Un petit texte que j'ai écrit dernièrement , j'espère faire comprendre par ce biais, l'horreur que peut être la vie d'ado lorsque l'on vit le harcèlement, je ne l'ai pas vécu mais je connais la solitude, et je connais bien des gens qui n'ont pas eu ma chance.
Une journée dans la peau d'une ado comme les autres
6:00 ; mon réveil sonne ; je me lève lourdement, me dirige vers la salle de bains ; arrivée sous la douche , je songe à rester là, indéfiniment, vivre sous l'écoulement d'une eau chaude et bienfaisante, voila une envie qui relève de la foutaise tout comme celle de me réveiller sans cette fichue boule à l'estomac.
6:30 ; l'heure du déjeuner, comme chaque matin,le ridicule petit bout de pain que j'ai, par je ne sais quel moyen réussi à introduire dans mn oesophage, en est ressorti peu après.
7:00 ; je tiens stout juste sur mes jambes, les larmes me montent aux yeux, je tremble comme une feuille et j'ai un mal de ventre inqualifiable.
C'est l'heure, je dois partir. Je déteste ce moment, j'ai l'impression d'être une condamnée à mort qui se rend d’elle-même à son exécution.
Pourquoi le chemin jusqu’à l'école est-il à la fois si court et si long ?
Pourquoi suis-je si seule ?
J'aperçois le collège, pendant quelques instants, je m'arrête, je ne sais trop pourquoi, probablement est-ce une façon appréhender ma journée.
Je n'ai qu'une envi ; fuir, mais ou ?, comment ? Et à quoi cela servirait ?
Je me sens faible, impuissante, j’aimerais pouvoir exposer mon mal-être à la face du monde mais j'en suis incapable, je me tais et j'avance jusqu’à la grille.
Personne, rien d'étonnant, je m'arrange toujours pour être très en avance, le cours ne commencent qu'à 8:15 35 et il est 7:15, je ne veux prendre le risque de croiser personne.
Malheureusement, n'ayant pas la capacité d'arrêter le temps,la fichue aiguille des heures de l'horloge du couloir finit toujours par arriver à 8.
Peut-être ai-je encore le temps de fuir ?
8:15 ; je suis assise à me place depuis plus d'une demie-heure, attendant avec lassitude et angoisse l'enseignant.
Comme à chaque leçon, je me suis placée au fond,seule, le plus loin possible des sarbacanes potentielles, seulement étant la cible première, cet effort n'a pas lieu d'être.
Mais je n'y prête pas attention, ce qui me retourne l'estomac chaque matin, ce sont ces regards, qui me toisent, me méprisent, sondent jusqu'aux tréfonds de mon âme, ces regards qui en disent long et, pire que tout, ces paroles ; cachées ou non, dès lors que l'une d'elles me parvient, tout s'écroule autour de moi, ma coquille d'isolement et de protection s'effondre. J'ai envie de hurler, de faire comprendre à qui voudra bien l'entendre que je ne suis plus capable de supporter un mot de plus, mais ce serait tendre la bâton pour me faire battre.
10:00 ; enfin un peu de répit, je cours me réfugier aux toilettes pour les dix minutes que j'ai à disposition, dix minutes que je passe à pleurer sans être capable de me ressaisir. Seulement, je ne peux me permettre de sangloter à chaudes larmes, je risquerais de me faire remarquer, j'enfouis ma tête dans mes mains et tente d'étouffer mes pleurs autant que je le peux.
La pause que de courte durée, le supplice recommence.
12:00 ; j'aime la pause de midi, cella-là aussi je la passe à chercher à me réfugier dans ma solitude mais les toilettes sont prises d'assaut, impossible de passer inaperçue, par conséquent, je préfère sortir, je me rends aussi que mes jambes me portent, le plus loin possible de ce bâtiment qui ne m'inspire que mépris et dégout.
Enfin, je me sens libre, libre de ne pas me cacher, d'être moi, mon noeud à l'estomac se défait peu à peu.
Comme presque tous les jours, je me dirige vers une petite crique à quelques minutes de mon école, je me sens presque bien, j'ai toujours aimé d'une étendue d’eau calme et limpide, je trouve cela magnifique; je me sens comme dans une bulle, en décalage avec le monde réel.
Mais là-encore, je suis dans l’incapacité d’arrêter le temps.
13:15 ; je dois repartir, les cours reprennent dans un quart d'heure. J'essaie de ne pas penser à ce qui m'attend et je marche, à nouveau, en direction de cet établissement abominable.
16:15 ; ma journée harassante se termine ; enfin, du moins, pour ce qu'elle englobe de purement scolaire, le pire est à venir.
Le chemin du retourne parait une éternité, je sens leurs regards me transpercer j'ai envie de vomir, je ne demande qu'à courir chez moi et m’enfermer mais je ne suis pas stupide, je dois paraitre forte. J'en suis incapable, je suis fragile, faible, leurs paroles me font monter les larmes aux yeux, ce pourquoi je dois à tout prix rester loin devant, je ne souhait pour rien au monde leur donner une raison supplémentaire de me mettre plus bas que terre. Je serre les poings, jusqu'à me transpercer quasiment la peau, je ferme les yeux et tente de me concentrer sur autre chose mais je n'entends qu'eux,je me sens chanceler.
16:30 ; le moment que j’attends depuis ce matin, je m'effondre sur mon lit et je pleure toute les larmes de mon corps, aucun de mes parents n'étant présent, je peux me le permettre ; de toute façon, je suis parfaitement consciente que j'aurais en tout les cas fini par exploser, d'une manière ou dune autre.
Je n'en peux plus, je repense à tous les éventements de ma journée, je ressens comme un coup de poing à l'estomac, toutes ces moqueries, ces regards méprisants, ces croche-pieds, ces plaisanteries et quolibets humiliants et par-dessus tout, ma solitude.
Je crois pouvoir dire sans me tromper que c'et le sentiment le plus terrible que j'aie jamais ressenti, la sensation bien réelle que tout le monde nous tourne le dos, que l'on ne peut plus compter sur personne, ce sentiment qui me pèse nuit et jour, me détruit la vie, me détruit.
Je n'en peux plus, je n'en peux vraiment plus, cette fois ça y est je vais y mettre un terme.