Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Janvier 2026 à 20:18:57
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Sonnez les Matines

Auteur Sujet: Sonnez les Matines  (Lu 603 fois)

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 532
Sonnez les Matines
« le: 28 Novembre 2025 à 16:12:01 »
Sonnez les Matines


S'il me restait un minimum de lucidité, je serais capable de dire que nous n'aurions jamais dû en arriver là, mais bon … à la suggestion : « Calmez-vous, laissez-nous entrer sans faire d'histoires », j'ai répondu :
- allez-vous faire foutre !

Avant, j'avais tout pour être heureux. La vie était paisible dans la zone résidentielle de mon petit bourg, d'autant qu'avec la position surélevée de ma maison, une vue dominante sur le village d'en bas et privilégiée sur les belles collines avoisinantes me procurait sans cesse un infini plaisir. Comme ces merveilles de la nature, tout était en rondeurs, policés. La vie roulait sur un parterre de fleurs, leurs odeurs envoûtantes enrichissaient mon refuge paradisiaque.

Et puis un rien, un grain de blé bouleversa tout cela : je ne sais pourquoi, tout d'un coup, mon voisin en contrebas s'est mis à aimer les œufs à la coque et c'est ainsi que tout a commencé.

Des ergots. Des ergots tordus qui s'approchent de mon visage. Ergot got got codec.

Moi, le fringant pacifiste qui donnait des leçons à tous ceux qui ne voulaient pas les entendre : faites l'amour, pas la guerre ; moi, le père de cinq enfants (avec un slogan pareil, il ne fallait pas s'attendre à autre chose.) qui, dans ma jeunesse, ai refusé d'aller faire mon service militaire au profit d'un service civil, j'ai acheté une 22 long rifle toutes options ; moi qui disais à ces mêmes enfants : ramenez à la maison ce que vous voulez, sauf des militaires et des policiers, je viens de passer trois mois à m’entraîner au stand de tir de la ville d'à côté en côtoyant Riri, l'ancien para avec une grosse cicatrice sur le crâne et en buvant des bières (au stand, il y a toujours un bar plus achalandé qu'autorisé.) avec Jean-Mi, renvoyé de la police pour excès de conformité aux ordres hiérarchiques.

Faut-il que l'être humain soit si fragile pour qu'à la moindre contrariété, il se noie dans de telles bassesses ?

Ou, au contraire :

Faut-il que l'être humain soit imprégné d'une force supérieure lui permettant de se noyer dans de telles bassesses pour qu'à la fin de l'histoire, il puisse atteindre son objectif suprême ?

En ayant les yeux globuleux du coq bien en face de moi, c'est, vous l'aurez compris (puisque c'est moi qui juge), la deuxième option que je retins, ce matin-là, aux aurores.

Le coq …  Le poulailler … Le coq …  Le coq … C'est devenu une obsession. J'ai cherché partout des explications rationnelles, mais personne ne comprend rien au coq.

Déjà, personne ne comprend son cri, tout le monde dit que c'est un chant et chacun y va de son interprétation. En allemand, c'est Kikeriki ; en italien, Chicchirichi ;  Cocorococo, en portugais ; et, bien sûr, en anglais, c'est le pompon, on trouve cock-a-doodle-doo. Alors que je suis allé vérifier dans tous ces pays-là, le coq semble bien faire universellement Cocorico !

Des faucilles, des petites, des grandes. Plein de faucilles, plein de dangereux terroristes.

Personne ne sait pourquoi, tous les matins, entre quatre et cinq heures, aux premières lueurs du jour, le seul coq, tout beau, tout neuf, le seul coq de la zone résidentielle où je vis se met à chanter à tue-tête. J'ai consulté, des plumes, des plumes qui volent, des plumes qui volent mon amour-propre, oui, j'ai cherché à savoir alors j'ai vu des spécialistes de toute sorte. Personne ne sait vraiment pourquoi ? Ces gens-là ont bien émis des explications, mais qui ne m'ont pas convaincu du tout ( même si ce n'est pas elles qui m'empêchent de dormir, le coq, le coq, je croque, je Glock)

Un vétérinaire m'a expliqué que le coq chante à l'aurore pour dissuader d'éventuels prédateurs, alors que c'est la nuit que ceux-ci sont les plus virulents. C'est incohérent, complètement incompréhensible, c'est comme si cet animal ne présentait aucune jugeote, alors que je le vois, là, dans l’œil de ma lunette et qu'il me parle avec ses yeux plein d'arrogance et de malice. Je vois bien qu'il se moque de moi. Non, le coq n'est pas fou. Non, il ne chante pas pour éloigner un quelconque pillard qui est allé se coucher, il y a maintenant deux bonnes heures. Je sais que le coq est malin comme un singe, il n'y a qu'à le regarder, maintenant, se retourner et me montrer ses fesses en faisant semblant de picorer un grain de la veille.

