attaquer ses idées longtemps qualifiées de saugrenues. Le maire l’avait assurément dans le viseur. Il incita bien pour que sa vindicte propre devienne la vindicte populaire, à l’endroit d’un homme excentrique, « qui n’est même pas né à Valnesi ! » C’est en effet le nom de cette charmante et terrible ville, je me chargerai d’en dépeindre le caractère un peu plus loin. Quoi qu’il en soit, la bise antarctique soufflait sur la peau de l’hôtel, alors qu’il n’était même pas encore né ! Ah j’ai vu ces Anglais prendre le cap, je les ai vus ces Français les rejoindre, partageant le même bateau de fortune ! « Tout a changé ici, même les lits. » Qu’à cela ne tienne : M.Dimbilly balayait de son monocle la ville et ses vices. « Je construirai mon hôtel, ici, quand je le voudrais ». Ainsi s’est lancé le projet pharaonique, que vous pourrez lire dans quelque manuscrit grassement présenté à la bibliothèque de la Ville, dont les pages seront toutes, je vous l’assure, marquées par le sceau de la vérité ! Il n’y en a qu’une seule. Ici, à Valnesi, où les jeunes gens s’arrêtèrent, dès 1927, au pied de la gare Monbarach. Cette gare abritait autrefois des juifs. Hélas les pauvres gens ne pouvaient comparer leur persécution d’alors à celle qui arriverait dix ans plus tard.

« Pourrai-je reboire un café, s’il vous plaît ? » M.Dimbilly était un homme poli. Il incarnait ce style victorien ; c’est en cela qu’il adorait Dickens. Le seul roman qu’il ait lu est David Copperfield. Il avait profondément aimé la destinée merveilleuse et inespérée du jeune homme. Ce monde lui apparaissait comme non binaire, les dès n’étaient pas jetés, et si une tierce personne s’offusquait pour prétendre le contraire, alors Dimbilly clamait « Pipons-les ! » L’hôtel arborait une fantastique image de conte de fées. Ce n’était pourtant pas le vœu de son constructeur — pardon, son penseur ! M.Dimbilly affectionnait tout particulièrement le style haussmanien. Son cœur et sa tête étaient comme deux chiens courant après le même os. En définitive, Le Rivage ressemblait davantage à claveau du moyen-âge qu’à une astragale raffinée de Paris. C’est notamment pour cette raison que ses pairs ont, pendant un demi-siècle, dénigré à cor et à cri les cintres et les cymaises venues tout droit d’un « monde irréel ».

Le succès de M.Dimbilly ne tarda pourtant pas à retentir. Aussi étrange que cela pusse paraître, vieillards comme jeunots reconnurent le talent de l’architecte. Ces couleurs, ces courbes, ces petites grandeurs, ces peintures inconnues… Le travail de M.Dimbilly disposait aujourd’hui sa propre mythologie.

Hors ligne Cendres

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Re : M.Dimbilly
« Réponse #1 le: 12 Décembre 2025 à 10:08:49 »
Merci pour le partage de ton récit. Tu nous racontes la vie de M. Dimbilly.

En le lisant, j'avais l'impression de lire le chapitre 1 d'une plus vaste histoire. Tu nous présente ton personnage principal et le lieu où il vit.

Tu as fait une faute de frappe ici :
"Diable, les résidents de du vingtième étage ont tout entendu. "
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Shendo

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Re : M.Dimbilly
« Réponse #2 le: 15 Décembre 2025 à 13:23:14 »
Tout à fait. Merci !

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Re : M.Dimbilly
« Réponse #3 le: 15 Décembre 2025 à 17:16:56 »

Voilà un récit : d'une grande richesse stylistique, ironique,  mais jamais méprisant. Même quand il évoque la maladresse de Monsieur Dimbilly,,son excentricité, ses manies. il y a toujours une tendresse sous-jacente. On rit avec lui, pas  de lui. Cela donne au texte une humanité constante, qui empêche la caricature.

 Par ailleurs, le lecteur voyage à loisir dans une temporalité fluctuante :
Le récit navigue entre la Seconde Guerre mondiale, les années 1920 et un présent indéfini,
sans jamais devenir confus. Le temps est épais, presque stratifié, comme l’hôtel lui-même.

On pourrait craindre d'être déstabilisé par quelques phrases un peu longues qui pourraient, à de rares moments, gagner à être légèrement allégées. Cela dit, leur longueur participe aussi au charme de l"ensemble.

Globalement, la narration progresse peu. On est davantage dans la peinture d’un monde que dans une intrigue.
 

 
cent fois sur le métier...

