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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Mots du jour : décade quarte

Auteur Sujet: Mots du jour : décade quarte  (Lu 2007 fois)

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Mots du jour : décade quarte
« le: 24 novembre 2008 à 18:24:04 »
Décade quarte : fraîchir, nubileux, caraque, gourdiflot, sil, fissile, vagile, apotropaïque, bétel, sigisbée, (s')adoniser.




Sahiqa


Le pont avait été déserté, les passagers l'avaient fui la veille, date à laquelle le vent avait fraîchi. Ils s'étaient précipités vers leurs cabines ces gourdiflots ! Incapables d'apprécier la beauté de la mer, si sombre, sous ce ciel nubileux.  Il n'y restait plus qu'un vieux marin mâchant du bétel comme si sa vie en dépendait. Il était intimement convaincu que la substance avait des vertus apotropaïques. Sous ses pieds la caraque tanguait. Ouaip, il était seul. Le marin esquissa un sourire en pensant à l'un des passagers, celui qui s'adonisait en permanence et qui s'était présenté comme le sigisbée de l'ambassadrice. Il s'était vanté de ses exploits pendant la moitié du trajet, mais il avait été le premier à s'abriter. Avant même l'ambassadrice d'ailleurs. Elle... il n'arrivait pas à imaginer pourquoi elle se faisait suivre de ce gamin. Têtue comme un âne. Un rocher, et pas un fissile. En plus elle ne tenait pas en place. C'était une sorte de lionne vagile à la crinière couleur Sil. Le marin secoua la tête. Les lionnes n'avaient pas de crinières, et étaient sessiles. Son sourire revint vite cependant. La comparaison collait bien finalement. Cette femme était complètement excentrique.


*



Mary


Sir Duncan était un grand voyageur, animal vagile qui ne trouvait de repos nulle part. Son cabinet de curiosités était unique en son genre, et Ann le contemplait à l’instant, invitée à examiner une breloque africaine placée entre un médaillon médiéval et un antique morceau de roche fissile où se devinait encore cette teinte ocre caractéristique du sil.
« Un peu de thé, Miss Lewis ? s’enquit Duncan en lui présentant une tasse de porcelaine caraque sur laquelle était peint un ciel nubileux. Je l’agrémente parfois de ce jus de bétel dont raffolent certains Indiens, mais je crains que ce ne soit fort peu distingué en telle compagnie. Dites-moi, Miss, qu’avez-vous pensé de ce bracelet apotropaïque que vous contempliez tout à l’heure ?
- Un souvenir d’une beauté rare, sir Duncan. J’ai par ailleurs beaucoup admiré ce médaillon français du XVe siècle…
- Oh, je vois ! La beauté mystérieuse de ce sigisbée a encore frappé ! Il a souvent cet effet sur les femmes. Pour ma part, je trouve qu’il s’adonise un peu trop, ce gourdiflot ! »


*


Plume


Enya leva la tête vers le ciel nubileux, chargé de mélancolie, se tenant dans une attitude de défi. Le vent s'était fraîchi mais ni les nuages gris ni les pierres fissiles, qui jonchaient la terre sil et rendaient la montée éprouvante, ne firent flancher sa détermination.  A l'horizon, la proue de la caraque lui redonna courage et l'incita à repartir à la recherche du vieux chamane, détenteur de la première apotropaïque. Elle regarda autour d'elle. Où était donc passé ce gourdiflot de vagile qui se donnait le statut de sigisbée? Elle l'appela; il surgit d'entre les brumes d'un bétel qui avait envahi le sentier. Il s'apprêta à débiter son flot de compliments lorsqu'elle l'en dispensa d'un regard furieux. Elle s'était adonisée en découvrant qu'elle pourrait enfin ajouter le dernier puzzle au rituel. Nem l'avait salué, en guise de bonjour, d'un sifflement excessivement admiratif. Non, avait-elle répliqué, elle n'augmentera pas sa paye même s'il passait sa vie entière à la couvrir d'éloges du matin au soir !


*


Ernya


Ah, si seulement elle n'était pas aussi vagile ! Mais non, elle ne cessait de s'amouracher du dernier caraque le plus gourdiflot qu'elle puisse trouver. Ah ! Si seulement elle pouvait voir le monde, savoir qu'il existe des sigisbées qui s'adonisent !
Elle cesserait de croire que le latin est apotropaïque et elle comprendrait que rejeter ces livres fissiles, qu'il consultait sans cesse, n'était pas la bonne solution.
Pourtant ils lui apprenaient tant de choses, ces livres ! Que Yonville était un trou perdu et qu'ailleurs, sur des terres mystérieuses, poussent des bétels et que le sil est utilisé pour faire de la peinture.
Il faut vivre avec son siècle.