Un barbillon. Un barbillon alors que je ne me rase plus la barbe depuis que je suis entré en dépression.

Un spécialiste du comportement animal a voulu me convaincre que le coq chante pour asseoir sa domination sur les autres mâles. Ce serait donc à qui chantera le premier, comme ce fut (ou c'est encore) à qui pissera le plus loin. Avec un rythme circadien pareil, dans deux siècles, le coq d'Arthur chantera à une heure trente-sept, parce que la veille, le coq de Jeanne avait chanté à une heure trente-huit. Décidément, si cela est vrai, le monde est foutu, on ne s'en sortira pas. Je déprime, mais l'instant d'après, je me rends compte que ce n'est que des balivernes de faux-experts : mon coq est tout seul dans le quartier ! C'est un quartier résidentiel, il ne devrait d'ailleurs pas être là. Les résidences doivent être interdites à tous les animaux, sauf les rats qui sont des humains comme les autres. Oui, il ne devrait pas être là et il n'y a pas d'autres mâles à des kilomètres carrés de bitume à la ronde. Alors ? Alors, quoi ?

Une crête. Une crête vertigineuse. Je suis en équilibre sur cette crête. J'ai envie de sauter, de rejoindre le monde des songes.

Un psychiatre m'a dit que le chant du coq lui permet de signaler sa présence aux poules – dès qu'on parle de cul, il y a un psychiatre pas loin – et je devrais le croire sur parole, mais, bordel, les poules dorment à un mètre de lui, dans le même poulailler ! En hurlant au vent comme un dératé, le coq espère faire son affaire ? Et bien, Messieurs, je vous invite à chanter très fort à quatre heures du matin dans le lit conjugal : c'est le fameux mât d'un fameux trois-mâts, hissez haut, Santiano. Vous me direz si Madame est en disposition pour faire des galipettes. Et si, par bonheur, vous réussissez votre coup le lundi, dites-moi si, le mardi, votre chanson matinale n 'a pas été reçu avec des noms d'oiseaux. Non, vraiment, tout cela ne correspond à rien de tangible. Je le sais, moi, ce que fait ce salaud de coq résidentiel : il chante pour m'emmerder.

Je le vise et je vois bien qu'il a toujours son regard vicieux. Il déglutit pour chauffer sa voix, il va chanter, c'est sûr. Au moment où je tire, il se baisse pour ramasser un grain d'orge. Lorsqu'il se relève, il me regarde et je l'entends très nettement hurler :
- Cocorico, ta mère !

Fou de rage, je recharge mon arme...

---o---o---o---

Comme dans Bip-Bip et le coyote, je n'ai jamais réussi à atteindre ma cible en plumes. C'est certainement dû au fait que, dès l'arrivée impromptue de la basse-cour, je me suis m'y à rêver de coq au vin et, comme je n'avais pas le coq sous la main, je me suis retourné sur le vin. J'ai commencé à boire dès les premières lueurs du soleil. Toutes les premières lueurs de tous les matins. Du vin, du vin et puis, assez rapidement, toutes sortes d'autres alcools plus consistants.

Avec la main qui tremble, j'ai également acquis un joli trémolo au niveau des cordes vocales. C'est cela qui m'a définitivement perdu. Comme je n'étais pas en capacité de le supprimer, je me suis mis à répondre au coq. Au début, c'était des « Ta gueule ! » que j'envoyais un peu n'importe comment, sans en comprendre vraiment l'importance. Et surtout, ces cris étaient très sporadiques, si bien que mes voisins proches ne faisaient que me regarder un peu de travers en se demandant si je n'avais pas contracté le syndrome de La Tourette. Mais ensuite, j'ai commencé à écouter les respirations du gallinacé, ses silences. J'ai pris le poulpe de la situation, comme une pieuvre, j'avançais lentement mes tentacules pour quelques fois lui crier : « Alors, presque endormi, Connard ! » et lui se remettait au travail :
- Cocorico!
Peut-être craignait-il qu'une de ces poules monte la petite colline qui nous séparait ? Va savoir, il est complètement cinglé alors que je suis totalement sain d'esprit.