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Re : Re : M.Dimbilly
« Réponse #4 le: 15 Décembre 2025 à 17:22:48 »

Voilà un récit : d'une grande richesse stylistique, ironique,  mais jamais méprisant. Même quand il évoque la maladresse de Monsieur Dimbilly,,son excentricité, ses manies. il y a toujours une tendresse sous-jacente. On rit avec lui, pas  de lui. Cela donne au texte une humanité constante, qui empêche la caricature.

 Par ailleurs, le lecteur voyage à loisir dans une temporalité fluctuante :
Le récit navigue entre la Seconde Guerre mondiale, les années 1920 et un présent indéfini,
sans jamais risquer la confusion. Le temps est épais, presque stratifié, comme l’hôtel lui-même.

On pourrait craindre d'être déstabilisé par quelques phrases un peu longues qui pourraient, à de rares moments, gagner à être légèrement allégées. Cela dit, leur longueur participe aussi au charme de l"ensemble.

Globalement, la narration progresse peu. On est davantage dans la peinture d’un monde que dans une intrigue.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Shendo

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Re : M.Dimbilly
« Réponse #5 le: 16 Décembre 2025 à 14:48:06 »
Bonjour, merci pour ta lecture attentive !

En effet, l'enjeu n'est pas l'intrigue ici ; j'ai davantage essayé de dépeindre un lieu, un personne, une temporalité, une ville aussi.


Hors ligne Shendo

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Re : M.Dimbilly
« Réponse #6 le: 19 Décembre 2025 à 12:47:46 »
Mais, derrière tout grand homme se cache une femme. L’adage ne désigne pas l'épouse de M.Dimbilly, malheureusement décédée suite à une tuberculose aggravée. En réalité, c’est une jeune femme souriante et douce qui se chargea de donner au Rivage ses lettres de noblesse. Clèves n’était pas de Valnesi. Son lieu de naissance fut pour ainsi dire inconnu. On ne sait guère comment cette enfant si charmante est parvenue aux rives dangereuses de cette île perdue. Son histoire, précisément narrée dans quelque manuscrit de la bibliothèque de Valnesi, revient surtout la crise d’éclampsie qu’elle fît au vu et au su de tous. Elle fut retrouvée dans une macabre chambre, tenue par — on le saurait bien après — son geôlier nourrissant des idées aussi morbides qu’infâmes. Clèves prit résidence à Valnesi, dans une petite baraque en bois, où on la voyait souvent traîner le long des berges. D’abord seule, on la vit accompagnée d’un homme noir, un migrant issue de la Côte-d’Ivoire. C’était un ouvrier qui charpentait alors les toits et bâtissait le sol du Rivage. On le nommait Alimé. Alimé pour Koumba. Le personne haut en couleurs s’appelait ainsi Koumba Alimé. Un grand gaillard au style chevaleresque. On ne sait comment sa barbe était-elle aussi bien taillée. Alimé n’avait guère le sou. Ses muscles saillants rivalisaient avec ces hommes aux gros os, bien en chair, qui ingurgitaient de la viande matin, midi et soir. Alimé mangeait à sa faim depuis qu’il travaillait pour M.Dimbilly. Ce dernier avait instauré un menu bien défini pour cette centaine d’hommes en provenance d’Afrique. Il avait été les chercher par l’intermédiaire d’une ancienne connaissance, rencontrée alors qu’il nourrissait l’ambition de coloniser les terres chaudes avec ces haras démesurés et, déjà, ses hôtels trompe-l’oeil.

Ce jour où M.Dimbilly dégustait son thé favori et lisait son journal — qu’il vénérait autant qu’il abhorrait —, Alimé pénétra dans le salon. Le vacarme du monde s’était soudainement dissipé au creux d’un silence monacal. Seule une dame d’un certain âge, dont le clou flétri arborait un riche collier de perles blanches, buvait également un thé dans un coin opposé à l’architecte. Alimé était en tenue de travail, il se délassa dès que son corps de bœuf se laissât tomber entre les coussins aussi moelleux qu’un morceau de nuage. Déjà M.Dimbilly se sentit contrarié par les mouvements incessants. Doté de son œil d’aigle, il remarqua l’homme qu’il connaissait bien puisque c’est celui-là même qui avait contribué à l’échafaudage de l’hôtel. Et Dieu que sa construction fût hasardeuse ! Complexe ! Abominablement longue. C’eût été un chemin de traverse pour ces grosses mains ouvrières si seulement leur corps raidi par l’effort n’avait pas été aussi abimé.

