Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

18 Janvier 2026 à 08:39:34
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Le Monde de L'Écriture » Messages récents

Messages récents

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Textes courts / Re : Ne mettez pas votre chat dehors
« Dernier message par LOF le Hier à 09:58:12 »

 Se mettre à la place de l'animal, c'est une belle expérience altruiste.
 Supposant toujours de bien connaître l'autre.
 On voit comment les fonctions essentielles sont l'honneur ;
 manger, se nettoyer, pisser, cacater... mais il y aussi des états d'âme.
 Le rapport du dedans et dehors, la liberté en somme.
 J'aime bien aussi la réplique que tu donnes au Soleil.
 Merci pour ce beau monologue intérieur.
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Textes courts / Re : D'une tour à une autre
« Dernier message par LOF le Hier à 09:32:04 »
 Texte intéressant. La solitude intime dans le macrocosme urbain.
 La narration est distanciée. Le narrateur est prudent et concis sur ses commentaires.
 La description fait entendre une mélancolie existentielle chez le personnage.
 C'est une séquence très représentative de notre société moderne.
 Il y aurait peut-être du Houellebecq  dans ce point de vue.
 Pardon pour la référence. Mais elle n'est pas négative.
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Textes mi-longs / Re : Recueil de souvenirs
« Dernier message par ReneNardis le Hier à 05:16:29 »
Texte 4

Solitaire au milieu des vignes, une Sainte Vierge larmoyante nous indique que nous ne sommes plus très loin. Nous nous redressons sur nos sièges, quand une odeur de lauriers envahit l’habitacle : voici le portique blanc que convoite le lichen ; il marque la frontière de ce qui sera notre terrain de jeu pour les semaines à venir. Les crépitements d’un gravier épais nous souhaitent la bienvenue, puis, la voiture s’arrête sous un sapin immense et sombre. Une couverture d’aiguilles d’un brun clair masque mal les racines dures et sèches venues s’aventurer à l’air libre. Mais ce sapin moribond n’a pas envie de jouer. Il tourne le dos à l’été, à l’étang, et au pressoir où nous prenons nos quartiers. On y accède par une petite porte faite de planches de bois noir et fruste qu’ouvre une grosse clef en fer que tu es allé chercher sur le mur de la cuisine. Echappée des futs en chêne posés à même le sol, qui est ici de terre, une odeur de fermentation aigre et fruitée assaille les narines. Sur la droite, un long escalier, fait du même bois que la porte, tente de s’échapper ni vu ni connu en longeant le mur. Sa rampe semble avoir été conçue pour des lutins et ses marches, de hauteur inégale, fléchissent sous nos pas. Dans la chambre que V. et moi partageons au bout du couloir, une famille d’araignées invisibles a établi son royaume sur le grand “A” que dessine la poutre mitée soutenant le toit. Lorsque je passe en dessous, sa toile entame une molle valse au-dessus de ma tête. Je n’aime pas trop cela. Et le regard dur de Sylvester Stallone comme la mitrailleuse qu’il tient dans ses bras ne m’apportent aucun réconfort (personne n’a pensé à retirer l’immense affiche de Rambo que ton frère cadet, O., a accroché au-dessus de mon lit et cela fait maintenant plus de dix ans que l’acteur américain traverse ainsi, presque nu, les hivers de Loire inférieure…). Mais il y a aussi dans cette chambre une valise contenant des dizaines de portes clefs offerts par les commerces de la région - voitures, avions et petits chats – certains en plastique, d’autres en cuir. Il n’est pas encore l’heure de l’ouvrir, mais je sais qu’elle m’attend et que, dans quelques jours ou dans quelques semaines, nous nous assoirons devant, avec toi ou avec Chantal, et prendrons le temps d’en choisir un ou deux que nous rapporterons avec nous.

Dans ma mémoire, le Templier est une explosion de bleus et de verts, où s’entremêlent des odeurs de chlore, de vin, de caoutchouc et de feuilles mortes. Il est ce lieu où nous buvons les orangeades pieds nus, emmitouflés dans une trop grande serviette de bain tombant sans cesse par terre, la peau des doigts gondolée par les heures passées dans l’eau de la piscine (y rode parfois un paresseux crocodile…). Il est aussi ce lieu où V. me semble sur le point de réussir à apprendre à s’envoler - mais elle ne fait que se balancer haut, très haut, depuis la petite planche de bois suspendue à l’immense portique blanc par deux cordes colonisées par des mousses pionnières. Parfois, elle parvient à toucher la branche d’un immense sapin noir aux allures de grizzli. Je ne m’aventure qu’occasion sur le territoire de cette escarpolette. Je ne crains non pas le grizzli, mais la piqure, sur la plante nue de mes pieds, des gros grains de sable qui sommeillent dans son ombre. En outre, mes vains efforts pour m’élever dans le ciel (suivant les indications de ma mère, je bascule avec énergie le haut de mon corps vers l’avant, repliant dans le même élan mes deux pieds sous la planche de bois, mais celle-ci ne fait aucun effort et demeure insolemment immobile) laissent sur mes doigts et sur la paume de ma main une fine couche de mousse verte et graisseuse qui m’indispose.

