En 1963, Jacques Bens inventa une nouvelle découpe du quatorzain basée sur les premiers chiffres de Pi. Dont chacun sait qu’il est un nombre irrationnel. Il la nantit du joli nom d’Oulipolée.
Entre la poire le fromage d’un gueuleton bien arrosé, il mit au parfum ses potes oulipiens (mi-matheux, mi-littéraires). Ces joyeux drilles qualifièrent cette nouvelle forme de sonnet irrationnel.
Appliqué à un nombre, ce qualificatif n’est nullement un jugement de valeur. Il n’empêche que dans son acception courante, irrationnel est synonyme d’illogique et d’incohérent. Pour Monsieur et Madame Toutlemonde, un sonnet irrationnel c’est donc un poème déconnant.
Avant de lire « Mélancolique », citée comme exemple de sonnet Pi sur le Site ophyciel de l’Oulipo, c’est aussi ce que je m’imaginais. Et qui m’avait fait craquer pour cette forme qui correspondait à mon inclination pour les math.
« Mélancolique » n’est nullement hilarant. Encore moins illogique ou incohérent. En outre, je trouve que la forme 3/1/4/1/5 exprime avec plus de justesse l’émotion de l’auteur que s’il avait opté pour la forme lambda.
D'où ma décision d'en revenir à l’appellation
Oulipoléehttps://www.calameo.com/read/0024375455bdc479c741f