Alimé ébarbait les particules de rouille et de métal de son tablier bleu délavé. Bien que sa vie professionnelle n’ait pas été de tout repos, l’homme Noir (comme on l’appelait à l’envi) avait résisté aux ardeurs d’une partie de Valnesi en ouvrant son propre café. Pourrait le buvait-il dans le salon de l’hôtel, diriez-vous. Et vous auriez mille fois raison de poser cette question. À dire vrai, toujours en ce jour de décembre, où la grisaille tiraillait entre la pluie et la neige, Koumba Alimé était là pour régler ses comptes avec le vieil architecte, dont il apprit quelques heures plus tôt l’irrespect, pire, l’extrême violence avec laquelle il battait Clèves. La douce se maria en 1933 avec l’homme Noir. Un mariage de circonstances, c’est le terme qu’avait utilisé le tout-Valnesi. Puissants sont ces gens qui vous toisent et décident de vos actions, de votre destinée ! Mais rien n’eut raison du couple. Clèves pensa longtemps que Koumba Alimé était profondément attristé par les remarques qu’il recevait avec une incroyable constance dans les bars, les rues, même chez lui ! Le couple habitait au début dans le faubourg malfamé de Valnesi, là où le seul crime eut lieu à l’hiver 1920. Une vieille dame qu’on avait rouée de coups et laissé pour morte.

Les deux hommes se regardèrent en chien de faïence. Koumba Alimé affichait un flegme insondable, tandis qu’il composait en son for intérieur multiples scénarios dans lesquels il défigurait l’homme, désormais âgé de soixante-dix-huit ans. M.Dimbilly remit son chapeau et s’apprêta à partir, quand l’homme Noir interrompit son mouvement, lent et rendu disgracieux par le rhumatisme.
La peau éburnéenne de Koumba Alimé laissait entrevoir d’imposantes cicatrices. Ce qui ne manqua pas de surprendre les dames de service. Infiniment charmeur, il est vrai que l’homme savait déployer une masculinité dont sont folles les jeunes Alors qu’il était jadis entravé par les barrières langagières, le voilà qu’il jonglait avec les mots dans cette société balzacienne qu’est Valnesi.


— M.Dimbilly, je vous en prie, restez donc assis.
— Je… Je n’en ai pas envie, répondit l’architecte, essoufflé.
— Nous avons assez respecté vos envies, vous ne trouvez pas ? rétorqua Alimé, en s’asseyant à droite du vieux monsieur.
— Permettez au moins que je demande un autre thé.
— Profites-en bien. Ça pourrait être la dernière framboise séchée que tu te mets dans le gosier, répliqua Alimé en se vautrant.

La peau éburnéenne de Koumba Alimé laissait entrevoir d’imposantes cicatrices. Ce qui ne manqua pas de surprendre les dames de service. Infiniment charmeur, il est vrai que l’homme détenait une gymnastique du corps, affûtée pour plaire aux esprits les plus enclins à la beauté physique. Alors qu’il était jadis entravé par les barrières langagières, le voilà qu’il jonglait avec les mots dans cette société balzacienne qu’est Valnesi. M.Dimbilly ne prit guère cet affront pour une menace. Le vieux briscard était coutumier des discussions animées. Ses contempteurs furent nombreux au cours de sa vie, les débats passionnés. Malgré l’absence de trait politique, sa vie était un dessin représentant une estrade et un homme qui parle debout. C’est dire que la parole fût davantage importante que le crayon, même pour cet homme qui passait autrefois plus de douze heures par jour sur un croquis. Mais Koumba Alimé menaçait désormais plus clairement sa volonté de tout révéler : les humiliations, les coups, les sévices psychologiques, les agressions… Si l’homme revêtait une carapace en titane, Alimé venait de la fendre. Jamais on n’avait proféré de telles allégations à l’encontre d’un des hommes forts de Valnesi. Le vieil architecte resta calme, le souffle parcourant son torse malingre, les paupières légèrement rehaussées par la surprise, les lèvres gercées, le teint diaphane, la canne mal à l’aise sur ce coin de fauteuil ; il reprit, sans escompter la pitié de son ancien ouvrier, sa gestuelle raidie par le temps et se mit à soulever indépendamment son antique carcasse. C’en était trop : Alimé n’avait rien d’un ennemi. « Tu es et tu resteras à tout jamais un noir. Qu’as-tu fait, toi ? Rien. Moi, qu’est-ce que j’ai fait ? Tout. » L’homme balaya l’homme du regard. Il avait oublié son monocle sur la table. Alimé le lui remit, juste avant qu’il franchisse le seuil de la porte, direction les jardins. « Je n’ai rien fait, vous avez raison. C’est pour cela que je vous détruirai. Tout doucement. Avant que vous mourrez. Le premier spectateur de votre perte sera vous. Mes hommages, M.Dimbilly. »
« Modifié: 19 Décembre 2025 à 12:49:35 par Shendo »

 


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