Au Templier, pour nous distraire, il y a aussi le monde parallèle des adultes et sa grammaire un peu compliquée. Il semblerait, ainsi, que l’on n’aime pas beaucoup Guy. Il est vrai que sa raie trop sage et ses yeux légèrement globuleux que recouvrent des paupières en demi-lune lui donnent des faux airs de poisson ; mais il est le seul d’entre vous à bien vouloir jouer au football avec moi, sur la bande de pelouse tapie entre le bassin turquoise et les herbes sèches, parsemées de feuilles brunes recroquevillées ou déjà en décomposition, du champ de peupliers. Parfois, il arrive aussi que l’on se mette à crier et à pleurer au sujet d’un emballage de micro-onde. Je vous l’ai dit : je n’y comprends pas grand-chose.

Je peux néanmoins ajouter que le sol du rée de chaussée du bâtiment principal est fait de longues pierres froides et claires, polies au point d’être devenues presque glissantes. La plante de mes pieds, qui a cavalé des heures durant sur des petits carrés de cailloux ronds et chauds collés les uns aux autres, et s’est risquée à entreprendre la traversée d’une rivière de graviers noirs et pointus pour assister au décollage espéré de V., y trouve un réconfort amical. Deux bancs en bois sont disposés autour de la table principale, devant la cheminée, et il y a dans un coin de la salle, près de la cuisine, un petit lit recouvert d’un tapis rouge et rêche sur lequel l’on m’a déposé, un soir. Je me souviens d’une multitude de manteaux disposés autour de moi, comme les murs, doux et familiers, de la forteresse en cours de construction qui doit me protéger durant mon sommeil. Quelqu’un - sans doute ma mère – m’invite à fermer les yeux et je m’endors au milieu des voix rouges et jaunes des chevaliers et des princesses... Tac, tac, tac, tac… Est-ce une petite souris qui trotte sur le lambris ? Tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac…  Un écureuil utilisant ses noisettes comme castagnettes ? Non, ce sont les doigts de ma maman courant et chantant sur les boiseries du mur mitoyen ; ils nous disent qu’elle est réveillée et que nous sommes vivants. Dans la chambre déjà inondée par le soleil de l’été, les araignées sont toujours invisibles et Rambo ressemble au mime Marceau.

A la mort de Mamie, le Templier a été vendu. Plusieurs années plus tard, ta curiosité t’y a ramené. Un poulailler débordant de fientes de volaille a pris place derrière les poteaux blancs et droits comme des majordomes qui nous souhaitaient jadis la bienvenue, à l’entrée de l’allée principale ; et des bâches jaunies par la transpiration ont été disposées autour de la piscine, à présent verte et vide.
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Poésie / Re : Amitié
« Dernier message par Robert-Henri D le Hier à 00:46:17 »
 :) Ah ! l'amitié ! c'est tout un poème !  Ce serait blasphémer de prétendre qu'elle ne rime à rien ! De plus, elle a ses métaphores, ses ruptures de rythme qui chuchotent des confidences.
Elle a ses images : celle d'un regard qui comprend, d'une main posée sur une épaule, laquelle pianotait juste avant un message... envoyé au bon moment.
Oh, bien sûr, l’amitié n’a pas besoin d’être parfaite pour être belle.

Point n'est besoin d'un psyché pour connaître sa face : elle a juste besoin d’être vraie !

Merci PatKadéka pour cette pensée à perpétrer.

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Poésie / Re : La lumière de notre amour
« Dernier message par Robert-Henri D le Hier à 00:23:20 »
Hello !