*


Leia 1


Missive des Indes

Mon bon Tauzin, toi le fidèle chêne sessile qui reste enraciné aux Bosquets, tel une coque agrippée au rocher natal, sache que ton vieil ami Goustan, moi l'écrevisse vagile qui s'en éloigne avant qu'il soit fissile, en bon pollen voyageur je vagabonde à présent aux Indes. Le sil rouge qui colle à nos chausses me semble faire écho au bétel qui nous enflamme la langue. Le ciel n'est pas de bon augure, nubileux en permanence, chargé de menaces, un peu comme les sorcières de notre pays savent en faire... Je ne regrette pas d'avoir emporté ton amulette apotropaïque. Il me semble en effet que les ondes néfastes ne s'attardent pas trop sur moi. En revanche, elle ne m'évite aucunement les pires compagnons de voyage... Mon gourdiflot du moment est un explorateur de pacotille, un sigisbée qui s'adonise jusqu'à la nausée et se croit très savant des choses du voyage, alors qu'il s'offusque de la moiteur persistante du vent de ces tropiques quand les marins le disent fraîchir.
Ce pédant ignare m'incommode, mais la caraque me mène à présent sur le chemin du retour, aussi prend-je mon mal en patience... J'espère très bientôt te revoir, mon vieil ami.
Bien à toi,

Goustan La Pense


Leia 2


Géant sigisbéisme

Au beau milieu des vapeurs d'encens, McGonagall prenait le thé avec Sybil Trelawney, égrenant d'un air abattu les faveurs saugrenues sollicitées par certains héros de la Bataille en guise de récompense.

"- Graup exige des rubans, des friandises raffinées et des cours de maintien pour ressembler au Chevalier du Catogan dans sa toile du banquet.
- Quelle ineptie! Un gourdiflot mâcheur de bétel ne saurait se faire friand de cacao caraque, à l'instar de ce vieux sigisbée!
- Cela ne nous coûtera rien de le satisfaire sur ce point, nous avons déjà les livraisons régulières de Slughorn.
- Mais enfin, un géant, s'adoniser? Tss tss! Absolument incompatible...
- Eh bien, avec un bon enchanteur, on dit que la magie esthétique peut faire des miracles...
- Vous plaisantez?! Cela s'apparenterait à de la magie noire! Laissez-moi au moins le temps de remettre la main sur mon grimoire d'incantations apotropaïques, que je nous protège de la foudre qui jaillira des cieux nubileux à coup sûr!
- Voyons, ne trouvez-vous pas que vous exagérez un peu?
- La terre deviendra sil!
- Prenez garde à vos faux-cils.
- Sur la mer le vent fraîchira, prémisse de tempête apocalyptique! Dans les abysses, le chaos s'abattra même sur les animaux vagiles!
- Votre raison vacille.
- La brute forte comme un roc s'effritera, soudain fissile!
- Oh, taisez-vous, Sybille."


*


Loredan


Et débutait leur quête étourdissante. Par les prés, par les bois, récoltant à loisir les enseignements de la nature, ils faisaient voile vers des cieux meilleurs. Le vent fraîchissait sur le monde. Bientôt, les rafales emporteraient la cour et ses courtisans, gourdiflots vagiles devant la dynastie despotique déclinante, dans les tourbillons de l’oubli, tandis qu’eux fuiraient, prestes et libres, vers quelque contrée rayonnante. Que gagnaient-ils à demeurer aux côtés des baronnets et des petits-maîtres, de ces sigisbées enfin qui ne prenaient garde qu’à leur apparence et qui s’adonisaient tout le jour ? Rien en vérité, rien que l’amertume d’une vie perdue dans des raisonnements apotropaïques. Ils le fonderaient, ce paradis de sagesse, dussent-ils chasser la couverture nubileuse à grandes expirations et consolider de leurs mains la terre fissile.

Ainsi partaient-ils, conquérants de l’imaginaire, ritournelle aux lèvres et bétel à la bouche pour se donner du courage. Ils ne désespéraient pas cependant ; et, lorsque leurs pieds blessés et jaunes de sil les faisaient grimacer, ils songeaient au froid et boueux pavé de la Cité-jardin. Des prêcheurs d’éternité, voilà ce qu’ils seraient, dans leur soif de nouveau monde. Aussi arrivèrent-ils à l’extrême bord de leur continent. Là, ils fondèrent un port où ils bâtirent de grands vaisseaux aux proues serpentines – Osha, leur sage déesse, n’était-elle pas apparue aux hommes sous la forme d’un cobra de justice ? – et mirent le cap au Sud. La veille de l’équinoxe, les blanches caraques s’évanouirent dans l’horizon pâlissant. Les alchimistes ne laissaient dans la colonie désertée nulle trace de leur passage, sinon un sanctuaire perdu dans la jungle. Leur aventure sur l’Amer pouvait commencer.



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dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

 


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