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Auteur Sujet: Un séjour à l'hôpital  (Lu 279 fois)

Hors ligne Bahdon83

  • aka Reyeh17
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    • La Gazette de Djibouti
Un séjour à l'hôpital
« le: 21 Novembre 2025 à 19:12:54 »
- Salut tout le monde ! Voici un texte que j'ai rédigé en utilisant pour une grande partie une expérience réellement vécue (un séjour à l'hôpital de mon père). Je n'avais pas de véritable objectif en tête en écrivant ces lignes, j'ai simplement suivi mon inspiration du moment, tout en me rappelant que je m'étais promis que je coucherais sur le papier, un jour ou l'autre, cette expérience et les anecdotes que j'ai pu rassembler au cours de cette période. N'hésitez pas à commenter, critiquer, suggérer et poser toutes les questions qui vous viennent. Je suis impatient de lire vos commentaires, et je vous souhaite une bonne lecture.




Hôpital Général Peltier - Février 2005
Cela fait maintenant trois semaines que moi et mon père nous sommes installés dans une des chambres du service de cardiologie, à l'étage. Après son AVC, mon père s'était retrouvé aux urgences avec toute la famille autour de lui, le corps raidi sur son lit d'hôpital et, pour une fois, silencieux. C'était une expérience traumatisante de le voir s'immobiliser, se tenir le haut dp crâne en grimaçant avant de tomber comme une masse. Je le portais avec l'aide d'un ami présent ce jour-là dans le taxi que nous avons appelé. Étrangement, mon esprit était complètement déconnecté des évènements, comme si j'assistais à ce drame en tant que spectateur. Les deux soeurs avaient accouru en catastrophe, et nous passâmes beaucoup de temps, moi mon ami et le mari de ma petite soeur, à calmer et réconforter ses dames.
Spectacle navrant, banal, en tout cas pour les infirmiers, qui voyaient à longueur de journée ce gens qui déambulent dans les couloirs, l'air hagard et inquiet, avec un sachet en plastique à la main bourré de médicaments, de couvertures ou de plats à emporter...
Mais le sentiment d'impuissance n'en est pas moins réel pour celles et ceux qui ramènent leurs parents inanimés, ou hurlant de douleur. Mon père a passé une nuit aux urgences avant d'être transféré au service de cardiologie, sur un coup de pouce discret du mari de ma soeur, Elmi, toujours aussi discret et efficace. Il avait fallu quelqu'un pour rester en permanence avec lui, et je me suis dévoué. Et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés tous les deux dans une chambre spacieuse au premier étage, avec WC et télé inclus.
Au fil du temps, la santé de mon père s'améliorant petit à petit, je me suis mis à faire plus attention à la routine du service de cardiologie, la visite matinale du docteur avec son équipe d'internes, la tournée des infirmiers avec le chariot de médicaments étiquetés, ainsi que les repas distribués. L'observation de cette routine, les discussions à bâtons rompus avec l'infirmier major, un homme affable et souriant, tout ceci finit par me lasser et je commençais à avoir mes propres habitudes.
Deux fois par jour, le matin aux environs de 9 heures et le soir après le couvre-feu de 10 heures, je descendais et je me permettais une petite promenade aux alentours, juste après la visite matinale du docteur, qu'il ne fallait pas rater afin d'avoir un avis sur l'évolution de la santé de papa. Je ne m'éloignais pas trop loin, profitant du petit somme que faisait mon père, provoquée par la prise la douzaine de cachets quotidiens que lui avait prescris le médecin, et que lui faisait prendre tant bien que mal les infirmiers. Mon père était un patient très difficile quand il s'y mettait.
Le service de cardiologie était installé dans un ancien bâtiment à un étage de style colonial plutôt bien entretenu, avec une peinture blanche récente qui lui donnait du caractère. Ce que j'appréciais le plus était la véranda en marbre marron foncé qui courait sur toute la longueur du bâtiment et qui apportait une fraîcheur exceptionnelle, d'autant plus que le bâtiment lui-même était placé de manière idéale au fond de l'hôpital, et on pouvait le bord de mer et sentir et écouter les vagues rouler paresseusement pour finir par échouer sur la rocaille.