Merci pour ce poème impressionniste !
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Poésie / Re : Re : Les émotionnels
« Dernier message par Robert-Henri D le 16 Janvier 2026 à 22:24:14 »
Merci à tous et tous mes veux pour 2026

Certes, Vincent, tu préfères laisser flirter l'altruisme qui filtre entre tes mots, plutôt que confirmer qu'il ne suffit jamais d’un poème ou d’une émotion pour conduire l'entendement humain à émettre un jugement. Cela dit, plusieurs passages dans ce texte évoquent des expériences d'hypersensibilité émotionnelle ou sensorielle que beaucoup de personnes autistes reconnaissent :

Citer
« Ton cœur s’emballe… Tu sens ta mer monter en toi… »

Ce vers fait foi d'une concomitance qui et propre à évoquer le flux marin

Citer
« Autour de toi chacun est calme… »

Ce sentiment d’être en déphasage est fréquent chez les personnes neuroatypiques.

Citer
« Et tout à coup tu pars en toi… Sable mouvant… lourdeur de mort… »

Cela peut être une sorte de déconnexion ou une sensation dissociative qui se produit lors d'une surcharge émotionnelle.

Citer
« Vers des endroits si inconnus… que seule ton âme a déjà vus »

Beaucoup d’autistes décrivent un imaginaire puissant, une perception différente, parfois difficile à partager.

Le refrain
Citer
“Nous les handicapés des fortes émotions”

Évoque une différence vécue comme un handicap social…

Mais… je ne peux nier que ce texte pourrait aussi parler d’autre chose, voire évoquer l’hypersensibilité émotionnelle d'un poète doué d'un
tempérament très empathique. Ce qui engendre bien souvent de vivre de longs moments où l’anxiété fait atermoiement avec la cyclothymie !

La douance extra naturelle est souvent à l'origine de ces métaphores poétiques qui expriment l'au-delà de la sensibilité humaine...

Or, la poésie n’a pas vocation à distinguer l'une ou l'autre de ces situations, elle ouvre simplement ses portes, et c'est à l'âme de tout être bon de décider s'il convient d'entrer ou non dans son "jeu".
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L'Aire de jeux / Re : Défi de Poésie à Deux Plumes (voire + si affinités)
« Dernier message par Robert-Henri D le 16 Janvier 2026 à 19:16:07 »
Bigre ! quel succès ! Maintenant, on n'est pas prêts d'égaler le poème titré "Roman de la Rose" cette œuvre médiévale monumentale d’environ 22 000 vers en octosyllabes…

C’est un jeu très sympa ! mais je m'aperçois qu'à recopier l’intégralité du texte à chaque nouveau vers, on se prépare à le transformer en rouleau de parchemin interminable… donc, je pense que nous devrions n’afficher que le quatrain en cours d'écriture et créer un historique où je le reporterais une fois terminé (en ajoutant comme ci dessous un lien ). par lequel le texte complet resterait consultable, alors que la zone active serait plus légère.




récapitulatif clic ici !

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Poésie / Re : Le cygne noir
« Dernier message par Claudius le 16 Janvier 2026 à 16:58:01 »
 :coeur:

Trop mignon, et rien à relever... un petit conte en vers juste pour le plaisir.
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Poésie / Le cygne noir
« Dernier message par Pierre Lamy le 16 Janvier 2026 à 16:50:58 »
— Maîtresse, venez-voir. Il est beau mon bateau ?
— Il est très beau, Mylou, je verrais bien derrière
une verte colline. Et d’un coup de pinceau,
tu pourrais animer un peu cette rivière.


— Comme ça ? Vous l’aimez ce cygne noir sur l’eau.
— Il est très réussi. Dis-moi, cette lumière
dans le ciel, qu'est-ce donc ? Un éclair ? Un flambeau ?

— Ce n'est que le soleil qui cligne la paupière.

— Amusant, on dirait quelque divinité.
Tu dessines vraiment avec agilité.

— Merci. Dans le bateau, j'assieds une princesse.

— Un prince, à ses côtés, pourrait aussi s’asseoir.
— Il est dans le dessin, regardez bien Maîtresse.
Transformé par magie, c’est lui, le cygne noir.
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Poésie / Re : Bise et silence
« Dernier message par PatKadéka le 16 Janvier 2026 à 15:25:31 »
Salut Maxence,

Ton poème est une chambre de neige et de souffle, d’une beauté calme et saisissante.
On y sent une solitude immense, mais jamais vide.
Elle est habitée par une vie en montagne, par le givre, par la bise qui est presque un personnage.

Tes images sont précises, cristallines, comme gravées dans la glace,
et pourtant très tendres dans leur manière de toucher le corps.

Le silence que tu poses à la fin n’est pas une absence,
c’est d'une présence pure, d'une écoute en profondeur du monde.

C'est un très beau poème qui nous emporte dans ton univers fait de solitude
et d'une tendresse homérique...
Bravo pour cette bravoure.

Bien à toi.

Pat
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