Là où cela a vraiment dérapé, c'est quand je me suis mis à le comprendre : entrer dans une culture, c'est s'identifier. J'ai pensé que, moi aussi, je réclamerais si je n'avais que des grains de blé ou d'orge à ingurgiter, si je devais, par courtoisie, laisser les seuls vers de terre stupides qui s'aventureraient dans mon monde se faire avaler par mes nombreuses femmes. Je me suis dit également que si j'avais une cour, même basse, je ne voudrais pas que n'importe quel malotru abîme une de mes pouliches. Oui, le moment où les autres habitants ont commencé à lancer cette fichue pétition contre moi, c'est quand je me suis mis à lui répondre en coq !

Un matin, il était cinq heures moins une et c'est moi qui ai réveillé toute la communauté. J'ai ramassé ma plus belle voix au fin fond de la bouteille que j'avais dans la main et j'ai hurlé en anglais pour faire plus chic :
- cock-a-doodle-doo !

Et depuis, je ne me suis plus jamais arrêté... Je hurle à n'importe quel moment du jour et de la nuit, et l'autre imbécile me répond toujours … Je fais des blagues en coq, je traite mon ennemi de coquet ce qui a le don de l'irriter. Et là, c'est parti pour une heure de caquetage halluciné. Remarquez, je n'ai rien contre les coquets, ni contre toutes les formes de sexualité. Tout est dans la nature. En réalité, je n'ai rien contre la transgenralité en ruralité, bien au contraire. La pieuvre : je suis un fervent partisan des poules transgenres !
- Tous ensemble, tous ensemble ! Éradiquons les coqs de la surface de la Terre ! Vive les poules transgenres ! Tous ensemble, tous ensemble !

Bon, bien sûr, je le dis en coq et je ne vous le traduis pas parce que c'est imbuvable... Et puis, de toute façon, c'est un miracle que j'arrive encore à écrire ces quelques lignes en français (mon testament, en quelque sorte) parce que je ne le parle pratiquement plus.

- Monsieur Renard ? Dernière sommation ! Dans cinq minutes, nous pénétrerons de force dans la maison.

Et j'entends mes voisins, amassés derrière un muret, suggérer à la police :
- Mais tuez-le ! Tuez-le, il est dangereux !

Et effectivement, comme je n'ai pas réussi à zigouiller l'horrible macho du poulailler, que celui-ci m'a mené au point où j'en suis et qu'il faut une chute à cette histoire qui n'a que trop duré : faute de coq, je vais tirer sur des poulets !

« Modifié: 28 Novembre 2025 à 16:24:12 par Manu »

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 890
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #1 le: 28 Novembre 2025 à 17:15:57 »
Merci pour le partage de ton récit ;)

Tu décris une personne devenant folle suite au chant du coq.
Ceci dit, sa famille, ses 5 enfants, et je suppose aussi sa femme, doivent l'entendre, mais ils ne semblent pas perturber.
Ton héros crée une obsession sur ce pauvre gallinacé ^^


Ton texte est composé de jeux de mot, comme avec poulpe ou poulet.
En le lisant, je voyais que tu avais pensé a crée un déroulement pour ton personnage, afin des faire des allusions et des jeux de mots.


Ton texte est un recite léger et empreint d'humour
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Choumi

  • Prophète
  • Messages: 734
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #2 le: 28 Novembre 2025 à 18:15:12 »
Bonjour
C’est con, c’est beau,  c’est plaisant à lire.Bref j’ai bien aimé
Mais quelle dépression tu couves là!

À part quelques phrases un peu longues qui, à mon sens, ralentissent un peu la lecture , j’ai bien aimé
Amicalement
Michel

Hors ligne XB2000

  • Tabellion
  • Messages: 40
    • Texte mi-long » Bestia ex machina : La Bête de l'évènement
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #3 le: 29 Novembre 2025 à 00:01:25 »
J'ai bien apprécié ton texte sur ce pauvre qui se fait martyrisé par ce vilain gallinacé, qui en plus a monté le voisinage contre lui.
 
Déjà, personne ne comprend son cri, tout le monde dit que c'est un chant et chacun y va de son interprétation. En allemand, c'est Kikeriki ; en italien, Chicchirichi ;  Cocorococo, en portugais ; et, bien sûr, en anglais, c'est le pompon, on trouve cock-a-doodle-doo. Alors que je suis allé vérifier dans tous ces pays-là, le coq semble bien faire universellement Cocorico !
J'aime bien le chauvinisme du passage  :D

J'ai pris le poulpe de la situation, comme une pieuvre, j'avançais lentement mes tentacules pour quelques fois lui crier
J'ai particulièrement aimé. ça joue avec le lecteur, on croit machinalement à une faute d'orthographe avec "poulpe" au lieu de "pouls", mais on découvre que c'est le narrateur qui vrille.