L'ancien nom du service était plus connu, le service Martial, qui fut une pediatrie. C'est justement dans ce bâtiment que j'y ai vu le jour. Les gens y faisaient plus volontiers référence pour en parler et indiquer si un patient y résidait. Des palétuviers majestueux aux troncs rugueux et au feuillage touffu, au pied desquels des bancs en ciment et quelques uns en fer forgé étaient disposés, procuraient une ombre bienvenue quand le soleil était à son zenith.
Pendant ma promenade du matin, je finissais mes déambulations sur un des bancs disposés juste derrière le bâtiment du service de psychiatrie, situé à proximité du service Martial. D'habitude, j'etais seul et je m'amusais à observer les passants et à deviner leur histoire, d'après l'expression de leurs visages et le contenu de leur sac. Je laissais mon imagination courir.
Celui-ci, habillé d'un pantalon noir serré et d'une chemise verte à rayures noires, des lunettes de soleil sur le front, portait un grand sac blanc contenant des fruits et des boîtes de petit déjeuner, n'était sûrement pas un accompagnant, mais un visiteur ponctuel venu déposer son sac au pied du lit du malade qu'il venait voir, avant de s'éclipser rapidement en prétextant qu'il était en retard pour son travail. Accompagnant, c'est le terme utilisé par le personnel médical pour désigner les membres de la famille qui ont été autorisé par la direction de l'hôpital pour rester avec les malades et en prendre soin. Les infirmiers procuraient les soins nécessaires mais ne pouvaient suffire pour véritablement prendre soin de tous les malades. Alors un membre de la famille était réquisitionné pour laver le malade, changer ses vêtements, le porter jusqu'aux toilettes et donner l'alerte le cas échéant à l'infirmier de service pendant la nuit.
Quand on restait suffisamment longtemps, on finissait par se connaître entre accompagnants et aussi des liens d'amitié se formaient avec les infirmiers et les infirmières, ainsi qu'avec le personnel d'entretien et de sécurité. Les nouveaux venus étaient mis au parfum sur le fonctionnement de l'hôpital et les routines.
La plupart du temps, c'était le soir que l'on pouvait prendre le temps de discuter et de sociabiliser. Et curieusement, on avait plus de chances de rencontrer quelqu'un après le couvre-feu de 10 heures qu'avant. A ce moment, la ronde des infirmiers pour administrer les médicaments était faite, les agents de sécurité commençaient leur premier quart et chassaient les derniers visiteurs qui s'attardaient dans les chambres. L'hôpital redevenait progressivement silencieux, débarrassé du bruit de fond formé par les conversations, les cris et les exclamations des gens qui ne pouvaient s'empêcher de vouloir attirer l'attention, et du claquement incessant des pas sur le marbre.
Si vous étiez présent après que tout ce monde ait quitté les couloirs, les chambres, vous seriez certainement impressionné par le silence qui s'emparait de l'espace, et seul les bruits des appareils médicaux et le froissement des couvertures quand un patient se retournait dans son lit pouvaient s'entendre; un silence assourdissant, comme chargé de la souffrance et de l'angoisse des malades qui, seuls désormais pour tout le reste de la nuit, regardaient la porte de leur chambre par où s'était volatilisé le dernier visiteur. C'est ce moment que choisissaient les accompagnants pour sortir et se retrouver aux pieds des bâtiments, sous les arbres, pour fumer une cigarette ou deux malgré l'interdiction, et discuter de choses et d'autres, sans autre ambition que de décompresser, au bout d'une longue journée, d'échanger sur les évènements de la journée.
Parfois, un agent de sécurité passait près d'eux en faisant sa ronde, et sous prétexte de les sermonner, les rejoignait et bavardait un moment, puis repartait avec la promesse que tout le monde serait retourné dans les chambres avant sa deuxième ronde. Des infirmiers adeptes du tabac complétaient ce petit groupe hétéroclite. Les conversations allaient bon train.
Un soir, un agent de sécurité qui se faisait appeler Steve nous rejoignit. Nous étions debouts, moi et cinq autres personnes, dans un endroit discret et sombre pour ne pas attirer l'attention. La conversation s'était essoufflée, et nous étions plus ou moins perdus dans nos pensées. Des volutes de fumée s'étaient amoncelés au dessus de nos têtes, résultat d'une douzaine de cigarettes grillées à la va-vite.
