Je rêve de tes trottoirs. De toutes les choses que tu es, de tout ce que tu représentes, et de tout ce qui fait de toi ; toi ; ce dont je rêve le plus c’est de tes trottoirs. Il est bien connu que tes routes sont très différentes de celles d’où je viens, et d’où tu viens aussi. Mais je crois que leur simplicité est ce qui fait leur caractère le plus marquant et le plus mémorable à la fois.
Longtemps j’ai essayé de mettre le doigt sur ce mot désire que tu incarnais, et sur le rêve que tu étais tant censé construire. Longtemps, très longtemps, trop longtemps, mes pensées se sont perdues confuses dans un océan obscur de la surcharge, et trop longtemps elles se sont laissées noyer dans l’abandon de la tâche. À quelques rares exceptions, où comme pris d’un excès de drogues excitantes, elles explosèrent tels des geysers trouant mon crâne, avant de rentrer bredouilles face au chaos de la piètre tentative qui en naquit.
Même le mot amour me fut incapable à définir. Enroulé dans la laisse de l’inconscience, je l’entrainai de force dans mon aventure rocambolesque, lui faisant subir mes allers-retours et mes fausses indécisions. Je le plongeai dans un cocktail incertain de personnes croisées futilement et de nations imaginées stratégiquement, d’où sorti un douteux mélange qui ne fit que remettre en question tout le processus.
Je me tournai vers tous les arts possibles. La musique est celui qui me satisfit le plus. Le regard me laissa curieux. Et l’écriture semblait être le plus durable et le plus frustrant à la fois.
De ces expériences, je fis mon purgatoire. Une sorte de salle secrète que je faisais visiter à de très rares occasions, peinant à trouver les bonnes clés dans mon trousseau pendant que mon ami(e) attendait gêné à l’entrée. Je me demandais souvent si j’étais satisfait de ce moment, et à chaque fois, je ne trouvai la réponse. Puis quand sonna l’heure du coucher, je n’avais aucun autre choix que de m’y complaire, et à peine le temps de me relire, je partis vers d’autres chemins que ceux envisagés au début. Le lendemain, peut-être au grand regret de ce qui arriva jusque-là, tout recommençait. (Quel genre de folie est-ce ?)