
Bonjour à toutes et tous
Voici une nouvelle brève : Au bord du lac avec les péripéties d'un malheureux brochet.
Merci pour vos commentaires à venir.
Amicalement
Michel
Le Brochet et Les deux pécheurs
Exos Lucius: Brochet
Pêche au leurre: Se servir d'un petit poisson vivant comme appât
Aux abords de la ripisylve deux pêcheurs chuchotent dans le silence laiteux du petit matin.
— Alors Alphonse t'as chopé un brochet hier ?
— Ouais ! Tu l'as vu ? Un beau spécimen d'cinquante centimètres pas moins, répond-il jubilatoire en écartant lentement les mains pour matérialiser la mesure de sa prise.
— Tu l'as piqué à la cuillère ?
— Non au vif.
Piqué au vif, le brocheton, encore peu aguerri à la pêche au blanc, devait mal le vivre. Vexé jusqu'aux arêtes de voir son honneur de jeune prédateur bafoué par un leurre, l'Exos Lucius se laissa tirer sans même un battement de queue jusqu'à la surface, sous les yeux incrédules de plusieurs Rotengles Ablettes et autres Gardons. On ne devait plus entendre parler du requin d'eau douce dans le marigot.
Voilà qui confirme, si besoin est, l’expression populaire " Être piqué au vif " entrée depuis vieux dans ©le Larousse et ©Le Petit Robert exprimant une vexation profonde due à une parole désagréable, un sous-entendu perfide voir un événement déshonorant.
Sur la berge, notre rodomont de pêcheur, les bras tendus au maximum de chaque côté du corps, n'en finissait pas de glorifier sa proie. Excédé par tant de fanfaronnade, son copain ayant vu la victime lui fit remarquer qu'à défaut d'une paire de lunette c’était plutôt d'un compas dans l’œil dont-il avait besoin. Il ne devait plus se décrocher une seule parole de la journée.
Conclusion: Si l'on ne veut pas être piqué au vif mieux vaut ne pas prêter le flan, surtout si on est pâtissier 👨🍳.