Après avoir tiré une longue bouffée de sa cigarette, Steve s'adressa à un infirmier qui était avec nous: "Dis moi, cousin, est-ce que je suis le seul à le remarquer ou bien les morts subites deviennent de plus en plus fréquentes à Djibouti ?"
-" Tu n'es pas le seul, répondit l'infirmier. C'est vrai que ça devient de plus en fréquent ces dernières années.
-" Attendez les gars, vous parlez de quoi? Les morts subites, que voulez-vous dire ?
- Ce sont des décès qui surviennent brusquement, sans raison apparente. La personne est jeune, c'est un homme le plus souvent. Et il meurt comme ça, l'infirmier claqua des doigts pour illustrer son propos.
- Eh ben dis donc... J'ai entendu une ou deux histoires à ce sujet, mais je ne savais que cela se produisait très souvent...
- Oui, oui, des histoires du genre le gars est mort en pleine séance de khat, comme Gafaneh?
- C'est ça des histoires de ce genre. Alors, moi ce que je voudrais savoir, c'est la raison pour laquelle ça arrive, et de plus en plus souvent si j'ai bien compris.
Nous regardâmes l'infirmier, qui ne se démonta pas. Il prit le temps de finir sa cigarette, expulsa un énorme nuage de fumée, et écrasa son mégot, lentement, en prenant tout son temps. Il était clair qu'il prenait du plaisir à faire languir ainsi son public. Quand l'attention de tout le monde lui fut acquise, il s'exprima d'une voix basse et profonde, pour donner un effet dramatique à ses paroles
-" Quand on parle de mort subite, on est souvent choqué par la jeunesse de la personne morte. La famille ne cesse de répéter qu'il les avait quitté beaucoup trop tôt, qu'ils n'avaient rien vu venir, et patati patata... Soyons clairs: je suis convaincu que c'est la personne elle-même travaille à sa propre mort, avec des excès de consommation de toutes sortes, de mauvaise habitudes alimentaires, et ce mépris, moi je dirais plutôt la crainte, des djiboutiens pour les examens médicaux, qui auraient pu déceler le danger à temps. La triste vérité c'est que le décès ne survient que quand les organes ont été mis à rude épreuve, qu'ils ne peuvent plus assurer leurs fonctions normalement, et finissent par s'arrêter, que le barrage a complètement cédé. Je m'explique: imagine que tu passes tous les jours devant un barrage, et que tu décides pour une raison ou une autre, que chaque jour, tu vas jeter un caillou sur ce barrage.
Nous étions fascinés. Le côté mystérieux, et les explications superstitieuses sur la mort subite disparaissaient, et les explications de l'infirmier nous faisaient voir une autre réalité: la plupart d'entre ne faisions rien d'autre que creuser notre propre tombe.
Notre expert reprit, visiblement satisfait de son petit effet: "Les dégâts que tu vas occasionner ne seront pas visibles les premiers jours, ni même les premiers mois, vous voyez ce que je veux dire. Maintenant supposons que tu jettes ce caillou tous les jours, sans exception...pendant des années. Que pensez-vous qu'il va arriver?
Je me lançais, pas très sûr de moi:" Le barrage finit par céder.
-" Oui, mais avant qu'il ne cède, les cailloux auront réussi à créer une petite fissure. Et c'est cette fissure, quand elle va apparaître pour la première fois, à ce moment-là, ce sera le début de la fin. Car toi, tu ne vas pas arrêter de lancer ton caillou, tu vas continuer ton travail de sape, inlassablement, jour après jour. La fissure va grandir, se développer, des crevasses vont apparaître, l'eau va s'infiltrer, et finalement, un jour sans prévenir, le barrage cède et déverse toute l'eau qu'il retenait. C'est la catastrophe, que personne n'avait vu venir, mais qui se préparait depuis longtemps, caillou après caillou...
- "Cigarette après cigarette, et taffe après l'autre.
-" Exactement. En quelque sorte, la mort subite d'une personne...
Un agent de sécurité s'était tout à coup matérialisé à côté de nous, sans que l'ayons vu venir, suspendus que nous étions aux lèvres de notre conférencier maison. Il dispersa notre petit groupe, et je retrouvais ma chambre, la tête bourdonnante et légèrement mélancolique.