Hors ligne Mic Ester

  • Troubadour
  • Messages: 350
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #4 le: 29 Novembre 2025 à 10:01:10 »
Salut Manu
Excellent début de matinée avec ce coq chantant. J’ai bien aimé la progression du personnage, cool au début, pacifiste, tolérant qui finit par vriller rapport au coq du voisin.
Puis vient cette phrase définitive « Il chante pour m’emmerder » tout est dit !
On voit un peu arriver la chute, mais tu l’as bien camouflée avec le jeu de mots, coq-poulet, bien vu aussi
Bon moment de lecture, super titre en plus.
A+
Mic

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 532
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #5 le: 29 Novembre 2025 à 11:25:34 »
Bonjour à tous et merci pour vos messages,

Cendres:
J'aime ton pragmatisme. On va dire qu'avec un type pareil, il y a longtemps que la femme et les enfants ont fait leurs valises.

Choumi:

Oui, tu as raison, c'est con, mais cela me fait rigoler et puisque tu as la gentillesse d'en sourire également, alors tout est bien.

Xb2000:
Oui, mon narrateur en tiens une belle couche. Merci pour avoir accepté de rentrer dans ses folies.

MIC Ester:
Juste un sourire de bon matin. Genial, je suis heureux d'avoir participé à cela.

Bonne journée à tous.

Hors ligne Choumi

  • Prophète
  • Messages: 734
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #6 le: 30 Novembre 2025 à 08:49:43 »
Salut Manu
C ´est vrai que vue l’ambiance environnante distillée par les médias, un texte comme celui ci détend l’atmosphère
Je suis de ceux qui ( tentent) d’écrire ou vont au cinoche pour se distraire. Alors j’évite tant que possible la lecture émouvante
Ce qui ne veut pas dire qu’elle est complètement absente de mon répertoire
Amicalement
Michel

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 735
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #7 le: 30 Novembre 2025 à 11:03:41 »
Bonjour Manu,


Me voici pour découvrir ton texte intitulé Sonnez les matines.

Et c'est une lecture amusante toute en allusions grotesques. J'ai pris plaisir à découvrir une petite partie de la vie de ce forcené armé. Il est obsédé par les choses éternelles, et ne supporte plus le chant du coq.

Je trouve qu'il y a de quoi nourrir un bestiaire avec toutes ces idées. Ton personnage fait une entrée bruyante dans le monde de la basse-cour. C'est un récit populaire, avec des accents hilarants qui stimulent l'imagination.

C'est ce que je pouvais en dire.


Un grand merci à toi pour ce moment de lecture.

Et à bientôt sur le Monde de l'Écriture.

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 532
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #8 le: 05 Décembre 2025 à 10:49:17 »
Bonjour Alan,

Merci d'avoir lu ce texte et d'avoir pris le temps d'y laisser ton ressenti.

Simplement heureux d'avoir pu te faire sourire et sortir de l'ordinaire pour un instant.

Bien à toi.


Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 185
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #9 le: 16 Décembre 2025 à 14:57:18 »
 En sous-titre (le titre est excellent) tu aurais pu mettre : « la fragilité de la raison » car, ce me semble c'est bien de cela dont il s'agit.

Nous avons la 1 superbe illustration de la manière dont une société transforme un individu en monstre et de la façon dont une obsession mineure  peut générée le totalitarisme. Le coq, au fond, n’est qu’un prétexte mythique :ce n’est pas l’animal qui est fou,c’est le monde qui ne sait plus quoi faire du bruit de l’autre.

C’est un excellent texte, dérangeant, maîtrisé, excessif juste ce qu’il faut.
Il a une vraie voix, une vraie tenue, et une vraie cohérence interne et s'il est drôle, très drôle, il n'en frise pas moins le tragique et c'est cette ambivalence qui fait sa force.

En un mot : bravo !

 

 
cent fois sur le métier...

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 532
Re : Sonnez les Matines
« Réponse #10 le: 20 Décembre 2025 à 12:00:33 »
Bonjour Hellian,

Merci d'avoir lu entre les lignes de ce texte.

Rire, réfléchir. Toujours se remettre en question...

Ce fou furieux peut très facilement être moi, toi ou notre voisin qui aime tant les oeufs à la coque.

Bonne journée.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.016 secondes avec 18 requêtes.