------  Mercredi 12/11/25, Jeudi 13/11/25 -----
Ce soir-là, je rêvais que je m'empiffrais de concombres, et qu'à la fin je prenais la forme du légume, mais que personne ne semblait s'en apercevoir. Je me réveillais avec la sonnerie du téléphone, que j'avais réglé sur cinq heures, afin d'être disponible si mon père voulait se rendre aux toilettes et le changer avant l'arrivée de l'équipe médicale.
Vers 8 heures, une dizaine de personnes s'introduisit dans la chambre de mon père. Tous habillés de blouses blanches, ils étaient conduits par le médecin chef du service de cardiologie, docteur Farhan, un homme fluet de petite taille et aux gestes vifs. Avec ses lunettes dorées et sa calvitie naissante, l'homme incarnait l'archétype du médecin compétent et efficace. Les internes qui l'accompagnaient l'ecoutait avec un silence déférent et ne cessaient de prendre des notes sur des bloc-notes.
Docteur Farhan s'approcha de mon père, et après m'avoir salué d'un hochement de tête rapide, s'adressa à mon père: "Bonjour, Monsieur...Mahamoud, comment se porte-t-on aujourd'hui?" Et sans vraiment attendre de réponse, décrocha le listing accroché au lit pour y vérifier les notes laissées par l'infirmier de garde la nuit dernière. Mon père s'agita sur son lit, excédé par la désinvolture du médecin. Je sentais qu'un orage approchait.
-" Ce n'est pas plutôt à vous de me dire comment je vais, docteur? lança mon père, sur un ton colérique. Le médecin releva vivement la tête, puis sourit aimablement.
-" Oui, vous avez raison. Et se tournant vers les internes: Comme vous le voyez, monsieur Mahamoud est un patient en bonne voie. On peut le voir grâce à la courbe de température et à celle de la glycémie qui se sont stabilisé depuis notre dernière visite, il y a 24 heures. Nous pouvons estimer qu'il pourra bientôt sortir et rentrer chez lui.
- Et est-ce que nous pouvons estimer mes chances de rechute? demanda mon père, et le ton ironique n'échappa pas au médecin, qui se retint visiblement de répondre.
- Je viendrai vous voir demain, et peut-être je signerai votre sortie... inshAllah.
Mon père se recoucha et croisa les bras, la face renfrognée. La réponse du docteur, qui avait éludé sa question, ne lui plaisait pas, mais même avec son tempérament explosif, il comprenait qu'il ne gagnerait rien à se mettre à dos "son" docteur. L'équipe sortit à la suite du médecin, à la queue leu leu, certains jetant un coup d'œil mi-craintif mi-intrigué à mon père. Je savais que le personnel médical ne supportait pas les éclats de mon père, et aucun infirmier ne voulait être chargé de s'occuper de lui.
Peu de temps après, nous reçûmes la visite de ma petite soeur, qui apportait de nouvelles couvertures et quelques friandises pour moi. Elle embrassa son père sur le front, lui demanda de ses nouvelles et parla de choses et d'autres pour le divertir. Ses visites étaient les seuls moments où mon père semblait apaisé, il souriait béatement, assurait qu'il allait bien. Au moment où ma soeur repartait, le chariot contenant le petit-déjeuner s'arrêta devant notre chambre et une jeune fille passa la tête par la porte. Elle nous demanda quels plats nous aimerions avoir, le choix était limité mais la nourriture était correcte.
Nous étions en train de discuter paisiblement quand un infirmier, Liban, un garçon jovial, apporta les médicaments sur un chariot. Tout en parlant avec sa grosse voix qui semblait toujours sur le point de se transformer en fou rire, il remplit soigneusement la seringue d'insuline et piqua mon père très rapidement. Il n'arrêtait pas de parler pendant que papa ingurgitait les comprimés avec un verre d'eau. Et le plus amusant, c'est qu'il voyait très bien que ce bavardage incessant irritait au plus haut point le patient le plus redouté du service Martial. Je me cachais dans les toilettes pour étouffer un fou rire.
C'était enfin l'heure de ma petite promenade matinale, et après m'être assuré que mon père s'était endormi, je descendis l'escalier d'un pas alerte, souriant et léger comme une plume. La vie dans un hôpital ne semblait pas si horrible quand, bien sûr, on n'était pas un patient. Les soucis quotidiens étaient écartés et on semblait vivre comme dans une bulle.
Au lieu de me dégourdir les jambes, je décidais de m'asseoir sur les bancs en fer forgé non loin de la porte d'entrée du service Martial. À ma grande surprise, il y avait déjà quelqu'un assis sur un des bancs. Un homme, jeune et habillé d'une chemise longue et froissée, ses cheveux avaient besoin d'un coup de peigne. Il était assis et regardait devant lui, figé dans une position raide, silencieux. Sans trop y prendre garde, je m'asseyais sur le même banc, et croisais les jambes en regardant les gens aller et venir. Je m'apprêtais à m'adonner à mon occupation favorite, l'observation de ce petit monde affairé et soucieux, quand je sentis une main sur mon épaule. En me retournant, je vis que le jeune homme s'était approché et me regardais d'un air interrogateur. Quelque chose dans son regard, une absence, le fit tressaillir malgré moi. Était-il un patient du service de psychiatrie tout proche? Avait-il échappé à la surveillance des infirmiers? Il était peut-être dangereux, mais rien n'indiquait dans son attitude qu'il voulait s'en prendre à moi. Il avait l'air plutôt de quelqu'un qui cherchait à engager la conversation.
-" Oui, mon frère, lui dis-je. Qu'est-ce que je peux faire pour toi?
-" Je voulais savoir...
Je me tus pour lui laisser du temps, l'encourageant silencieusement à continuer. Je n'étais pas sûr de ce que je faisais, ni dans quoi je m'engageais.
-" Est-ce que toi aussi tu les vois, la nuit, quand tu fermes les yeux?
J'étais interloqué. Quelle réponse donner à une question aussi inattendue et bizarre?
-" Euh...
Tout d'un coup, le jeune homme tourna la tête d'un air inquiet et se mit à s'agiter. Des hommes en tenue bleue clair, des infirmiers se dirigeaient vers nous, suivi de près par une femme en blouse blanche, probablement le médecin qui s'occupait du jeune homme. Les infirmiers prirent le jeune homme par les bras, et tout en parlant d'une voix basse et engageante, le relevèrent. Le médecin les rejoignit et le jeune homme fut emporté fermement vers les bâtiments du service psychiatrique. Le médecin resta immobile près de moi à les observer pendant un instant, puis se tourna vers moi avec un sourire engageant.
-" Est-ce que je peux m'asseoir? Elle s'assit et le demanda d'un air inquiet : J'espère que ce pauvre garçon ne vous a pas fait peur?
Avec de longs cheveux noirs retenue par un tissu sombre, ses lunettes posées sur un nez aquilin et sa blouse blanche qui cachait à peine des formes généreuses, la jeune médecin était une femme magnifique. Elle me sourit en voyant que j'avais à peine entendu sa question, occupé que j'étais à l'admirer.
-" Monsieur, ce jeune homme ne vous a pas fait peur au moins?
-" Euh...non, non. Il n'avait pas l'air dangereux. Enfin, je crois...
-" Je suis curieuse de savoir de quoi vous parliez, tout à l'heure. D'habitude, il ne parle avec personne.
-" Il m'a posé une question vraiment étrange et je ne savais vraiment pas quoi répondre. Heureusement que vous êtes arrivés à ce moment!
-" Et quelle question vous a-t-il posé ? La doctoresse semblait vraiment intriguée.
-" Eh bien, il m'a demandé si...je voyais...ou plutôt si je les voyais la nuit, quand je fermais les yeux? Qu'est-ce qu'il a voulu dire? Voir quoi exactement?
La jeune femme sourit d'un air entendu et me jeta un regard en coin.
-" Vous seriez vraiment surpris de savoir de quoi il s'agit. Mais je ne veux pas vous déranger plus longtemps avec tout ça. Je suis désolée mais je dois y aller.
Elle se leva et tourna la tête vers le bâtiment de psychiatrie. Mais avant qu'elle s'éloigne, je lui lançais précipitamment: " Attendez, maintenant c'est moi qui suis curieux de savoir. S'il vous plaît, vous pouvez m'en dire plus?
Elle hésita, me regarda un moment puis finalement se décida:" L'histoire de ce jeune homme vous intéresse vraiment? Vous êtes sûr de vous, la plupart des gens font tout leur possible pour s'éloigner des "fous". Bon, si vous voulez, venez me voir à midi pendant la pause déjeuner. Je vous raconterai.
« Modifié: 21 Novembre 2025 à 19:49:55 par Bahdon83 »
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